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Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO]

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MessageSujet: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:10



Chapitre VIII - Amos Neuri
"Tel une flèche d'argent, perçant la montagne de glace"
Précédemment - Chapitre VII - La Chimère



Les jours s’étaient écoulés, et Nylam et ses amis s’étaient arrêtés dans une auberge à mi-chemin entre Mesa D’Ermis et non loin des montagnes des Flèches d’Argent.
 
Le rude hiver, qui s'était abattu sur l'ensemble de Fiore, s'était emparé de toute chaleur dans les terres montagneuses. Les voyageurs qui revenaient péniblement du sud racontaient déjà que certains tronçons des fleuves avaient été aperçus gelés... Inutile donc de préciser que le long des côtes de l’Est, les températures avaient chuté dramatiquement. Les rares personnes qui s'étaient installées là souffraient durement de la pénurie de nourriture, et beaucoup des villages renfermés avaient fui vers le sud, dans l'espoir de trouver quelque assistance. Certains étaient restés, toutefois, et entretenaient la vie dans des villes plus développés. Ils survivaient comme ils le pouvaient, puisant parcimonieusement dans les réserves de nourriture qui allaient s'amenuisant, achetant ce qu'ils pouvaient aux peuples des terres glacées des contrées montagneuses. La situation était difficile, et l'auberge appelée sobrement "Chez Mary" représentait peut-être le seul espoir d'une bonne partie des habitants de la région, et des voyageurs perdus dans ces régions désertes.

Mary était une femme d'une cinquantaine d'années, qui travaillait dur dans sa petite auberge. Elle avait un caractère bien trempé, et elle était connue et respectée dans les environs immédiats. Mais elle était devenue bien plus importante depuis que le rude hiver s'était installé dans la région. Elle avait en effet accueilli progressivement tous les gens habitant les environs qui avaient refusé de quitter la région. Au départ, les chambres avaient été suffisantes, et elle avait été heureuse de voir autant de clients, même s'ils étaient amenés à elle par la famine et le désespoir. Mais bientôt, son établissement devint le seul encore viable, et tout le monde vint s'y rassembler. L'auberge devint une sorte de refuge, un ilot au milieu des glaces et des tempêtes de neige, où on pouvait trouver un bon feu de bois, et avec de la chance un repas chaud. Les habitants des villages voisins étaient environ une soixantaine dans l'auberge, et Mary n'avait pas tardé à les mettre à contribution.

Elle avait créé une forme de solidarité touchante dans l'adversité, et les hommes avaient dégarni leurs propres maisons, pour mettre en commun ce dont l'auberge pouvait avoir besoin. Les tas de bois avaient été rapatriés à dos d'âne, pour alimenter la grande cheminée. Chacun avait amené ses réserves de nourriture, et Mary avait été intraitable : ceux qui ne partageraient pas équitablement n'avaient rien à faire chez elle. Forte de son caractère, elle avait envoyé des hommes négociés avec les Consanta des montagnes Flèches d’ Argent, et elle avait reçu un peu de nourriture de leur part, en échange d'autres biens. Chacun avait dû se serrer la ceinture, et beaucoup de paysans avaient dû s'improviser chasseurs pour essayer de faire survivre la petite communauté, dans cet espace trop étroit. Les voyageurs n'étaient pas rares : des gens qui cherchaient à gagner de plus grandes villes, comme Magnolia, et qui pensaient trouver des navires le long du fleuve. Ils ne restaient en général pas très longtemps, et ils continuaient leur chemin à pied. Mary n'était pas certaine que tous allaient survivre à leur périple, mais il était évident que toute bouche supplémentaire à nourrir était un poids pour les siens.

Et pourtant, sa porte ne restait jamais close, et elle avait bon cœur. Elle accueillait tous les voyageurs, quelle que fût leur origine, quelle que fût leur race, tant qu'ils acceptaient de se plier aux règles de partage de la communauté. Mais certains, bien entendu, refusaient ces règles, notamment les bandes en maraude des montagnes. Certaines batailles contre les brigands avaient fait rage depuis longtemps déjà, mais des mercenaires déserteurs, des serviteurs de mal inconnu vaincus et désirant échapper à la mort avaient fait de cette région un lieu où il ne faisait pas bon se promener sans armes. Ils avaient rançonné les paysans, au départ, espérant gagner de l'argent facilement, survivant grâce aux récoltes qu'ils pillaient. Mais finalement, l'hiver n'était pas passé, et les terres n'avaient plus donné de blé, les arbres plus de fruits. Il leur avait donc fallu se rabattre sur Mary, qui les avait chassés bien vite. En effet, avec l'or qu'ils avaient pillé, ils entendaient s'offrir une part qui dépassait de loin celle allouée à chaque réfugié. Devant la réaction de Mary, ils avaient préféré battre en retraite, mais ils avaient juré de se venger. Une promesse qu'ils devaient tenir un jour.

