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Oblivion [Jin + WS (?)]

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MessageSujet: Oblivion [Jin + WS (?)] Lun 12 Jan 2015 - 21:22




feat. Jin Shinsei


Oblivion

Undulatory Beating

" Bonne nuit.”







Tu avais bu, Aaron.
Tu étais dans ce bar. Ce bar animé situé sur la corniche. Ce bar où, entouré de femmes, tu riais de tout et de rien. Gai, tu avais momentanément oublié tes tracas et ceux du monde. Ce n'était pas facile de porter sur ses épaules un tel poids... Mais tu t'en tirais bien, malgré ton impulsivité. Thunder Light, Dark Dragon... Les récents échos relatant une évasion de masse à la prison du Conseil Magique... Tout cela te mettait hors de toi. En témoignait ta précédente rencontre avec le Wolf, un rang S de Celcius. Celcius, ton ennemi juré. Ce même homme qui t'avait pris Arashi. Mais, au final, n'était-ce pas l'électrique jeune femme qui s'était jouée de toi...? Tu le pensais fortement.
Cependant, ce jour-là, assis au milieu de cette banquette en demi-cercle, un air affable affiché sur ton visage séduisant, tu n'y pensais plus. Et les verres vides, alignés comme des condamnés à mort faisant la queue pour être exécutés, suffisaient à lever le mystère planant sur cette manière spectaculaire d'oublier ses soucis. Ton sang chaud s'épaississait, calmait ses écoulements bien trop rapides. À tes côtés, deux sublimes créatures entreprenaient de te séduire. Pour ton argent, ta popularité, ta beauté ou ta personne ? C'était là l'éternelle question à laquelle nul n'aurait su répondre... Sauf lesdites prédatrices que tu laissais te prendre en chasse. Œillades, sourires, gloussements et gestuelle sensuelle te faisaient fondre. Et l'alcool, substance favorite d'Eros, ne devait pas y être pour rien...





De ses fins doigts de fée, une ravissante blonde, raffinée jusqu'au bout des ongles, trempait ses lèvres charnues et rouges dans un liquide ambré où pétillaient quelques bulles rondes. Parée d'une robe noire criminelle de sobriété et d'érotisme, cette demoiselle, bien qu'un peu trop mince à ton goût, éveillait en toi, Aaron Groundswell, un désir incontrôlable... Tu ne pouvais t'empêcher de retirer mentalement ce superficiel tissu. Cette créature, d'un mot, t'aurait possédé.
Cependant, lui faisait face une rivale tout à fait légitime. L'œil noisette et le cheveu châtain, l'autre dame, voluptueuse et pétillante de joie, te donnait le tournis dès que ton regard se posait sur elle. Bien conscient que cet effet était dû aux liquides dont tu t'étais délecté, tu te complaisais à reporter la faute sur la femme à la peau hâlée. Cela te faisait plaisir, en un sens. Mais, tout bien pensé, ce décolleté vertigineux devait être en partie responsable, non ? Il aurait dû être interdit d'être pareille tentatrice... Oh, que les mouvements lents de sa gorge te faisaient souffrir. Comme tu espérais pouvoir y laisser tes lèvres s'y aventurer...

Mais comme tu étais maladroit ! La boisson te rendait désespérément stupide... Au beau milieu d'un bar d'ambiance d'Harujion plutôt huppé, tu t'approchas de la blonde et, tout en posant une main ferme sur sa cuisse à la texture de velours, tu l'embrassas, violant sa bouche si noble. Des vapeurs d'alcool durent s'y immiscer. L'on tenta de te repousser avec une force débile, mais toi, excité, le souffle rauque, tu ne remarquais rien et caressais avec ardeur les cuisses féminines de cette énième conquête. Soudain, celle-ci, ployant sous ton poids d'homme viril, se renversa sur le dos. Tes yeux étaient fermés, tu ne remarquais rien. Alors, tu continuais, toujours plus fougueux... Lorsque tu te redressas quelque peu, sûrement pour te déshabiller, tu les rouvris, néanmoins. Ton regard, abruti par l'alcool, absorba tous les éclairs que te lança celui qui te faisait face. Mais, soudain, une main, profitant de sa liberté recouvrée, s'élança à la rencontre de ta joue. Oh quel beau soufflet ! L'expression de chien battu qui s'afficha sur ton visage légèrement barbu, rehaussée par la marque rouge y étant apparue, était risible à souhait !
Tu clignas des yeux plusieurs fois, comme un véritable ivrogne. Puis, constatant cet échec mais n'en ressentant pas la honte, tu tentas ta chance de l'autre côté.
Mais l'autre fut bien plus directe et tu reçus une deuxième gifle avant d'avoir pu faire quoi que ce soit. Tu portas ta propre main à la joue nouvellement frappée. La douleur s'était répercutée, sous forme de picotements, à travers toute ta gueule d'ange un tantinet rebelle.

Goujat que tu étais ! Les filles t'insultaient et les clients voisins se moquaient de toi. Aussi, tes "conquêtes" allèrent signaler ta conduite à la sécurité.
Avec un certain robitisme, deux hommes au physique herculéen (qui étaient, au final, du même gabarit que toi), s'approchèrent. Poliement, les hommes en noir t'attirèrent vers eux, te tirant par le bras. L'esprit embrumé, les corps piégé dans une sorte de sirop (de canne, assurément), tu ne réagis pas lorsque l'on tenta de te soulever (sans succès) et que l'on te conduisit à la sortie.
Les deux colosses tirèrent l'huis et voilà qu'une froide bise marine te remis les idées en place ! Enfin, tu pus distinguer les paroles de la musique et du filtre de l'éthanol.


- Maître de Wave Stream ou pas, on n'accepte pas les gêneurs !

Et ils te poussèrent sans ménagement. Comme l'on pousse un condamné du haut de la planche, dans une eau infestée de requins. Tu trébuchas lamentablement sur le perron et fis un vol plané sur au moins trois mètres, descendant les trois petites marches de façon peu orthodoxe. Sous les ricanements des videurs et des badauds qui, malgré l'heure tardive, étaient légion dans ce quartier, tu glissas sur le pavé.

- Hé, regardez, c'est Groundswell ! Il a l'air minable !

Quelle déchéance ! Dire que si tu n'avais pas été si imbibé, tu aurais été, à cette heure, dans un lit et en bonne compagnie... Tu réussis à te faire cette réflexion uniquement grâce au froid et au relatif "silence" de la rue. La musique était si forte, dans le bar dont tu avais été banni, que tu pouvais de ta position entendre les basses résonner...
Ta tête tournait, néanmoins, et tu dus t'appuyer sur un poteau pour te relever. Titubant, tu manquas de faire un plongeon dans la mer, ce qui eut pour effet de provoquer une nouvelle crise d'hilarité de la part des passants.


- Vos... Gueules..., balbutias-tu d'une voix digne d'un narcoleptique.

Personne n'entendit tes dires... Mais tu t'en souciais bien peu. Désormais, tout ce que tu voulais, c'était être seul. Et dormir, pourquoi pas ?
Alors, tu entrepris de marcher, zigzaguant entre les obstacles vivants... Tu passais par les petites rues, seulement, te dirigeant vers... Quelque part. Tu n'en savais rien, en fait. Le monde tournait autour de toi comme un souvenir douloureux hante un esprit... D'une manière vicieuse... Ainsi, plusieurs fois, tu bousculas un mur, un véhicule ou un poteau auprès desquels tu t'excusais platement avant de reprendre ton chemin...

Vêtu de ton éternelle veste de cuir, celle même qui te donnait un air de mauvais garçon et soulignait ta musculature, tu avais fini par arriver aux portes de la ville... Bien loin des quartiers animés et des quais d'où tu provenais... Tu te situais, sans le savoir, au Nord d'Harujion, dans les hauteurs. Sans conteste la zone la plus calme de la cité... Ici, il n'y avait que les étoiles pour te tenir compagnie. Fort heureusement, elles étaient silencieuses... Tu ne frissonnais que peu, réchauffé par l'alcool... Les constructions de pierre t'entourant semblaient, quant à elles, congelées. Tout était calme.
Le vent, froid, s'engouffrait lugubrement dans les étroites rues. Il charriait un message. Il semblait chanter. Une mélodie mélancolique, sinistre et nostalgique. Une harmonie qui rappelait le passé. Le passé qui fuit et s'efface, emporté par les bourrasques du temps... Tu voulus changer ce son déprimant en un chant plus joyeux, cependant, Aaron Groundswell, tu ne réussis qu'à produire un insupportable grincement qui te vrilla les tympans. Ceci, associé à ton taux d'alcoolémie, suffit à te faire chuter. Qu'avais-tu, ce soir-là, pour passer ton temps à choir ? Voulais-tu gésir au sol pour t'essayer à une mise en scène dramatique ? Étais-tu tombé amoureux du sol ? Mon pauvre, si c'était le cas, le sol te rejetait bien durement.

Lorsque tu te redressas, peu sûr de tes appuis, tu entendis des bruits de pas provenant de devant et de derrière toi. Tes yeux ensommeillés avisèrent les trois silhouettes sortant d'un virage décrit par la rue que tu remontais. L'esprit corrompu par l'éthanol, tu ne pris pas la peine de te retourner... D'ailleurs, tu ne sentis même pas le danger se rapprocher de toi. Innocent, tu poursuivis tranquillement ta route. Alors, tu tombas nez-à-nez avec les trois hommes de devant. Tu eus un léger mouvement de recul... Puis tu cherchas à forcer le passage. Après tout, tu dépassais de cinq centimètres le plus grand du lot...
Cependant, ces délicats êtres ne l'entendaient pas de cette façon.
Un fulgurant poing écrasa ton visage !


- Aaron Groundswell...


Sonné, tu portas ta main à la source de la douleur : ton nez. Un liquide chaud et poisseux en coulait.
Tu fronças les sourcils, mais tu ne pouvais cacher à personne ton état d'ébriété. Aussi, tu armas lentement ton bras pour répondre, laissant le temps à tes adversaires impromptus de se préparer. Lorsque tu relâchas ton coup, tel un piston rouillé, l'on s'écarta et tu fus emporté d'une manière ridicule par ton élan.
Tu finis à moitié par terre et le groupe mystérieux en profita pour bondir sur toi.
Quelle était la raison de tout cela ?
Tu n'étais même pas en état d'y penser. Tout ce que tu pouvais faire c'est tenter de résister... Ou te laisser te faire passer à tabac.
Un violent coup de talon dans le dos. Tu arrivas à ne pas flancher. Un deuxième. Tu tombas grossièrement. Alors six paires de pieds vinrent te détruire les côtes, les membres et le crâne. Tu entendais de sinistres craquements dans ce brouillard indéfinissable. Au reste, la chaleur de ton sang sembla te redonner un coup de fouet.
Tu roulas pour éviter une salve de coups et fus arrêté par l'autre moitié du groupe, du côté où tu avais voulu "t'enfuir". Enragé, tu levas une main un peu molle malgré toi. Sans réfléchir, tu déchaînas ta magie pour éjecter les malfaiteurs.
Au lieu de cela, tu tiras un puissant arcane (tu ne savais même pas lequel était-ce) qui réduisit en miettes la maison la plus proche. Un grand fracas retentit.
De ce fait, tes agresseurs te traînèrent à l'écart, dans une venelle bien lugubre. Le visage tuméfié, les os fracassés, tu n'opposas guère de résistance. Alors, on fit pleuvoir un nouveau déluge de coups sur ta personne.
Tu fus soudainement pris d'une étrange compassion pour ces tissus que l'on met dans un tambour de machine à laver avec des pierres... Tu te sentais comme l'un de ces derniers. Mais tu ne réalisais pas vraiment ce qu'il était en train de se passer... Toi ! Le Wave Master ! Maîtrisé et battu à mort par une vulgaire bande de six petits criminels. Oh, peut-être que c'était ton égo, et non un coup vicieux à l'estomac, qui fit naître cette nausée dont tu fus pris...
Les attaques continuèrent, toujours plus violentes, toujours plus douloureuses. Tes agresseurs prenaient un malin plaisir à frapper au même endroit histoire de te faire le plus mal possible. Malgré cela, ils ne visaient pas nécessairement les points stratégiques de ton anatomie… Cela dit, ils n’en avaient pas besoin. Au final, ils couvraient bien ton mètre quatre-vingts dix tant leur fréquence de frappe était vive.
Soudain, une main au demeurant puissante t'attrapa par les cheveux.
Le pavé s'éloigna...
Puis se rapprocha !
Le choc fut dur, douloureux, et ponctué d'un lourd bruit de pierre s'écrasant au sol.
Tes yeux roulèrent dans leurs orbites. Le film se rembobinait.
Et s'effaçait.
Tu tombas dans l'inconscience la plus profonde.


Drowning, drowning, drowning in your decaying memories ♪


Une chute. Tu sombres, tu t’enfonces dans un ocean d’oubli.

Panicking, panicking, panicking in front of your crumbling memories ♫


Les flots s’attaquent à toi. A ton esprit. Et toi, tu ne peux rien faire. Tu contemples l’érosion de ta vie, l’effondrement de tes souvenirs.
Les gens disparaissent, un à un. Comme s’ils mourraient devant tes yeux. Tu as peur, tu as peur. Mais l’instant d’après, tu ne te souviens même plus de ce sentiment.


