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Pair Perishment [PV : Shô]

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MessageSujet: Pair Perishment [PV : Shô] Mar 5 Mai 2015 - 13:33



feat. Shô Weissdren


Pair Perishment

Psycho Poisoning


“Un endroit où il pourrait restaurer son énergie pour ensuite anéantir ses agresseurs et peut-être même expérimenter leur saveur : l'océan.”











Chaque pas était une torture. Chaque inspiration était mille couteaux plantés dans sa poitrine. Il traînait misérablement, se dissimulant dans l'ombre salutaire des endroits les plus insalubres de la ville. Sa peau spectrale, fier continent gelé traversé de fleuves de sang séché, prenait une teinte plus orangée alors que le soleil déclinait. Authentique seigneur draconique, il lui fallait gagner son royaume et faire de son élément un baume. Un baume qui le nettoierait, qui le purgerait de son abaissement comme de ses élancements. L'expression à cheval entre la rage et la souffrance, il jura de leur faire payer cet outrage fatal aux coupables jusqu'à la putrescence de leur corps...

Affreux, belliqueux, ignominieux, Rainer Akusei était également, ce jour-là, terriblement piteux. Bien bas il était tombé, le reptile ailé. Un nouvel envol, poussé par Eole. Une première chute, mandatée par des brutes. Humains et le revendiquant bien, les vers, aussi bestiaux que leur cible, lui avaient lancé un assaut des plus sévères alors que celle-ci tremblait déjà de fatigue, un monstre d'acier défait à ses pieds. Incapable de gérer une telle multitude se roulant dans sa turpitude, le souverain marin avait arraché une poignée d'intestins avant de faillir à ses esquives, recevant un sort insidieux vecteur d'une missive vomitive l'avertissant qu'il était désormais porteur de quelque poison magique. Comme le Dragon Slayer ne désirait pas trépasser sans avoir régné, il avait opté pour une retraite indigeste vers un endroit où il pourrait restaurer son énergie pour ensuite anéantir ses agresseurs et peut-être même expérimenter leur saveur : l'océan. Pour l'atteindre au plus vite, il lui fallait traverser une ville : Akane, station balnéaire où la population, larvaire, s'affairait à ne rien faire.





Le front fiévreux, les muscles douloureux, la peau transpirante et la respiration haletante, le mage abyssal ne cessait de devoir se reposer sur un appui qu'il avait dérobé grâce à sa simple présence. Les rubis du Mal, lorsqu'ils traduisaient la souffrance, commandaient l'obéissance avec une facilité déconcertante. Énormes, fous, capables d'avaler quiconque s'y opposait, nul n'osait leur refuser quoi que ce soit. Ajoutez-y des sifflements rauques, une bouche tordue comme l'esprit la possédant et des gestes aussi brutaux que tremblants ; il est tout à fait normal qu'une pauvre pharmacienne craigne le moindre centimètre-carré de la peau de cet homme-dragon et lui donne ce qu'il désire pour sauver la sienne. Equipé dès lors d'une béquille pour ne pas avoir le déplaisir de faillir à cause d'une jambe bloquée, il s'était engagé dans un chemin guidé par l'odorat, incapable d'utiliser sa magie pour raccourcir son voyage. Souvent, il avait dû s'arrêter, se coller contre un mur frais pour ne pas tomber. Une capuche blanche bordée de fourrure jetant une ombre sur son faciès torturé, les dents serrées et les traits tirés, il ne supportait pas cette condition, désirait anéantir celui qui en était responsable. Il l'attacherait et le frapperait jusqu'à briser en deux ses os. Une fois ses deux tibias réduits à l'état de bâtons de douleur, Rainer lierait leur partie inférieure à un poteau de sorte à se servir du reste du corps comme un vulgaire punching-ball. Pour cet homme, Akusei allait transcender la violence elle-même, créant des articulations artisanales et les forçant à fonctionner. Une fois cela fait, le Sea Dragon Slayer forcerait la source de son ire à boire son eau jusqu'à l'explosion de ses organes, que sa victime soit morte avant ou non. Et, l'intérieur du corps réduit en charpie, l'enragé, en bonne bête sauvage, la déchiquetterait à mains nues. Oui... Ses griffes aqueuses sorties, il arracherait les lambeaux de chair comme un chien creuse la terre. Alors, là et seulement là, il serait satisfait... Le temps de trouver un nouvel exutoire plus... Consistant... A la rage millénaire dont il semblait avoir hérité : toute celle du monde. Concentrée en ce véhicule charnel, elle en avait fait une machine à tuer à l'aura oppressante. De celles qui semblent déferler sur les êtres, occultant toute sensation agréable, tout espoir, toute innocence et tout courage. Ne subsistait plus que la peur. La peur, l'outil de prédilection de Rainer. Intimider, terroriser pour obtenir ce que l'on désire. Frapper l'esprit, y laisser des stigmates. Pouvait-on les magnétiser à leur auteur ? Akusei l'espérait bien, cela l'aiderait sûrement pour certains de ses frères et sœurs qu'il devrait rallier à sa cause par tous les moyens possibles... Quitte à devoir après soigner lui-même les âmes meurtries par les ronces de l'effroi. Pour le moment, seul Ryû allait en avoir besoin, cela dit. Fuyuki était un mage noir ; si les plans du fils d'Abyssia l'intéressaient, il ne lui fausserait pas compagnie, quels qu'ils soient. Pour ce qui était d'Anders, Rainer comptait bien retourner sa haine envers les Conseillers, l'entraînant petit à petit sur un chemin bien plus sombre : son chemin. Le chemin qu'il proposerait à toute sa fratrie avant de s'être assuré de leur fidélité.
Les temps s'annonçaient grandioses.
Encore fallait-il que le Sea Dragon Slayer ne soit pas terrassé par une toxine surnaturelle conjuguée avec sa fatigue avant tout cela...

Akusei continuait son chemin, râpant le corps de Gaïa, lépreuse obèse, de ses semelles, un regard destructeur lancé à quiconque s'approchait de lui. Recevoir l'aide d'humains... La pire des humiliations. Jamais, non, jamais il ne s'y abaisserait. Cela aurait déshonoré son espèce, sa condition. Sur la muraille tantôt embrasée par le soleil, tantôt dévorée par les ombres, il glissait laborieusement, s'écorchant les poignets. Au moindre mouvement, ombre dégoulinante ou lumière fangeuse, il craignait la moquerie de la part de toute créature. Même les moustaches frémissantes d'un rat gras et pustuleux l'auraient fait écumer de rage. Raaah ! Sa haine n'en serait qu'attisée et finirait par se retourner contre lui, le consumant de l'intérieur.
Minable, misérable... C'est tout ce qu'il était ! Les flammes du ciel semblaient être la vengeance de Soulsilver et le feu qui semblait incendier le moindre de ses nerfs son âme démente, attachée à Rainer aussi bien que ses jambes étaient détachées de son corps. Cette saloperie de dragon fou l'aurait donc emmerdé jusqu'à la fin, hein... ?

Se profilaient au loin des serpents de métal parasités par des puces surexcitées glissant sur leur peau. Froides, leurs écailles colorées éblouissaient la ville alors qu'ils mordaient leur queue. Le Sea Dragon Slayer huma l'air. Le parfum de la mer, puissant et rassurant, se faisait plus proche. Les yeux rouges, nervurés par le sang dont ils étaient injectés, roulèrent en arrière alors que leur possesseur renversait sa tête... Bientôt... Bientôt, il renaîtrait... Bientôt, il permettrait à son corps de retrouver sa force perdue... Et le monde serait forcé d'accueillir une vengeance qu'il n'avait jamais connue auparavant.
Les cheveux blancs de Rainer (teintés de rouge, comme souvent) collaient à son visage, formant un rideau démoniaque sur la scène de son âme : ses iris. Sa gorge était aussi sèche que son cœur suintait de colère. Ses vêtements, déchirés par endroit, donnaient l'impression qu'il était un sauvage, une bête s'étant battue avec d'autres bêtes.
Cette impression, ceux qui connaissaient l'homme-dragon auraient confirmé sa véracité...

Avec une grimace de dégoût, il sortit du petit dédale de rue sale dans lequel il s'était engagé. Pour rejoindre l'eau au plus vite, il allait devoir traverser ces jeux pour hamster dans lesquels s'amusaient les humains, aussi idiots que futiles. Il rentra dans une grande rue bordée d'hôtels de luxe et de casinos... Parmi les autres passants, riches propriétaires ou vacanciers aisés, l'être supérieur faisait véritablement tache. On aurait dit qu'une zone de ténèbres visqueuses et avilissantes l'entourait, nimbait son être. Parasite dans cet organisme de commerce et de trivialités, c'était à se demander si Rainer avait pénétré de force, sodomisé la rue... Les badauds le considéraient avec dégoût sauf les plus jeunes, enfermés dans leur innocence débile et faible. Un simple cocon en fil de soie qu'Akusei brisa sans vergogne lorsqu'un jeune garçon lui arrivant à la taille s'approcha de lui :


- Eh, monsieur, tu vas bien ? Ma maman, elle est docteur. Tu veux que je l'app...

Un petit cri fit se retourner les passants. Sa béquille écrasant la gorge du gamin, Rainer entrouvrit sa bouche à la manière d'un prédateur s'apprêtant à dévorer sa proie. Sa respiration et ses déglutitions régulières renforçaient cet effet de bestialité. Il passa lentement sa main, griffes recourbées, sur son visage, agrippant sa peau et déformant ses traits. Après avoir frissonné de douleur et de haine, il prit la parole d'une voix d'outre-tombe qui ne semblait pas être la sienne :

- Gamin... Est-ce que ta mère... Sait soigner la mort... ?

L'intéressé se mit à pleurer, scarifiant son petit visage joufflu de larme et tentant de retirer la canne sur laquelle Akusei avait transféré une bonne partie de son poids.

- Non... ? Alors... Ne viens pas t'essayer... A venir me voir... Petit salopard..., peina-t-il à cracher.

Une fois ces paroles prononcées, il leva l'étau de la gorge de l'enfant et décocha des regards meurtriers à ceux qui osaient plisser leurs ridicules petits bourrelets de chair sur leurs yeux en le fixant. Sa béquille rythmant sa marche comme un compte à rebours avant son trépas, il fut presque vexé que personne ne l'attaque. Les gens avaient dû le prendre en pitié. Il semblait si lamentable avec sa démarche claudicante et sa face malade, comme si un peintre dément l'avait déformée d'un pinceau torturé.

- Tch. Je vous hais... Je vous... Hais... Tous... Arrêtez... Arrêtez de me regarder... Primates... Torchez-vous l'cul... Avec votre compassion à la con..., murmura-t-il avec difficulté.

Ils devaient le craindre. Le craindre ! L'espace d'un instant, Maelström fut tenté d'enlever sa capuche et de clamer haut et fort qui il était. Là, ils auraient pris conscience de leur erreur ! Là, ils le regarderaient avec peur, baisseraient les yeux sur son passage, lui faisant une haie d'honneur commandée par la terreur. Rainer Akusei, celui qui avait mis le Conseil en échec !
Mais, non... Il ne pouvait pas se permettre une telle chose... Les forces Runiques lui tomberaient dessus rapidement et il était loin d'être en état de se battre bien que l'envie ne manque pas...
Alors, il se résigna, maudit tout ce qu'il voyait. Peu habitué à devoir se contenir, ne pas pouvoir exploser se trouvait être, pour lui, une véritable torture mentale. Être pris pour un clochard ou à un drogué le faisait autant enrager que sa faiblesse.
Après une cinquantaine de mètres qui parurent être une authentique expédition en milieu hostile, il posa son avant-bras et sa joue sur le guichet de Primrose Resort. La femme en charge de la vente des tickets lui fit non de la tête : il était trop tard.
Mais le rang S ne l'entendait pas comme cela. Il recula et brisa le verre de sa béquille avant de passer sa tête menaçante dans le trou ainsi formé. A quelques centimètres du visage de la grosse guenon enfermée dans sa boîte métallique, il fit jouer sa langue hors de sa bouche avant de réussir à retrouver la fonction du langage :


- Laisse-moi... Passer... Grosse truie... Ou je t'étouffe... Dans ta propre graisse...

Fort heureusement, personne ne désirait rentrer dans le parc et le guichet, placé à l'extrémité d'une sorte d'élargissement de la rue, était invisible depuis tout autre point de celle-ci.
La femme, son petit visage porcin repoussé par les mots et le souffle malade de Rainer, ferma les yeux et esquissa un geste de la main qui n'échappa pas à Akusei.
Elle allait prévenir la sécurité dès qu'il s'en irait... Quoi qu'il fasse, il serait découvert... Alors, après avoir vomi des jurons à la face de la guichetière, il recula son crâne... Et le propulsa brutalement en avant, écrasant celui de sa victime contre la paroi métallique. La femme tomba dans l'inconscience.
Maelström, quant à lui, crut avoir été plongé dans un kaléidoscope agressif dont les parois criardes lui hurlaient dessus tout en lui jetant des rocs sur la tête. Il gémit de douleur et traita de tous les noms la grosse guenon avant de pouvoir reprendre ses esprits et de s'ouvrir le portail en pressant un bouton...
Le seigneur des Mers retira sa tête, se coupant un peu en frôlant le verre brisé alors qu'il regardait avec dégoût le corps trop gros de sa victime pour tomber de son tabouret. Une grille métallique venait de s'ouvrir sur sa droite. Ne faisant même pas attention au sang qui coulait le long de son visage, il leva les yeux au ciel... La luminosité baissait petit à petit... D'autant plus que de lourds nuages aux airs de blocs de béton commençaient à s'amonceler dans le firmament surplombant Akane. Finalement, la fortune semblait être de mèche avec le Pourfendeur. Peut-être trouvait-elle ses plans assez intéressants pour le maintenir en vie et voir ce qu'il allait en faire, qui sait...? Certes, une averse ne suffirait pas à lui faire regagner toutes ses forces, mais elle lui permettrait au moins un sursis avant d'atteindre son objectif...
Fort de cela, il s'engouffra aussi vite qu'il le put dans le parc d'attraction côtier.

Ce n'était que récréations dégoulinantes de sucre, cris joyeusement terrifiés et adrénaline intéressée par le gain seul. Enfermés dans leur bulle de bonheur aussi bas que sale, les méprisants êtres qui composaient l'Humanité déambulaient comme une armée d'insectes, se bousculant et se mêlant les uns ou autres, sans faire le moindre instant attention à Rainer qui, toujours nimbé de son aura malfaisante, repoussait automatiquement les organismes. Ce devait être instinctif, naturel. L'Akusei est un danger qu'il ne faut pas approcher. Finalement, l'on pouvait comparer sa situation à celle du soleil. Sachant qu'il est dangereux de le regarder, personne ne le fait, et ce, par réflexe. Quelque chose ayant même vaincu la curiosité humaine... Un petit tour de force, s'il en était.

Le Sea Dragon Slayer se fraya un chemin, poussant des grognements bestiaux pour écarter les crétins stagnant dans les allées, dos tourné. Rien n'avait à le stopper. Il ne ferait aucun écart, ne perdrait pas une seconde pour recouvrer sa puissance barbare ! Son âme de guerrier sortirait même de son corps s'il le fallait. Déterminé comme toujours, ne ressentant aucune peur (car celle-ci était détruite par la haine), il aurait été capable de matérialiser physiquement son esprit souverain pour le lâcher sur le monde, il en était sûr ! Son corps svelte robotisé donnait à sa démarche des airs fous. Il semblait être un serpent se convulsant, prêt à cracher son venin, à planter ses crocs dans la chair de quiconque le croiserait.
Il ne s'en priverait pas... Il ne s'en priverait pas...
Ce genre de pensées, le fils d'Abyssia les entretenaient, en réalité, pour ne pas flancher. La rage était son moteur, il devait la nourrir pour ne pas mourir. Elle et ses désirs alimentaient son corps en énergie comme rien d'autre. Véritable animal, Rainer n'avait que faire de la raison. Il n'obéissait qu'à ses émotions et à sa volonté instinctive... Instinctive et spécifique. Les Dragons existent pour régner. Voilà une vérité des plus primordiales.