Mais pour l'heure, dans la petite auberge, il régnait une ambiance détendue malgré les difficultés. Des couchettes étaient installées dans la grande salle, les chambres abritaient les familles avec des enfants, et tout le monde s'affairait à préparer le repas. Il y avait tout le monde qui participait aux tâches avec tout le monde. Une grande dame n'était pas là depuis bien longtemps, et était vraisemblablement en voyage. Elle était arrivée juste après un homme qui ressemblait à un membre du Conseil, bien qu'il ne portât aucun blason pour montrer son appartenance. Et puis il y avait ce jeune homme étrange, également, que personne n'osait vraiment approcher. Il n'avait pas l'air méchant, pourtant. Ces trois-là étaient les derniers à avoir rejoint l'auberge, et Mary les avait à l'œil. Elle ne faisait plus confiance sans réserve aux nouveaux arrivants, même si elle appréciait de les voir aider la communauté de leur mieux. Nylam, Eclari et Alice étaient arrivés avant eux, et participaient aux tâches quotidiennement depuis leur arrivé. Nylam et Eclari partaient à la chasse avec d’autres personnes, la jeune esprit souhaitait rester avec le jeune garçon afin de lui enseigner davantage les secrets de sa magie, quant à Alice, elle s’occupait des cuisines avec Mary, qui s’était attaché à cette polie petite jeune blonde.

 
Ce soir-là, il était encore à chasser avec quelques hommes, et Alice était restée, s’occupant du repas du soir. Elle avait d’ailleurs apprise à très bien cuisiner depuis qu’ils étaient ici.

Le repas fut festif à défaut d'être copieux. On joua de la flûte, on chanta quelque peu, et puis on veilla devant le feu. Certains adressèrent des prières, en espérant que l'hiver prendrait fin rapidement. Des suppliques qui ne semblaient pas parvenir aux oreilles des dieux, pour l'instant. Et puis, alors que tout semblait annoncer une fin de journée tranquille, les choses basculèrent brutalement. La porte qui menait à l'extérieur s'ouvrit à la volée, et une douzaine d'hommes pénétrèrent dans l'auberge en hurlant. Une femme se mit à crier à son tour, de terreur cette fois, et un vent de panique se répandit au milieu de ces simples gens, confrontés à ce qui était bel et bien une attaque de bandits. Les hommes, dépenaillés et qui semblaient manquer cruellement d'expérience, n'en était pas moins déterminés et dangereux. Ils avaient encoché des flèches, et l'un d'eux tenait même une arbalète. Ils balayaient la foule du regard, à la recherche du moindre geste suspect. Si un seul s'avisait de tenter quoi que ce fût, les traits partiraient sans tarder. Et même si le responsable n'était pas tué, il faudrait compter douze morts parmi des innocents : de simples fermiers, leurs femmes et leurs enfants.

- On se calme ! Tonna un homme qui paraissait être le chef de ces brigands. On se calme, et on la ferme !

Le silence revint immédiatement. Un silence pesant, angoissé :

- Je vais vous expliquer comment ça va se passer : deux de mes hommes vont aller récupérer vos vivres, et vous allez les laisser faire, c'est clair ? Si vous résistez, vous savez ce qui vous attend...

Il n'y avait pas le choix. Même si les villageois étaient moins nombreux, la perspective de voir des enfants être assassinés était pire encore. Il valait mieux baisser la tête et se montrer patient. Pendant ce temps, deux des bandits vidaient le garde-manger de Mary, qui regardait la scène avec, au fond du regard, une sourde colère. Elle les vit faire des allers-retours, tandis qu'ils chargeaient leurs chevaux, et au bout d'un moment, elle ne pût en supporter davantage.

- Allez-vous vraiment nous condamner à la mort ? Allez-vous vraiment nous laisser là, affamés, simplement pour votre bon plaisir ? Ne vous rendez-vous pas compte que nous en avons besoin, de ces vivres ?

Elle s'était levée, et s'était approché du chef. Ce dernier avait intimé du geste à ses hommes de continuer à surveiller la foule. Il répondit :

- Mais nous aussi, nous en avons besoin. Les temps sont durs, et nous n'avons pas le choix !

- Assassins !

Mary était une femme sanguine, et elle ne pouvait plus se contrôler. Elle tenta de frapper le brigand, mais il avait vu venir son geste. Il écarta son assaut, et lui empoigna fermement les cheveux, avant de glisser une lame sous sa gorge. Des hommes dans la foule se levèrent, mais les archers leur crièrent de se rasseoir. Alice avait hurlée le nom de Mary, des larmes coulant le long de ses yeux. Malheureusement, leurs armes les rendaient très persuasifs, et la vague d'indignation qui avait failli embraser la situation retomba comme un soufflé. Le chef lança alors à l'attention de Mary, aussi bien qu'à celle des hommes qui avaient voulu la défendre :

- Je vous conseille de ne pas me défier ! Je n'ai pas l'intention de tuer qui que ce soit, mais ne me poussez pas à bout !