Sleeping, sleeping, sleeping with nothing but your vanishing memories ♪


Tu ne sais même plus ce que sont ces images effervescentes. Ces volutes d’existence s’éloignant de toi. Tu t’endors peu à peu, hypnotisé par la danse d’adieu que semblent exécuter ces réminiscences…

♫ And forget it all. ♫


Tu es seul, dans un esprit vide. Une âme de nouveau vierge. Tu flottes dans le néant. Tu es une entité. Tu existes, voilà tout.
C’est là la seule chose que tu sais.
Bonne nuit.


© Code de Anéa pour N-U

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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Mer 21 Jan 2015 - 10:58

Quel spectacle … Que celui qui s’offrait au Chasseur de Dieux. La débauche d’un maître de Guilde, d’Aaron Groundswell. Situé à quelques mètres de lui, il put se délecter de toute la scène. Profondément imbibé d’alcool, il ne le remarqua point, trop occupé à se laisser aller avec deux charmantes demoiselles dévergondées.  Pourtant, cela faisait presque deux heures que Jin était là, adossé au comptoir, un verre simplement rempli de quelques centilitres d’un liquide ambré fortement alcoolisé. Visiblement, le jeune Dieux savait bien mieux réguler sa consommation que le Wave Master, ce qui lui arrachait quelques rictus. Jin se doutait qu’Aaron noyé comme il pouvait ses pensées, mais le voir, c’était magnifique. Son rendez-vous tardif avec le Caméléon, le mena à prendre un dernier verre dans ce bar, coïncidence formidable que d’y retrouver le Maître de guilde en cette nouvelle année. Aaron était tourmenté, n’importe quel idiot remarquerait cela, il est vrai que sa situation n’était pas des plus aisée, pas plus que sa cécité sur les événements de Fiore. Un mélange d’hilarité et de surprise se créa dans l’esprit du jeune homme en voyant le master allonger grossièrement et durement une des demoiselles  sur le comptoir. Son état d’ébriété était à son paroxysme, la jeune femme tentait de s’extirper, mais croulait sous la masse d’Aaron.  Gangréné par la gnôle, il n’était plus maître de son corps. Le ténébreux se demanda s’il allait réellement  passer à la vitesse supérieure ici même, Arashi serait ravi de voir cela. Les réactions des clients tout autour étaient pitoyables, taraudés entre l’envie d’intervenir et l’envie de voir encore plus, certain sortaient leurs appareils photos, cela tournait presque au voyeurisme de groupe.
 
L’Homme est vraiment un animal bourré de contradiction, même civilisé, il aime contempler des choses horribles, il ne veut pas, mais le fait parce qu’il ne peut s’en empêcher. Cette pulsion reptilienne est intrinsèque à tous, à croire que l’Homme se plaît dans la violence, qu’il est irrémédiablement  tordu, sadique, sadomasochiste malgré lui. Une gifle bien placée et deux gorilles de la sécurité vinrent mettre fin à ce triste tableau, finalement représentatif de la nature humaine. Jin n’avait jamais autant méprisé la race humaine qu’à cet instant. Les deux agents n’eurent aucun mal bien que moins robuste que notre cher Aaron, à le sortir du bar sous les ricanements du public. Le Loup vida son verre de cet alcool de mauvaise qualité, régla sa consommation avant de se diriger vers la sortie. Jin a toujours un couteau de combat sur lui, cela tombait plutôt bien, car une fois dans l’espèce de petit sas servant d’entrée, les deux types de la sécurité se tenaient dos à lui. Le ténébreux s’approcha du premier et d’un mouvement d’une froideur et d’une précision mécanique, trancha sa gorge, le liquide vermeil éclaboussa abondamment la porte vitrée. Son compère eut à peine le temps de tourner la tête que la lame s’enfonça violement dans sa carotide. Les deux se vidèrent paisiblement de leur sang, qui se rependait tel un remous sur le sol. Un caprice meurtrier de plus à mettre à son actif … Une fois à l’extérieur, il enfila sa sublime veste trois quart grise et observa longuement autour de lui, aucune trace d’Aaron.
 
La brise marine glaciale qui venait lui fouetter le visage avec vigueur, mais cette sensation était apaisante pour lui. Le God Slayer longea le quai pendant plusieurs minutes, il s’alluma un cigare et contempla la voûte céleste fortement étoilée, une image grandiose. Sa moto était garée au nord de la ville, dans les hauteurs, il emboîta le pas dans cette direction. Zigzagant entre les ruelles sombres de la cité, le vent offrait une mélodie inquiétante en prenant place dans ces étroits chemins bordés de caillasses. Les quartiers Nord d’Harujion n’étaient pas réputés pour leurs activités nocturnes, c’est une évidence aux yeux de Jin, personne ne vint croiser sa route … quoi que. Depuis quelques secondes, des étranges sonorités retentirent et cela semblait se rapprocher à mesure qu’il avançait. Observant chaque ruelle obscure avec attention, il eut une soudaine envie de retourner au bar, de ramener une jeune femme et de s’en occuper dans un de ces lugubres corridors, elle disparut … Les bruits se faisaient toujours plus audibles, le loup pouvait distinguer des craquements et des coups, ainsi que quelques bribes de parole, des injures plus précisément. Jin se laissa guider pour tout ce brouhaha, curieux de voir de quoi il s’agit et le moins que l’on puisse dire en arrivant à l’épicentre de ce raffut, c’est qu’il fut surpris.
 
Un combat d’une équité saisissante, six contre un, rien que ça, se déroulait. Un homme était à terre et se faisant molester par les autres, trop occupés par leur amusement, ils ne le remarquèrent pas. Le jeune homme se rapprocha furtivement  des six courageux afin d’identifier la victime. Brun, robuste, une légère pilosité faciale et un blouson en cuir noir, décidément cet ivrogne d’Aaron suinte la médiocrité. Les agresseurs ne valaient pas mieux, frapper un homme saoul, quel affrontement spectaculaire ! Jin décida de leur donner ce qu’ils étaient venus chercher, il se mit à applaudir, les clappements firent taire les coups, puis il articula avec suffisance.
 
« Mais c’est une belle bande de tocard qu’on a là ! Battre un ivrogne, il en faut du courage ! »
 
Les six se retournèrent et fixèrent le loup, visiblement irrités de sa remarque, un des types ordonna à un autre d’aller mettre son compte à Jin, pendant qu’ils continuèrent à s’acharner sur Aaron. Il n’en fallait pas plus pour que celui-ci fonce tête baissée vers lui, le voyou lui lança un grossier coup de poing une fois arrivé à sa hauteur. Impassible face à temps de stupidité, le God Slayer esquiva en se déportant sur la droite et lui asséna une gauche terrible en pleine mâchoire, sentant celle-ci se fracturer sous la violence du choc. Son adversaire n’eut pas le temps de réaliser ce qu’il venait de se passer que Jin lui saisit la tête avec sa main droite, et amena son crâne s’éclater contre le mur. La puissance était telle, qu’il explosa, rependant et projetant de gluants fragments d’encéphale. Voyant leur camarade vaincu, un autre des agresseurs se rua sur le ténébreux avec la même « grâce » que son défunt compère. Cette fois, le jeune homme lança la première attaque, un coup de tibia féroce côté droit de la cage thoracique, réduisant en miette ses côtes et explosant sans doute sa rate au passage. L’homme tomba à terre, mais ce n’était pas fini pour lui, Jin lui saisit alors sa mâchoire, une main qui vint se positionner sur la partie supérieure, agrippant ses doigts derrière ses dents, et l’autre de la même manière, mais sur la partie inférieure. D’un mouvement sec et d’une brutalité inouïe, il lui ouvrit en deux, réussissant même à arracher totalement la partie inférieure qu’il balança plus loin. Le troisième type ne se fit pas attendre après avoir entrevu la défaite de son compagnon. Le Chasseur de Dieux lui attrapa fermement le crâne de ses deux mains avant même qu’il ne put porter la moindre attaque physique, il le souleva pour le mettre à sa hauteur avant de lui chuchoter.
 
« On t’a déjà dis que tu avais de beaux yeux ? »
 
C’est alors qu’il lui enfonça mortellement ses pouces dans ses orbites, les cris atroces de la victime étaient insoutenables pour tout être humain, il avait beau se débattre, il ne faisait pas le poids. L’hémoglobine giclait sur le visage du ténébreux qui se délectait de quelques gouttes en riant, avant de balancer sur le côté le corps pris de spasmes nerveux. Les hurlements alarmèrent les trois autres, à moitié décimés, l’inquiétude commençait à se lire sur leur visage, ils foncèrent à deux  pour en finir une bonne fois pour toute. Le premier reçu un violent coup de pied en plein thorax qui l’envoya s’écraser contre un container. Le second se fit attraper comme le tout récent aveugle, Jin lui asséna un premier coup de crâne, lui fracturant le nez, puis toute une autre série, lui pulvérisant le faciès, ne laissant qu’une bouillie d’os et de chair ensanglantés. L’homme au container, à genou, régurgité quelques gouttes de sang. L’insatiable massacre du jeune homme était bien loin d’être terminé, il se faufila derrière lui, le plaqua au sol avec ses genoux,  sa main droite se cala sous son menton, l’index de sa main gauche et son majeur s’accrochèrent chacun à une cavité oculaire. Son bourreau commença à tirer dessus comme l’on tire sur une mauvaise herbe récalcitrante. La funeste mélodie des vertèbres qui se brisaient accompagnait les ricanements de démences du jeune homme, déchirant le silence mortel de la nuit. La pluie de coups sur le corps inerte du Wave Master s’était arrêtée, le dernier loubard se trouvait face à la monstruosité incarnée. Depuis quelques secondes il observait la scène, à la fois réelle et surnaturelle, captivé et tétanisé par la peur qui s’empara de son âme. Il n’avait jamais vu pareille atrocité, il se demanda si ce n’était pas le diable en personne qui avait massacré ses camarades. Jin finit par arracher sèchement la caboche de la victime avant de la faire rouler jusqu’aux pieds du dernier survivant de ce carnage. Le God Slayer s’approcha lentement de lui, on pouvait percevoir malgré l’obscurité, une aura noire et terrifiante qui se dégageait de lui. Elle est immonde étouffante de démence, mais extraordinairement calme, comme si, tout était contrôlé. Le dernier type tremblait de peur, ses pupilles s’agitaient de manières incontrôlées. Le loup plongea ses canines anormalement longues dans son cou, puis lui dévora la gorge.  
 
Plus un bruit, le mutisme de la nuit était redevenu Roi dans les quartiers inhospitaliers d’Harujion. Les 6 cadavres jonchaient le sol de cette ruelle sombre, théâtre d’une abomination qui ne dura pas plus de deux minutes. L’odeur de la mort venait chatouiller progressivement l’olfaction de Jin qui contemplait sa terrible œuvre avec indifférence. Il s’attarda sur Aaron, dont le corps pataugeait désormais dans un océan de liquide visqueux qui dégageait une sensuelle fumée blanche à cause de la différence de température, donnant au lieu des allures de marais au crépuscule.
 
« Regarde-toi, t’es encore plus laid que d’habitude … »
 
Le jeune homme mit Aaron sur son dos après lui avoir pris le pouls. Recouvert d’hémoglobine, Jin ne ressemblait ni plus ni moins qu’à un boucher douteux. Une fois arrivé à la moto, le loup installa l’ivrogne et fonça à grande vitesse à Akane. Profitant des ténèbres, il l’amena discrètement dans une de ses luxueuses planques, son état était critique, de multiples fractures et tuméfactions 90 % du corps, sans doute des hémorragies internes. Heureusement, Jin connaît pas mal de monde à Fiore, il put avertir un homme spécialisé dans la magie médicale très puissante, bien plus que n’importe quel sort de soin ridicule. Ce mage médecin très spécial s’occupa d’Aaron pendant trois jours, plongé dans un profond sommeil, il ne devrait plus tarder à se réveiller désormais. Son corps, recouvert de bandage faisait rire le loup, qui prenait régulièrement des selfies immatures avec lui. Mais la question qui se pose, c’est pourquoi ? Pourquoi sauver Aaron, le soigner, alors qu’il aurait pu le laisser crever comme un chien. Ne cherchez pas, il n’y a pas de réponse, Jin en avait envie tout simplement et puis il trouve sa poétique comme situation. Le quatrième jour de convalescence se leva, tranquillement installé devant la baie vitrée de la chambre ou était Aaron, le God Slayer admirait le soleil levant. 
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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Sam 24 Jan 2015 - 17:16



feat. Jin Shinsei


Oblivion

Amnesia


"Voilà Aaron Groundswell, l’amnésique.”