Le ciel continuait à s'assombrir à mesure que le Sea Dragon Slayer traversait les espaces à thème et les esprits. Les décors et les visages se succédaient, tous aussi inintéressants les uns que les autres. Parfois, il ressentait un peu de magie émaner des singes. Y avait-il, dans ce pathétique cirque où ils exécutaient leurs acrobaties, un macaque savant ? Un qui aurait pu satisfaire ses pulsions guerrières à l'instar de Senji... ? Peut-être bien, peut-être bien.
Le Sea Dragon Slayer était au beau milieu du parc, sous une structure métallique imitant bien piètrement un dragon. Sur le corps du reptile de fer glissaient des wagons bruyants qui semblaient déchirer le moindre de ses nerfs. Il dut s'appuyer sur un pot de terre dans lequel trônait un palmier pour reprendre ses esprits. Là, sur les pierres entourant la plante, des gouttes tombaient, assombrissant le gris minéral. Rainer crut un instant que le ciel déversait enfin sa pluie salvatrice... Mais il n'en était rien ! En effet, cette eau que recevaient les cailloux s'avérait être, en réalité, sa sueur. Il mourrait de chaud ! Il se déshydratait à vue d'œil ! Rien que le fait de mettre en mouvement ses yeux semblait difficile, leurs muscles s'apparentant à des articulations rouillées. L'espace d'un instant, il crut que c'en était fini de lui, condamné à contempler son eau, à la fois mortifère et salutaire, s'évanouir avec sa vie ! Cette saloperie sur laquelle il avait un contrôle total ! Cette esclave donneuse de vie enchaînée à son corps faucheur d'âmes ! Comment osait-elle le trahir ?! Etait-il si affaibli que son élément lui-même lui échappait ?! Akusei hurla de colère, transfigurant le parc par la peur et l'immobilité. Son corps se balançait dangereusement d'avant en arrière, au rythme de sa respiration endiablée. Ses mains se refermèrent sur les bords du pot, quitte à en arracher une partie. Il avait chaud ! Il avait si chaud ! C'était insoutenable ! Insoutenable !
Il retira sa capuche si violemment qu'elle s'arracha, dévoilant des cheveux blanchâtres aplatis par la sueur et la chaleur relatifs au poison dont ils étaient porteurs. Dans l'instant qui suivit, le manteau subit le même sort et finit au sol, déchiré par endroit, libérant le matériau rendant son port "agréablement" chaud. Maelström, tous crocs dehors, planta ses serres dans son tee-shirt noir et le déchiqueta jusqu'à ce qu'il tombe en lambeaux, au sol. Cela révéla un torse extrêmement sec bien que peu volumineux. Les muscles y étaient précisément dessinés, mais il était légitime de se demander si cela été dû à la maigreur de Rainer ou à sa carrure... Des gouttes, des ruisseaux voire des fleuves de transpiration en suintaient, le débit de ces derniers étant régulé par la respiration haineuse du mage abyssal ainsi que les contractures douloureuses et tremblotantes de ses muscles.

Le paroxysme de la haine allait être atteint, quand, soudain, un filet d'air bien connu se fraya un chemin jusqu'aux narines écartées par la colère d'Akusei. Il plissa les yeux, l'inspira frénétiquement.
C'était...!


- Un Dragon ?!

Le parfum de sa famille ! Celui d'un frère ou d'une sœur, ici, dans ce parc, près de lui ! Vieil automate aux mouvements chaotiques, il reprit sa béquille et se dirigea vers la provenance de l'odeur, ignorant les paroles, les exclamations ou les cris des gens dus à son explosion de rage... Ou a son simple faciès. En effet, le petit tas de vêtements au pied du palmier pourrait coûter cher au mage draconique dès lors que son visage de plus en plus connu était dévoilé... Une nouvelle course contre la montre se superposait à la première : à quel moment les Chevaliers Runiques lui tomberaient dessus...?
Mais le fils d'Abyssia balaya cette pensée d'un grognement. Il apercevait la silhouette masculine d'où provenait l'odeur après avoir exécuté quelques virages dans le parc. La fragrance, d'ailleurs, lui semblait plus familière que ça... Il lui semblait l'avoir déjà sentie... Mais il n'avait aucune idée de l'endroit, de l'occasion et encore moins de la personne...
Lorsque l'intoxiqué se fut suffisamment approché, sa canne battant le pavé d'un rythme oppressant, il posa brutalement son autre main sur l'épaule de son frère, ce dernier étant de dos.


- Toi… Mon frère… Dragon… Aide-moi…, articula-t-il d’une voix rauque, plus éraillée que jamais.

Si Rainer n'aurait pu s'abaisser à accepter l'aide d'un homo sapiens, il n'avait aucun problème à solliciter un autre homo draconis. Égaux, les deux congénères devaient se soutenir.


© Code de Anéa pour N-U



Dernière édition par Rainer Akusei le Sam 9 Mai 2015 - 18:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Ven 8 Mai 2015 - 16:33

Il arrivait souvent de voir les humains perdre de vue leurs objectifs, leurs envies, leurs passions... Mais qu'arrivait-il quand c'était leur existence même qui était remise en cause ? La plupart du temps, ils sombraient comme des navires percutés par des icebergs, abandonnant tout espoir.

Pourquoi je vous disais ça ? Pour rien... D'ailleurs, en ce moment même, je ne faisais rien. J'étais assis sur un banc, dans un parc dont j'ignorais le nom, je savais juste que j’étais à Akane. Qu'elle était la raison de ma présence dans cet endroit ? Je ne m'en souvenais plus vraiment. Pourquoi devions-nous justifier nos actes ? Pff... J'en avais vraiment assez de me poser des questions. Perdre mon temps à m'entraîner à la fois magiquement et martialement pour finalement perdre tous mes êtres chers... Etait-ce cela la récompense de tous mes efforts ?

Mon état d'esprit vous semblait lamentable ? Ce n'était que la face visible de l'iceberg. Vous voulez savoir pourquoi j’étais ainsi ? Petit curieux, votre maman ne vous avait jamais appris à ne pas vous mêler des affaires des autres ? Bon d'accord, je vais vous faire un résumé, histoire que vous puissiez vous y retrouver un minimum. Vous devriez être reconnaissant, parce que là, je n'avais pas vraiment envie de coopérer.

Tout commença à la fin du mois de janvier, après mon combat contre Shadow Panther, à mon retour devant la maison de Mark. Là, un homme chauve m'attendait et il ne s'était pas gêné pour me dire les choses directement. Il était venu m'annoncer la mort de mon senseï. Après m'être effondré sur le sol, le chauve se présenta sous le nom de Maurice Levert, majordome d'un certain individu appelé Ernest Lechington. Cet Ernest était soi-disant un ancien ami de Mark, mais il ne pouvait pas venir m'annoncer la nouvelle lui-même. Un homme très occupé, cet "ami".

Enfin bref, Maurice m'aida à me relever et me tendit un papier pour prouver que le Conseil confirmait les dires du majordome. Il me disait que je devais aller voir le corps pour l'identification, mais bien entendu, je ne pouvais pas. Moi, un mage considéré comme illégal, aller dans une zone où ces écervelés du Conseil régnaient en maîtres ? Non merci. Ceci dit, l'homme au crâne dégarnit me tendit une photo qu'il avait prise surplace. S'il voulait me détruire psychologiquement, il ne pouvait pas faire mieux. Pourquoi insistait-il autant pour cette identification. Moi qui m'étais péniblement relevé, quelques secondes plutôt, je m'effondrais de nouveau à la vue de ce corps, percutant les dalles de pierre avec mes genoux. L’identification était donc faite.

Il me proposa de venir dans la ville où l'on avait découvert le corps, précisant que les mages du Conseil n'étaient plus sur les lieux. Il pensait que ça pouvait être un moyen comme un autre de comprendre la situation, de me rapprocher une dernière fois de mon ami. Tandis que mes larmes coulaient, ma haine grimpait et ce pauvre employé en fit les frais. Je bondis sur lui, tel au fauve sautant sur sa proie, je le pris à la gorge et le projetais sur la porte d'entrée de ma maison.

Il ne semblait pas effrayé, juste un peu surpris par ma réaction, mais sans plus. Me reprenant, je le lâchais pour tourner les talons et m'en aller. Quand il m'interpella de nouveau pour me demander ma destination, ma réponse fut un simple grognement accompagné d'un regard si sombre que la mort elle-même pouvait rebrousser chemin en me voyant ainsi. Le majordome semblait plus inquiet tout à coup, mais fort de son expérience dont j'ignorais la nature, il me jeta une sorte de pilule blanche et ronde. Il m'expliqua que cette dernière avait été conçue pour me faire récupérer pleinement mes forces et m'enlever momentanément mon mal des transports. Dubitatif, je compris néanmoins les intentions du chauve. Il voulait m'emmener dans la ville où mon maître était mort, Akane. Il était très insistant et cela ne pouvait qu’aiguiller mes soupçons.

Je pris la pilule et l'avalai, piège ou non, je n'en avais absolument rien à battre. Malheureusement, l'hypothèse du traquenard se vérifia lorsqu'un puissant vertige s'empara de moi, emplissant ma tête comme un ouragan, qui finalement me fit perdre connaissance.

A mon réveil, la seule douleur qui restait était celle de mon crâne, j'avais une de ces céphalées... Je me trouvais dans une chambre d'hôtel assez banale, mais très éclairée, ce qui augmentait un peu mon mal de tête. Quand le majordome entra, il m'expliqua qu'il m'avait donné un somnifère rempli de poison. Etant endormi, je ne pouvais pas me concentrer sur mes maux d'estomac. Il n'avait pas menti d'une certaine manière, mais le poison... Savait-il que j'étais un mangeur de toxines ? Si ce n'était pas le cas, on pouvait dire que je venais d'échapper à la mort de justesse, toutefois, ses connaissances sur Mark et moi laissaient entendre qu’il savait parfaitement que le poison était inutile contre moi. Ma colère m'avait fait défaut en faisant prendre cette pilule sans vraiment réfléchir, mais maintenant, que devais-je faire ?

Dans les mains de l'homme au crâne sans cheveux, un plateau. Celui-ci servait de support à un bol de thé et un croissant. Un petit geste de la part d'un homme douteux. Plus je restais en présence de cet individu et moins je lui accordais ma confiance. Après un petit-déjeuner assez expéditif, je voulus comprendre les motifs de son acte. Il ne s'expliqua pas vraiment, préférant me demander de le suivre.

Après quelques minutes de marche, mon mal de tête finit par me quitter et mon moral rechutait à nouveau. Des images de Sandra et de Mark défilaient sous mes yeux, comme une projection holographique de mes pensées, de mes souvenirs. Mon guide improvisé me fit un signe. Nous étions arrivés à l’endroit où Mark fut retrouvé mort, dans une rue peu fréquentée et assez sombre. Apparemment, il n'était pas la seule victime, mais il était vraisemblablement la cible principale d'après le rapport des légistes. Les informations que Maurice me donnait m’aidaient à comprendre, mais qu’attendait-il de moi ?

Il me regarda droit dans les yeux et me demanda d'examiner la scène. Il m'expliqua qu'il m'avait fait venir ici pour que je puisse trouver toutes les indices que les mages du Conseil n'avaient pas repérés et ainsi donner ma propre théorie sur le sujet, mais...


On ne vous a jamais dit qu'il fallait laisser les gens faire leur deuil et les laisser en paix... lui crachais-je au visage sans l'ombre d'une retenue.

Je vous ai fait venir ici par ordre de Monsieur Lechington. Sachez que je n'ai jamais eu l'intention de vous nuire. Cela dit, Monsieur est très attaché à cette affaire et veut avoir une réponse à toutes ses questions. Il pense que vous êtes la seule personne à pouvoir y répondre. De plus, il m'a chargé de vous dire, qu'il pense que le meurtrier se trouve toujours dans Akane et surtout qu'il n'en s'est pris à Monsieur Weissdren dans le but de vous voir venir ici.

Et vous... Et vous vous me faites venir ici ?! Plus le temps passe et plus j'ai l'impression que vous n'y êtes pas pour rien dans cette histoire. Et puis si ce Lechington veut une expertise, il n'a qu'à se la faire lui-même.

Un silence s'installa entre nous, puis, il montra la scène de la main, comme pour insister. Exaspéré, je finis par me faire une raison et malgré les larmes qui voulaient resurgir, je fis en sorte d'observer les alentours du mieux que je le pouvais. Le bitume portait des impacts circulaires sur sa surface. Certains étaient plus profonds que d'autres, mais ce qui attirait mon attention, s'était les deux trous en forme de pieds plus ou moins humains. La zone était encore fermée au public, mais plus personne ne la surveillait, m’aidant ainsi à me concentrer. Des taches de sang étaient encore présentes au sol. Après avoir regardé la scène, les relations entre les impacts, les marques laissées par le sang des victimes et le petit fragment de lame de katana que j'avais trouvé lors de mon examination, une théorie me vint en tête.

J'exposai ainsi mon idée au majordome :


Selon moi, la chose ou le type est arrivé du toit ou par les airs, je dis ça parce que les deux empreintes sont assez profondes et surtout montre qu’il a fait une sorte de saut, ce qui est prouvé par les tuiles tombées du toit à droite. Si je ne me suis pas trompé, on peut en déduire que le meurtrier est grand et lourd. Ensuite, les impacts confirment une chose, il a une très grosse force de frappe, magique ou non. Le fragment de katana est soit neuf, soit il a été très bien entretenu. Je dirai que c'est à Mark, mais je m'avance un peu. Après, les quelques marques de sang qui restent, montrent que Mark a voulu aider les personnes qui étaient dans le coin. Quand Mark sortait loin de la maison, il prenait toujours deux katanas magiquement renforcés et une armure avec la même propriété que ses armes. En clair, ce qu'il a affronté est grand, lourd, solide et puissant. Effectivement, le légiste a sûrement raison, les gens autour n'étaient pas prévus, mais étaient trop près et l’avait vu, raison qui a poussé l'individu à déployer toute sa force pour les éliminer d'un seul coup, sans prendre le risque de laisser de possibles mages s’attaquer à lui. Il ne voulait pas prendre de risques, donc... Je ne pense pas que Mark devait être tué. Si ce qu’il voulait, s’était moi, alors un enlèvement aurait été plus judicieux, mais mon cher Senseï était un vieux de la vieille, un coriace. Il ne s’est pas laissé faire et donc, l’inconnu l’a tué. Tout ce que je viens dire n'est qu'une théorie qui peut être totalement fausse, mais d'après ce que je vois et ce que je sais de Mark, ça aurait très bien pu se passer ainsi. Néanmoins, j'espère que vous n'allez pas me dire qu'il n'y a pas au moins un témoin ? Nous sommes dans une rue, il en a forcément, au moins un. Un riverain, une personne qui a pu s’échapper, je ne sais pas moi…

Le majordome hocha positivement de la tête, il rajouta qu'il y avait un enfant qui avait pu s'échapper, mais que l'action s'était déroulée si vite que les riverains endormis n'avaient quasiment pas eu le temps de voir plus qu'une grosse ombre et plusieurs corps au sol. Le Conseil était parvenu à réduire au maximum la peur et les risques de psychose des gens en prétendant avoir arrêté le meurtrier, mais il n'en était rien.

Evidemment, je demandai à ce cher majordome où je pouvais trouver l'enfant. Il ne répondit pas tout de suite. Il sortit de la zone interdite au public et il m'invita à en faire de même. Une fois hors de la zone, il répondit à ma question en disant que l'enfant était retourné chez ses grands-parents. Lorsque le chauve était venu vérifier la mort de mon Senseï à la morgue, il avait entendu une conversation un peu particulière au sujet de la véracité des propos du jeune garçon. Grâce à quelques contacts, il avait pu retrouver l'adresse de l'enfant et ainsi, lui et son crâne sans cheveux m'invitèrent à aller voir ce petit témoin.

Une fois devant la porte d'entrée, le majordome me tendit un miroir en disant qu'il était préférable de ne pas trop en demander à en enfant voyant un visage cerné et féroce comme le mien. Il sortit de son manteau un masque en forme de tête de chien, les mêmes que l'on trouvait dans certaines fêtes.

J’étais surpris de voir la quantité de choses qu’il pouvait sortir de sa veste noire. Mon visage recouvert par le masque, il montra un visage satisfait et sonna à l’entrée de la petite maison à l’Ouest d’Akane. Lorsque la porte s'ouvrit, mon guide parla à ma place, convainquant le grand-père venu nous ouvrir de nous faire voir l'enfant pour lui faire dire ce qu'il avait vu et rien de plus. L'enfant était encore sous le choc, même deux jours après l'incident.

Sans perdre trop de temps, je lui proposai mon scénario en lui demandant si j'avais raison. D'après lui, même un enfant de cinq ans pouvait sortir une théorie pareille, mais il n'infirma pas. Au contraire, il se permit même de me dire, du haut de ses huit ans, que je n’en avais pas fait assez. En effet, d'après lui tout était plus ou moins exact, à deux détails près. La chose était faite de métal, mesurait dans les deux mètres cinquante, ses jambes, ses bras et sa tête n'étaient pas directement reliés au corps, ils flottaient. Le deuxième détail, c'était qu'il n'était pas seul, il y avait un individu avec lui, qui portait un couteau de boucher. Etrangement, le garçon trouvait que Maurice lui ressemblait à s'y méprendre.