Sa prisonnière, en réponse à ses propos, lui cracha au visage. Pendant un instant, il parut évident qu'il allait l'égorger pour l'exemple. Mais il retint son bras, au grand soulagement des réfugiés et de la petite Alice. Au lieu de quoi, il la tira avec lui vers l'extérieur. Sous leurs yeux, la femme était prise en otage, ainsi que leurs vivres. Les deux hommes avaient fini de vider leur garde-manger, et les voilà qui repartaient désormais.

- Ne bougez pas ! Criaient les bandits. Restez où vous êtes ! Ne tentez rien de stupide !

Et ils s'en allèrent, un par un, comme des ombres. Ils grimpèrent sur leurs montures, et filèrent droit vers les montagnes de Flèches d’Argent, là où devait se trouver leur campement, qui semblaient étrangement se trouvait dans le direction du village Briomhar. Malheureusement, ils avaient aussi emporté tous les chevaux qui se trouvaient là, également celui de Nylam. Probablement qu'ils entendaient les manger quand leurs réserves auraient été consommées. En attendant, ils laissaient l'auberge avec quelques rares provisions que Mary avait eu le bon sens de cacher, mais sans possibilité de survivre bien longtemps. Les enfants se mirent à pleurer, tandis que leurs mères essayaient de les réconforter. Les hommes, quant à eux, étaient au comble du désespoir : sans nourriture, sans chevaux, ils ne pouvaient plus rien espérer.

- Nous sommes perdus, crièrent certains. Nous sommes condamnés !

Un autre, un vieillard qui avait des larmes dans la voix, demanda :

- Et notre pauvre Mary qui est aux mains de ces ignobles monstres ! Elle qui seule s'est battue pour nous ! Qui osera aller lui porter secours ?

- Par ce froid ? Répondit un autre. Sans chevaux ? Nous ne sommes même pas des guerriers ! Tu voudrais que nous laissions nos femmes et nos enfants seuls, pendant que nous partons On ne sait où ? De toute façon, leurs traces auront bientôt disparu... C'est une quête vaine...

Un silence pesant s'abattit sur la salle, et la flamme dans l'âtre vacilla, comme l'espoir dans le cœur de ces hommes. Il leur fallait quelqu'un pour raviver la lumière, qui puisse leur redonner foi en l'avenir... Quelqu'un qui soit prêt à défier l’hiver pour eux...
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:13

Nylam était revenu de sa chasse, accompagné de quelques autres personnes. Il resta abasourdi par le visage sombre qui occupait l’ensemble des réfugiés. Soudain, Alice se jeta dans ses bras et pleura à chaudes larmes :
 
- Ils… Ils… Ils ont pris Mary !
 
Sa voix déchirée par la peine fit taire davantage les personnes autour d’eux et on sentait les larmes montés pour beaucoup de personnes. Il n’en fallut pas longtemps avant qu’on ne lui expliqua la situation et le jeune O’Byrn se haïssait de n’avoir pas été revenu plus tôt. Toutefois, grâce au ciel, lui et ses nouveaux compagnons de chasse avaient ramenés de nombreux vivre qui pourraient aidés les personnes qui se trouvaient ici.
 
Sentant l’urgence de la situation et voulant à tout prix venir en aide à Mary, il décida de partir. Malheureusement, il ne put empêcher Alice de l’accompagner, ainsi qu’Eclari. On lui criait qu’il avait perdu la raison, mais pour les rassurer, il dévoila un petit portail magique devant eux qui les firent taire aussi tôt.
 
- Je suis un mage, commença-t-il, mes amis et moi avons survécu à bien plus terrifiant qu’à une bande de brigands et un hiver rude. Comptez sur nous.
 
Ainsi, un, deux, trois, ils iront au bois.

Un, deux, trois, pas un de plus. Parmi les villageois rassemblés dans l'auberge, davantage terrorisés et abattus que choqués et révoltés, pas un n'avait trouvé le courage de se lever avec les voyageurs pour leur prêter main-forte. Les raisons invoquées étaient bonnes, et auraient dû dissuader les trois aventuriers de se lancer dans pareille folie. Premièrement, la nuit était bien avancée, et il était fou de vouloir s'enfoncer dans ces terres glacées, alors que les températures allaient continuer de chuter brutalement. Deuxièmement, espérer rattraper des cavaliers avec les couches de neige qui recouvraient les environs, c'était aussi fou que de vouloir défier un poisson à la nage. Ils avaient plus de chances de finir morts de froid que de rencontrer les brigands. Enfin, il paraissait insensé de vouloir se frotter à une douzaine de pillards, à un contre six. Même si les hommes qui avaient dérobé les vivres ne paraissaient pas être de professionnels, ils n'en demeuraient pas moins nombreux et dangereux. Les chances de succès étaient infimes, voire même inexistantes. Et pourtant, cela ne décourageait pas les trois compagnons d'infortune, rassemblés autour d'une même cause par un caprice du destin.