Des picotements irréels.
Des formes éthérées.
Des sons distordus.
Des odeurs inconnues.
Des saveurs fantomatiques.
La vague sensation d’être balancé de toutes parts, comme un corps flottant sur une rivière se jetant dans le monde d’en-dessous.
Ce n’était que cela.
Que ces sensations.
Que ces informations vaporeuses, nébuleuses.
Le flou. Rien que le flou. Le flou naissant de l’incompréhension. De l’incapacité au cerveau de reconnaître, d’interpréter les signaux nerveux. Tout apparaissait chimérique. Rien n’avait de consistance.
Le corps dérivait face vers un monde aérien, intangible. Yeux, nez, bouche, oreilles et visage tourné vers lui.
Cela dit, il le sentait. Il sentait les choses sous le liquide sur lequel il glissait. Des choses lourdes, oppressantes. Effrayantes… Affreusement rassurantes. L’homme reconnaissait les informations lui provenant de sous la surface. Elles lui rappelaient… Quelque chose. Non… C’était plus une impression de déjà vu. De déjà senti. De déjà ressenti. De déjà ouï. De déjà goûté.
A intervalles réguliers, il immergeait son avant-bras. Là, il sentait les picotements
Curieux, il regardait du coin de l’œil ce qui se déroulait sous l’écran bleuté. Là, il voyait les formes.
Parfois, il renversait la tête de sortes à ce que ses oreilles entre à demi dans le liquide. Là, il entendait les sons.
Il lui arrivait même de prendre de grandes inspirations au ras de ce milieu dans lequel l’on ne pouvait couler. Là, il flairait les odeurs.
Aussi, il n’hésitait pas à tremper ses lèvres, le bout de sa langue, pour qu’elles effleurent le fluide. Là, il expérimentait les saveurs.

Soudain, il sombra.




Deux émeraudes aidèrent le soleil à percer la pénombre dans la chambre.
Un homme reposait, inerte, dans un lit simple.
Il vit une surface blanchâtre et la contempla quelques instants. Un plafond.
Le regard vert se tourna, par à-coups. Il était apeuré. Il ne savait pas ce qu’il allait découvrir en dehors du plafond. Il était aussi inexpérimenté. A vrai dire, l’esprit situé dans cette encombrante enveloppe charnelle ne savait que maladroitement l’actionner. Un peu comme si l’on avait mis un bébé d’Exceed à l’intérieur d’un Titan.
Sur la gauche se situait une autre étendue couleur neige. Une armoire, cependant, faisait office de terre désolée où même la neige ne s’était pas aventurée. La neige avait flairé le danger, oui. Ce danger, c’était deux grandes plaques cristallines. Lorsque les quatre yeux de la couleur des forêts se croisèrent, une réaction inopinée se produisit. La machine s’emballa et se secoua brusquement ! Alors, l’âme prit conscience de ses entraves. Un linceul, un linceul ! On avait emprisonné son véhicule sur ce matelas ! Ses mouvements étaient entravés ! Et les impitoyables draps lui enserraient les membres, l’enlaçaient de partout ! Une étreinte mortelle !  Un serpent de tissu voulant à jamais le… Le… Lui faire du mal, c’est tout !
Cette peur irraisonnée, l’homme ne sut la combattre. Il se battit des jambes, des bras. Il ondula violemment comme un fou que l’on a attaché sur une table chirurgicale.
Cette ondulation provoqua alors une nouvelle réaction. Tout à coup, l’imposant homme se recroquevilla en position fœtale. Il leva ses mains devant son visage, plissa les yeux, comme pour se protéger d’un agresseur.
Il avait l’impression de flotter sur un océan déchaîné. Le démoniaque lit s’agitait comme un dériveur en pleine tempête ! D’autant plus que tant de mouvements avaient éveillé des douleurs aiguës un peu partout dans le corps de l’homme aux yeux verts.
Il gémit, haletant :


- Arrête… Arrête… Bouge pas… Stop… Arrête… J’t’en prie…

Ces mots, il les avait prononcés presque sans s’en rendre compte. Il ne se souvenait pas les avoir déjà entendus, mais il connaissait tout de même leur signification.
Dans la glace, l’épouvanté avait aperçu une créature longue et large. Des poils situés entre le châtain et l’auburn se dressaient, en bataille, sur un crâne parsemé de pansements. D’autres follicules avaient percé sur ses joues et son menton. Et deux éclairs verts sortaient du milieu de ce visage. L’animal en lui-même n’était pas laid. Cela dit, l’esprit l’habitant venait de se rendre compte de ses affolantes proportions. D’où le sursaut.
Lorsqu’il se fut calmé, l’homme continua son exploration visuelle des lieux. Désormais à moitié découvert, dans une position grotesque, il put voir en détail son propre corps.
La première chose à laquelle il fit attention ne put pas être autre que les bandages dont il était habillé. Ils entouraient sa taille (mince par rapport au reste), remontaient sur l’un de ses pectoraux volumineux pour venir s’enrouler autour de la large épaule correspondante et plonger dans son dos qu’il devinait puissant. Un bonne majorité de son corps empestait le matériel aseptisé et grattait. Ses bras n’étaient pas en reste. Des pansements couvraient sûrement des plaies cicatrisées si l’on se fiait au tiraillement provoqué par chaque mise en mouvement. De plus, les poignets, les mains et bon nombre des doigts du convalescent avaient connu le même sort que sa sangle abdominale. Pour le bas de son corps… Eh bien, les piliers lui servant de jambes avaient le même aspect momifié que le reste… Quoiqu’un peu moins, tout bien pensé. Ses pieds étaient même libres ! Avec son bassin, ce devait être les deux seuls endroits intacts de son anatomie.
Bonne nouvelle. Au moins, l’hercule pourrait encore avoir des enfants s’il le désirait. C’était déjà ça de pris…
La poursuite de l’analyse des lieux se fit sur le flanc droit de l’homme. Il y avait des rideaux translucides puis une grande baie vitrée. Il laissa son regard couler vers cette dernière… Mais il eut à peine le temps de voir un éclat azur qu’un nouvel ennemi s’en prit à lui. Ses yeux, puis tout son corps, furent violemment transpercés par une lumière qu’il n’avait pas vue depuis… Depuis… Qu’il n’avait jamais vu, tout compte fait.
Il eut l’impression que cette affreuse radiance le brûlait. Oui, elle s’attaquait directement à son esprit, faisait fondre quelque chose en lui. C’était agressif, insidieux. Cela voulait faire éclater quelque chose en lui. Un souvenir dont la conscience vierge n’avait aucune envie de se rappeler. Oui, elle avait peur. Très peur, même !
Le corps s’anima, fit de grands gestes, balança ses bras de droite à gauche.


- Les rideaux ! Fermer les rideaux ! Il faut fermer les rideaux ! cria-t-il comme un supplicié.

Il se pencha au bord du lit, malgré la douleur éveillée par ce mouvement, et attrapa du bout des doigts l’un des morceaux de tissu à moitié opaque. D’un geste désespéré, il balança le filtre qui, docile, se déplaça assez sur son rail pour enrayer l’attaque lumineuse.
Cependant, brutal, il ne fit pas attention et renversa un vase posé sur une table de nuit. L’objet en verre se fracassa au sol, vrillant instantanément les tympans du fautif. Il écarquilla les yeux et se boucha les oreilles, se recroquevillant de nouveau. Mais c’était trop tard. Comme la lumière, le son assaillait son âme. Il l’avait infectée, étant déjà entré par les oreilles de sa cible.
Ce n’est qu’une ou deux minutes plus tard que l’homme se détendit.
Il fit précautionneusement glisser ses jambes sur le côté du lit.
Le contact froid du sol sur ses pieds le fit frissonner.
Il releva la tête. Désormais habitué aux rayons du soleil, il tira lentement le rideau précédemment violenté. L’astre diurne irradia son faciès mal rasé. Ses pupilles se rétractèrent, ses yeux s’éclaircirent quelque peu. Devant lui, une immensité bleue sur laquelle se reflétait encore la clarté matinale. Ces éclats-là restaient belliqueux. C’était là le spectre de sa précédente agression.
Sur la gauche, une ville de bord de mer  derrière laquelle le soleil s’était caché avant de surgir quelques minutes auparavant.  Et encore plus à gauche…
Le convalescent sursauta.
Devant lui se trouvait, bien installé, un autre homme. Un peu plus grand et un peu moins large que lui, l’inconnu arborait des yeux et des cheveux d’un noir profond. Le teint pâle, il semblait soigné… Non, c’était bien plus que cela… L’élégance de ses atours devait sûrement être le résultat d’une véritable compulsion.
Mais, quoi qu’il en soit…
Depuis quand était-il là ?
Que lui voulait-il ?
Et surtout…


- Qui es-tu… ?

Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Pourquoi le convalescent en était-il un ?

- Et qui suis-je… ?

La voilà, la véritable question. Qui était cet homme ? Dans quel corps l’âme avait-elle atterri ? Pourquoi débutait-elle sa vie dans une enveloppe aussi âgée ? Y avait-il eu une vie passée ? L’avait-elle oubliée… ?

Pour l’instant, l’inconnu de grande taille se contentait de fixer l’objet brisé par le blessé. Il l’ignorait royalement. Sur quel étrange spécimen était tombé le fautif… ? Ses yeux insondables semblaient jeter leur obscure teinte sur le monde afin de tout occulter aux yeux de leur porteur si ce n’est le vase brisé…


- Il y en a qui sont morts pour moins que ça..., finit par lâcher le brun.

Qu’est-ce que cela signifiait ? Etait-ce une menace ? Il allait l’attaquer ?
Le tuer ?!
Par réflexe, la machine dans laquelle s’était installée la conscience vierge leva les mains devant elle, les courbant légèrement comme si une balle s’y trouvait.
Ses sourcils se froncèrent un instant. Quelque chose n’allait pas… Mais l’homme, toujours assis sur lit, n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Comme si une chose aurait dû se produire au moment où ses membres supérieurs s’étaient mis en position…
Alors, l’énigmatique créature, visiblement au chevet du blessé, se tourna vers ce dernier, souriant de tous ses… Crocs ? Un grand sourire blanc, trente-deux danseuses blanches prêtes à danser. Comme si quelque drôlerie s’était produite… Mais, il y avait quatre dents, parmi les trente-deux… Quatre dents particulièrement pointues, oui.
Une image apparut dans l’esprit du convalescent. Celle d’un humain à la peau blafarde et aux yeux rouges se nourrissant du sang d’homologues plus roses et à l’air plus tendres… Cela dit, il ne sut pas mettre de nom sur cette chose.


- Tu es toujours aussi bruyant au réveil Aaron ? demanda l’élégant, visiblement décidé à éluder les questions de l’autre.

Aaron…
Ce devait être le prénom de la momie à moitié hors du lit… Aaron. Un prénom qui seyait bien à son reflet, tout compte fait. Cela ne le choqua pas et il s’accoutuma instantanément à ce nom. Aaron donc, choisit instinctivement de ne pas sembler surpris, sur la défensive.
C’était à son tour d’omettre de répondre aux questions de son interlocuteur.


- Pardon, mais… Tu me connais ?

Ces mots provoquèrent une réaction inattendue chez le brun. Son visage de tordit en une moue contrariée, comme si Aaron venait de l’insulter. Comme s’il venait de lui dire quelque chose déplaisant.

- Rooooh ! C'est vexant Aaron ! Ne pas me reconnaître ! Moi ton sauveur ! C'est impoli. Tu as parlé dans ton sommeil... Et je déteste ta voix.

Oh, la belle bourde ! Et quelle bourde ! Désormais, le jeune homme lui faisant face était profondément vexé, cela se voyait à son visage. Et parce qu’il l’était, il ne s’était pas gêné pour traiter le convalescent d’impoli et de lui dire que sa voix n’était pas agréable pour ses oreilles.
L’inconnu était dans le vrai, Aaron était un ingrat. Peut-être que celui qui l’avait vexé veillait sur lui depuis quelques temps, attendant qu’il émerge ? Peut-être étaient-ils amis ? Parents ? Aaron n’en savait rien. Il ne savait plus rien.


- Ah… Désolé, alors… Mais… Me sauver ? De quoi ? Et toi tu sauves des gens dont tu détestes certaines caractéristiques ?

Sans le savoir, l’homme venait de s’excuser auprès de l’un de ses pires ennemis. Sans le savoir, il venait de ménager celui qu’il aurait rêvé de réduire en cendres auparavant.
Eh oui.
Voilà Aaron Groundswell, l’amnésique.


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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Sam 7 Mar 2015 - 15:37

Face au comportement d’Aaron, le God Slayer se trouvait relativement pris de court. Il était évident que le convalescent n’était pas dans son état normal, quelque chose n’allait pas. Le « médecin » avait pourtant prévenu le ténébreux sur les séquelles probables auxquelles le Wave Master pourrait être confronté à son réveil, l’une d’entre elle est l’amnésie, chose qui serait désastreuse pour le Loup.
 
«  Ah… Désolé, alors… Mais… Me sauver ? De quoi ? Et toi tu sauves des gens dont tu détestes certaines caractéristiques ? »

Ses craintes venaient de se confirmer, Aaron était totalement amnésique. La probabilité d’une telle chose était d’environ 5%, le jeune homme allait devoir faire à ce coup du sort. Avant que son vis-à-vis ne s’exprime, Jin voulait s’assurer de son état mental mais avec la phrase qu’Aaron venait de déglutir … cela ne s’avérait plus nécessaire. Jamais il ne se serait excusé auprès du God Slayer, jamais ! Le ténébreux le savait et le Wave Master n’est pas assez bon comédien et fin d’esprit pour jouer un personnage. La situation actuelle chamboulait tous ses plans, rendez-vous compte du moyen de pression colossal qu’avait le Chasseur de Dieu sur Aaron ?
 