Surpris par de telles révélations, le coupable fut pris de panique et sortit le fameux couteau en le dirigeant vers l'enfant. Je pus l'en empêcher de justesse en stoppant son avant-bras de ma main gauche. Après quoi, je recouvris mon poing droit de poison, pour ensuite lui asséner un magistral crochet du droit. Blessé, mais pas encore prêt à abandonner, le majordome me frappa d'un coup-de-poing dans ventre. Me penchant vers l'avant, comme par instinct, il en profita pour m'envoyer un coup de genou dans l’emplacement où se trouvait mon nez et termina son œuvre par un coup de pied rotatif en plein visage. Tombant en arrière, je me sentais devenir étrangement colérique. Mon masque avait cassé au premier impact et en le retirant, je pus remarquer que ma force avait été comme légèrement drainée par cet objet, pas celle magique, mais celle physique... Etais-je vraiment le dernier des idiots ? Je ne l'avais même pas remarqué en plus...

Sautant par la fenêtre le chauve prit la fuite, oubliant sa précédente cible au profit de sa propre vie. Quel terrible majordome.

Ma colère de Dragon Slayer explosant, ce fut dans un cri digne d'un rugissement que je sortis à mon tour de la maison et par la fenêtre. Maurice n'avait pas très bien calculé son coup et en prime, ses chaussures de ville ne l’aidaient pas. Je pris mon élan et je sautai dans le vide. Un seul étage, certes, mais il fallait le faire. Ma colère me dictait ma conduite, me disant d'ignorer ma peur, d'ignorer mon vertige, d'ignorer les limites imposées.

En atterrissant au sol, ma colère avait atteint un tel degré de puissance que désormais, une bête sauvage pouvait être plus docile en apparence que je ne l'étais. Je me mis en position pour préparer un sprint. Je fermai les yeux... Quand ceux-ci s'ouvrirent, le visage de Mark m'apparut, mes mâchoires se crispèrent et mon sprint démarra. Il était désavantagé par ses chaussures et moi, j'avais l'avantage d'avoir une colère qui me faisait me dépasser.

Voyant que je rattrapai mon retard sur lui, le chauve s'arrêta de courir et sortit trois petites pilules blanches. Après les avoir mâchées et avalées, il se mit à courir de nouveau, mais en ma direction.

Quand nous fûmes à la même hauteur, nos deux poings droits percutèrent le visage de l'autre. Je ne voulais pas le laisser respirer et la douleur de son coup ne faisait qu'augmenter ma volonté de le détruire. Plus fort, plus rapide et semblant plus résistant, il fut le premier à se remettre et à vouloir refaire un crochet du droit. En tournant sur moi-même, je pus esquiver et bloquer son bras enroulant le mien autour du sien. Mon bras gauche étant occupé à paralyser le membre adverse, je ne pouvais utiliser que le droit pour frapper. Un "
Dokuryû no Tekken" sous l'aisselle droite et un coup de coude sur l'épaule droite.

Hurlant sa douleur, il frappa de son pied gauche mon genou pour le faire plier. Il put y arriver, mais je n'avais pas dit mon dernier mot. Me relevant subitement, je lui assénai un coup de tête dans le menton, reprenant ainsi la main sur le combat. Mais bien entendu, il ne voulait pas me laisser gagner si facilement et donc, il me frappa de son talon sur la cuisse droite. Mon bras gauche libéra son emprise, mais ce n'était pas parce que la douleur était insupportable, mais parce que je voulais avoir mes deux bras pour déclencher ma dernière attaque. Entourant mes deux mains de poison, je fis rapidement un tour sur moi-même, ma position agenouillée ne me dérangeant pas pour accomplir cette attaque. Deux vagues de poisons frappèrent mon adversaire dans le ventre. L’utilité du "
Dokuryû no Yokugeki" était sans limites. Projeté l'homme habillé d'élégants habits noirs, vit ces derniers être endommagés voir déchirés par endroits.

Sortant une dernière pilule, il hurla à mon intention. Il hurlait que même sous la torture, il ne voulait rien me dire de plus que ce qu’il m’avait déjà dit. Après un : "JE VOUS REMERCIE POUR TOUT MAÎTRE LECHINGTON[i]", l'homme avala sa pilule, mettant fin à sa petite prise de parole. Sa peau devint noire et commença à se craqueler. Chaque fissure émettait une lumière bleu clair. Sa puissance devint soudainement astronomique en comparaison de la mienne. Il couvrit la distance entre moi et lui en un battement de cils et le coup-de-poing qu'il m’asséna dans l'estomac me fit cracher du sang avant de m'expulser une dizaine de mètres plus loin. Peu après, l'homme explosa en une intense lumière bleue.

Mon souffle était coupé et j'avais du mal à me concentrer, pourtant, j'entendais des Soldats Runiques arriver. Je devais partir au plus vite, quitte à en ramper s'il le fallait. Toutefois je n'en eus pas besoin, un homme cinquantenaire me fit partir de la scène avant que les chiens du Conseils ne fassent leur apparition.

Cet homme acceptait de m'aider, en échange de quoi, je devais lui fournir un peu de mon poison. Un deal qui me semblait étrange, mais plus que nécessaire à ma survie. Il m'emmena chez lui, dans une maison non loin de la zone du combat. Je ne savais pas combien de temps j'étais resté sur ce lit à avoir du poison en perfusion, mais dans tous les cas, je ne pouvais qu'être ravi de voir quelqu'un m'aider. Une fois avoir récupéré, je pus donner son poison à cet individu plus que particulier et je partis.

Il avait un matériel très avancé pour réparer les tissus et le poison qu'il m'avait donné était assez puissant pour me permettre de dire que physiquement, j'allais très bien. Mentalement, c'était la dépression. Je me moquais complètement de toutes logiques, de toutes choses...

Je marchais sans réel but, je pus échapper au Conseil en prenant une petite ruelle et au fil des ruelles et des rues, je finis par arriver devant l’entrée de Primrose Resort ou un truc du genre. Après avoir payé ce que je devais pour y rentrer, je partis dans un des seuls endroits où je pensais pouvoir remettre mes idées en place. La joie, seule la joie pouvait m'aider en ce moment... Voir des enfants courir avec un sourire aux lèvres, que pouvait-on rêver du mieux comme joie ? Je restais un type bien avant d’être un manipulateur, un hypocrite et un utilisateur de toxines.

Ce fut ainsi que je pus trouver ma place sur ce banc. Même après avoir vécu toute cette pagaille, j’avais l’impression d’être la même de mon départ d’Oak avec l’autre majordome. Sans envie, sans volonté, je repassai tous les souvenirs en compagnie de Mark, de Sandra, tout ce que j'ai dû faire de ma vie... Quel gâchis.

Voilà, tel était le résumé de ces derniers jours. Un sacré périple. Je savais que normalement, j'aurais dû chercher ce Lechington pour le tuer, mais je sentais comme une force. Il s'agissait une force supérieure à la mienne, une entité qui ne semblait pas vouloir me laisser faire ce que je pensais être juste... Je pensais que j'en avais suffisamment bavé et peut-être que cette force inconnue, n'était autre que moi, un moi flemmard qui voulait juste disparaître. Peut-être que j'étais au bout du rouleau... La magie, la guerre, les combats... Je ne voulais plus de ça. Désormais, seule une chose m'importait, ne rien faire. Juste voir le jour décliner, les nuages menaçants et gris couvrir le ciel... L'odeur de la pluie, de l'orage. Le ciel voulait-il pleurer ? Je n'en savais rien. Tout à coup, les enfants, les gens, les humains et moi avions disparu. Le néant, je n’étais plus que du néant.

Une main se posa sur mon épaule droite, me ramenant à la réalité. D'une voix rauque, l'homme aux cheveux blancs, cet homme dont l'odeur de transpiration emplissait mon nez, cet homme au torse nu et à la béquille vraisemblablement essentielle me demanda de l'aide. Je savais qui il était. Il se nommait Rainer Akusei, il était dans ma Guil... Non, il était dans mon ex-Guilde. Je prévoyais de la quitter, donc autant dire que je l'avais déjà quittée.

Me demander de l'aide, à moi ? Moi qui l’avais toujours pris en horreur ? Je considérais Akusei comme une insulte, une insulte proférée à tous les Dragon Slayers. Ce sale type, était mal, très mal, je pouvais sentir l'odeur du poison couler dans ses veines. Un sourire s'esquissa sur mon visage. Je parlais souvent du poison qui tuerait le mal à sa source, voilà un bon exemple. De ma main gauche, je retirai sa main de mon épaule. Sans un regard à son égard, je me levai de mon banc, près à m'envoler loin de cet individu qui n’était pour moi, rien d’autre qu’un enfant. Oui, je le considérai comme un enfant, un sale gosse qui méritait une bonne raclée, dans le genre légendaire.

Je fis quelques pas en avant, pour m'éloigner de mon interlocuteur. Une voix dans ma tête me disait pourtant de l'aider.


*Si tu ne pardonnes pas aux autres, pourquoi aurais-tu droit au pardon ?*

Etait-ce vraiment le moment de penser ce genre de choses ? Je ne savais pas. Rebroussant chemin, je repassais cette phrase en boucle dans ma tête. Peut-être que si je l'aidais, je pouvais devenir ami avec lui et peut-être pouvais-je le ramener dans le droit chemin de la sorte... Peut-être ou peut-être pas... Pourtant, c'était dans les moments où la mort voulait nous prendre que l'on avait le plus de chances de changer. Mark pensait comme ça des fois, alors je devais tenter le coup ou au moins essayer l’espace de quelques minutes.

Rebroussant chemin, sans un mot, je pris le bras libre de mon "frère Dragon" comme il disait. Passant son bras derrière mon cou, retenant ce membre par le poignet, je lui fis ainsi comprendre que j'étais prêt à l'aider. Ma main droite, se posa à droite de sa cage thoracique. Quand je fus certain de bien le tenir, je commençai à avancer. Pour l'avoir déjà vu une ou deux fois user de sa magie, je savais qu'il était un Dragon Slayer utilisant l'eau, donc la mer qui se trouvait juste devant était l'objectif de l'empoisonné.

Je ne lui demandai pas son avis et à la moindre remarque blessante ou désobligeante, il allait devoir se débrouiller tout seul. Mon regard vide et mon visage blême faisait autant peur que le visage de fou furieux d’Akusei.

En moi, un combat avait lieu. D'un côté, ma bonté qui se disait qu'elle pouvait ramener Akusei dans le chemin du juste. De l'autre, la haine et ma colère, qui pensait pouvoir profiter de l'état de faiblesse de Maelström pour lui faire payer tous les crimes odieux qu'il avait commis. Ce combat invisible aux yeux de tous n'était en rien inutile. Pour moi, il définissait un choix crucial. J'étais à la croisée des chemins. Je devais faire vite et prendre rapidement ma décision...

Le problème venait de tous ces gens, ils me déconcentraient en permanence. Peut-être que le destin voulait me mettre à l'épreuve, une fois de plus... Ou peut-être avait-il prévu autre chose, un acte futur pouvant mettre un point final à mes dubitations... Dans tous les cas, tous ces gens devaient fuir.
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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Lun 11 Mai 2015 - 21:58



feat. Shô Weissdren


Pair Perishment

Psycho Brotherly Help


“ Après tout, les membres de notre Famille sont nos seuls égaux.”








Tomber là-bas sur l’un de ses rares frères était une véritable chance pour Rainer. Une belle aubaine qui lui permettrait, il l’espérait, de guérir sa petite migraine et de créer un lien interpersonnel. Son frère (dont le nom et l’élément demeuraient, pour l’heure, inconnus), il devait s’en faire un allié. Cela dit, d’un point de vue plus pessimiste, Maelström se trouvait dans un bien mauvais état pour s’adonner à des petits jeux d’esprit destinés à faire lentement entrer en orbite cet astre souverain autour de lui. Comme pour tous, il s’arrangerait pour que, de son point de vue, il fasse la même taille du corps massif qu’Akusei était. Aussi, ce dernier devrait ruser afin d’établir des trajectoires orbitales quelque peu biscornues pour que l’ensemble de la Famille ne se rende pas réellement compte que le Sea Dragon Slayer se positionnait au centre de tout, qu’il était le lien auquel tous étaient rattachés.
De là, il pourrait, progressivement, révéler à chacun la vérité une fois qu’ils seraient capables de l’accepter. Une fois leur instinct naturel d’insubordination dompté par la présence et les idées du mage abyssal.
Du reste, ce jour-là, tout cela semblait légèrement compromis au vu de la condition lamentable de l’homme-dragon. Son esprit animal, déjà peu disposé à la subtilité, ne lui permettrait que des dires et des réactions triviales. Perdu, l’espoir de faire « bonne » impression. Ardue, la tâche qui se présentait.
Le fils d’Abyssia raffermit quelque peu sa prise sur l’épaule de son congénère. Le geste n’était point volontaire mais dû aux tremblements incontrôlés de l’intoxiqué. Cela dit, ça n’empêcha pas les muscles de son visage d’étirer  ses lèvres en un drôle de sourire : ce lui que l’on arbore lorsque l’on se rend compte du soutien que les autres peuvent nous apporter.
De son point de vue, Rainer put voir l’autre l’imiter. Il en fut satisfait, pensa d’ores et déjà l’avoir gagné. Sa bouche fut prise d’un autre spasme…
Avant de se rétracter violemment comme un l’élastique que l’on détend.





Tranquillement, comme s’il s’était agi d’un ridicule insecte, la main du Sea Dragon Slayer fut chassée par l’époussetage flegmatique qu’effectua son frère. Le geste, naturel et désintéressé, sembla durer une éternité aux yeux d’Akusei. Dans ses yeux écarquillés par la rage, la surprise et le poison, l’on put voir toute la déconfiture qu’il connut abattre cent lents coups de lame sur son âme. Lorsque celle-ci, fut bien désillusionnée, le temps reprit son cours et Maelström dut se rattraper au dossier du banc pour ne pas flancher. Conjointe à cette action, une discrète expiration témoignant de son effort comme de la mort du mirage fraternel.

Sonné, le mage noir observa son homologue s’en aller, effrayant de placidité. Akusei aurait pu susciter la haine, l’effroi ou la pitié… Mais… L’indifférence ? C’était une chose à laquelle il n’aurait jamais pensé…
Dès lors, que devait-il faire ? Rattraper son frère ? Lui hurler dessus ? Préméditer son assassinat ? L’accabler d’insultes ? L’enterrer sous l’exposition de ses plans ?
Les possibilités se bousculaient dans l’esprit draconique infecté par un agent toxique. Chaotiques, les pensées refusaient de s’ordonner. Ce n’était qu’un magma informe dans lequel étaient noyées des idées. Honteux, soutenu par rien d’autre que deux objets normalement destinés au confort de vieux primates, le dragon des Mers considéra son entourage. Ceux qui croisaient les rubis du Mal déguerpissaient après avoir reconnu leur possesseur ou détournaient le regard, mal à l’aise devant tant de misère horrifique.
Mais la silhouette de l’autre Dragon Slayer, elle, baignait encore dans son flegme. Etait-ce un robot tel que Fuyuki… ? Peut-être bien.
Quoi qu’il en soit, Rainer, bien décidé à en être le symbiote, renversa sa tête en arrière comme pour mieux respirer et fit le choix de ne pas le laisser s’échapper. Araignée à l’égo et au corps blessé, il s’arrangerait tout de même pour l’empêtrer dans ses filets.
Coûte que coûte !

Akusei braquait des yeux nouvellement déterminés sur le monde lorsqu’un contact le prit au dépourvu. De la chair touchait sa chair. Une grande surface terminée par cinq tentacules poisseux de la peau blafarde sur laquelle ils étaient positionnés. Cette simple apposition avait provoqué un bruit de succion immonde dû à la sueur dont le Sea Dragon Slayer était couvert. Soudain, il sursauta. Sur ses côtes, une sorte d’anaconda de viande s’était positionné. L’instinct de Maelström lui hurla de massacrer cette chose pouvant en un instant mettre fin à ses jours ! Mais son sens olfactif le prévint de cette action… Regrettable.
Il s’agissait de l’autre Dragon Slayer !
Rainer tourna robotiquement sa tête vers celle de son congénère alors que ce dernier le soutenait désormais comme un frère d’armes.
Ce profil…
Il le connaissait…
Où… ?
Cette crinière d’une teinte singulière, tirant sur l’auburn… Ces yeux étranges, orangés… Un peu comme ceux cette conne de Honotora… Assis à une table… Un peu en retrait…
Oui, oui !
A l’auberge de  Thunder Light, voilà où Rainer avait vu cet homme ! Il y avait donc un autre Dragon Slayer chez Celcius ? Et Akusei ne l’avait jamais remarqué ?! Comment était-ce possible ?! Le fils d’Abyssia se maudit intérieurement avant de relativiser. Au moins, il avait désormais connaissance de son existence. De par sa position dans sa guilde, ce congénère serait plus facile à apprivoiser. Le pauvre… Il n’avait sûrement pas la moindre idée de la spirale infernale qu’il venait d’entamer en portant secours au Dragon des Mers…
Cela dit, cette froideur, cette impassibilité dont faisait preuve l’autre mage de Thunder Light semblait hurler son interposition entre les deux frères.  
Mais, peu importe ! L’heure était aux soins, pas à la… Stratégie.
La verve agonisante de l’autre n’avait pas permis à Rainer de lui donner les informations qu’il nécessitait de savoir sur l’aide qu’il devait apporter. C’est pourquoi ce dernier, finit par prendre la parole après s’être raclé la gorge, elle qui semblait se rétracter pour l’étouffer.