Ils allaient devoir compter les uns sur les autres plus que jamais. Car dans cet enfer immaculé, seule une cohésion parfaite les sauverait d'une mort certaine. Ils n'avaient aucun point commun, mais peut-être que cette aventure était ce qu'il leur fallait pour s'en découvrir. Toutefois, l'échec ne pouvait signifier que la mort, et s'il s'avérait en fin de compte que s'ils ne pouvaient pas travailler ensemble, ils allaient le payer de leur vie.

Les paysans s'étaient rassemblés autour d'eux, pour leur souhaiter bon courage. On leur donna des vêtements chauds pour la route, et on leur prépara un sac contenant des couvertures, de quoi espérer survivre à une nuit d'hiver. On ne put guère leur donner de vivres, et ils devraient se débrouiller pour chasser en route, ce qui risquait toutefois de leur faire perdre du temps. Quelques villageois essayèrent de leur expliquer comment se repérer dans les bois, mais il semblait qu'aucun n'avait de connaissances suffisantes pour leur garantir un retour à la civilisation. Ils risquaient fort de se perdre s'ils s'enfonçaient entre les arbres, sous le ciel nocturne, et de ne jamais revoir un visage familier ou amical. Il y eut des adieux pleins d'émotion retenue, des accolades à la fois encourageantes et profondément déstabilisantes. Les deux aventuriers furent salués comme des guerriers partant affronter une mort certaine, et devant lesquels on baissait humblement la tête, comme pour saluer le courage de ceux qui s'opposent en dépit du bon sens à l'injustice, à la violence et à la mort.

Ce fut ainsi que les trois compagnons se retrouvèrent seuls, à prendre la route qu'avaient empruntée les brigands. Les premières traces étaient simples à suivre, car les chevaux étaient nombreux et formaient un cortège qui déplaçait un bon paquet de neige. Les sabots avaient laissé un profond sillon, qui partait en ligne droite vers le nord, s'enfonçant entre les arbres. Ce fut ce chemin que les trois aventuriers suivirent. Très rapidement, le terrain se fit de plus en plus pentu, et le bon rythme qu'ils avaient acquis fut brisé. Les arbres furent leur meilleur secours, car en prenant appui sur eux, il était possible de gagner quelques mètres précieux, qui coûtaient cher en énergie. Même pour Nylam, ce ne fut pas une partie de plaisir. S’il savait progresser sur la neige sans s'y enfoncer, les bourrasques de vent terrible qui filaient entre les arbres, serpentant comme des reptiles à la recherche du moindre morceau de chair qu'elles pouvaient mordre, menaçaient de le faire tomber à chaque instant. Des flocons qui tombaient du ciel en tourbillonnant étaient pris dans les rafales, et leur fouettaient le visage, les empêchant de voir à plus de quelques mètres devant eux. Et pourtant, ils suivaient toujours la piste, qui semblait aller en s'amenuisant : ce qui signifiait qu'ils perdaient du terrain sur leurs cibles.

La nature semblait se dresser comme un obstacle face à eux. Parfois, la glace cédait sous leurs pieds, et ils s'enfonçaient dans des trous plus ou moins profonds. L'aide des d’un autre était alors nécessaire pour éviter qu'un des membres de leur trio ne disparût dans une crevasse. Parfois, c'étaient des arbres morts, étendus en travers de leur passage, qui leur bloquaient la route. Il fallait les escalader, ce qui signifiait s'extirper de plusieurs centimètres de neige, enjamber un obstacle qui alors paraissait immense, tout ça dans l'espoir de gagner de précieuses secondes sur les bandits. Dans ces conditions, l'espoir est difficile à entretenir, balloté qu'il est par le vent, menacé par le froid, et étouffé par la nuit. Pourtant, ils continuèrent.