Jin était face à un nouveau né, de presque trente printemps certes, mais un nouveau né tout de même. Le ténébreux se devait de réagir et de profiter de ce nouvel élan, qui marquait un véritable séisme sur Fiore. Car oui, ce n’est pas seulement la relation entre les deux hommes qui venait de prendre un revers, mais tout Fiore ! Une guilde qui a pour maître un amnésique et qui plus est, une des deux plus grosses guildes officielles du Royaume, vous parlez d’un séisme. Je vous laisse imaginer les répercutions d’une telle nouvelle …
 
Après avoir analysé en quelques secondes les possibilités d’ouverture du contexte, le Loup venait déjà de retomber sur ses pattes et se mit à pouffer un rire clownesque. Finalement, non seulement cela venait de redistribuer les cartes entre les deux et donner au ténébreux un jeu terrible, mais également un nouveau chapitre dans l’ascension du Loup à Fiore. Aaron était désormais lié au destin de Jin, et ce n’est que le début.
 
Le God Slayer avait décidé de s’occuper du nourrisson,  il allait tout d’abord lui rappeler qui le Wave Master était, au risque de le voir recouvrer la mémoire, déjà pour avoir une première emprise sur lui et également pour s’assurer de l’état de son amnésie. Le loup l’avait tout de même sauvé, donc au final il gardait cette carte en main, Aaron lui devait sa vie, sa vie appartient au ténébreux. N’étant plus affilié à Thunder Light, Jin pouvait retomber quelque peu dans l’ombre des récents événements, c’était l’occasion ou jamais de changer l’équilibre des forces.
 
Le jeune homme pouvait maintenant faire ce qu’il fait de mieux, tirer les ficelles, les deux maîtres des guildes officielles était devenus ses pantins. Il allait façonner Aaron et se mettre Wave Stream dans la poche, mais vous verrez comment un peu plus tard, ne soyez pas si pressé de voir cette guilde devenir une simple poupée. Pour l’instant, Jin allait remettre son nouveau jouet dans la réalité. Comment le destin pouvait choisir de se ranger du côté d’un être aussi malsain ? Décidément tout était mis en œuvre pour que Fiore soit plongé dans un chaos certain se disait le loup, forcément ravi de cette petite pichenette de la vie.
 
C’était presque trop facile, les humains sont tellement stupides et crédules. Tout ce que Jin avait construit sur Aaron s’était écroulé comme un château de cartes, mais bon sang que se fut jouissif pour lui, son esprit était en éruption. Le jeune homme était dans la nécessité d’être honnête envers Aaron sur son passé, Jin était désormais le « sauveur », l’amnésique devait avoir en lui une confiance absolu, afin de pouvoir le manipuler subtilement et facilement.
 
« Je suis Jin enfin Aaron ! Jin ! Tu ne me reconnais vraiment pas ? Ah je suis terriblement vexé ! Nous sommes ce que l’on peut qualifier d’ « ami » même si nous ne nous connaissons que depuis quelques mois. Oui je sauve les gens dont je n’aime pas les caractéristiques ! C’est mon côté héroïque, je protège la veuve et l’orphelin, que veux-tu on ne se refait pas ! Et puis, tu conviendras qu’on ne peut apprécier tout d’une personne. Tu as été victime d’une agression il y a maintenant plus de trois jours. Six pauvres types que t’ont passé à tabac, heureusement je n’étais pas bien loin. Il s’en est fallu de peu !  Tu étais bien amoché avant, tu as toujours eu un problème de boisson. Rassure-toi, tes agresseurs ne pourront plus vraiment vivre « correctement ». Donc je t’ai ramené ici et je t’ai soigné, donc concrètement je t’ai sauvé la vie. Attend moi là, je reviens. »
 
Le loup sortit de la chambre et revint cinq minutes plus tard avec un dossier à la main, il s’approcha d’Aaron et lui donna.
 
« Tiens, tout ce que tu dois savoir sur ta vie est là dedans, c’est un dossier que j’ai dérobé dans les archives de mon ancienne guilde, ils avaient fait de considérable recherche à ton sujet. »
 
Jouant son personnage à la perfection, le chasseur de Dieux était en état d’orgasme psychologique, en même temps, comment ne pas l’être face à pareille situation. Un des mages les plus influents du Royaume transformé en être insignifiant et inoffensif, et qui plus est, entre les crocs de Jin.
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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Jeu 30 Avr 2015 - 23:01



feat. Jin Shinsei


Oblivion

Mrs. Doubtfile


"S'il ne savait pas, s'il n'avait aucune expérience des rapports humains, il lui était impossible de porter un jugement sur Jin...”








Quelques instants s'écoulèrent avant que le brun faisant face au dénommé Aaron ne réponde. Instants durant lesquels ce dernier s'interrogea sur lui-même. Que s'était-il passé ? Pourquoi possédait-il le corps et la faculté de raisonnement d'un adulte alors qu'il lui semblait venir d'apparaître sur la surface de ce monde dont il ignorait tout ? D'où provenaient les blessures desquelles souffrait son véhicule charnel ? Cet homme qui avait parler de tuer des gens... Pouvait-il lui faire confiance ? Naturellement, car l'Homme se méfie de l'Homme, son instinct ne cessait de lui répondre par la négative. Aussi la gigantesque momie finit par se conforter dans ce sentiment plutôt que de douter. Cela était contre-productif. Pour l'heure, Aaron devait rester sur ses gardes. S'il avait été, au premier  abord, plutôt naïf car perdu, l'heure était désormais à la défiance. Cela dit, s'il s'avérait que le "sauveur" du convalescent était en réalité hostile, il aurait valu mieux que celui-ci demeure dans cette attitude de confiance vis-à-vis du brun. Malgré tout, ledit brun possédait le bénéfice du doute. Un bénéfice au demeurant non-négligeable. Voilà une chose provoquant un certain sentiment latent de culpabilité chez celui qui l'accordait. Les êtres s'en trouvaient plus à même de tomber dans l'inconstance et de se laisser sciemment influencer. En effet, cette situation équivaut à déposer un homme sur le fil d'un rasoir dressé entre deux bassins placides. La lame pénètre ses pieds et il lui est obligé de les tendre tour à tour pour concentrer la douleur sur un point précis. Au reste, sa seule envie est de plonger dans une des deux étendues. C'est ainsi qu'à la moindre intervention extérieure (un petit coup de vent, par exemple), ce quidam se laisse porter et s'abandonne à l'un des bassins pour échapper à sa désagréable situation ainsi qu'à son dilemme.





Finalement, pour toute réponse, l'inconnu se fendit d'une expression à mi-chemin entre l'inquiétant et le ridicule. Par réflexe social inhérent à la nature humaine, Aaron mima son interlocuteur et lui offrit son plus faux et beau sourire. Il n'avait aucune idée des raisons de ce soudain accès d'hilarité à peine contenue.
Peut-être était-ce nerveux ? Ce jeune homme l'avait sauvé, apparemment. S'il s'était donné du mal, il aurait été normal (en admettant une certaine susceptibilité) qu'il soit vexé des questions d'Aaron.
Au contraire, ce rire pouvait également découler de la joie ressentie par... Non, non. Le grand brun avait dit détester les sons émis par les cordes vocales de l'imposant corps étendu sur le lit. Or, on ne rit pas sincèrement de ce que l'on ne peut pas supporter, non ? Quoique... L'inconnu pouvait tout à fait être un original aux mœurs étranges... Aussi, l'on pouvait se demander si ses précédentes paroles constituaient un trait d'humour que le blessé avait pris au pied de la lettre...
Au final, Aaron, ne sachant rien de son interlocuteur, se trouvait dans l'incapacité la plus totale de miser sur l'une des propositions par rapport aux autres... Ne rien contrôler, ne rien savoir l'handicapait plus que toutes ses blessures physiques.
Savoir...
Sur son fil de rasoir, le colosse commença à saigner.


- Je suis Jin enfin Aaron ! Jin ! Tu ne me reconnais vraiment pas ? Ah je suis terriblement vexé ! Nous sommes ce que l'on peut qualifier d' "ami" même si nous ne nous connaissons que depuis quelques mois. Oui je sauve les gens dont je n'aime pas les caractéristiques ! C'est mon côté héroïque, je protège la veuve et l'orphelin, que veux-tu on ne se refait pas ! Et puis, tu conviendras qu'on ne peut apprécier tout d'une personne. Tu as été victime d'une agression il y a maintenant plus de trois jours. Six pauvres types que t'ont passé à tabac, heureusement je n'étais pas bien loin. Il s'en est fallu de peu ! Tu étais bien amoché avant, tu as toujours eu un problème de boisson. Rassure-toi, tes agresseurs ne pourront plus vivre "correctement". Donc je t'ai ramené ici et je t'ai soigné, donc concrètement je t'ai sauvé la vie. Attend moi là, je reviens.

Et il sortit. Aaron en profita pour observer un peu plus le tableau maritime s'offrant à lui. Il avait un caractère estival loin de lui déplaire. Quel jour de quel mois de quelle année était-on, d'ailleurs ?
Prenant grand soin de ne pas directement confronter son regard aux rejetons vicieux du soleil naissant de la mer, l'hercule s'intéressa distraitement aux toits irradiés, faisant tout de même des œillades à l'immensité gargantuesque que son ennemie immatérielle avait piratée. Il semblait à Aaron que la lumière se servirait de ses émeraudes comme d'un prisme pour se diffuser et brûler son embryon de personnalité...

Il y avait, dans ce discours s'étant fait attendre, un quelque chose qui gênait Aaron, insecte importun lui tournant autour, prenant plaisir à l'agacer ; fausse note insupportant ses tympans. "Fausse"... Oui... C'était cela. La tirade de... Jin... Sonnait comme une raillerie. Dans cette optique-là, ce terme "d'ami" dissimulait, dans son ombre, une inimitié. Après tout, l'un ne va pas sans l'autre. Comme les deux faces d'une pièce, il est impossible de concevoir un sentiment sans son parfait opposé. C'est le dosage de ces deux contraires qui confère à chaque relation un caractère unique.
Mais, d'un autre côté, pourquoi veillait-il sur Aaron ? Pourquoi l'avait-il soigné ? Tout cela pouvait être aussi une ruse destinée à amadouer l'homme afin de mieux l'abattre...?
Ou peut-être cette façon de manier le verbe était le propre du brun...? Ou encore, possibilité éliminant toutes les autres, peut-être que cette histoire de "raillerie" n'était que le fruit pourri de l'imagination méfiante du convalescent ? Pour appuyer cette thèse, il y avait l'expression de Jin. Elle ne trahissait ni plus ni moins les mots prononcés. Son ton également, était, somme toute, en accord avec ses dires. Du reste, la problématique restait la même, ancrée dans l'ignorance, dans le vide mémoriel de l'esprit d'Aaron. S'il ne savait pas, s'il n'avait aucune expérience des rapports humains, il lui était impossible de porter un jugement sur Jin...
Désormais, cent kilogrammes de bandages, de muscles et de néant dansaient un cancan endiablé sur la lame du doute, souillant chaque bassin, chaque choix, du sang de l'oubli.

Pour ce qui était du contenu de la prise de parole de Jin, Aaron en retirait des informations sur sa personne. Tout d'abord, le point de convergence de toute cette histoire : l'amnésie. Pour la première fois, le colosse se rendit compte de sa situation. Cela engendra en lui un sentiment de terreur viscéral. L'affaire, compréhensible par tout un chacun, paraissait affreuse dans le sens où le passé ayant fui emportait des milliards d'idées, de projets, de sentiments, de connaissances, de comportements, de philosophies et d'expériences. Scellé à jamais dans les limbes psychiques de ce cerveau, labyrinthe gluant de tentacules répugnants, il trônait en artefact ultime d'une quête... Ou d'une fuite intérieure. Car, en effet, ce passé était-il la boîte de Pandore d'Aaron ou son arche d'Alliance ? S'agissait-il d'une bête monstrueuse et dégoulinante de sang ou d'un ange radieux qu'il devait embrasser ? Le voilà,  le véritable doute. Le centre de la spirale de l'incertitude. Le doute engendre plus de doute. Le chaos engendre plus de chaos. Le degré d'entropie poursuit sa course inlassablement... C'était à la fois effrayant et attirant que de savoir ce qu'il en était réellement. À vrai dire, la gravité d'une chose n'est qu'une misérable digue face à un tsunami de feu, savant mélange du magnétisme de l'effroi et de la curiosité humaine. L'homme en frissonna, brûlant et redoutant de savoir. Ces simples frissons provoquèrent une douleur à différents points de son anatomie. La chair se reposait comme un gâteau que l'on s'apprête à déguster. La déranger d'une quelconque manière pouvait être désastreux et enlaidir cette belle pâtisserie.