- La mer… J’ai besoin… De la mer…


Le simple fait d’articuler ces syllabes rendues amères par la langue malade de Maelström lui provoqua des frissons de plaisir. Son corps, au désespoir, simula les sensations que lui garantissait un bain dans son élément. Des sons lointains… Etouffés… Adoucis par l’eau… Un bleu profond… Inimitable… Agrémenté de couleurs chatoyantes… La température doucement fluctuante des flots… Cette sensation de légèreté… L’odeur de l’iode… La saveur agréablement salée de l’élixir aqueux…
Et ce sentiment de pouvoir absolu. De domination totale sur le minéral, le végétal et l’animal.
Le regard perdu dans quelque monde abyssal, il songea aux vagues qui berçaient toute chose se trouvant sous leur ventre, rideau impénétrable de douceur voilant la brutalité naturelle. Il songea à la lumière du soleil, qui, déformée, semblait s’adonner à une danse subaquatique… Il songea aux violents orages dont les lances acérées étaient tout simplement absorbées par l’océan…
Soudainement, Rainer se reprit. La divagation annonçait la chute, tout souverain le savait. Les chimères ne font que transporter leur créateur vers l’oubli.
De la salive sourdait de sa bouche, se mêlant à la transpiration luisante et sale le couvrant. Ses yeux  desséchés s’étaient ternis d’illusions et d’absence. Son pas, plus lent que jamais, s’avérait presque inexistant. L’autre Dragon Slayer semblait le traîner à lui seul.
Non, non, non, non, non. Rainer Akusei ne se laisserait pas vaincre par un putain d’ennemi invisible auquel il était incapable de porter le moindre coup !
Jamais !

Pour ne plus sombrer, il décida de converser, s’arrimant ainsi mentalement à celui qui le soutenait. A vrai dire, il ne connaissait ni son nom, ni son élément…
Il était grand temps de procéder à un lever de rideau sur ces choses-là.

- Thunder Light…

Le Sea Dragon Slayer porta un œil à son poignet droit, celui dont le bras semblait être désarticulé tant sa mollesse était frappante. Le phénix, noir, semblait vouloir fuir ce corps malade, ses ailes déployées pour s’envoler le plus rapidement possible. Le mage abyssal lui adressa une grimace se voulant être un sourire.

*Non… Tu ne partiras pas… Pas si vite… C’est pour vivre ce moment précis que je t’ai gardé…*

En effet, Thunder Light n’était devenu, en somme, qu’un moyen de communication. Intégré dans la célèbre guilde noire, étant l’un de ses plus éminents éléments, l’homme-dragon jouissait d’un certain rayonnement qui lui permettrait de rencontrer plus facilement sa famille. La Famille.

- Ton nom… Quel est… Ton nom… ? reprit-il comme il le put, soufflant une haleine fade et brûlante sur le visage de l’autre, comme si les odeurs elles-mêmes avaient été dévorées par le poison.

Autour d’eux, les gens se faisaient de plus en plus rares. Plus l’on s’éloignait de la sortie, moins on en croisait. L’heure se faisait tardive et les nuées sombres présageaient une nuit humide hâtive. Cette dame de noirceur était bien pressée de s’étaler sur le monde, d’observer cette petite colonie de fourmis prendre peur une fois engloutie dans son ombre pluvieuse. Lesdites fourmis, du reste, avaient conscience de cet augure et se pressaient ainsi vers les portes de Primrose Resort. Certains, tout de même, demeuraient… Pour voir une créature de cauchemar arriver. Mais à vrai dire, Akusei n’y faisait même pas attention. Il ne se soucia pas des bégaiements, des glapissements, des courses et des effarements. Contrairement aux instants précédents, son état piteux l’adoucissait plutôt que de renforcer sa bestialité. Amorphe, traîné par un autre, le rapace était réduit à l’état de ridicule manchot. Le requin à l’état de vulgaire maquereau. Le Dragon à l’état de minable lézard.
Sa haine elle-même s’essoufflait comme ses poumons. Lorsqu’elle s’éteindrait, son corps en ferait de même, Rainer en avait bien conscience.  La machine à tuer se refroidissait, elle qui tournait encore à plein régime quelques heures auparavant ! Son vrombissement s’était tu car elle voulait préserver le peu d’énergie qui lui restait… Pour un jour repartir plus forte que jamais !
Néanmoins, pour l’heure, il n’en était rien. Disparue la rage et disparus les apanages ! Corps mince et peau diaphane, l’homme-dragon semblait peu à peu perdre de sa substance… Comme si… Il s’évanouissait dans l’éther…
Pourtant, il refusait ce destin. Malgré son expression d’inexpression, Maelström luttait intérieurement. Cette fatalité… Il la vaincrait !
Une étincelle de détermination mit alors le feu à quelques paquets de dynamite dissimulés au fond de lui. Ils explosèrent avec brutalité, engloutissant momentanément la lassitude et la douleur. Son enveloppe passa de brume à papier, ses yeux de sang à feux nouvellement alimentés.
C’était là sûrement son dernier effort avant la mort. Quand cette énergie-là s’épuiserait, il ne pourrait plus se sauver de lui-même, aussi forte sa volonté soit-elle. Cependant, le Dragon des Mers ne se souciait pas de cela. Il accéléra quelque peu le pas, fronçant les sourcils et contractant sa mâchoire alors qu’il lui semblait que ses articulations se constituaient de bris de verre, que le moindre de ses muscles semblait lacéré et avoir été doté d’une hypersensibilité. Sa vision devint quelque peu confuse. Floue. Changeant les quelques primates déambulant encore en spectres évanescents. Ses déglutitions résonnaient comme des tambours de guerre et sa béquille marquait le rythme d’une marche militaire.
Et dire qu’il ne s’était écoulé que quelques secondes entre ses précédentes paroles et ces réflexions…
Une bataille contre l’invisible !

Fort de cet ultime souffle de vie, Rainer put continuer de parler sans avoir l’air d’un vieil attardé mental à la respiration défectueuse :


- Et ton domaine ? Sur quoi règnes-tu ? Quel…

Akusei marqua silence de quelques secondes passé à combattre la douleur poignardant chacun de ses nerfs.

- Quel élément utilises-tu ? Quel qu’il soit, saches que je te tiendrai toujours en haute estime, toi et tous nos autres frères et sœurs…

Il était temps de poser les bases… Avec tout le tact qu’une intoxication farouchement affrontée le lui permettait.

- Après tout, les membres de notre Famille sont nos seuls égaux.

Cette phrase-là, d’aucuns auraient pu la prendre pour une sorte de proverbe ainsi formulée. L’on aurait pu penser à  « la famille » au sens général et non à « la Famille », le groupe formé par une espèce supérieure (bien que minoritaire). A vrai dire, si cette dernière venait à perdre de caractère marginal, Maelström en serait bien déçu. Ce sentiment de supériorité inné, il y tenait.

Les nuages se mirent à tourbillonner… Les éclairages du parc se firent plus resplendissant, la luminosité étant en baisse. Le parc devait fermer assez tard mais la pluie s’annonçant faisait fuir les visiteurs…
Cette averse, le Sea Dragon Slayer en rêvait. Il leva les yeux au ciel, offrit un sourire douloureux à son camarade. Certes, ce sourire avait tout d’honnête… Mais le naturel effroyable du Pourfendeur le rendait automatiquement malveillant.
A une centaine de mètres, enfin, la mer se profilait, elle et ses mouvements d’ondulation, comme pressée d’accueillir son maître.
Ainsi la lumière et les Hommes fuyaient, laissant place aux éléments et aux Dragons.
Ces derniers s’apprêtaient-ils à se déchaîner… ?


© Code de Anéa pour N-U

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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Mer 13 Mai 2015 - 16:02

Le temps semblait vouloir se gâter et devenait toujours plus menaçant. Chaque seconde qui passait nous rapprochait à la fois de la mer salvatrice, mais aussi de l'effrayante nuit qui s'annonçait, ainsi, les visiteurs devenaient plus rares. Certains nous fuyaient, d’autres fuyaient le temps qui se présentait à eux. L'odeur de la pluie prochaine parvenait jusqu'à mes narines, me donnant presque un sentiment de nostalgie et de sérénité. J'aimais cette odeur de pluie et d'orage, même si je n’avais aucune affinité élémentaire avec. C'était un petit réconfort pour mon humble nez, qui devait se farcir la fragrance de transpiration humaine de ce cher Akusei.

J'avais l'impression de tirer un sac de gelée. Mes mains, mes doigts, ils n'aimaient pas cette sensation, celle de la sudation toxique. La mort et la vie dans la même goûte d'eau. Je mangeais le poison comme si ce n'était qu'un vulgaire aliment, mais pour tous les autres, c'étaient un élément à éviter. Le grand Maelström était lui-même victime de ce même poison que je considérais comme l’un de mes seuls alliés sur cette planète.

Le malade parvint à obliger son corps, le forcer avec tout ce qui lui restait d’énergie, à parler. Tout ceci, toute cette rage et cette volonté pour me dire qu’il voulait aller vers la mer ? Il avait besoin de la mer ? Il n'avait aucune autre nouveauté à m'annoncer ? Non parce que je le savais déjà ça.

De la salive sortait de la bouche du blancdinet et je devais admettre que ce spectacle bien que peu glorieux me ravissait d’une certaine manière. Finalement, il y avait une justice...

Mon regard vide devint presque ironique. Je ne laissais pas paraître trop d'émotions, mais personnellement, j'étais ravi, juste ravi. Je n'étais pas un sadique, mais Akusei l'avait mérité et c’était un fait avéré. Au rythme où il allait, je ne lui donnais pas plus d'une demi-heure à tout casser. Oui, je pouvais me permettre de donner mon avis sur la question, j’étais un empoisonneur après tout. Une demi-heure en prenant en compte sa grande puissance bien entendu. Il n'était qu'un humain avec des attaques de Dragons. Il n'était qu'une fourmi parmi d'autres fourmis et il était temps pour lui de comprendre une chose, une fourmi empoisonnée mourait, inévitablement. Lui, ce type à l’eau dévastatrice, malgré sa "toute-puissance" n'échappait pas à la règle. Bienvenue dans la normalité mon gars !

Homme des Mers, pourquoi avais-tu des yeux si desséchés ? Pourquoi ta salive sortait de ta bouche ? Pourquoi ton pas se faisait si lent et si faible ? Je le savais et toi aussi, parce que la nature te punissait. Pauvre petite chose. En plus, il était vraiment plus petit que moi, donc je pouvais le dire objectivement.

Pour la première fois de ma vie, je pouvais tuer un mage noir de rang S et que faisais-je ? Je l'aidais à redevenir un homme violent. A vrai dire, je voulais essayer de lui montrer la voie à suivre, le chemin de l'homme sage et non de l'homme violent. Mais, une partie de moi pensait que c’était une simple perte de temps. Mon air sarcastique disparut lorsque le son de la voix du Maelström écorcha de nouveau mes oreilles sensibles.


- Thunder Light...

Détective Akusei était dans la place, sa salive à l'appui et sa transpiration en renfort ! Quelle perspicacité remarquable ! Il ne m'avait pas reconnu et en prime, il osait m'appeler "Mon frère Dragon". Il était... Encore plus secoué que ce que j'imaginais. Néanmoins, mon papa-Dragon m'avait appris l'art de la dissimulation de mes sentiments et il m’avait aussi enseigné que lorsqu'une personne me parlait, je devais répondre. Désolé papa, mais ma seule réponse fut :

"Hm."

Une onomatopée peu constructive. Une réponse affirmative et peu enjouée, reflétant à la fois une volonté de répondre simplement et celle de clore le débat rapidement. Je n'avais que faire de son avis et je me préparais déjà à le laisser à la moindre, oui, la moindre remarque blessante. Pourtant, je voulais l’aider à de venir meilleur. Ce que je comprenais, c’était que mon combat interne devenait de plus en plus difficile à dissimuler et mes actions contradictoires.

- Ton nom… Quel est… Ton nom… ?

Un léger silence de ma part, comblé par un éclair fendant le ciel de sa lumière violente et fulminante. Mon regard devint plus sombre, profond. L’haleine incommodante du Dragon Slayer m'indisposait et en même temps, je m'en fichais.

Lorsque je voulus répondre à sa question, je me rendis compte que… Je... Ne savais plus... Qui j'étais...

Etais-je un guerrier combattant pour la veuve et l'orphelin ? Etais-je un homme combattant dans l'ombre un adversaire qu'il ne pouvait pas vaincre ? Ou alors, un simple gamin qui se croyait plus fort qu'il ne l'était ?

J'avais oublié. J'abandonnais mon existence au profit de ce que je n'étais pas pour avoir l'impression de réussir ailleurs. Je fuyais ma faiblesse par une pseudo-nouvelle force. Je voulais aider ce type ? Pourquoi ? Quel était l'intérêt de l'aider alors qu'il ne voulait pas changer ? J'y croyais, en ce moment, j'y croyais vraiment. Je pensais pouvoir être utile à toutes les victimes qu'il voulait tuer dans l’avenir en l’en empêchant. Alors qui étais-je finalement ?


"Shô, juste Shô."

Je ne reniais pas Mark, ni même Sandra, mais je ne voulais pas qu'il puisse prononcer leur nom de famille, il n'en était pas digne et puis, je n'en étais pas à un mensonge près. De ce fait, un simple prénom était plus que suffisant.

De temps en temps, un nouvel éclair se montrait, tandis que le Dragon des Mers me faisait une danse au ralenti. Le genre de danse étrange de l'homme qui n'avait plus de force dans ses jambes un moment et retrouvait sa puissance juste après. Il ne l'avait pas vraiment fait à répétition, mais je m'en fichais, je voulais juste me moquer.


- Et ton domaine ? Sur quoi règnes-tu ? Quel…

Mon sourcil gauche s'arqua à la suite de cette question. J'étais assez surpris. Il doutait peut-être que j'étais un Dragon Slayer. La curiosité de ce genre individu se limitait à celle de rechercher la peur la plus profonde  de ses victimes, pas l’élément de l’autre copain Dra-Dra. Mais malgré cela, il voulut continuer sa phrase. Et puis, c'était quoi cette histoire de règne ? Une bonne blague ? Je ne régnais sur rien et je n'avais pas l'envie de prétendre le contraire. Je n'étais qu'un humble humain. Un faible qui persistait à se prendre pour un fort, un essai raté de la part d'un auteur irrespectueux de sa propre œuvre. Je me sentais inachevé, raté. Qu'est-ce que ce meurtrier avait de plus que moi ? Je ne pouvais pas comprendre la raison qui poussait ce monde à glorifier les salops et à enfoncer ceux qui souhaitaient faire de leur mieux pour rendre le monde meilleur... Mon auteur était la nature, la feuille était mon corps, les mots étaient mes actes.

Akusei insista un peu plus, comme pour me forcer à répondre, me sortir de mon silence :


- Quel élément utilises-tu ? Quel qu’il soit, saches que je te tiendrai toujours en haute estime, toi et tous nos autres frères et sœurs…

Oui... Je comprenais mieux certaines choses maintenant. Je n'étais pas un essai inachevé, j'étais la base, j'étais une tentative de la nature de faire d'un élément négatif quelque chose de positif. Et je devais lui prouver qu'elle avait eu raison d'essayer avec moi !

Je n'étais pas un mage, je n'étais pas non plus un faible. Je n’étais pas faible parce que la véritable force était celle de notre volonté et non celle de notre magie. Après tout, j'étais un Dragon Slayer, un homme né avec le pouvoir de me nourrir d'un élément, un homme, qui aujourd'hui avait trouvé sa place en ce monde.