Bientôt, ils arrivèrent au sommet de la petite colline qu'ils venaient de franchir. Il leur avait fallu plusieurs heures, alors qu'en temps normal, ce n'était l'affaire que d'une vingtaine de minutes. L'altitude les exposait encore plus aux vents violents qui se déchaînaient, qui hurlaient à leurs oreilles, et ils suivirent la piste de moins en moins évidente. Elle descendait sinueusement entre les troncs, et s'enfonçait dans les ténèbres de cette forêt interminable. Ils poursuivirent leur route, de plus en plus harassés, mais sans s'arrêter. Leur courage était admirable, et leur détermination aurait fait rougir de honte certains des plus grands héros de jadis. Pourtant, malgré tous leurs efforts, ils finirent par perdre la piste des chevaux. La neige tombait de plus en plus, et elle avait recouvert les traces qu'ils avaient suivi de plus en plus péniblement jusqu'à ne plus les voir. Ils essayèrent bien de retrouver un signe du passage des cavaliers, mais ce fut en vain, et ils essayèrent de conjecturer sur la direction à prendre. En vérité, ils se trompèrent de chemin. La fatigue, la lassitude, et peut-être la faim qui les tenaillait avaient émoussé leur lucidité, et ils étaient désormais bien incapables de retrouver leur route.

Ils étaient en plein milieu de la nuit, perdus, transis de froid, se demandant quelle était la marche à suivre. Peut-être commençaient-ils désormais à regretter d'avoir quitté le confort douillet de l'auberge Chez Mary ? Ils devaient se trouver bien bêtes maintenant qu'ils étaient piégés dans cet univers hostile, alors qu'ils auraient tout aussi bien pu fermer les yeux. C'était ce que tout le monde faisait dans cette région. Personne ne leur aurait tenu rigueur s'ils avaient refusé de courir après une illusion, s'ils avaient sagement pensé à leur propre intérêt avant de vouloir défendre leur prochain. Ainsi allait le monde, et ils l'apprenaient à leurs dépens. Le désespoir était un fléau encore plus terrible que la peur, car il rongeait de l'intérieur, et ne donnait aucune force pour se sortir de situations horribles. Il affaiblissait le corps et l'esprit, rendait chaque pas immensément difficile, chaque respiration profondément douloureuse. L'air froid et vif qui s'infiltrait dans leurs poumons semblait ne plus leur apporter d'oxygène, bien qu'ils ne fussent pas vraiment haut, et il paraissait les brûler de l'intérieur sans pour autant les réchauffer. C'était comme inspirer des morceaux de verre coupants comme des rasoirs, qui étaient pourtant nécessaires à leur survie, comme ne cessait de leur répéter la partie rationnelle de leur esprit. Partie rationnelle qui diminuait de plus en plus, au profit de leurs pensées propres.

Ces situation étaient propices à la réflexion, et l'esprit semblait libre de vagabonder librement, maintenant qu'ils étaient plus près de la mort qu'ils ne l'avaient, peut-être, jamais été. Leur subconscient se rendait compte que c'était le moment où jamais d'envahir le devant de la scène, et qu'il était l'heure de se laisser aller à divaguer, à délirer, à regretter...

Et puis ils la virent.

Ténue, d'abord. Vacillante. A demi cachée derrière les arbres. Une petite lumière qui paraissait ridicule au milieu de l'océan de noirceur qui se déversait autour. Dans ce monde bicolore, cette pointe orangée paraissait merveilleuse, et ils furent attirés par elle, par toutes ses promesses : la chaleur, une présence humaine, peut-être même un bon repas et une boisson chaude. Il y avait de bonnes chances pour que ce furent leurs ennemis, mais en étaient-ils conscients ? Et le cas échéant, s'en souciaient-ils réellement ? Ils retrouvèrent un nouvel élan, un nouveau souffle, et ils se ruèrent presque en avant, courant, trébuchant, comme si la petite étincelle d'espoir pouvait s'éteindre à tout moment, s'ils ne la saisissaient pas dans leurs mains glacées, aux doigts ankylosés. Cette lumière, c'était leur dernière chance, ou peut-être leur ultime combat. La seule façon de le savoir, c'était d'aller vérifier.

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MessageSujet: Re: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:14

Un joyeux feu de camp brûlait, et au-dessus était en train de cuire le corps d'un animal. Il s'agissait probablement d'un lapin qui avait eu le malheur de sortir de son terrier. Il avait été attrapé rapidement, et il terminait désormais en brochette. A côté de l'âtre, une silhouette solitaire se réchauffait les mains. Une cape de peau était posée sur ses épaules, et lui donnait un aspect massif, trapu. Sur le sol, non loin, reposait une lance de guerre d'une taille respectable. Elle ne ressemblait à rien de ce qu'on fabriquait dans Fiore, et il s'avérait en réalité que cette arme avait été fabriquée par une tribu perdue, dite légendaire. L'individu qui se trouvait là, parfaitement silencieux, ne put manquer d'entendre le vacarme que produisait la progression de deux individus désespérés et éreintés. Une main gantée se referma bien vite sur le manche de sa lance qui semblait avoir vu couler le sang à plusieurs reprises, et la cape retomba sur le sol neigeux au moment où les aventuriers déboulaient dans le minuscule campement.