Il avait fallu que six personnes s'en prennent à lui pour le terrasser. À vrai dire, au vu de son gabarit, cela semblait tout à fait censé. Mais ça n'ôtait pas l'essence profondément lâche et primitive de l'acte. Quoique... Peut-être que le groupe de malfaiteurs avaient, finalement, un motif valable pour s'en prendre à lui. D'ailleurs, c'était là un point charnier de ses interrogations : était-il un bonhomme ou un vilain ? De tout cœur, il espérait que la première option soit juste. Cela dit... Les vilains sont toujours persuadés d'être des bonshommes, non ? Au final, la vérité est une fable étouffée par la subjectivité. Or, sans réels principes, sans avoir découvert les facultés innées que chacun a de rebuter ou d'approuver quelque chose, le néo-amnésique ne sait point encore catégoriser les événements et les actions. Il est quelque chose d'observateur relevé d'un soupçon d'ingénu.
Au reste, il expérimenta un sentiment de frustration qui le fit frémir d'énervement. Le fait que quelqu'un d'autre ait dû lui venir en aide. L'égo ne s'encombre pas de réflexions sur la puérilité de ce qu'il engendre chez les gens. Sorte de crapaud immonde recroquevillé dans les entrailles de chacun, il secrète un acide faisant se tordre d'agacement et de jalousie celui dont il est l'hôte. Or, chez Aaron, la bête en question s'apparentait plus à un taureau viril ô combien puissant mais affligé d'une bêtise crasse. L'orgueil est un moteur pouvant faire accomplir de grandes choses aux Hommes... Cependant la grandeur ne fait pas l'utilité ni le bien-fondé. Aussi intelligent peut être le détenteur d'un tel égo, lorsqu'il tombe sous son contrôle, ses actions peuvent être dignes d'un génie ou d'un profond imbécile.
C'est la première chose qu'Aaron découvrit : ce taureau chargeant ses parois abdominales. Voilà l'un des piliers maintenant la cohérence de l'imposant édifice qu'était ce personnage. Naturellement, il s'y accrocha comme un vampire desséché à la gorge d'une jeune fille. C'était, pour l'heure, la seule chose qui le définissait.
Aaron soupira d'aise et il lui sembla que ses côtes se mettaient à jouer le rôle des toréadors.

C'est alors que Jin survint de nouveau, l'ouverture de la porte faisant mollement voleter les rideaux blanchâtres de la chambre. Il s'approcha d'Aaron et lui donna un dossier d'une épaisseur respectable. Ce dernier vit son prénom ainsi que ce qui semblait être son nom inscrits dessus : Aaron Groundswell. Un nom charmant sans en être pour autant magnifique. Il véhiculait une sorte de sentiment que son porteur n'arrivait pas à saisir... Il plissa des yeux concentrés et contrariés, fronça les sourcils avant de se résigner avec un petit soupir. Ce n'était sûrement qu'une impression...


- Tiens, tout ce que tu dois savoir sur ta vie est là dedans, c'est un dossier que j'ai dérobé dans les archives de mon ancienne guilde, ils avaient fait de considérable recherche à ton sujet.

Il était là, le moment fatidique. Celui des réponses. Celui où l'âme saurait enfin d'où elle provenait. Aaron porta un regard à la fois grave, apeuré et soulagé aux obsidiennes incrustées dans les orbites de Jin. D'une main tremblotante, celle d'un ridicule bambin, il ouvrit le dossier et saisit la première feuille s'y trouvant. Sorte de résumé, il donnait les principales informations qu'il y avait à savoir sur cet Aaron Groundswell. Il apprit tout d'abord trois fondements insoupçonnés sur sa personne. "Guilde". "Magie". "Maître". Il demeura ainsi, hébété devant son propre descriptif,  de longs instants. Une profonde incompréhension pouvait se lire sur son visage. Lui, un mage pouvant, de ce qu'il avait compris, agir sur le mouvement ondulatoire, qu'il soit physique ou électromagnétique ? En gros, un manipulateur de tout ce qui avait provoqué chez lui des crises d'angoisse ? C'était une blague ! Qui plus est, un maître de guilde officielle, celui de Wave Stream (nom ne lui évoquant rien) ? Le fait d'être un leader conforta son égo mais, le reste... Il se mit à transpirer à grosses gouttes, pensant à ses responsabilités abandonnées, à ses protégés dont aucun visage ne lui revenait... Qu'allait-il faire à son retour ? Il ne savait même plus ce que la tâche de maître de guilde lui incombait... Et ce, sans parler de magie ! Cet art, Groundswell ne le maîtrisait pas. Absolument pas. Des prodiges ? Il en était incapable. Oh, avec un tel corps, sa force physique devait être impressionnante mais il n'y avait rien de magique là-dedans (à moins qu'on lui ait fait boire un breuvage étrange...). Bref, il ne savait pas ce qu'il y avait à faire, mais le maître de Wave Stream devait retourner à sa guilde...
Après avoir appris qu'on le surnommait le "Wave Master" et que sa tête valait un nombre de Jewels lui apparaissant légèrement élevé sans avoir pour autant d'éléments de comparaison, il tourna les pages, lut méticuleusement chacun des mots griffonnés par plusieurs auteurs, les relut lorsqu'un élément le surprenait et laissa son visage se peinturer d'exclamation, de surprise... Mais surtout,  de scepticisme. Rien, dans ce dossier destiné à sa petite personne, ne lui semblait être arrivé. Aaron Groundswell, le Wave Master était un étranger pour Aaron l'amnésique. Il avait été rescapé d'un naufrage, recueilli par Wave Stream, avait entretenu une relation avec Arashi Sandei, avait accueilli des mages de la guilde à laquelle appartenait le dossier (Thunder Light) ayant refusé le basculement de la guilde dans la clandestinité et...
"Mon ancienne guilde"... Telles avaient été les paroles de Jin. Le colosse dévisagea son "sauveur"... Il ne savait pas réellement ce en quoi consistait la clandestinité d'une organisation dans les faits. Seulement qu'elle n'était pas reconnue par l'autorité régissant le monde de la magie : le Conseil Magique. Ces lacunes provoquaient une nouvelle fois le doute chez le convalescent. Désormais conscient d'être un personnage important dans le royaume en tant que maître d'une guilde puissante, sa méfiance s'éveilla à nouveau comme le cobra sort de l'hypnose. Jin saurait-il à nouveau le charmer ?


- Mais... Tu es de Wave Stream, toi aussi, Jin ? Enfin, je sais pas... Tu m'as parlé de ton ancienne guilde et il est dit que des mages de Thunder Light à laquelle appartient mon dossier l'ont quittée pour rejoindre l'aut... Euh... Ma... Guilde parce qu'elle est devenue clandestine. T'en fais partie ? Et, une guilde "clandestine", ça implique quoi, exactement ? Pourquoi se sont-ils amusés à retracer ma vie ? Certes, je suis sûrement extrêmement intéressant, plaisanta Aaron, mais c'est franchement bizarre, je trouve. Ah, et, tu m'excuseras, je suis complètement paumé. Je suis le premier à en être gonflé.

Dans les pages composant son dossier, Groundswell avait lu des choses lui paraissant sympathique, d'autres bien moins. Chacun a ses vices, il semblait que le sien était les femmes. Coureur de jupon, il avait assurément fait souffrir plus d'une jolie paire de jambes. De plus, il vomissait apparemment le Conseil. Du moins, il se faisait remarquer en réunion.
En bref, Aaron n'était ni un bonhomme, ni un vilain. Qu'il avait été sot avec sa vision profondément manichéenne des choses, s'attendant à ce que son ancien Lui rentre gentiment dans une des catégories ! Il ne fallait pas les considérer comme une pièce à pourvues de deux pendants mais comme un ruban de Moebius. Peu importe la face que l'on suit, on se retrouve irrémédiablement sur l'autre avant de repasser sur la première. Les concepts opposés n'en forment en réalité qu'un. C'est pourquoi les uns ne sauraient subsister sans les autres. Et, pour cela, nul besoin d'être un assassin ou un héros. Tout le monde est sûrement fait de clairs-obscurs...
Cela dit, Aaron ignorait complètement sa précédente manière de penser. Si, dans ce présent, il s'orientait vers cette théorie, l'homme qu'il avait été auparavant voyait les choses d'une manière radicalement différente. Et ça, il n'en savait rien.
Fort de cette première conclusion sur lui-même, il adressa un sincère signe de tête à son étrange bienfaiteur :


- Merci, Jin. Merci pour les soins, merci pour le dossier. Maintenant, il faut que je retourne à Wave Stream. Tu saurais m'y emmener ? fit le Wave Master en tentant de se relever.

Celui qui avait été en proie au doute laissa son dossier l'entraîner vers le bassin de la confiance.


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Dernière édition par Aaron Groundswell le Mar 23 Juin 2015 - 18:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Ven 19 Juin 2015 - 0:59

Poser trop de questions peut vite devenir lassant et vraiment insupportable, bien que la situation dans laquelle se trouvait Aaron légitimé ce regain d’interrogations. Maintenant qu’il venait d’embrasser de nouveau son identité, Jin pouvait tranquillement continuer de gangréner son esprit, comme le ferait un virus. Dans l’état actuel des choses, Aaron n’avait pas le choix que de lui faire confiance, de plus, il lui devait la vie. Quoi de plus aisé que d’implanter dans la cérébralité vierge de toutes fioritures d’un amnésique, des idées et attendre que celles-ci germent progressivement. Bien sûr, le jeune homme n’allait pas lui introniser des calomnies ou autres perfidies. Premièrement, car cela ne servira à rien si le patient recouvre la mémoire. Deuxièmement, car les membres de Wave Stream les démoliront facilement. Il fallait être nettement plus subtil et simplement lui faire ouvrir les yeux sur la situation actuelle de Fiore et sur les erreurs du passé. Car ce qui n’est pas marqué dans ce dossier, se sont bien les erreurs qu’à commis Aaron ces derniers mois. Conditionné par son égo de « héros » du peuple, de bienfaiteur du Royaume, il en perdit peu à peu sa rationalité et cela le mena à sa perte.

Au final, à trop vouloir se porter garant de choses futiles, de vouloir protéger la veuve et l’orphelin, on en perd sa propre nature. Le véritable sujet n’est pas de « combattre » le mal, car cette bipolarité repose sur un mensonge, qu’est-ce que le mal ? Qu’est-ce que le bien ? Ce ne sont que des notions purement théoriques et subjectives. Il faut briser cet équilibre, réduire en cendres ce système archaïque et pitoyable. Le renouveau par la destruction, la lumière surgira toujours du chaos. Aaron Groundswell … Yuki Icefield … Elen Lastblow … Le Conseil … Vous et vos minables petits sujets que malgré tout ce que vous pouvez dire, vous dirigez, vous dominez, et cela vous plait, pourquoi s’en cacher ? Pour ne pas heurter l’opinion publique ? Encore une idée à la con des Hommes. C’est à vous de jouer maintenant, le jeu a déjà commencé. Le Loup va donc se contenter de guider le Wave Master vers l’avenir, le délivrer de cette cécité qui l’a conduit ici. Formater Aaron indirectement en le confrontant à son ancien lui, pour en faire son antipode.

« Non je ne suis pas de Wave Stream. Je ne suis de rien du tout, il vaut mieux être seul que mal accompagné hein ? AHAHAHAH un peu d’humour n’a jamais fait de mal. Plus sérieusement, j’étais anciennement affilié à Thunder Light, pour de simples raisons pratiques et non idéologiques. En ce qui concerne le terme de « guilde clandestine », disons que c’est simplement une guilde qui a décidé de ne plus suivre les préceptes des têtes bien pensantes de cette région. Une guilde qui a choisi une certaine forme de liberté, en s’écartant d’un système obsolète. Pour faire simple, une guilde clandestine n’est dominée par personne, contrairement à une guilde officielle. Certes, le Conseil n’est plus ce qu’il était, néanmoins, les guildes officielles doivent malgré tout lui rendre des comptes. »


Tout en s’allumant un cigare avec une élégance dont lui seul a le secret, il sortit une bouteille de vin blanc et s’en servit un verre avant de poursuivre.
 
« Pour toutes les autres questions sociopolitiques de la région, tu verras avec les membres de ta guilde, je ne suis pas précepteur. De plus, vous devez certainement disposer d’une bibliothèque bien fournie à Wave Stream, tu n’auras aucun mal à récupérer tes connaissances. En revanche, il est de mon devoir de te mettre en garde contre toi-même. »

Le Loup s’assit juste en face de son interlocuteur, bu une gorgée de vin, ses yeux se fermèrent de plaisir tant ce breuvage était délicieux. Grand amateur de ce liquide alcoolisé depuis des années, il possède une culture vinicole conséquente.