Dans mes tripes, le combat interne prenait fin. Je ressentais la force et le courage revenir. Tel un Dragon salvateur venu secourir un homme en perdition, ma volonté revenait en force. Je n'étais pas là pour me battre contre moi-même. Je ne régnais sur rien, mais j'avais un don. Ce don était celui de toujours vouloir me battre contre plus fort que moi. Je pouvais utiliser ce don pour me battre, me battre au-delà des limites du vraisemblable, pousser mon corps à aller plus loin !

Je riais intérieurement, un rire franc et joyeux. Ce rire fut retranscrit par le retour de mon sourire sur mon visage. Motgift... Tu ne m'avais pas formé pour être caméléon, mais pour avoir toutes les cartes en main. Tu m'avais donné tous les ingrédients pour forger ma propre personnalité. J'avais enfin compris... Akusei, il m’avait fourni la pièce manquante du puzzle. Comment pouvais-je en être si certain ? Une simple pulsion d’héroïsme, me faisant croire ce que je voulais en fabricant des preuves imaginaires.


- Après tout, les membres de notre Famille sont nos seuls égaux.

Akusei souriait, un sourire non-forcé. Il était franc, mais pas particulièrement rassurant en comparaison du mien. Mon sourire était vraiment joyeux. Je venais de perdre mon ami, mais il allait bientôt comprendre que j'avais compris. Cela ne me servait à rien de combattre dans l'ombre. Je devais me battre dans la lumière, car seule elle me permettait de rapprocher d'eux.

"Je suis le Poison Dragon Slayer, fils du Dragon Motgift."

Motgift, Mark, Sandra... En cet instant où les nuages menaçants tourbillonnaient, en cet instant où la foudre devenait plus brillante, plus noble, plus claire, moi, Shô Weissdren...

Je reniais ce que les autres pensaient de moi. Je n’étais PAS un mage noir.

Après un petit silence, je pris la parole à mon tour, mais ce n'était pas pour faire dans la gentillesse, ni dans la politesse.


"Rainer Akusei, dit Maelström, Sea Dragon Slayer et mage de Thunder Light. Je ne vais te poser cette question qu'une seule et unique fois, alors écoutes du mieux que tu peux."

Je déglutis en fermant les yeux. J'arrêtais de marcher. Quand mes paupières se rouvrirent mon sourire disparu aussitôt et mon regard devint plus déterminé qu'un taureau chargeant sa cible. Je plongeai mes deux yeux ambre dans les yeux rouges de mon "frère Dragon" avant de commencer ladite question.

"Si je te disais que je ne suis plus membre de cette guilde pourrie jusqu'à la moelle par son maître, que je ne suis pas un mage surpuissant et que je suis encore moins un homme qui se définit comme supérieur. Est-ce que tu me verrais toujours comme un frère ? Je dis ça parce que..." Mon regard devint sombre, noir, violent, colérique, haineux implacable par son intensité. "Tu n'es pas, et tu ne seras jamais mon frère. Ma seule famille est morte ou m'a laissé seul pour une raison que j'ignore."

Je fis une pause dans mon discours avant de reprendre par une simple et dernière phrase :

"Maintenant, je vais t'emmener vers la mer parce que je ne suis pas comme toi, parce que j'ai un cœur. Non, pas ce muscle que tu arraches des corps, mais un organe ésotérique et émotionnel, un organe que tu ne pourras jamais atteindre. Je vais donc t'emmener vers la mer, par respect pour le Dragon qui t'a élevé et après, Ciao. Après, si tu veux continuer ton bourrage de crâne, vas-y, mais n'attends rien de plus de moi que ce que je viens de te dire."

Je me mis en position pour reprendre ma marche vers la mer en tenant l’autre Dragon autoproclamé à-côté de moi. Je fis en sorte de faire un pas vers l'avant. Pour ceux qui avaient des doutes, oui, j'étais suicidaire. Je savais que ça ne pouvait que l'énerver d'entendre ce que je pensais vraiment, mais après tout ce que j’avais subi ces derniers jours, je n’avais pas envie de me prendre la tête. L’heure était venue, celle de ma rébellion. Je n'étais désormais plus le jouet de la nature, je n'étais plus un simple essaie sur une feuille, mais un livre sans fin qui souhaitait vivre, qui souhaitais gagner et qui souhaitais voir son poison devenir une arme bénéfique.

Je prévoyais de l'attaquer, je ne savais pas quand, mais je savais qu’une fois arrivés devant l’étendue d’eau, ma vie allait prendre fin. Je n'avais qu’une centaine mètre pour me décider de la marche à suivre. Chaque seconde comptait double. Je n’avais plus rien à perdre alors, autant attaquer tout de suite.

Il avait besoin d'une béquille pour avancer seul et mon aide lui permettait de gagner en vitesse et en stabilité, il était évident qu'il était amoindri. Malheureusement pour moi, sa férocité semblait être assez grande pour lui permettre de garder un niveau de puissance redoutable.

Faisant fi de toute raison, je lâchai le Dragon des Mers par une volte-face, lâchant son poignet et son flanc. Après quoi, je m'écartai légèrement de lui, les mains en l’air comme pour dire que ce n’était pas de ma faute, tout en gardant un petit sourire au coin des lèvres. J'espérais le voir tomber, mais espérer n’était plus quelque chose que je pouvais me permettre avec lui. Je couvris mon pied droit de poison et j'exécutai un croche pied pour déstabiliser ma cible par un "
Dokuryû no Kagitsume". Je fis en sorte de rapidement ramener ma jambe pour moi-même me stabiliser.

Jambe droite légèrement en avant, jambe gauche en arrière, mon buste un peu incliné, je finis par entourer mon poing droit de poison pour m'en servir comme d'une massue.  Le coup descendant visait à attaquer pour fragiliser et amplifier l'empoisonnement. Il voulait voir quel était mon élément ? Il allait être servi. Après tout, je devais bien le cuisiner pour le servir chaud et pour cela, rien de tel qu'un bon "
Dokuryû no Tekken".

Victimes d'Akusei, je vous dédicaçais ce combat. J'étais certain de ma victoire, même si je me méfiais. Après tout, il risquait de m'en faire baver. Empoisonné ou non, Rainer Akusei restait Rainer Akusei et le sous-estimer était la pire erreur que je pouvais faire.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Dim 24 Mai 2015 - 13:37



feat. Shô Weissdren


Pair Perishment

Psycho Betrayal


“Ce soir, il avait tout perdu. Sa dignité, sa force et sa vie.”








C’est à ce moment, ce moment où le salut s’offrait à Rainer, que celui qui avait dit se prénommer Shô se présenta à lui. L’état du Sea Dragon Slayer était si ridicule qu’il n’avait même pas assimilé le nom de son frère au moment où il lui avait dit… La douleur embrouillait ses mouvements comme sa réflexion. Il était définitivement grand temps d’en finir avec elle…
Ainsi, Shô était le Poison Dragon Slayer. Quelle ironie ! Tomber nez à nez avec le maître du poison lorsque l’on en est infecté… Une authentique et sardonique coïncidence, fabrication artisanale du destin depuis la nuit des temps. Rainer sentit une fugace pulsion destructrice lui traverser l’esprit. Pulsion rapidement anéantie car Shô était son aide et non son agresseur. D’autant plus qu’il ne devait pouvoir rien faire pour soigner Akusei… Sinon, il l’aurait déjà fait, en toute logique.
Les nuages continuaient leur ballet, spectateurs impatients d’entrer en scène, les lances de foudres qu’ils laissaient apparaître traduisant leur excitation. Ces dernières apparaissaient d’une blancheur éclatante, presque éblouissante. Au rythme de leurs apparitions, au rythme de ce stroboscope naturel, la peau blafarde et dégoulinante de Maelström semblait devenir néant uniformément blanc. Un blanc simple, silencieux et morne. Celui que l’on redoute, celui dont la pureté rend fou. C’était de cette teinte-là que Rainer était vêtu. Un costume d’apparat dont il se serait passé, assurément, car il annonçait sa prochaine défaite face au poison.







Shô reprit alors la parole d’un ton plus assuré :


- Rainer Akusei, dit Maelström, Sea Dragon Slayer et mage de Thunder Light. Je ne vais te poser cette question qu'une seule et unique fois, alors écoutes du mieux que tu peux.

L’intéressé se freina en même temps que son frère, interloqué par tant d’emphase placée si soudainement. Ce discours, étrange, augurait une suite du même acabit. Et puis, était-ce réellement le temps des questions ? Akusei pouvait s’effondrer d’une seconde à l’autre. Certes, le fils de Motgift se trouvait être une rencontre de la plus haute importance, mais le temps des élucubrations pouvait attendre ! Que pouvait-il avoir à lui dire d’assez important pour faire passer sa vie après ? Qu’il se hâte !
Les impatientes réflexions du Dragon des Mers se turent soudainement, lorsqu’un regard qu’il n’aurait pas soupçonné d’un personnage à l’air aussi effacé que ce mage de Thunder Light quelque peu à l’écart vint se fixer sur ses rubis affaiblis. Les paupières lourdes de fatigue et de douleur, les globes oculaires semblant désirer s’exorbiter pour échapper au rideau qui menaçait de tomber sur eux pour l’éternité, Rainer en eut la chique coupée et, instinctivement, accepta la domination verbale de son frère.


- Si je te disais que je ne suis plus membre de cette guilde pourrie jusqu'à la moelle par son maître, que je ne suis pas un mage surpuissant et que je suis encore moins un homme qui se définit comme supérieur. Est-ce que tu me verrais toujours comme un frère ? Je dis ça parce que...

Shô marqua un silence théâtral qui amplifia l’intensité de son expression. Son timbre de voix était vibrant de haine. Rainer fronça les sourcils, serra les dents et sentit une petite boule commencer à se former au creux de son ventre. Une légère appréhension… Celle d’être en réalité tombé sur un ennemi. Quelqu’un d’hostile à la personne du mage noir. Le moteur d’Akusei, sa haine, toussa, comme s’il était soudainement enrayé par de la crasse. Ralenti, il se contenta dès lors de haleter.
Tant que l’afflux ne tarissait pas… Tant que la rage envers cet élément que maîtrisait l’ex Thunder Light demeurerait… Tout irait bien.
Mais c’était là sa dernière mise en route avant l’extinction des feux de la colère.


- Tu n'es pas, et tu ne seras jamais mon frère. Ma seule famille est morte ou m'a laissé seul pour une raison que j'ignore.

Nouvelle pause. Abasourdissement. Déchirure d’une toile naissante, explosion de certitudes évanescentes. Pour la première fois, Maelström, le rang S… Maelström, l’abomination… Maelström, le dragon impitoyable… Se confrontait au rejet indésirable des autres. Cette nouvelle sensation expérimentée frappa de plein fouet, résonnant dans le vide qu’elle venait de créer.
Akusei n’avait, certes, pas eu le temps de s’attacher à son homologue… Mais ses scénarios, ses projections dans le futur s’en trouvaient littéralement anéantis. Qui l’aurait cru ? Le fils d’Abyssia touché par les mots de quelqu’un. C’en était presque risible, incohérent. Rainer lui-même ne comprenait pas la source de ce fiel d’un genre nouveau-né en son être corrompu par la fureur. Le regard étrangement vide, il se mira de l’intérieur, s’offrant des visions d’horreur : à travers les brasiers de rage, les filets de rancœur, les nœuds d’amertume et les amas de haine, il vit luire, au loin, une sorte de petit corps noirâtre et racorni. Semblable à un fruit pourri carbonisé dans les profondeurs des enfers, cette chose écœurante semblait germer, faisant çà et là jaillir des rais d’une clarté immonde à travers sa carapace de scarabée desséché.  
Rainer en fut profondément dégoûté, incapable de définir cette faille détestable et instable à la fragilité hideuse.
Une sensibilité ?
Alors le colérique avait finalement un point faible : sa famille…
Honteux. Honteux ! Ce devait être dû à son état de souffrance et rien d’autre. Absolument rien d’autre !
Désormais, un mélange de rage, de trouble et de déception animait le regard rouge d’Akusei.


- Maintenant, je vais t'emmener vers la mer parce que je ne suis pas comme toi, parce que j'ai un cœur. Non, pas ce muscle que tu arraches des corps, mais un organe ésotérique et émotionnel, un organe que tu ne pourras jamais atteindre. Je vais donc t'emmener vers la mer, par respect pour le Dragon qui t'a élevé et après, Ciao. Après, si tu veux continuer ton bourrage de crâne, vas-y, mais n'attends rien de plus de moi que ce que je viens de te dire.

Le moteur entravé convulsa, voulant se dégager de ce tas de crasse le bloquant plus que jamais. Rainer était pareil à l’eau brûlante. L’eau frémissante qui n’attend qu’une seule, ridicule, infime, infinitésimale variation thermique pour bouillir et enrager. Pour jaillir avec force et attaquer avec une bestialité élémentaire tout ce qu’elle désirait. Et plus le Pourfendeur prenait conscience de cela, plus sa frustration montait, menaçant de faire exploser son corps.
Pourtant, ce dernier ne payait réellement pas de mine. D’aucuns n’auraient pu le penser encore capable d’un quelconque assaut. Faible, bon à se faire traîner, déchiré par le poison et souillé par des fluides plus immondes les uns que les autres, il brillait sous la foudre comme un répugnant ver luisant.
Alors que dire à Shô ? Incapable d’organiser correctement ses pensées pour former ne serait-ce qu’une esquisse de discours, le Dragon des Mers se tut malgré lui, se laissant remorquer pitoyablement. Le sol semblait accrocher à ses semelles, hostile. L’atmosphère humide, froide et iodée, désirait l’écraser de tout son poids et la mer, incorrigible gamine, se riait de lui, lui offrant des sourires d’écume de plus en plus grands et carnassiers.
Pour la première fois, Rainer se sentit même abandonné de son royaume. Comme si ce dernier profitait de sa faiblesse pour se rebeller. Ses lèvres se retroussèrent, manquant d’éclater tant elles étaient sèches. Le vent, également, se leva, réussissant l’exploit de soulever les mèches lourdes de sueur de Maelström et faisant grincer les attractions de Primrose Resort désormais vides. Tout le monde avait disparu. Seuls les éléments parlaient en leur langage inintelligible composé de sifflements, de rugissements et de murmures primaux.

Finalement, Shô et, par extension, Rainer, reprirent leur route. Les nuages noirs et lourds tombaient lentement du ciel comme un châtiment céleste n’ayant que faire du temps, cette notion inventée par les mortels. Le contact fraternel se changea en assistance formelle. La béquille d’Akusei buta à plusieurs reprises sur les aspérités du sol, se tordit, parfois, lorsque Maelström exerçait une force en une direction autre que celle du pavé.
« Bourrage de crâne »… Inapte à rétorquer le moindre mot, le fils d’Abyssia se contenta de lâcher un grognement sourd ; celui de la bête au corps mourant mais à la barbarie un tant soit peu conservée.  En guise de réponse, les nuages grondèrent.
Rainer leva ses yeux au ciel. Ses yeux qui avaient pris des proportions effrayantes et dont les cernes faisaient ressortir le rouge déshydraté, araignées de sang séché aux nerfs fendant de leur toile craquelée des neiges grisâtres, polluées par le poison.



Le champ de vision d’Akusei se mit alors à glisser vers l’avant tandis que son corps se fit d’un coup plus léger. Il vit les nuées noires, devenir de plus en plus lointaines à mesure que son poids basculait et… Se réceptionna sur un genou, le choc faisant tomber une averse de sueur au sol. Ce simple petit heurt libéra une décharge électrique dans les nerfs du Sea Dragon Slayer. Il laissa s’échapper un petit râle de douleur. Battant stupidement des paupières, il finit par relever ses yeux vers Shô qui s’éloignait, mains en l’air comme un accusé voulant s’innocenter. Entre deux mèches d’un châtain tirant sur le roux, les lèvres de ce dernier s’étaient figées en une expression moqueuse.  
Son bras droit tenant encore sa béquille, Rainer se releva lentement par à-coups, menaçant de tomber à chaque mouvement. Lorsqu’il put se mettre debout, il considéra son frère avec une expression neutre, comme si les actions de celui-ci n’avaient pas encore pu être interprétées par son cerveau. Pendant un instant, le Sea Dragon Slayer sembla même ne plus souffrir, le visage complètement impassible. Un coup de vent balaya la scène, faisant grincer plus fort les attractions alors que les deux homologues se faisaient face.
Shô, fils de Motgift. Rainer, fils d’Abyssia.
Le  bienfaiteur. Le malfaiteur.
L’élément le plus perfide. L’élément le plus nuisible.
Le félon. Le démon.
Deux Dragons.
Le poison se répand lentement dans l’organisme de ses victimes… L’eau martèle inlassablement ce qui lui barre la route…
Mais tous deux ont un point commun.
Toujours, ils arrivent à leurs fins.