- Qui êtes-vous ? Grogna son occupant légitime. Et que voulez-vous ? Répondez !

Il était seul, mais il était mieux reposée et mieux réchauffée. Le provoquer n'était certainement pas une bonne idée. Il allait leur falloir négocier à la place, et utiliser des arguments convaincants, s'ils ne voulaient pas être chassés. Néanmoins, dans toute cette frayeur qui les entourait, Nylam était en totale admiration vers ce guerrier impressionnant. Plus que sa tenue, c’était ses cheveux d’un blanc parfait et ses yeux violets qui lui donnait un air mystique. Il avait l’air d’avoir son âge et pourtant, il semblait avoir vécu tellement plus que lui.

 
Le silence qui les occupait fut impressionnant, mais l’esprit de leur interlocuteur semblait travaillé plus qu’il ne devait. Ce fut alors que soudainement, son aura calme, presque indistinct changea, pour prendre une forme violente et agressive. Le jeune O’Byrn réagit un peu tard et bouscula Alice pour l’éloigne du combat qui s’approchait. Le guerrier asséna un coup de lance sur le flanc du jeune mage, alors que le sang se mit à perler sur la neige froide.
 
Cet homme les voyait… comme des ennemis.
 
Nylam inspira profondément. La blessure n'était pas trop grave, mais elle avait tout de même piqué son orgueil. Il n'était pas vaniteux pourtant, mais il ne pouvait tolérer d’être humilié ainsi. Il ne pouvait pas admettre de perdre dans un combat équitable. Le jeune mage raffermit sa prise sur sa dague, et se lança à l'assaut encore plus déterminé, abattant son arme avec force, maîtrise et précision. Son adversaire et lui s'opposaient sur bien des points : ils servaient certainement des causes différentes, et devaient avoir une conception radicalement opposée de l'existence. Il n'était sans doute rien de plus qu'un mercenaire, un tueur au sang-froid, habitué à tuer sans trop s’interroger.

Toutefois, en dépit de leurs différences, beaucoup de choses les rapprochaient. Ils étaient tous les deux des combattants, et cela se voyait dans leur attitude, dans leur manière de se regarder, de s'analyser. Ils faisaient preuve d'une grande méfiance l'un envers l'autre, et s'ils se battaient avec rage, elle demeurait contenue. S'ils se battaient avec passion, elle demeurait contrôlée. S'ils se battaient avec ardeur, elle demeurait canalisée. Ils ne déchaînaient pas leur furie toute entière, car ils savaient que celui qui se trouvait en face d'eux était un adversaire formidable, redoutable, et que la moindre erreur risquait de leur être fatale. Leur duel était âpre, disputé et indécis. Les coups pleuvaient, chacun répondant à l'autre avec la même intensité, sans céder un pouce de terrain. Chaque pas en arrière impliquait un pas en avant, et ils se retrouvèrent souvent collés l'un à l'autre, séparés à peine par deux lames entrecroisées sur lesquelles ils faisaient pression. Nylam savait qu'il n'avait pas le temps de traîner, mais son opposant était si fort qu'il ne pouvait pas en venir à bout en quelques passes. Il devait réfléchir, et surtout ne pas se laisser gagner par l'impatience, ce que son adversaire paraissait attendre. Essayant une frappe d'estoc, son coup fut bloqué, et d'un habile mouvement du poignet le guerrier aux cheveux blancs riposta, forçant le jeune O’Byrn à reculer pour éviter de voir sa gorge être ouverte. Son pied trébucha sur une pierre dissimulée par la neige. En glissant, le jeune mage revint un bref instant à la réalité, et son esprit fut envahi par son potentiel.


Replongeant dans son duel au même moment où il plongeait sur le côté pour éviter la lame de son adversaire, Nylam roula sur lui-même. Pour la première fois depuis le début de ce duel, il fut heureux de ne pas être trop encombré, sans quoi il aurait été purement et simplement coincé au sol. Au lieu de quoi, il esquiva une lame qui vint se planter lourdement dans la neige, et riposta d'un violent coup de talon dans le genou de son adversaire. Celui-ci s'écroula sur le sol en grognant, sans malheureusement lâcher sa lance. A terre, les deux combattants continuèrent la lutte. Ils devaient redoubler d'efforts pour éviter les arbres et le risque de  chute autour d’eux, et qui n'étaient en définitive que des images fugaces qui passaient devant leurs yeux, des couleurs et des sons qui se déplaçaient sans aucune cohérence, sans qu'il le fût possible d'identifier quoique ce soit. Ils étaient focalisés l'un sur l'autre, et sur rien d'autre. Le guerrier sauvage tenta de se relever, mais ses lourds vêtements, alourdit par la neige, l'empêchait de manœuvrer comme il l'entendait, si bien que Nylam eut le temps de se jeter sur lui et de le percuter de tout son poids. Ils roulèrent l'un sur l'autre, renversant au passage Alice, et continuèrent à s'agripper. Dans la mêlée, ils perdirent leurs armes respectives, et se retrouvèrent contraints de combattre à mains nues. Malheureusement pour Nylam, il se retrouva en-dessous de son opposant, qui commença à lui asséner des coups de poing rendus dévastateurs du fait qu'il portait des gants renforcés. La tempe du guerrier en fit les frais, et elle s'ouvrit subitement en déversant un flot de sang poisseux qui collait ses cheveux.  Profitant de ce qu'il avait réussi à toucher une première fois, le guerrier s'empara d'une dague, et entreprit de la plonger dans le cœur de ce monstre aux yeux violets. Réagissant promptement, ce dernier parvint à dévier la lame, qui alla glisser le long de ses côtes en s'enfonçant tout de même dans sa solide cuirasse. Le cri de pure souffrance qu'il lança à ce moment-là témoignait à lui seul de la taille de la plaie qu'il venait de recevoir, sans savoir si elle était grave ou non.