« Je me sentirais vraiment mal de te laisser repartir sans te parler de ton ancien toi en détail. Tout d’abord, sache que si tu es dans cet état là c’est à cause de toi. Tu voyais le monde comme une chose simple. D’un côté, le bien et de l’autre le mal. Tu te voyais comme une sorte de garant de la paix, une sorte de héros qui vivait dans un monde d’illusion. La cristallisation des propos et des pensées des gens à ton sujet ont fait de toi un aveugle de la réalité. Certes, tu étais idolâtré par les membres de ta guilde et par de nombreuses personnes au sein de Fiore, mais regarde ou cela t’a mené. La vérité, c’est que cette image de bienfaiteur t’a pourri jusqu’à la moelle. Tu te fourvoyais et ne cherchais pas à aller en profondeur. Pour preuve, le maître de Thunder Light, Edge Celsius, enfin l’ancien maître, est mort par ta faute. Tu pensais que parce qu’il avait décidé de passer sa guilde en tant que clandestine, cela faisait de lui un traître. Dès ce moment, tu l’as haï du plus profond de ton être, non pas que tu le portais spécialement dans ton cœur. Tu as également très mal vécu le fait que ton grand Amour Arashi Sandei, préfère suivre Edge plutôt que de quitter Thunder Light pour toi. Car contrairement à toi, elle a regardé plus loin que son nez et ne s’est pas laissé aveuglé par ses émotions et son ego. Elle savait très bien qu’Edge ne faisait pas un tel geste sans arrière pensées. Certes Edge a dû s’associé avec ce que l’on peut appeler des mages « noirs », mais pour entrevoir la lumière, il est parfois nécessaire de s’enfoncer dans les ténèbres Aaron. Mais toi, cela te dépassait, tu as préféré bêtement croire tes idéaux, ceux des membres de ta guilde, ceux du Conseil, ceux de Fairy Tail, et considérer Edge comme un homme à abattre. Edge voulait par ses actions, établir une paix incontestable et indéboulonnable à Fiore, il aurait sans doute pu réussir avec votre soutien. Il n’attendait pas une approbation, mais seulement du soutien. Seulement, tu as été aveuglé par tes préceptes et par tes émotions. Les émotions sont la faiblesse de l’Homme, elles peuvent le conduire à faire des choses contre sa volonté. Il faut que tu tires des leçons du passé Aaron. Ne te laisse plus submerger par tes émotions, ne te laisse plus dicter par ce système dépassé, ne te laisse plus avoir par les pensées des membres de ta guilde et surtout, ne te laisse plus aveuglé par ton égo. Fiore est au plus mal, tu dois agir, tu as les capacités pour agir, l’équilibre de la paix est compromis. Le Conseil et Dark Dragon sont deux serpents à qui tu dois couper la tête. Tes actes passés ont eu des conséquences désastreuses. Toi-même, tu m’as dit un jour qu’il fallait s’occuper des vrais problèmes. C’était sans doute la parole la plus censée qui est sortie de ta bouche depuis des années. Encore faut-il identifier les « vrais problèmes ». Cette coquille d’homme-héros, grand, beau, fort, omnipotent, arrogant, qui se laisse guider par ses émotions, qui agit sans réfléchir, qui ne cherche pas à analyser, car il est trop fier et trop cartésien a fait finalement partie de ton être, de ton âme. Tu ne prenais pas ton rôle de maître de guilde au sérieux, tu as laissé Dark Dragon s’engraisser sans bouger une oreille, enfin si, mais juste avec ta grande gueule, parler, parler, mais pas bouger, un gentil petit toutou. Ah si j’oubliais, tu avais une espionne qui travaillait pour toi, Heaven Yume, qui t’a mis au courant du changement de régime de Thunder Light. Et là quelle aubaine pour toi ! La personne que tu détestais le plus à Fiore, dédain issu de raisons purement futiles au passage, passe soudainement dans le camp ennemi ! Je vais pouvoir lui péter la gueule sans qu’on vienne me dire que c’est pas bien ! Je fonce ! »

Jin se mit à claper des mains en rigolant.

« Félicitations, voilà le résultat ! On ne mesure la conséquence de nos actes qu’une fois ceux-ci effectuer, tu me diras. Je ne te jette pas la pierre, tu es un Homme. Mais tu dois être plus qu’un Homme, et pour cela, tu dois tenir compte de mes conseils, sinon tu vas redevenir celui que tu étais. Ne te laisse pas conditionner par des futilités, au risque de devenir toi aussi futile et dénué de toute rationalité. Le monde et l’Homme sont trop complexes pour que l’on puisse le résumer à bien/mal, il faut toujours analyser en profondeur les choses. Le concept même de bien/mal est un mensonge, qui a dit un jour ça s’est bien ou ça s’est mal ? Les Dieux ? Non s’est faux, et entre nous, baser nos actes sur des idéologies soi-disant communes à l’Homme, intrinsèques à sa nature, c’est d’une débilité… L’Homme est et restera un animal. Toi, tu dois devenir autre chose, Fiore a besoin de toi. Tu dois voir au-delà Aaron, et je veillerai à ce que tu y arrives. Bien ! Après ce long discours, je vais répondre à ta requête ! Bien sûr que je vais te ramener à Wave Stream, tu ne crois tout de même pas que j’allais te garder ici æternam ? Si je sais ou se trouve Wave Stream ? Sache Aaron, que je sais tout ce qu’il se passe à Fiore … Tout… Je pense que tu souhaites rentrer le plus vite possible ? Alors en route et pense bien à tout ce que je viens de te dire. N’hésite pas à me poser des questions. »


Le God Slayer écrasa son mégot de cigare dans un cendrier en matériau précieux, finit son verre de vin et sortit de la chambre du convalescent après lui avoir indiqué qu’il l’attendait en bas.
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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Jeu 25 Juin 2015 - 23:17



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Oblivion

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" Tu m’as simplement retrouvé blessé, je n’ai jamais perdu la mémoire, ok ?”










Jin appartenait… Non… Avait appartenu à Thunder Light. Uniquement car cela l’arrangeait d’un point de vue pratique. C’était donc le pragmatisme qui l’avait poussé à s’engager… Voilà qui conférait à cet homme une aura d’indépendance. Aaron en fut conforté. Peu importe ce qu’impliquait une affiliation à cette Thunder Light, son ami se trouvait au-dessus de ça.
D’ailleurs, ladite définition suivit dans l’instant : passer dans la clandestinité revenait à s’émanciper de la tutelle du Conseil. Juste ça ? Jin avançait, par ailleurs, que l’organisme, le système, était archaïque.
Si tel était le cas et si Aaron exécrait tant ce dernier, que faisait encore Wave Stream dans l’officialité ?
Bonne question.
Groundswell, cela dit, ne pouvait trouver de réponses, faute d’éléments d’analyse.

L’ex-mage de Thunder Light porta un cigare à sa bouche, se servit un verre de vin. Le Wave Master grimaça à l’odeur forte du tabac. Il tendit un bras pour ouvrir la baie vitrée et chasser ce parfum charrié par l’épaisse fumée. Aussitôt, les vents frais de février s’engouffrèrent dans la chambre, congelant l’esprit lacunaire du colosse. Tout son corps s’horripila, bandages ou non. Il frissonna et referma promptement la porte sur l’enfer glacial de l’extérieur.
Déjà dans l’incapacité de faire grand-chose, Aaron se passerait d’un engourdissement surnuméraire…
C’est alors que son sauveur parla d’une mise en garde. Une mise en garde contre Aaron lui-même. L’intéressé, intrigué, arqua un sourcil et suivit son interlocuteur du regard.





Jin vint s’asseoir en face de Groundswell et but une gorgée de vin. Le maître de Wave Stream n’avait aucun souvenir de la saveur de cette boisson translucide… Pourtant, sans même avoir jamais senti le liquide imprimer sa saveur sur ses papilles, sans même avoir jamais apprécié le bouquet de ce breuvage, l’amnésique savait qu’il trouvait ce dernier bon.
Une fêlure d’envie ébranla la régularité cristalline de ses émeraudes.


- Je me sentirais vraiment mal de te laisser repartir sans te parler de ton ancien toi en détail. Tout d’abord, sache que si tu es dans cet état là c’est à cause de toi. Tu voyais le monde comme une chose simple. D’un côté, le bien et de l’autre le mal. Tu te voyais comme une sorte de garant de la paix, une sorte de héros qui vivait dans un monde d’illusion. La cristallisation des propos et des pensées des gens à ton sujet ont fait de toi un aveugle de la réalité. Certes, tu étais idolâtré par les membres de ta guilde et par de nombreuses personnes au sein de Fiore, mais regarde ou cela t’a mené. La vérité, c’est que cette image de bienfaiteur t’a pourri jusqu’à la moelle. Tu te fourvoyais et ne cherchais pas à aller en profondeur. Pour preuve, le maître de Thunder Light, Edge Celsius, enfin l’ancien maître, est mort par ta faute. Tu pensais que parce qu’il avait décidé de passer sa guilde en tant que clandestine, cela faisait de lui un traître.

Etranges informations que celles-ci. Aaron en fut dérouté sans pour autant ressentir quoi que ce soit. Cet état d’esprit était celui d’un autre, pas le sien. Il se contenta de froncer les sourcils. Toutefois, l’évocation du trépas de cet Edge Celcius le fit tiquer. Un sentiment diffus de culpabilité se propagea dans tout son être, le plongeant dans une mer d’appréhension. Un mort… Par sa faute ?! Qu’est-ce que cela signifiait ?  Dans quelle mesure était-ce son fait ?
« Mort par ta faute »… Cela sous-entendait un acte indirect.
Troublé, soudainement effrayé par son ancienne vie, Groundswell adopta une position plus défiante. Bras croisés, jambes légèrement pliées, il prêta oreille à la suite du discours de son ami tout en scrutant le moindre recoin de la chambre.
Tout était blanc, beau, régulier. Parfait. Trop parfait. Cet environnement évoquait tout à coup à Aaron quelque centre de soins aseptisé. Et si Jin lui avait menti depuis le début ? Et s’il jouait un rôle ? Et si le paysage perçu n’était qu’illusion ? Et si Aaron avait assassiné de ses propres mains ce pauvre Edge ?
Et si… Et si…
Centre de soins ?
Ou centre pénitencier ?
Le prétendu sauveur du maître de Wave Stream psalmodiait des mots distordus par la panique d’Aaron. Il comprenait leur sens, certes, mais la voix de Jin en elle-même était devenue tout bonnement inintelligible. Une histoire d’amour qui aurait mal tourné… ?
Non, non, non ! Ce ne devait pas être ça. Ca ne pouvait pas être ça. Aaron rejeta en bloc tout doute, toute frayeur.
Il ne voulait pas savoir ce genre de détails. Plutôt demeurer dans l’ignorance que de supporter la vérité.
C’était lâche… Ca ne ressemblait pas à l’ancien Groundswell de se défiler ainsi… Mais ce dernier avait disparu à jamais, après tout.


- Il faut que tu tires des leçons du passé Aaron. Ne te laisse plus submerger par tes émotions, ne te laisse plus dicter par ce système dépassé, ne te laisse plus avoir par les pensées des membres de ta guilde et surtout, ne te laisse plus aveuglé par ton égo. Fiore est au plus mal, tu dois agir, tu as les capacités pour agir, l’équilibre de la paix est compromis. Le Conseil et Dark Dragon sont deux serpents à qui tu dois couper la tête. Tes actes passés ont eu des conséquences désastreuses. Toi-même, tu m’as dit un jour qu’il fallait s’occuper des vrais problèmes. C’était sans doute la parole la plus censée qui est sortie de ta bouche depuis des années. Encore faut-il identifier les « vrais problèmes ». Cette coquille d’homme-héros, grand, beau, fort, omnipotent, arrogant, qui se laisse guider par ses émotions, qui agit sans réfléchir, qui ne cherche pas à analyser, car il est trop fier et trop cartésien a fait finalement partie de ton être, de ton âme. Tu ne prenais pas ton rôle de maître de guilde au sérieux, tu as laissé Dark Dragon s’engraisser sans bouger une oreille, enfin si, mais juste avec ta grande gueule, parler, parler, mais pas bouger, un gentil petit toutou. Ah si j’oubliais, tu avais une espionne qui travaillait pour toi, Heaven Yume, qui t’a mis au courant du changement de régime de Thunder Light. Et là quelle aubaine pour toi ! La personne que tu détestais le plus à Fiore, dédain issu de raisons purement futiles au passage, passe soudainement dans le camp ennemi ! Je vais pouvoir lui péter la gueule sans qu’on vienne me dire que c’est pas bien ! Je fonce !

Groundswell n’avait pas le discernement nécessaire pour trier le subjectif de l’objectif. A vrai dire, sa pauvre conscience n’avait d’autres choix que de se raccrocher aux paroles de Jin comme à des vérités universelles. Disque vierge, l’ex mage de Thunder Light pouvait y graver les informations qu’il désirait sans craindre de quelconques doutes. Ceux-ci pouvaient survenir mais finissaient toujours par être vaincus, encore faibles, posés sur des bases incertaines au destin inévitable : la chute.
Il lui semblait définitivement que Jin l’avait, par le passé, haï… Enfin, « haï »… L’expression était peut-être forte. Mais une certitude demeurait pour le Wave Master : son « ami » ne le portait pas réellement en haute estime.
Sûrement s’étaient-ils disputés quant à ses agissements… Cela expliquerait les espoirs que plaçait Jin en lui malgré sa critique acerbe.
Critique… Il semblait à Aaron qu’il était exposé à de puissants vents. Chaque rafale l’ébranlait… Mais restait intangible. Il ne pouvait qu’encaisser sans savoir de quoi il en retournait.