Dans la pénombre, un nuage de mort rougeâtre se forma soudain autour du pied de Shô. Dans la pénombre, le moteur de haine vomit soudain un amas de crasse. Le coup fut décoché, déchirant l’air et la paix. La rage fut libérée, anéantissant la fraternité et les stratagèmes. Des rides de colère lacérèrent le visage de Rainer alors que ses cheveux, gluants et blancs, fouettaient son visage... Ses lèvres se retroussèrent… Il sembla avoir l’attention de provoquer l’apocalypse par la simple libération de vociférations… Lorsque le coup impacta ses jambes.
Tombant ridiculement au sol, il fit subir mille sévices imaginaires à son frère durant sa chute. Le voilà, son oscillation thermique ! Un geyser de colère sembla transpercer tout son corps au moment où il s’écrasait misérablement au sol. Une brûlure d’une force extrême dévora sa chair, faisant se convulser son être. Akusei combattit silencieusement la douleur, écartelant sa mâchoire, crispant ses articulations au point de croire les entendre crisser. Comme changé en métal, plier ses membres lui était insupportable. Sa respiration était devenue plus pénible encore.
Mais, malgré tout, il tenta de se relever une nouvelle fois… La Faucheuse allait devoir attendre un peu plus… Il ne trépasserait pas, non. Non. Non, non, non, NON ! Pas si près du but ! Pas là ! Pas par lui ! P…
Ses yeux s’étrécirent soudain à l’approche d’une ombre fulgurante.



Rainer s’écrasa sur le pavé. Son crâne s’y cogna, manquant de se fracasser comme la coque d’une noix. Il lui sembla s’étouffer dans le sang, les vapeurs empoisonnées, l’humidité, la douleur, l’impuissance… Et la haine ! L’ire de la mer déferlerait sur la terre ! Shô allait mourir à Primrose Resort ! Akusei se chargerait personnellement de le massacrer, de l’annihiler jusqu’à ce qu’il n’en reste rien !  Le sort de Soulsilver lui paraîtrait un million de fois plus enviable car le Sea Dragon Sayer le débiterait en deux millions de morceaux !
Qu’il crève !
Hurlant de rage, ses doigts crispés sur son visage, le fils d’Abyssia se laboura la peau comme pour s’il pouvait en extirper le poison. Baignant dans l’hémoglobine et la sueur, composantes-clés d’un océan de douleur, l’homme-dragon crut exploser de l’intérieur, poussant des cris à glacer le sang. Le vent lui-même se fit tout petit devant cette tragédie, occulté par les hurlements. Les muscles contractés faisaient vibrer le corps en mouvement. La tête du Sea Dragon Slayer semblait être à deux doigts de s’arracher de sa base, révélant une gorge secouée de spasmes. L’Enfer déchaînait ses flammes dans le crâne de Rainer, faisant fondre les os de son crâne. Son cerveau bouillait dans le venin. L’intérieur de son cou se craquelait de sécheresse.

C’est alors que l’orage cria, faisant vrombir le monde entier, démolissant le système nerveux de Rainer. Un éclair éblouissant illumina son visage horrifique.
L’on sentit une substance froide tomber sur soi. Encore. Encore. Plus fort. Continuellement.
Une averse tomba comme un rideau sur la scène, matérialisant les crocs du Dragon des Mers. Aussitôt, le mage noir se mit à les aspirer, voulant en garnir sa gueule incapacitée. Un petit vortex se forma au-dessus de celle-ci, lui amenant pouvoir et vengeance. La poitrine d’Akusei décrivit des mouvements saccadés à mesure que celui-ci se nourrissait.
Mais Shô avait décidé d’en finir avec lui, manifestement. Il ne le laisserait pas se régénérer, cet enfoiré de frère !
Traître… Hypocrite…
Rainer se releva lentement, comme un serpent, glissant sur sa béquille qu’il tenait à deux mains. A travers deux mèches de cheveux souillées de tous les fluides possibles et imaginables, il offrit au félon les authentiques rubis du Mal. Ce regard… Ce regard où toute l’horreur du monde semblait concentrée… Ce serait le dernier que Shô verrait !


- Tu seras pas… Le premier Dragon Slayer à mourir de ma main…, souffla-t-il, sa voix vibrante portée par le vent.

Un coup de tonnerre sembla galvaniser ses cordes vocales.

- TU VAS CREVER, CHIEN ! hurla-t-il avec une force telle que sa mâchoire craqua.

Il prit une grande inspiration, rassemblant toutes les forces reprises. Un nouveau flash lumineux dévoila sa posture : le corps penché en arrière, les mains sur sa béquille et le visage bestial.

- Umiryuu no… Hokôôôôoô !

Toute l’eau accumulée durant ces derniers instants jaillit sous la forme d’un bélier rageur aux rugissements menaçants. La colonne abyssale se mêla à l’humidité contenue dans l’air et engloutit la pluie, faisant passer les nuages d’orage pour de pitoyables robinets.
Toutefois, le tir fut bien trop puissant pour le frêle corps d’Akusei. Ejecté vers l’arrière par son propre sort, il décrivit des acrobaties dignes de quelque pantin de cauchemar, griffant l’atmosphère comme s’il s’était agi de son adversaire. Sûrement avait-il complètement visé à côté…
Un choc métallique arrêta se course. S’étant écrasé contre une paroi, l’homme-dragon cracha un peu de sang alors que sa respiration était coupée par l’impact. Il glissa lentement pour revenir une nouvelle fois vers Gaïa…

Allongé sur le dos, Rainer ne put même pas apprécier la fraîcheur du sol tant son corps était brûlant. Devenu un golem de misère, l’effort de respirer lui était quasiment impossible. Alors aspirer une nouvelle fois son élément aurait relevé du prodige…
Les yeux mi-clos, il observait, entre deux vagues de chair surmontées d’écume, le firmament. Alors comme ça, sa dernière vision ne serait même pas celle de la mer… Mais celle des éclairs. Boursouflées telles quelque substance démoniaque, les nuées semblaient évoluer dans un infini cloaque. La foudre était laide, laiteuse. Lorsqu’elle traversait le prisme de la pluie, cette dernière devenait urine tiède, ignominieuse.
C’est ainsi que devait finir un mage noir… ? C’est comme cela que l’une des pires abominations que le monde ait jamais portées devait trépasser ? Au tapis, misérable, terrassé par une malédiction impalpable… ? Sans jamais avoir pu accomplir quoi que ce soit… ?
Akusei aurait préféré une mort plus… Epique. Il aurait au moins voulu emporter son ennemi avec lui… Il aurait au moins voulu défendre des idéaux incarnés et non pas laissés à l’état d’idées…
Ce soir, il avait tout perdu. Sa dignité, sa force et sa vie.
Le moteur s’arrêta, poussant des plaintes.
Au moins, Maleström n’aurait pas été tué par un singe.
Il songea à tout ce qu’il avait été… Un enfant recueilli par un Dragon… Un rejeton errant dans la mélancolie… Un grand frère pour un homologue… Un concentré de rage… Un mage noir réputé…
Il songea à tout ce qu’il aurait voulu être… Un fédérateur… Un grand frère pour tous… Un souverain… Un...
Un…
Un…
Rien d’autre.
A cet instant, Rainer se rendit compte du vide dont était emplie son âme. Un néant effrayant. Une absence de tout découlant de la seule chose le définissant.
Sans haine, il n’était rien.
Il réussit à baisser les yeux en direction de Shô. Trop bas pour voir la mer, il ne pouvait distinguer que l’horizon derrière une barrière gardant les visiteurs du parc de tomber.  
L’infini derrière des barreaux de fer et de pluie.
Jamais il ne l’atteindrait.


© Code de Anéa pour N-U



HRP:
 


Dernière édition par Rainer Akusei le Lun 25 Mai 2015 - 15:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Dim 24 Mai 2015 - 20:59

La colère était palpable autour du Dragons des Mers. Il s’attendait à quoi le blancdinet ? J’en avais assez de me cacher, j’en avais assez de fuir et j’en avais assez de lui. Il pensait peut-être que je plaisantais ? Non, il n’avait aucune raison de le croire et je n’avais pas l’intention de faire marche arrière.

Mon coup-de-poing frappa sa cible avec fracas. Ce coup empêcha mon adversaire de se relever et ainsi, il ne put faire autrement que de chuter à nouveau. Son crâne frappa le sol avec violence, m’offrant une nouvelle opportunité pour asséner une nouvelle attaque. Dans un cri de douleur, le mage à l’eau dévastatrice perça mes tympans au point que je crus voir venir un «
Hôkô ». Par un bond en arrière, je fis en sorte d’esquiver l’attaque qui n’arriva pas. Un simple cri de rage, des crispations musculaires visibles, mêmes deux mètres plus loin qui révélaient une peur naissante. Avais-je peur de lui ou de perdre ?

L’orage tonna si fort que l’air sembla se fracturer dans une explosion foudroyante. La guerre entre Dragons était arbitrée par Dame-Nature en personne. Mon corps sembla trembler d'impatience et en même temps-d’appréhension. Dans mon ventre, un feu brillant, lumineux et d’une intensité rare agissait sur mon corps. Un feu mental, un feu empli de volonté de vaincre un monstre. Aujourd’hui, Akusei ne pouvait échapper à son destin.  J’étais mentalement prêt à frapper jusqu’à ne plus sentir mes membres, j’étais prêt à défier les océans et pourfendre les montagnes.

Son visage éclairé par la foudre faisait peur, mais mon visage chargé de volonté et de détermination pouvait lui faire face sans problèmes. C’était lâche de m’attaquer à un handicapé, mais c’était lâche de s’attaquer mentalement aux gens pour jouir de leurs souffrances internes. Tout cela, juste pour permettre de les faire souffrir encore plus physiquement. Il. Allait. Payer.

Ma jambe droite me permit de prendre appuie et me préparer à charger l’empoisonné avec toute ma détermination, quand une goutte d’eau se posa sur mon poing droit. Ce même poing, il ressentait le froid de cette petite goutte, mais cette sensation me paralysa, elle me bloqua, entravant ma respiration dans un frisson secouant l’ensemble de mon corps. Que voulait dire tout ceci ? Il pleuvait ? Oui. Les gouttes tombaient avec parcimonie, jusqu’à ce que les nuages nous surplombant ne démontrèrent leur volonté de participer au combat, de l'équilibrer en donnant au meurtrier un avantage sur moi.

Une averse martelait le sol, faisant coller mes vêtements à ma peau, les mèches à mon visage et me faisant comprendre que la nature n’appréciait pas ma réponse. Elle ne voulait pas me laisser être un livre ? Bien, mais je devais finir ça. Je devais gagner. Je devais gagner et venger ses victimes. Le mangeur d’eau se mit en tête d’absorber la pluie pour regagner sa force, son endurance et sa férocité.

Mes yeux, ils observaient la scène, ils observaient cet individu absorber son liquide. Mes entraves partirent subitement, ces entraves qui bloquaient mes mouvements. La peur m’avait quitté, car un autre sentiment était désormais présent à sa place. Je fis un pas en avant, quand subitement Maelström décida de stopper son absorption d’eau pour se lever.

Il se leva en se tenant à béquille, le monstre humain se levait encouragé par cette pluie battante. Mes sourcils étaient pris de spasmes, ils voulaient se froncer, mais pas par ma volonté, mais nerveusement. Mon corps, mon organisme lui-même était en colère, quoi de mieux pour livrer une bataille enragée ? Je ne savais pas pourquoi, mais j’attendais là. J’attendais de le voir debout pour me décider à agir. Je voulais peut-être avoir un semblant de combat équilibré contre lui. Je voulais le frapper et en même temps, je ne savais pas si c’était le bon moment. Rah, je n’avais pas besoin de me poser ce genre de questions.


- Tu seras pas… Le premier Dragon Slayer à mourir de ma main…, souffla-t-il, sa voix vibrante portée par le vent.

Un coup de tonnerre fit en sorte de donner encore plus de puissance à et d’importance à ses paroles funestes. Un sourire s’esquissa sur mon visage alors que mon regard déterminé tenait ouvertement tête à ce morveux.

‘’Et ça se dit vouloir faire une fratrie ?’’ mon sourire disparu et mon regard devint dur, insoutenable tant il semblait vouloir rendre justice. Ma voix devint plus grave et féroce. ‘’Ne te fous pas de moi.’’

TU VAS CREVER CHIEN ! hurla le mage noir aux cheveux blancs.

"Je préfère encore être un chien que de n’être que du néant, suivez mon regard !"

Ce même regard dont je parlais le visait, lui, celui qui se croyait plus fort et meilleur que les autres. La nuit était tombée et la pluie battante nuisait à ma vue, mais un éclair salvateur me permit de voir que mon adversaire avait pris la pause bien connue du « Hôkô ». J’étais trop près pour esquiver et trop loin pour l’arrêter. Pourquoi n’avais-je pas pris l’initiative de le frapper quand je le pouvais…

Une seule solution s’offrait à moi, me défendre au sens propre de l’expression. Mes mains se placèrent devant moi, deux nuages de poison en sortirent s’accumulant devant moi, comme un mur, une paroi de poison faite pour me protéger de l’attaque qu’il voulait m’envoyer au visage. Et le choc tant attendu eut lieu.


- Umiryuu no… Hokôôôôoô !

"Dokuryû no Kabe !"

Son attaque ne m’avait pas touché, mais mon mur avait littéralement volé en éclats, mon attaque avait été trop faible et la sienne trop forte, même pour lui.

En voyant mon mur voler en éclats, se dispersant dans l’air comme si de rien n’était, mon regard se paralysa, et mes yeux s’écarquillèrent. En même temps, je pus voir quelque chose que je ne pensais pas possible. Le souffle aqueux avait une pression telle qu’elle fit faire des acrobaties étranges à Akusei et me permit ainsi de ne pas me faire toucher.

Lorsque je le vis tomber au sol, je sentis ces entraves mentales vouloir revenir. J’avais peur de le voir prendre le pas sur moi ? Etais-je vraiment une poule mouillée ? J’avais eu un aperçu de ce que pouvais donner Akusei si on lui laissait quelques instants de répit et je n’avais pas tellement envie de rejouer l’épisode du mur.

Refaisant brûler la flamme de la volonté dans mon esprit, je la fis faire fondre ces entraves pour me permettre de courir. Je me mis à courir, foncer, sprinter, tracer vers mon adversaire. Mes jambes faisaient de grandes foulées, mes bras de chaque côté de mon corps, tous deux prêts à frapper. Quand je fus suffisamment près de ce type allongé, je sautai, projetant mon corps comme un boulet de canon dévastateur prêt à en découdre. Mon environnement, le sol, l’air, l’orage, l’averse, plus rien n’existait. Il n’y avait plus qu’Akusei, moi et ma volonté de le détruire. Plus d’entraves, plus de chaînes pour me retenir.

Mon saut avait pour but de me permettre d’utiliser à nouveau mon «
Dokuryû no Tekken ». Je recouvris mon poing de poison pour l’abattre sur ma cible. Je ne savais pas si le résultat était bon ou non, mais une fois mes deux pieds au sol, je préparais déjà ma contre-attaque. Mon poing droit était toujours couvert de poison et j’en profitais bien. Un deuxième coup pour viser le visage, un troisième, un quatrième… Je ne savais pas si j’arrivais à le toucher ou non, je me contentais de le faire à répétition pour être certain.

Je me stoppai, pour prendre le visage du Dragon des Mers dans ma main gauche et insuffler du poison dans la paume de cette dernière. Le poison s’accumula jusqu’à ne plus pouvoir tenir dans ma main et ainsi, il sortit dans une sorte d’explosion toxique. C’était une technique nommée «
Dokuryû no Bakuhatsu ».

Je tirai les deux bras d’Akusei, pour le soulever et lui mettre un coup de genou dans l’estomac. J’enlevai le poison de ma main droite pour préparer la suite. Sans un mot, sans tenir compte de tout ce qu’il pouvait dire et de toutes ses tentatives pour contre-attaquer.


"CA, C’EST UN DOKURYÛ NO… HÔKÔÔÔÔÔÔÔ !"

Alors que je le tenais, ou plus exactement, que je croyais le tenir, mon torse se gonfla et j’essayais de lancer mon rugissement sur le blancdinet. Lorsque le souffle de poison se libéra de joues gonflées, un hurlement, un cri, un rugissement d’une intensité que je ne me connaissais pas sortit. J’étais si surpris, que je me risquais à lâcher Maelström. Quand mon attaque fut terminée, j’attendis un peu avant de m’y remettre. J’avais tout de même envoyé un certain nombre d’attaques magiques, dont une qui avait bien tapé dans mes réserves, un petit peu trop même.