Cela l'intéressait-il vraiment ? Il profita de ce que son adversaire était emporté par son élan, totalement focalisé sur ce coup qu'il espérait être le dernier, pour contre-attaquer avec une sauvagerie rare. Ses poings s'élevèrent en même temps, et vinrent frapper simultanément les deux oreilles de l'homme en armure. Puis, contractant tous ses muscles dans un dernier effort, il referma ses mains autour de sa nuque, le tira en avant, et lui asséna un spectaculaire coup de tête en plein dans le nez, lequel s'écrasa douloureusement sous l'impact. Grièvement touché, le misérable était incapable de maintenir sa prise, et Nylam trouva à se dégager d'une ruade, récupérant au passage la dague de son adversaire. Il aurait pu s'en servir pour le tuer, mais il fut distrait par la jeune Alice qui lui sonnait de ne pas le faire.

Cette distraction fut de trop, car, sortit de nulle part, un vent très puissant se leva et le guerrier aux yeux violets apparut à quelques centimètres de lui et le frappa de son bras ganté d’une violence unique. Le jeune O’Byrn roula sur lui-même avant de se relever difficilement et essaya d’observer son adversaire qui lui montrait une puissance effrayante. En effet, debout sur cette neige, le guerrier était entouré d’une bourrasque de vent, mêlé aux flocons de neige. Ses yeux semblaient brillés de mille feux, ou plutôt, brûlaient d’une flamme violette.
 
- Maegia lykos theou ton anemon
Magie du dieu loup des vents
 
Ce guerrier s’était prononcé avec une voix rauque effrayante, et le vent qui l’entourait prenait une forme quelque peu noirâtre. Ce fut à cet instant que le jeune O’Byrn comprit qu’il avait affaire à un mage… comme lui. C’était la première fois qu’il devait faire face à un mage, et pour lui, c’était le tout premier danger auquel il devait faire face. Mais il n’eut pas vraiment le temps de comprendre, d’une vitesse phénoménale, son assaillant bondit vers lui et le jeune garçon eut à peine le temps de créer un portail pour le protéger de cette attaque, qu’il subit droit dans son menton. Les pieds de Nylam décollèrent du sol et il s’envola quelques secondes, où il espérait utiliser sa magie pour atteindre le sol plus tôt que prévu, mais son ennemi n’était pas de cet avis. Il le rejoignit en un instant d’un simple bond pour lui asséner de nouveau un coup de poing s’écrasa sur son ventre. Le jeune O’Byrn s’apprêta à riposter mais une bourrasque vint brusquement figer son bras, et son ennemi enchaina de nouveau ses attaques. Ceci dura plusieurs minutes, plusieurs minutes où il n’avait pas pu faire usage de sa propre magie, et quand bien même il le faisait, c’était seulement pour dévier les coups de son adversaire, qui voyait sa magie accrue par les effets des Limbes. Il finit par atteindre le sol, alors que son adversaire sortit une bombe de vent qui l’enfonça dans la neige. Le guerrier ennemi s’approcha de Nylam, qui était immobilisé par la douleur et il lui dit :
 
- Amos Neuri…
Nylam le comprit comme son nom. Le nom… de celui qui l’avait vaincu.
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:15

Alice empêcha ce dénommé Amos d’achever Nylam, elle fit barrière de son corps et cette image de courage impressionna le jeune sauvage.
 
- Nous sommes des voyageurs ! Nous ne vous voulons aucun mal, seulement nous réchauffer ! Expliqua-t-elle, désesspérée.
 