Jin poursuivit sa tirade, évoqua le manichéisme dont le maître de Wave Stream avait, apparemment, fait preuve. Ca ne l’étonnait pas. Il y a quelques instants, il s’était lui-même fait intérieurement la réflexion, après tout.
Quoi qu’il en soit, Jin confirma ce que Groundswell pensait : il espérait de grandes choses de sa part… Des choses peut-être bien trop grandes… Le Wave Master se mit à y songer, nerveux, se demandant ce qu’impliquaient ses responsabilités… Ce qu’il allait devoir accomplir pour atteindre son but… Ou le but de Jin… Ou celui de Fiore… Il n’en savait rien, au final. Toujours était-il que son ami allait le reconduire au siège de sa guilde.
Aaron frissonna.
Comment allaient réagir ses membres ? Que pourrait faire une guilde d’une aussi grande envergure avec, à sa tête, un amnésique ? Pas grand-chose…
Ledit amnésique pensa alors à engager un maître par intérim… Mais se renfrogna bien vite. S’il adoptait cette solution, il ne saurait qui choisir… Et peut-être ferait-il un mauvais choix. De plus, si la situation du continent nécessitait tant son intervention comme le disait Jin, cela démotiverait les troupes d’Aaron que de le voir souffrant et incapable d’assumer son poste.
Non, il ne leur montrerait rien de ce qu’il s’était passé.
Le colosse s’y résolut : personne ne saurait rien de sa perte de mémoire. Sauf, peut-être, une ou deux personnes de confiance…
Naturellement, aucun visage ne lui vint à l’esprit.
Il allait falloir demander des noms à Jin.
Qu’aurait-il fait sans le brun… ?

La peur au ventre, Aaron se dressa avec prudence sur ses troncs d’arbre de jambe. Attention, le bois était bien peu souple et cassant ! Un rien le faisait sinistrement craqueler. Se tenant au premier support qui passa à sa portée, le maître de Wave Stream entreprit de mettre une jambe après l’autre, manquant de choir à maintes reprises. Il maudit, l’espace d’un instant, Jin de l’avoir laissé se débrouiller seul avant de se raviser… S’il se retrouvait seul, c’était pour qu’il réapprenne à se déplacer en autonomie. Merci Jin ?
Ca commençait à faire…

Un bon quart d’heure s’écoula avant que Groundswell ne puisse rejoindre son ami. Sa première inspiration lui fit un bien fou… Il lui semblait ne pas avoir goûté à cet air frais depuis des années…
L’homme était vêtu de ce qu’il avait trouvé dans la garde-robe de la chambre : un long manteau rouge, une sorte de keikogi taupe ainsi qu’un pantalon noir, simple et presque invisible sous les pans de sa veste. En plus de cela, une paire de petites lunettes sans monture à verres rouge était posée sur son nez. Il rajusta ces derniers et, de sa démarche encore incertaine, suivit son ami là où il le conduisait.
Durant le trajet le menant à Cliver, Aaron posa quelques questions sans trop d’importance à Jin. A vrai dire, parler avec lui le rassurait. L’ex-Thunder Light était sa seule attache avec son passé, pour l’instant…
Au bout d’une petite heure (peut-être deux), le duo de mages arriva à Cliver. Ils traversèrent la ville, Groundswell continuant son bavardage inutile alors qu’une angoisse le rongeait, avec de plus en plus d’ardeur, de l’intérieur. Il avait envie de prendre ses jambes à son cou, de hurler, de disparaître purement et simplement de ce monde tant il était effrayé. Le bâtiment de la guilde se profilait à l’horizon. Pour le moment, le maître de Wave Stream, s’était contenté de faire quelques sourires gênés, quelques signes de main, à ceux qui l’interpellaient. A chaque fois qu’il avait été forcé d’agir de la sorte, il lui avait semblé vomir dix litres de sueur par tous les pores de sa peau.
Ses pas et ceux de Jin martelaient le pavé, lente frénésie sur laquelle son rythme cardiaque se calquait, lorsqu’enfin ils touchèrent au but.
Wave Stream était là, imposante et respectable.
Un sentiment de nostalgie emplit soudain, sans que celui-ci ne sache pourquoi, tout l’être d’Aaron. Si sa mémoire rationnelle avait été effacée, les sens, les émotions, eux, avaient apparemment résisté. Indélébiles.

Dans quelques instants, tout se jouerait.
Aaron regarda Jin, plus apeuré que jamais.


- Jin… Ne leur dit pas. Fais comme si de rien n’était. Tu m’as simplement retrouvé blessé, je n’ai jamais perdu la mémoire, ok ?

Grande inspiration.

- Conseille-moi cependant une personne à laquelle je pourrais tout révéler… Je ne pourrais pas jouer la comédie devant tout le monde.

Avec une normalité forcée, Aaron Groundswell poussa le battant de la grande porte.

© Code de Anéa pour N-U



HRP:
 


Dernière édition par Aaron Groundswell le Ven 28 Aoû 2015 - 14:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Lun 17 Aoû 2015 - 18:25

Le God Slayer s’était rarement senti aussi puissant vis-à-vis de quelqu’un. Il pouvait façonner et moduler Aaron, enfin le nouvel Aaron. Après tout, rien de plus simple dans cette situation, le maître de Wave Master voyait en lui son sauveur, qui n’écouterait pas son sauveur ? Surtout lorsque l’on a perdu la mémoire. Jin était purement et simplement la seule chose qui rattachait Aaron à son passé. Le Loup continuant sa comedia del arte, jouait ses cartes, la main mise sur le Wave Master et sa manipulation étaient son premier véritable coup. Attentiste depuis trop longtemps à son goût, il était temps de passer à l’offensive et qui de mieux qu’Aaron pour entamer les hostilités ? Oui bien sur, il y a la mort d’Edge, mais ce coup là ne fut pas prémédité, simple caprice. Cette manœuvre audacieuse pourrait bien changer plus rapidement Fiore que prévu. Jin aurait pu laisser Aaron trépasser et profiter du chaos inévitablement déclenché à Wave Stream, mais cela aurait été bien trop aisé. Le panache, voilà ce qui importe, la sournoiserie, voilà la manière. La nature a bien arrangé les choses, cette amnésie, quelle aubaine ! C’est là qu’il a eu cette idée horrible de monter Aaron contre ce monde, de l’entraîner avec lui, vers la vérité ?

Edge … tombé. Aaron … tombé. Yûki … piégée. Elen … Ah Elen ! Ce n’est qu’une question de temps, cela lui fait quelques choses de devoir annihiler un de ses semblables, mais cela est nécessaire, la fin justifie les moyens. Un Dieu manipulé par un démon ne mérite pas son pouvoir. J’oubliais le conseil … Est-il vraiment nécessaire d’en parler ? Je crois qu’une feuille blanche serait la métaphore physique parfaite. Bien sur le plan du loup comporte un point faible, comme tous, et si Aaron retrouvait la mémoire ? Pour être franc, cet aboutissement l’excité, il le souhaitait d’ailleurs. Le Wave Master sombrerait dans une déprime dont il ne se remettrait jamais, le loup resterait son sauveur malgré tout. L’ex-amnésique plongerait sans doute dans la folie. Il en avait l’eau à la bouche. Mais pour l’instant tout ceci n’était que pure utopie, tout ne se passe jamais comme prévu, c’est ce qui fait l’intérêt de l’avenir, on ne le tient pas. Ce facteur d’imprévu galvanise le God Slayeur, c’est son carburant, il laisse toujours une part de chaos dans ses entreprises. La vie n’est qu’un jeu, tout est sujet à l’amusement, aux expériences, ça c’est vivre, sans contrainte, sans collier, sans tous ces idéaux sociétaires et humanistes qui ne sont qu’illusion. L’Homme se croit libre, quelle tristesse, ne pas se rendre compte d’être les artisans d’une dictature de parole.

Revenons à nos deux meilleurs amis du monde ! Cliver, une ville merdique selon Jin, regorgeant de personnes ennuyeuses, endimanchées dans leur vie désuète d’exceptionnel, attendant désespérément  qu’un facteur x ou y viennent rendre leur petite existence un peu moins  minable. Aaron lui posa plusieurs questions sur le trajet toutes plus futiles les unes que les autres, ce qui exaspérait le jeune homme, à de multiples reprises il eut envie d’arracher la langue de son vis-à-vis avec une pince. Mais chose rare et extraordinaire qui mérite d’être souligné, le loup canalisa ses pulsions, il le devait après tout. Remarque il n’était pas à son coup d’essai, depuis son arrivée à Fiore, il joue un rôle si l’on peut dire ainsi. Derrière cette façade extravagante de bourgeois gentilhomme se cache un être immonde que peut de personne on réellement vu, du moins, elles ne sont plus là pour venir en témoigner. Il est comme un poison, un cancer qui se développe paisiblement dans la société et qui la tue à petit feu, pour son bien ? Essayez de comprendre …

Aaron sentait la peur à des kilomètres, il était effrayé à l’idée de revoir ses camarades, elle grandissait à mesure que les deux approchèrent de Wave Stream. Cela était compréhensible, tout allait se jouer dans les prochaines minutes pour Aaron, allait-il réussir à jouer la comédie à ses membres ?

"Jin… Ne leur dit pas. Fais comme si de rien n’était. Tu m’as simplement retrouvé blessé, je n’ai jamais perdu la mémoire, ok ?"

Oh mais ce n’était certainement pas ses intentions, bien au contraire, tout se déroulait à merveille, le spectacle allait être grandiose.

"Conseille-moi cependant une personne à laquelle je pourrais tout révéler… Je ne pourrais pas jouer la comédie devant tout le monde."

Et voilà ça y est, les crocs se referment sur Aaron, il se donne à Jin, il vient de lui donner sa confiance, le jeu va véritablement commencer maintenant. Jin savait très bien à qui Aaron devrait se confier, une personne sans intérêt et totalement dévoué à son maître. Juste avant que les deux pénétrèrent dans l’enceinte de la guilde, le chasseur de Dieux lui murmura.

« Damon Fearless … »

Une fois à l’intérieur, Jin dévisagea le lieu en quelques secondes, c’était d’une élégance et d’une richesse d’un sans-abri, une guilde sans noblesse pour des mages sans noblesse. Le mauvais goût voilà une chose qui débecte le jeune homme au plus haut point.

« Quel lieu charmant ! Oyez ! Oyez ! Brave gens ! Je vous ramène votre maître de guilde ici présent, Aaron Groundswell »

La pointe d’ironie de ses propos n’était pas identifiable. Tous les mages se retournèrent immédiatement pour voir qui venaient d’entrer dans leur humble demeure. On pouvait rapidement identifier la haine, le dégout, la surprise et l’incompréhension dans leurs regards. Des jurons et des interrogations sur un ton menaçant à l’encontre du chasseur de Dieux ne se firent pas attendre. Certains mages s’étaient mis en position de combat, près à en découdre. Jin se retenait de rire puis décida de prendre la parole sur un ton joueur.

« Quel accueil chaleureux ! Allons allons ! Du calme ! Pourquoi tant d’animosité envers un modeste pèlerin ? Qui plus est, le sauveur de votre maître. Aaron à connu un léger … contre temps il y a peu, je lui ai sauvé la vie et je l’ai remis sur patte ! Vous le connaissez, c’est un roc ! Non je ne suis pas un fils de pute comme je viens de l’entendre, à moins que vous ayez l’air mieux renseigné que moi sur mon histoire et celle de mes parents ! Mais je ne vous en veux pas, c’est un reflexe classique que de se braquer face à l’inconnu. M’enfin vous en conviendrez que d’être aussi dur vis-à-vis d’une personne que l’on ne connait pas, c’est assez cocasse. »

Suite à ces propos, le jeune homme vint chuchoter quelques mots à Aaron.

«  Tu vois Aaron … Est-ce que je t’ai menti ? Tous les mages ici présents ne me connaissent pas. Ils s’arrêtent à leurs préjugés me concernant, j’étais de Thunder Light alors je suis nécessairement une vermine. Ils ne prennent pas la peine d’aller chercher en profondeur. Tu as un exemple réel de l’idiotie humaine. Et voilà comment tu étais auparavant, tu te rends compte de la chance que tu as de pouvoir changer ? »

Intérieurement, le God Slayer était en orgie cérébrale, il prenait son pied comme rarement il l’avait prit. Ses crocs se serrèrent toujours plus au cou de sa proie, tout était en place, il n’avait plus qu’à laisser couler et à suivre la suite des événements. Le Loup reprit la parole en ponctuant ses dires par des gestes théâtraux.

« Bien ! Ce n’est pas que votre exquise compagnie m’insupporte mais j’ai des milliers de choses à faire bien plus intéressantes que de rester à faire la causette avec vous. J’ai fait ce que j’avez à faire. Je vais vous laissez faire des retrouvailles digne du rang de votre maître revenu du Royaume des morts ! Peuple de Cliver ! Je vous salue ! »

Le jeune homme ne craignait rien, il le savait et cela faisait enrager tous les membres de la guilde, le loup est rentré dans la bergerie et va en sortir sous le nez du berger. Jin méprisait tous ces merdeux et jouir de sa position devant eux, lui procurait une satisfaction terrifiante. Avant de sortir, il murmura une dernière fois à Aaron.