"Eh bien ? C’est tout ? Allez, lèves-toi le cachet blanc. Allez, viens prendre ta fessé !" raillais-je non sans une certaine satisfaction.

Un pas après l’autre, je pris mon temps pour rapprocher de lui afin de délivrer avec encore plus d’intensité ma prochaine salve d’attaques. Tout en marchant, je levai mon bras pour suivre Akusei. La pluie brouillait mon regard, les gouttes glissant de mes sourcils pour arriver vers mes paupières. Il faisait froid, mais je bouillonnais. Ce feu interne arrivait à me mettre dans un état qui me permettait de résister aux éléments. Mon bras gauche levé s’entoura d’un nuage de poison pour libérer une pluie de projectiles en forme d’écailles rouges sur mon ennemi.

"Dokuryû no Ringa."

Je vidais ma magie comme un tireur fou vidait son chargeur. Après quelques secondes, je cessai mes attaques, m’arrêtant devant ma victime en observant mon œuvre. Je n’étais pas tellement content d’attaquer un faible, mais l’occasion était trop belle.

"Bon, il est temps d’en finir. Alors je te conseille de t’accrocher… Non, je voulais dire, tu vas crever, bonne mort le meurtrier."

J’avais repris un peu de calme et mes paroles furent prononcées sur un ton monotone, calme et presque soulagé. Mes deux mains se couvrirent de poison et mes bras se balancèrent vers l’arrière en même temps avant de revenir vers l’avant en visant Akusei. En ramenant mes bras vers l’avant, une traînée de poison suivit le mouvement de mes bras et une fois mes mains pointées vers la cible, les deux nuages de poison sur mes mains devinrent des tourbillons semblables à des foreuses. Les deux projectiles foncèrent sur l’ennemi  dans le but de le frapper avec brutalité. Je ne savais pas si ça avait marché, mais je pouvais dire que j’étais presque épuisé. Non, correction, j’étais épuisé. Je n’en pouvais plus, la colère, les émotions, le stress et toutes ces attaques magiques d’affilée… Je n’en pouvais plus, je n’avais plus qu’à espérer que rainer Akusei soit juste mort.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Lun 25 Mai 2015 - 13:50

Ils étaient là. Seuls, à deux. Ils avaient discuté, ils s'étaient battus. À terre, debout, blessés, épuisés, à l'article de la mort peut-être même. Qui sait ? Ils ont lutté. L'un contre l'autre, en eux-mêmes, mêlant doute et désespoir ? En fait, personne ne peut réellement savoir. Ils sont juste là, et on les voit. On les observe, on attend de savoir qui de Rainer Akusei ou de Shô Weissdren mourra, tombera pour de bon. Weissdren attaque, comme fou, alors qu'Akusei... Quelle triste de vision du Mælström...

Tuer un faible, ou tuer un meurtrier ? Difficile de le dire. Pourtant le Poison Dragon Slayer ne semble pas hésiter. Akusei va y passer. Akusei devait y passer. Et pourtant...

Où est passé le poison ?
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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Mar 2 Juin 2015 - 12:07

NB:
 



feat. Shô Weissdren


Pair Perishment

Psycho Transcendence


“Tu adorerais que je ne bouge plus. Que ma poitrine ne se soulève plus.
Dommage.
Ma poitrine se soulève bien. Elle se soulève même beaucoup… Plus que jamais…
Bien trop pour te garantir une quelconque chance de survie.”








Tu mourais. Une ombre devant toi se profilait, occultant ta dernière vision : celle de la mer. Ladite ombre avait eu raison de toi, Rainer. De toi et de tes projets futurs. De toi et de tout futur. Tes paupières gluantes semblaient accrocher à l’ourlet de peau se situant entre elles et la ligne blanchâtre de tes sourcils. Produisant un bruit de succion que toi seul était capable d’entendre, elles ralentissaient le monde, convertissaient les événements en flashes abscons houspillant ton cerveau.
L’ombre se mut, fusa. Elle se rapprocha de ton corps, ignorant les éléments rugissants, spectateurs de cet affrontement. Elévation à travers le déluge, châtiment de démiurge ; une comète violette percuta ta tête. Le coup puissamment décoché, tu ne le sentis même pas passer. Tes systèmes étaient anéantis, ton faciès aussi. Fantôme de toi-même, receveur d’anathème, tu sentis la nébulosité d’amarante s’alourdir sous la pluie et faire fleurir sur ta peau des boursouflures brûlantes. Par réflexe, tu fis durer le flash suivant un peu plus longtemps. Raison était tienne puisque l’autre continua son déchaînement de haine. Un autre impact te priva, l’espace d’un instant, de tous tes sens. Aveugle, sourd, insensible, tu exécutas de ton crâne des mouvements de roulis aléatoires, échappant par deux fois à ces poings qui à ta vie étaient attentatoires.





Soudain, lorsque tu rouvris les yeux et pus accéder de nouveau au stade le plus primaire de compréhension des choses, tu te rendis compte qu’une pieuvre à cinq tentacules s’agrippait à ton visage déformé par des monticules. A nouveau, la brume brûlante fit son apparition.
Les instants qui suivirent furent les plus incompréhensibles et insupportables de ta vie de pantin abominable.
Une déflagration mi-tangible mi-volatile.
Une destruction stomacale,.
Une trombe cuisante.
Le sol. Encore.
Voilà ce qui se passa. Le visage si méconnaissable qu’il en semblait décomposé, agrémenté de sang, de brûlures, de cloques et de sueur et de saleté, tu avais subi un relâchement massif de poison ayant, semblait-il, réussi à éveiller des nerfs que tu pensais pourtant décédés. La face plongée dans ce qui s’apparentait à une cheminée conduisant tout droit aux Enfers, tu avais reçu les vapeurs fulminantes émanant de ces derniers aussi durement que si l’on t’avait frappé avec du fer. Ensuite, soulevé comme une enveloppe pâteuse et sans contenance, un tronc d’arbre avait tout bonnement percuté ton abdomen nu, vaporisant tes muscles abdominaux et te donnant l’impression d’avoir voulu te confronter à un taureau en pleine course. Enfin, à travers le tonnerre comme les éclairs et les cris de la mer, un hurlement vibratoire sembla faire éprouver des déboires aux éléments qu’il fit taire. De la gueule de l’ombre jaillit la mort drapée d’étoffe pourpre. Elle t’emporta littéralement, Maelström, par ce flux rappelant le rouge d’une certaine pomme dont on ne pouvait se sustenter. Malheureusement, malgré toi, tu fis bien plus que cela. Le flux andrinople se fraya un chemin dans ton corps, le noyant dans sa toxicité vicieuse et misanthrope.
Misanthrope ? Oui. Ainsi terrassé, toi, le Dragon des Mers, ne méritait même pas d’être élevé à ce rang. Ce dernier rang était à présent celui d’un vulgaire humain. Je t’aurais craché dessus si j’avais été là.

Dans une position grotesque, tes membres pliés comme si tu n’avais été qu’une ridicule feuille de papier froissée, tu fixais un point dans la vague, désirant mourir. Ta conscience elle-même avait eu honte et avait préféré se taire, laissant ton corps subir sans assister à cette tragédie. Tes yeux rouges voyaient flou. C’était à peine si tes paupières continuaient leur cycle d’ouverture et de fermeture. Ta bouche était entrouverte, respirant un air qui, manifestement, crissait dans ta gorge avant d’atteindre tes poumons et leur voix rauque. Ton corps était rouge, balafré de rouge. Les cloques qui le recouvraient étaient si impressionnantes qu’on aurait cru voir là une hypertrophie générale de muscles insoupçonnés. Ta peau ne suintait même plus de transpiration. Malgré la pluie, tu te sentais affreusement sec, étendu au beau milieu d’un désert recouvert de fragments violacés d’échec. La pluie, d’ailleurs, s’était convertie en chute interminable d’aiguilles sur tes chairs plus sensibles que si elles étaient à vif, produisant un petit bruit d’évaporation à ton contact agressif. Ta béquille était demeurée à ton emplacement précédent, mais tu n’y pensais pas. Tu ne pensais à rien, observant sans observer les nacelles d’une grande roue tanguer et grincer. Tanguer encore, grincer plus fort. Quand allaient-elles atteindre leur limite ?
Quand atteindrais-tu ta limite ?

Des sons, sûrement des paroles, traversèrent tes oreilles sans être décodés par ton cerveau changé en nécropole. Là-bas gisaient les tombes des idées comme des émotions. Du savoir comme de l’espoir. Aussi le flux sonore avait traversé une ville fantôme, minerai brut privé de métallurgistes pour être sublimé. Ainsi, vulgaire caillou à l’éclat familier sans pour autant en être reconnaissable, il avait chu au pied du tombeau de l’attention.
Grâce à sa vision périphérique, Rainer, tu pus apercevoir une salve de petits projectiles volatils te foncer dessus. Les voilà qui explosèrent sur ton corps, semblant s’y planter comme des épées chauffées à blanc. Quand allais-tu te décider à mourir ? T’avait-on maudit en t’offrant l’immortalité ? Voulait-on à ce point que tu souffres, que tu paies pour tes actes ? Odieux. Ordure. Opprobre. Des qualificatifs qui te seyaient à merveille, nul n’aurait pu contredire cela. A vrai dire, ton seul public, la justice, était même déçu que tu te sois résolu à mourir, que tu n’aies pu faire autrement qu’abandonner tout combat. C’était un sort bien trop facile, bien trop clément pour toi.
Tu n’étais qu’un cadavre en sursis. Un état qui durait un peu trop, d’ailleurs.
Pourquoi ?
Pourquoi survivais-tu sans même être capable de penser, sans même pouvoir éprouver une quelconque émotion, à moitié conscient de tes sensations ?
Y avait-il, là, au fond de ce magma ayant subi des assauts physiques et toxiques, quelque chose qui te faisait encore tenir ?

Si l’on y plongeait, l’on verrait les effets de chaque coup reçu, l’on y sentirait ce que tu avais senti, l’on y expérimenterait ce que tu avais expérimenté, le fluide s’épaississant à mesure que l’on s’enfoncerait dans le passé, à mesure que les données sensorielles se préciseraient et se multiplieraient. L’on étoufferait dans la haine passée, l’on glisserait sur le tremplin de l’ambition et l’on tourbillonnerait dans l’assurance… Et enfin, au plus profond de cela, au plus profond de ton âme déliquescente…
Peut-être…
Sûrement…
Alors…
Une faible lueur transcenderait toute la matière lourde sous laquelle elle ployait ! Faisant fi des barrières physiques, ignorant la défaite, humiliant l’humiliation elle-même ! Oui, oui ! La chose était palpable. Subtile, mais palpable.
Ta volonté de survie, ton instinct draconique, ton incapacité à mourir ! Tu avais inconsciemment choisir de ne pas aggraver ton état en agissant, cela t’aurait fatigué et aurait accéléré ta mort… Alors, comme l’araignée affamée, tu avais tissé ta dernière toile… Plus un fil qu’un véritable réseau, à vrai dire…
Mais si la moindre occasion venait à s’y engluer…



Ton bourreau émit encore des sons, accompagnant les éléments dans leur concert apocalyptique. La lueur destructrice des éclairs survint encore à de nombreuses reprises, comme pour manifester sa joie devant l’entreprise.
Une nouvelle fois, une attaque se préparait. Sûrement ton tourmenteur n’en pouvait-il plus de te voir en train d’agoniser dans la fadeur. Sûrement voulait-il en finir de toi comme il l’avait déjà fait avec ton ire. Après tout, sans cette dernière, rien ne pouvait te caractériser. Abomination, tu n’avais plus aucun intérêt. Prête-t-on attention à un requin édenté ? Non. Sans ses crocs, le mythe autour de lui s’effondre. Il n’est plus qu’un être laid incapable de subsister. Alors, sa vie est supprimée.
Deux vagues semblables au sang que tu aurais préféré verser déferlèrent en ta direction… Elles étaient, tout compte fait, assez petites. Mais c’était bien suffisant pour t’achever…
Un voile noir tomba langoureusement depuis le pourtour de ton champ de vision…
Soudain, le fil vibra.
Quand l’assaut de Shô fut sur toi, il te dissimula.
Pourtant, il ne t’impacta pas.

• • •

Je crève.
Tu penses que je crève, hein, Shô ?
Tu adorerais ça, avoue-le.
Tu m’as foutu dans le pire des postures qui m’ait jamais été données d’être.
T’es vraiment le pire de tous. J’ai même plus de respect pour Kalvoz que pour toi.
Tu m’as littéralement massacré, toi et ta magie vicieuse. A un tel point que je viens à peine de retrouver ma faculté à penser.
Grâce à qui ? A toi. Toi et toi seul. Tu seras le seul responsable de ta mort honteuse. La mort que tu aurais pu éviter si tu m’avais tout simplement étranglé.
Tu vas connaître le retournement de situation le plus horrible pour toi et le plus jouissif pour moi.
Je sais que j’en suis capable. Je ne peux pas rater cette occasion.
Tu adorerais que je ne bouge plus. Que ma poitrine ne se soulève plus.
Dommage.
Ma poitrine se soulève bien. Elle se soulève même beaucoup… Plus que jamais…
Bien trop pour te garantir une quelconque chance de survie.


• • •

Rainer baignait dans une flaque de poison, comme si son corps, éponge à ce fluide, en était saturé. Il baignait dans ce feu rougeâtre, baignait dans la mort. Les affres de l’agonie, cette dame acariâtre, il ne les connut pas, s’offrant un certain confort. Confort de ne pas craindre. Confort du vide.
Il vit sans voir la fin venir, avilissant son avenir.
Les deux vagues vicieuses voulaient le dévorer… Elles se ruèrent à sa rencontre !
Et au dernier moment… Ce moment éternel, cette seconde infinie d’où débordent mille futurs possibles… Ce graal doré d’où coule le liquide languissant du temps, formant diverses arabesques sur le métal brillant…
Maelström sourit. L’araignée bondit.
Un inaudible et faible bruit de succion siffla mélodieusement dans l’air, symbole de renouveau encore faible. L’embryon de la renaissance !    
L’instant d’après, le Yokugeki de Shô se déforma, se tordit de douleur, se recroquevilla sur lui-même. Un vortex se forma petit à petit, attirant liquide et gaz, pluie et magie, eau et poison.
Akusei souffrit plus qu’il n’avait jamais souffert, faisant passer les attaques de Shô pour de petits coups gentillets. Mais rien à ce moment, rien n’aurait pu déformer l’immense sourire qui défigurait littéralement Rainer. Le quartier de viande sur son lit de sauce au vin reprenait vie, se laissait tenter par l’ivresse que pouvait lui prodiguer ce coulis.
On  l’avait forcé à engloutir une pomme rouge, précédemment. Une pomme, un fruit démoniaque à la robe de déchéance aussi belle que mortelle. Le péché originel.
Désormais, Rainer l’engloutissait. Il absorbait la substance ayant conduit Adam à sa décadence. Et il irait plus bas, bien plus bas que lui…
Au fin fond des Enfers.
Ce soir-là, il allait les invoquer autour de Shô.

Le poison, lave en fusion déversée dans les veines de Rainer déclencha une explosion de haine. Galvanisé, ranimé, l’homme-dragon sentit tous ses muscles prêts à le soutenir. La magie de son frère se frayait un chemin à travers tout son corps. Si l’on suivait son passage en se mettant à l’échelle de sa peau, l’on pouvait voir une terre de neige meurtrie virer à l’aubergine, teinte de quelque paysage extraterrestre. De là, le sol s’ouvrait, se craquelait, faisant jaillir des collines d’un bleu intense. L’eau qui se servait du corps de Rainer comme d’un vecteur de son incroyable puissance semblait ne plus pouvoir être contenue, semblait parcourir son hôte à la vitesse d’un taureau enragé, circuit électrique devenu fou. Ce même phénomène changea les Rubis du Mal en Saphirs de l’Abysse, un geyser interne les emplissant d’un seul coup.
Une vie nouvelle animait Rainer. Un nouveau stade venait d’être atteint.
Ses blessures s’étaient évanouies. Rien ne subsistait de ce que Shô avait fait.