« A plus tard Aaron et n’oublie pas ce que je t’ai dit mon ami. »

Le loup quitta la Wave Stream, un sourire malsain dont lui seul a le secret se dessina sur son visage. Il s’arrêta, ferma les yeux, respira le bon air quelques secondes puis s’en alla. 
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MessageSujet: Re: Oblivion [Jin + WS (?)] Sam 29 Aoû 2015 - 15:09



feat. Jin Shinsei


Oblivion

Old Beginning


" Le passé d’Aaron n’était qu’un éternel assemblement de poupées russes qu’il démonterait sans jamais ne rien trouver d’autre que du vide…”










- Damon Fearless...

C'était ce qu'avait murmuré Jin à l'oreille d'Aaron avant que ce dernier ne pénètre le bâtiment. Comme un mot inconnu que l'on vient d'apprendre et que l'on se force à mémoriser, ce nom paraissait étranger et fuyant, insaisissable. Le Wave Master avait imperceptiblement hoché la tête, se demandant à quoi ressemblait ce Damon, se demandant le rapport qu'il entretenait avec lui. Était-il un ami de longue date ? Un aîné ? Un protégé ? Un second ? Un rival ? Ou tout simplement un homme digne de confiance, peut-être... ?
C'est avec ces interrogations en tête que le maître de guilde posa les pieds sur le sol de la grande pièce, cet antre de mages, de connaissances inconnues.

Le décor était sympathique. Boisé, sobre. L'endroit respirait les vapeurs d'alcool et les effluves de gaieté. Un escalier conduisait à une mezzanine, laquelle donnait accès à des pièces plus petites. Pour mieux observer, Groundswell pencha la tête. Le mur du fond, entre les têtes et les verres, s'ouvrait, semblait-il, sur un espace bien plus moderne dont les tons noirs et bleus appelaient à la curiosité. Un long bar derrière lequel s'affairait une jeune femme offrait aux résidents rafraîchissements et sustentation. La première impression fut à la fois neutre et spéciale, fade et agréable. D'un côté, Aaron ne se rappelait pas avoir vu cet endroit un jour... De l'autre, il avait l'intime conviction qu'il s'agissait là de son domicile. C'était là, dans des tripes. C'était cette sensation de prise, de bourdonnement incompréhensible au creux de son abdomen...
Ses lunettes aux verres rouges toujours sur le nez pour ne pas que l'on puisse distinguer son trouble, l'homme attendit que Jin apparaisse à sa suite. Là, des dizaines de paires d'yeux se braquèrent sur l'impossible duo.


- Quel lieu charmant ! Oyez ! Oyez ! Braves gens ! Je vous ramène votre maître de guilde ici présent, Aaron Groundswell.







Soudain, tous les visages se tournèrent vers Jin. En un instant, la tension gagna une bonne dizaine de niveaux. On murmura, on fronça les sourcils, on demanda que faisaient les deux hommes ensemble, on insulta Jin. Les têtes suintaient d’émotion diverses… Mais aucune n’exprimait un quelconque sentiment positif.
L’ex-Thunder Light était mal vu, voilà une chose de bien claire. A vrai dire, il faisait toujours preuve de cette ironie dérangeante… Alors, bon, ça ne pouvait plaire à tout le monde. Ne sachant sur quel pied danser, Groundswell se mura dans une expression qu’il voulut la plus indéchiffrable possible. Jin se chargea d’expliquer la situation aux troupes du Wave Master. Bien évidemment, cela ne faisait que faire enrager plus encore l’assemblée. Autant dire qu’ils n’auraient pu faire qu’une bouchée de Jin, vu leur nombre… A moins que ce dernier ne soit plus puissant que quiconque. Ce qui, malgré tout, paraissait bien étrange aux yeux d’Aaron.
Il vint justement lui adresser plus personnellement la parole, provoquant l’agitation des membres de Wave Stream qui n’avaient comme barrière que l’inaction de Groundswell.


- Tu vois Aaron … Est-ce que je t’ai menti ? Tous les mages ici présents ne me connaissent pas. Ils s’arrêtent à leurs préjugés me concernant, j’étais de Thunder Light alors je suis nécessairement une vermine. Ils ne prennent pas la peine d’aller chercher en profondeur. Tu as un exemple réel de l’idiotie humaine. Et voilà comment tu étais auparavant, tu te rends compte de la chance que tu as de pouvoir changer ?

Un salut irritant à l’attention des membres, un dernier murmure. Et il s’en fut.
La porte se referma sur Wave Stream, plongeant le maître de guilde dans son ombre. Seuls ses verres rouges demeuraient visibles du fond de la salle.
Et le voilà livré à lui-même.
Aussitôt, la clameur monta, plus forte, plus douloureuse. Les sons agressaient Aaron, fusaient sur lui comme une nuée de flèches. Il grimaça, se boucha les oreilles, se recroquevilla quelque peu sur lui-même alors que les autres criaient leur indignation, leur incompréhension. Alors qu’il dépassait d’une tête la quasi-totalité des membres de l’assemblée, il se sentait oppressé par celle-ci, effrayé, littéralement.
Alors, incapable de faire autre chose, il se contenta de lever une main large, paume vers l’avant. Plus par imploration que par ordre, il obtint ainsi le silence.
Il put alors se redresser.
Tout allait se jouer à ce moment précis.
Jouer son rôle.
Aaron se composa un masque faussement jovial et assuré.


- Calmez-vous…

Il était censé haïr Jin.

- Il m’a sauvé, c’est vrai. J’ignore pourquoi, mais je n’allais pas m’attaquer à lui ni vous laisser le faire.

Devant le scepticisme de son public, le comédien s’empressa de rajouter, avec un demi-sourire :

- Pas maintenant, du moins.

Certains protestèrent, d’autres acquiescèrent. D’autres ne prirent même pas la peine de réagir. Quelques uns, cependant, continuaient de le regarder avec un air inquiété. Intérieurement, Aaron pesta. Il lui fallait trouver un moyen de s’éclipser, et vite.
L’étage lui semblait moins peuplé. Ignorant que son bureau se trouvait là-bas, il jeta son dévolu sur la mezzanine.

- J’ai été blessé, je suis vraiment… Fatigué. Je vais aller me reposer, fit-il en feignant assez abruptement un soudain épuisement.

Il s’avança, s’efforçant de paraître le plus las et traînant possible, évitant soigneusement de croiser les regards.
Un silence ponctué de quelques chuchotements lui indiqua qu’il avait mal joué… Il ne tromperait pas aussi facilement ses membres. Mais s’il pouvait réfléchir un peu plus à sa stratégie en attendant de les convaincre…
Soudainement, il s’arrêta, au pied de l’escalier.


- Ah, et si Damon pouvait venir me voir…

Prononcer cette phrase lui apparaissait si peu naturel qu’il crut, l’espace d’un instant, s’être complètement trahi. Mais rien de particulier ne se passa. Alors, pressant sans s’en rendre compte le pas, il avança jusqu’à déboucher dans un couloir aux odeurs aussi familières que lointaines. Il releva ses lunettes et regarda distraitement les portes autour de lui jusqu’à trouver un écriteau sur lequel son nom était inscrit.
Il prit une grande inspiration et poussa cette nouvelle porte.
Car le passé d’Aaron n’était qu’un éternel assemblement de poupées russes qu’il démonterait sans jamais ne rien trouver d’autre que du vide…


• • •

Les jours passèrent. Et les semaines succédèrent aux jours. Aaron Groundswell avait commencé par lire chacun des livres qu’il avait pu trouver à Wave Stream. Grâce à l’aide de Damon (avec qui il avait déjà une relation particulière avant sa perte de mémoire), il avait pu se réintégrer sans trop de problèmes.
Ne restaient plus que sa mentalité. Celle-ci avait définitivement changé. D’abord, ses peurs irrationnelles de tout ce qui avait constitué la magie qu’il ne savait plus maîtriser. Apparemment, il avait été une mage très talentueux… Quoique avec moins de potentiel que Damon. Mais la Shooting Star restait la Shooting Star. Il n’avait pas fallu longtemps à Aaron pour remarquer son narcissisme…
Et il y avait surtout ce mal-être. Ce sentiment de ne jamais être à sa place, de n’appartenir à rien, d’être détaché de l’univers. Ca rongeait Groundswell ;  ça corrompait son esprit et il lui semblait peser des tonnes. Comme un corps étranger envoyé dans un monde auquel il n’appartient pas, le colosse n’était pas reconnu par le système et devait fournir des efforts considérables pour feindre le naturel. D’où, également, un tempérament bien plus analytique et réfléchi. Chaque action était soigneusement préparée, chaque mot précieusement pesé.

Par ailleurs, son rôle de maître tombait, pour l’heure en morceaux. Il se taisait lors des réunions officielles, faisait le travail qui lui était imposé et ne parlait que de banalités. L’exposé de Jin, le tourmentait encore… Il lui faudrait du temps avant de retrouver un objectif, avant de reconstruire une politique solide. Et avant de retrouver une opinion sur toutes et tous. Pour l’heure, pour dissimuler son ressenti, il affichait une façade blagueuse, légère. Bien plus qu’il ne l’avait jamais été… Bien trop, en réalité.

Egalement, des… Mm… Réactions inopinées hypo-ventrales… Avertirent bien rapidement Aaron qu’il appréciait la compagnie des femmes. Jouissant d’une notoriété dont il ne mesurait pas encore l’étendue, il s’adonnait aux plaisirs charnels dès qu’il en avait l’occasion… Régressant, sans le savoir, à son état précédent les troubles liés à Thunder Light. Il était peut-être redevenu cet homme préférant s’amuser plus qu’autre chose…
Ou peut-être pas.
A vrai dire, le maître de Wave Stream apparaissait maintenant comme celui qui, de peur d’affronter ses démons, se noie dans les bassesses de la chair. La luxure, il en fit son péché ; à la fois capital et mignon.

Lorsque la question de son apprentissage de la magie se posa, le Wave Master hésita longuement, passant en revue les grimoires qu’il avait  à sa disposition… Finalement, il jeta son dévolu sur une capacité simple et offrant de nombreuses possibilités : Telekinesis. Prétendant ne plus être intéressé par la maîtrise des ondes qu’il abhorrait, il se mit donc à étudier cette forme de magie. Le colosse à la façade d’argile passa ainsi de longues heures à apprendre des notions, des représentations. Que cela soit à la grande bibliothèque de Crocus, à Wave Stream, sur Wave Island ou dans la nature, Aaron ne quittait jamais ses précieux ouvrages. Il visualisait, ressentait, relâchait sa puissance magique. Et quelle puissance ! Les premières fois, il se projeta lui-même en arrière et coucha des bosquets entiers d’arbres. Il dut donc apprendre à appréhender son pouvoir, à doser son énergie pour ne pas arracher un mur ou voulant ouvrir une porte… A vrai dire, sa puissance le faisait penser à un géant n’ayant pas conscience de sa force. Un géant, qui, maladroitement, tentait d’exécuter des tâches trop minutieuses pour lui… Pataud et lourd, sa finesse était, pour ainsi dire, nulle.
Mais, petit à petit... Bien plus vite qu’il l’aurait imaginé, à vrai dire… Mage plus qu’aguerri, Aaron retrouva des réflexes que son corps n’avait pu oublier. En une poignée de semaines, il devint un télékinésiste d’un bon niveau.


• • •

Sur une terrasse de Cliver, l’homme se pare de ce manteau rouge qu’il affectionne tant. Loin du cuir qu’il a aimé, il préfère maintenant un tissu soyeux. Le vent souffle une haleine froide… Derrière ses lunettes assorties à ce dernier, ses émeraudes d’yeux observent, à la fois charmeuses, et, il faut le dire, lubriques, une jeune femme de son âge. Elle n’est pas spécialement belle, ni spécialement laide. Mais c’est une femme. Une femme, c’est tout ce que recherche l’homme. Peu lui importe les apparences, il n’est à la recherche que du principe féminin pour accompagner ses nuits. Nuit qui s’apprête à tomber, d’ailleurs. Les ombres s’étirent avec langueur… Et le temps suit. Toutes ses nuits sont longues et voluptueuse. Les gens passent, repassent. Il enroule ses doigts autour de siens, il lui propose un petit tour de magie. Elle sourit, il sourit. L’homme s’efforce d’assouplir sa main libre. La dernière fois, ce genre de plaisanterie à tourné au nez brisé, littéralement plaqué au sol, alors qu’il ne devait s’agir que d’un croche-patte…
Le télékinésiste actionne lentement un doigt. Une pomme d’un rouge torride se soulève depuis la corbeille de fruits, lourde de son parfum enivrant. Il la fait flotter devant sa compagne d’un soir. Elle se prête au jeu, mord dedans avec férocité, arrachant sa chair goulument. Et puis l’homme retire le fruit, l’approche de ses propres lèvres.
L’espace d’un instant, il est troublé par cette vision. C’est le fruit défendu, il est déjà entamé. Le symbole du péché… La femme qui l’a privé de sa substance… Oui, l’espace d’un instant, il voit un message. Il prend conscience qu’il a un rôle à jouer, que ses escapades ne font que le conforter dans sa faiblesse…
Mais un démon horriblement beau murmure à son esprit. Il garde la porte de la peur, la peur de l’inconnu, la porte de la réalité. Celle derrière laquelle il a pour l’heure confiné les dires de Jin.
Alors il oublie ses doutes. Il mord.


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