Lentement, comme porté par une force invisible, Akusei se releva, tournant le dos à son ennemi. Aussitôt, sans même qu’il ne le veuille, un tourbillon dont il était le centre se forma. Son corps cracha vapeurs de mort, vite emportées par des flots tumultueux, déstructurés, suspendus dans l’air. Résultant du mélange des deux éléments, une sorte de fluide macabre se forma, messager d’un océan de cauchemar. Autour du Sea Dragon Slayer, des tâches violacées de corruption marquèrent le sol.
Maelström s’était changé en un virus. Et sa propagation débutait.
Avec la même pesanteur dans ses mouvements, il se décortiqua du regard, faisant jouer ses articulations afin d’avoir pleinement conscience de son état. Son sourire affreux, ridicule tant il était grand, réussit l’exploit de s’élargir, mettant l’intégralité de ses tissus faciaux à l’épreuve.
Une nouvelle forme de rage l’habitait. Une ire transfigurée, sublimée. La belle ire. La haine pure, jouissive. Désormais immunisé à toutes les formes de toxines, Rainer ne subissait plus la corruption intérieure due à cette émotion… Non… Magnifique, ce ressentiment lui offrait sur un plateau force et allégresse. Le moteur tournait à plein régime, débordant de hardiesse dès l’amorce de ses échauffements. Sa teinte rougeoyante et son horrible ronronnement témoignaient de cela.
Accompagné des bruits d’entrechoquements produits par l’eau rugissant autour de lui, Rainer tourna sa tête, exposant à Shô un aperçu de ce à quoi ses actions l’avaient conduit :



- Regarde-moi. C’est magnifique, non ?
demanda-t-il avec une voix doucereuse qui contrastait avec son expression.

Voilà comme il se sentait. Magnifique. Monstrueusement magnifique. Un soupçon de reconnaissance ironique naquit, dirigé vers la personne félonne qui, il y a quelques instants, s’apprêtait à lui faire subir quelque offense peu sympathique.
Dans un état second, un état profond de contemplation, Akusei se prit à observer l’orage et la nuit, le décor et les outrages de la pluie. Primrose Resort chantait, de sa voix fausse portée par un vent macabre, un requiem au Poison Dragon Slayer. Le fils d’Abyssia en était sûr, aussi sûr du fait qu’il avait échappé à la mort. Les pauvres doigts de cette vile Faucheuse n’avaient pu qu’effleurer Rainer avant d’être mis en émoi par sa renaissance fabuleuse.
La mer tempêtait, ses sourires s’étaient agrandis. De moqueurs, ils étaient passés à complices. Surmontées par ces symboles macabres, les vagues frappaient avec une force inouïe la corniche, projetant des gerbes d’eau au sein du parc d’attraction.
Désormais, Rainer ne voyait plus aucune utilité à la rejoindre. L’énergie qu’il sentait parcourir ardemment ses veines paraissait infinie !
Grisé par ce fait, élevé à une échelle cosmique, il finit par se positionner comme précédemment.


- C’est toi qui m’a créé, fit-il en passant lentement une main sur son visage tourné de trois-quarts. Laisse-moi t’en remercier comme il se doit…

Le Hurlement du Dragon, une attaque classique déjà par deux fois lancée en une seule soirée.
Il était symbolique de transcender les deux autres par une troisième itération.
Shô ne serait sûrement pas affecté par le poison contenu dans l’eau… Mais il ne pourrait pas le manger pour autant. En somme, ce sort reviendrait à sa version classique… Lancée à pleine puissance.
Rainer passa sa langue sur ses lèvres. Que le spectacle commence !


- Dokumiryuu no...

Les veines bleutées parcourant son corps se mirent à luire, se changèrent en véritables artères aquatiques. La puissance affluait vers la bouche, la gorge et les poumons de Rainer, lui donnant un air de machine futuriste. Un éclat glacial, de ces tons électriques aussi tranchants qu’intenses, émana de son corps.
Lorsqu’il eut fini de prendre son inspiration, le temps s’arrêta l’espace d’une seconde, provoquant un effet d’autre monde… Ou plutôt d’outre monde. Une sorte de coeur bouillonnant pouvait être aperçu au fond de la gorge d’Akusei.
Soudain, il se déchaîna.


- Hooookôôôôôôôôô !

Ce n’est pas une vulgaire colonne qu’il cracha… Ni un trivial torrent… Non… Ce sort à la puissance colossale aurait plutôt pu s’apparenter à cône ridiculement grand dont le sommet aurait touché la bouche carnassière de l’homme-dragon. Le son que l’arcane produisit fut si lourd qu’on ne l’entendit pas. Non. On le ressentit comme l’on ressent la mort arriver, comme l’on ressent les vibrations morbides d’un fracas horrible.
Violine et maculée de variations plus claires ou foncées, la calamité libérée avança instantanément sur sa cible, l’engloutissant littéralement de toute sa largeur. De ce fait, Rainer ne put même pas voir si, oui ou non, elle avait été touchée.
Cela dit, avait-il lieu de s’en inquiéter ? Cette fois-ci, peut-être moins que pour les autres... D’au moins cinq mètres d’un rayon grandissant, ce Hokô, s’il ne détruisait pas Shô, aurait raison de tout ce qui se trouvait sur son passage… Il détruisit en un éclair la ridicule barrière séparant Akane de la mer et sembla aller se perdre dans les cieux, tel le rayon de quelque puissant phare démoniaque.
Ceci fait, le déchaînement s’arrêta.

Tout à coup, un choc impromptu impacta l’impétueux impie. Il tituba, sentant ses jambes sveltes sur le point de se briser. Ses yeux et sa peau reprirent leur couleur normale, les sortes de veines le couvrant se résorbèrent. Un malaise le frappa duremement, sa tête tourna dangereusement. A nouveau, un voile noir commença à tomber sur son champ de vision.
L’ascension avait été magistrale, la chute d’une sévérité sans nom.
Il fallait se rendre à l’évidence, l’état du Dragon des Mers ne lui permettait pas de combattre. Certes, les effets du poison avaient disparu… Mais l’infection laissait une marque dont il était bien moins simple de se débarrasser : une extrême fatigue. Exténué, Rainer allait finir par tomber. Qu’il ait vaincu Shô ou non, l’Armée Runique viendrait le chercher.
De son regard rougeoyant et irrité, il balaya le décor sans réellement l’observer.


- Tch.

La mer se situait à une trentaine de mètres, sûrement. Une seule impulsion suffirait s’il était assez puissante. Mais ce serait là sa seule chance.  Haletant, il rassembla toute l’énergie qui lui restait au niveau de ses pieds. Deux jets d’eau en sortirent, le propulsant vers l’océan où il sombra.
Ce soir-là, Rainer Akusei avait gagné bien des courses contre la montre.
Et bien d’autres choses...


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MessageSujet: Re: Pair Perishment [PV : Shô] Jeu 25 Juin 2015 - 19:34

Quand mes tornades de poison se déchaînèrent sur mon adversaire, je crus que la violence de l’impact fut suffisante à en finir une bonne fois pour toutes. Dans son état aussi bien magique que physique, Akusei ne pouvait pas encaisser, il ne devait pas encaisser. Ma patience avait atteint sa limite, et désormais seul le corps mort de ce type pouvait me soulager un minimum de la douleur dévorante que la vie me provoquait. J’avais une responsabilité sur le dos, celle que je m’étais moi-même mise. Réduire un homme amoindri en bouilli, n’était pas glorieux, mais il était un salopard avant d’être un homme blessé.

Je détestais tuer et je ne le répétais jamais assez. Il m’arrivait même d’essayer de me convaincre moi-même, surtout dans ce genre de situation. Je ne voulais pas échouer, je ne voulais pas perdre et encore moins le laisser s’en tirer pour qu’il fasse encore plus de dégâts. Alors, quand mon attaque atteignit sa cible, je pensais que ma victoire était proche, si ce n’était pas déjà acquise.

Pourtant, ce n’était pas le cas, loin de là même.

Mes bras tombaient le long de mon corps, comme des masses mortes, abattues par la fatigue et les émotions. Mon dos penché vers l’arrière, le visage orienté vers le ciel orageux. Les gouttes d’eau tombaient sur moi comme pour essayer de m’attaquer. Mes vêtements collaient à ma peau. Ils étaient si trempés qu’ils me faisaient me sentir mal-à-l’aise. Mes cheveux tombaient et collaient à ma peau… En même temps, un sourire presque inhumain se dessinait sur mon visage. Sadique, dépressif, nerveux, ce sourire représentait tant de sentiments en même temps que je ne pouvais pas tous les identifier. Pourquoi une telle expression ? La réponse venait de la conséquence de mon attaque.

Le poison se tordait, comme s’il était animé d’une volonté propre avant de s’enrouler sur sa propre masse. Il si mis à tourner comme un maelström, un maelström qui annonçait une chose, ma fin.

Mon poison, mon arme, mon élément, mon meilleur ennemi et mon pire ami… Celui qui attestait de l’amour que me portait mon père, il se retournait contre moi. Il acceptait l’invitation de Rainer à lui rendre sa force et sa violence. Je ne pensais pas cela possible, manger l’élément d’un autre Dragon Slayer, mais sur l’instant, mon instinct primait sur mon sens de l’observation, ce que je voyais était vrai et très dangereux, je devais fuir. Je n’avais même plus besoin d’attaquer, je savais ma manœuvre inutile. Fuir ? Non, je préférais mourir la tête haute que la queue entre les jambes. Alors je restais dans la même position passant d’un être actif à un être passif.

Devant un tel spectacle, j’avais l’impression d’avoir reçu une leçon de la même nature que j’avais osé défier. Pourtant, mon esprit pensait que ce n’était pas fini, que je devais poursuivre, continuer et persévérer, tenter ma chance et m’imposer une nouvelle fois ! Mon visage orienté vers l’orage toujours plus intense, descendit vers mon rival. Bientôt mes yeux virent le peu de substances toxiques restantes, englouties dans un océan de douleur abominable et de souffrance insoutenable aussi bien pour lui physiquement, que pour moi mentalement.

Le sourire du vaincu et celui de l’élu. Tous deux s’affrontaient sans pour autant se faire face.

La mutation du Dragon des Mers avait débuté et elle fut vite achevée. Sa peau devint sombre, aubergine, des lignes semblables à des fissures se dessinaient sur son corps. Crevasses épidermiques de la couleur du ciel, fissurant le corps impie d’un être indigne du paradis. Mais mon véritable choc, fut quand ce monstre tourna sa tête, lentement, me permettant de voir ses yeux désormais changés dans leur structure pour n’être composés que d’une couleur unique, bleue.


- Regarde-moi. C’est magnifique, non ? demanda-t-il avec une voix doucereuse qui contrastait avec son expression.

Un silence fut ma seule réponse, tandis que mon sourire restait égal à son ancienne forme. Je en temps normal, je pensais beaucoup, réfléchissais trop, mais en ce moment, je ne pouvais pas y parvenir, je ne pouvais plus. Mon sourire persistait à rester sur mon visage, accompagné d’un regard se faisant presque provocateur. Ce que je devais faire, c’était me battre. Je ne pouvais pas user de mon cerveau, mais étrangement, ma jambe droite avança pour faire un pas, puis un second avec la gauche, avant de m’arrêter. Je m’étais approché, mais jamais cette action fut demandée par mon conscient ma propre volonté. Etais-je manipulé par une force mystique ou juste par mon instinct ? Peut-être que mon refus de fuir lui avait fait comprendre que je devais alors me battre.

A force de dire que je devais combattre, mon être tout entier, malgré sa fatigue, acceptait mon choix et essayait de m’y aider. Pourquoi alors que ma défaite était inéluctable ? La réponse m’échappait totalement, elle me fuyait, tout comme mes autres idées, mes autres pensées. L’instinct du prédateur peut-être.

J’entendais l’orage forcer sa puissance, la mer déchaîner sa fureur et la pluie inonder les terres qu’elle voulait reprendre aux humains. Les éléments avaient choisi leur champion et comme une foule en délire, ils l’acclamaient. Quant à l’adversaire, il n’avait plus qu’à mourir.

Un silence bruyant et dans une douce mélodie de colère naturelle. Le temps était venu de clore le sujet…


- C’est toi qui m’a créé, fit-il en passant lentement une main sur son visage tourné de trois-quarts. Laisse-moi t’en remercier comme il se doit…

Toujours aussi silencieux, mon esprit me revint enfin. Je pouvais de nouveau réfléchir, mais étrangement, je ne le souhaitais pas. Je n’en avais aucunement besoin, car je ne pouvais accomplir qu’une chose. Avais-je besoin de le redire ? Je n’acceptais pas de mourir sans me battre. Défaite, victoire, l’issue était déjà faite,  le fond était déjà écrit, mais la forme pouvait encore être modifiée.

Livre du monde, ouvrage de la vie, mon existence pouvait s’achever, mais jamais elle n’allait être totalement effacée. Dans Akusei résidait une partie de moi et chacune de ses défaites allaient être pour moi une victoire due à ma présence, chacune de ses victoires allaient être une usurpation de ma force. Tu pouvais peut-être rayer ma présence de la carte, Akusei, mais jamais le pouvoir qui coulait désormais dans tes veines. Le poison était une arme que l’on ne pouvait pas voir que du bon côté, aussi bien pour soi, que pour les autres.


- Dokumiryuu no...

Ces mots me sortirent définitivement de ma torpeur et instinctivement mon torse se gonfla à son tour. Tout comme le Dragon de la Mer de Poison gonflait son torse, le mien en fit de même. Toute mon énergie, toute ma force, toute ma volonté cachée et impalpable que mon corps réservait commençait à se développer, à ressortir, se révéler. Bientôt, tout le poison que je pouvais encore créer fut prêt à être lancé dans l’ultime, le final et le dernier des souffles. Coulant jusque dans mes joues, gonflants ces dernières de manière presque grostesque, le poison était prêt pour le tour d’honneur.

« Samurai dont la défaite est inéluctable, brandis ton sabre émoussé, prépare ton être au dernier mouvement, du dernier duel. Finis avec honneur ce que tu as commencé et rejoins tes aînés, l’âme en paix. »


- Hooookôôôôôôôôô !

Sans un mot, sans une articulation humainement audible, mon sourire disparut et un torrent de poison fut lancé. Le dernier « Rugissement du Dragon de Poison » venait de se faire entendre dans un grondement digne d’un dragon, mais personne ne put l’ouïr.

Le torrent d’eau empoisonnée que le nouveau Dragon venait de lancer était si développé que le mien fut écrasé et balayé. Le bruit de son attaque était si puissant qu’il était pratiquement impossible de discerner son sa fréquence ou tout autre son quel qu’il fut. Même mon rugissement, autrefois si clair et si puissant était éclipsé par une telle rumeur. Il ne put que se mêler à l’attaque ennemie.

Le jet, le torrent, le canon à eau empoisonnée déversait une telle quantité de liquide néfaste, que l’on ne pouvait quasiment pas discerner les limites de l’attaque. Et c’est dans cette défaite anoblie par mes pensées vengeresses indirectes, que je pus stopper mon jet de poison inutile et m’envoler.

Je volais, emporté par ce puissance souffle, mes traits disparaissant dans une lumière peu réconfortante. Je fermai les yeux. Mon sourire étrange réapparu comme une relique, ou plus exactement, un stigmate de ce qui fut, est et sera toujours, un empoisonneur de mal.

Le flot immense et dévorant exerçait une pression immense sur l’ensemble de mon corps. Le poison contenu dans ce déferlement de puissance ne pouvait pas m’aider, mais en même temps, il semblait neutre, refusant de m’attaquer. Tels des traîtres regrettant leurs actes, les effluves toxiques me regardaient par leurs yeux nouvellement violets. Je ne pouvais plus respirer à cause de l’eau, je ne pouvais pas mourir à cause de mon subconscient récalcitrant à l’idée de périr. Je ne pouvais plus vivre, mais j’étais incapable de mourir. Le compromis semblait impossible, mais une issue fut trouvée par mon organisme, le coma.

« Samurai, ta dernière attaque a été suffisante. Ton épée est tombée, ton corps mortellement blessé s’est effondré, mais ton esprit libéré de sa prison du quotidien peut désormais s’élever vers le Ciel. »

Lorsque le torrent s’arrêta, je n’étais plus qu’un tas de viande inerte, dans un sommeil profond, les vêtements déchirés et le corps en miettes. Les os brisés, l’esprit en veille, je n’étais plus qu’un ex-Dragon Slayer, si bien entendu ce titre fut un jour mérité par ma personne.

Cette bataille s’acheva ainsi. L’attaque s’arrêta, mon corps tomba telle une poupée jetée du haut d’une fenêtre. Pauvre poupée prédestiné à heurter le sol. Quand le choc entre la croute terrestre et ma masse corporelle fut inéluctable, rien ne se produisit. Je devais avoir touché la terre depuis bien longtemps et malgré cela, malgré mon coma, je bougeais, j’étais secoué, comme si l’on me déplaçait.

En effet, la bataille contre Akusei s’était achevée, mais mon ultime combat n’était pas encore livré. Le dernier chapitre de mon  histoire débutait là où tous pensaient ma fin venue. Le chapitre où ma vie s’achevait et une autre commençait.


Spoiler:
 
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Pair Perishment [PV : Shô]

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