Un moment, Amos avait cru qu'il s'agissait de bandits, car leur allure n'avait rien d'amène. Ils portaient tous des armes, même si à présent qu’il avait vaincu leur leader, ils ne les brandissaient pas de manière menaçante, et il était plus prudent sur ces terres sauvages de faire preuve de davantage de méfiance que de pas assez. Dans bien des cas, on tombait sur des individus qui semblaient inoffensifs, et qui en réalité n'étaient que des tueurs sans pitié. L'inverse était vrai également, et on pouvait rencontrer des gens effrayants, qui en fait étaient tout sauf agressifs. Mais ce n'était pas le pire : d'autres choses, plus sombres, parcouraient les glaces. Et ces choses-là, il valait mieux ne pas les rencontrer. L'attention du jeune Neuri revint aux deux voyageurs. Ils formaient un groupe bien insolite. Un jeune mage faible et manquant de pratique, et une petite fille. Une compagnie aussi hétéroclite qui laissait à se demander comment ils avaient pu s’unir ainsi. La jeune blonde aida son ami à se relever, et elle lui apposa quelques onguents médicinaux pour le soulager de la douleur. Etrangement, il récupérait assez rapidement, mais cela avait l’air d’être dû plus à son orgueil qu’à sa force physique.
 
Il fallait toutefois se méfier de la nécessité, car elle poussait les individus à des actions extrêmes. La faim pouvait conduire les gens au meurtre. Et vu comme ils regardaient la nourriture qui cuisait lentement au-dessus du feu, ils auraient volontiers sacrifié sa vie pour une bouchée de pain. C'était la raison pour laquelle il gardait sa lance en main, malgré qu’ils se disent à présent inoffensif.

Il leur avait demandé ce qu'ils venaient faire là, ainsi que leur identité. Si la formulation n'était pas des plus polies, les interrogations étaient légitimes, et il n'entendait rien partager avec eux tant qu'ils n'auraient pas au moins eu la décence de se présenter. Nylam était épuisé et gelé. il ne trouva pas le courage d'aligner deux mots. Seulement son prénom parvint à sortir. Tels étaient les gens du sud, guère habitués à la neige et aux climats polaires. Il fallait avoir suffisamment vécu dans ces régions glacées pour savoir les appréhender. Le territoire de chasse de ce jeune Neuri s'étendait jusqu'aux limites des terres blanchies par la neige. Avec ce rude hiver, il avait pu descendre bien plus au sud, à la recherche de ses proies, et il faisait naturellement davantage de rencontres. Parfois, ils se passaient bien, parfois non. Mais dans tous les cas, il arrivait à s'en sortir. Alors ceux-là, il ne les craignait pas.

 
Eux, ils devaient avoir parcouru une longue distance pour être épuisés à ce point, et Amos semblait se demander d'où ils pouvaient bien venir, et depuis quand ils marchaient ainsi. Il n'osait toutefois pas montrer trop d'intérêt pour leur cas, de peur qu'ils trouvassent un moyen d'exploiter sa curiosité contre lui.

Ce fut Alice qui répondit pour eux tous. Elle était aussi essoufflée que les autres, mais étrangement, elle était moins sensible aux conditions climatiques affreuses. Peut-être que son corps petit conservait mieux la chaleur que les corps grands et élancés comme celui de son compagnon. Il l'écouta jusqu'au bout, sans quitter du regard Nylam qui avait attisé tout de même son attention. Leu combat n’était pas si évident, et il avait failli montrer tout son potentiel, alors qu’il n’avait pas vu celui de son adversaire.

 
Alice parlait beaucoup, avec emphase, et Amos semblait avoir peur qu'il s'agît d'une ruse pour détourner son attention. Et il était vrai que ça marchait plutôt bien. Il était difficile de se concentrer sur ce qu'elle racontait tout en gardant à l'œil sur Nylam. Toutefois, Il semblait être de nature méfiante, et son air agacé montrait qu’il n'avait jamais rencontré une personne aussi bavarde. Une bonne raison pour ne pas baisser sa garde vu sa posture. Cela dit, il n'avait jamais non plus rencontré de jeune mage aussi puissant et faible à la fois. Il semblait aller de surprises en surprises, aujourd'hui pour lui.

Amos écoutait avec attention ce petit être qui, au travers de ses paroles, essayait de faire ami-ami avec lui. Elle cherchait à la convaincre plus ou moins subtilement qu'ils étaient pareils, qu'ils pouvaient se comprendre, et qu'ils pouvaient s'entraider. Mais elle n'avait encore rien demandée. Ce qu'elle devait vouloir de lui en échange devait être énorme, sans quoi elle aurait simplement suppliée pour pouvoir partager son repas. Mais en fait de repas, il voulait surtout des informations. Il cherchait à localiser des bandits qui couraient vers le nord, et elle souhaitait qu’il lui indiquât l'endroit par où ils étaient passés. Le regard du jeune garçon aux cheveux d’argent se fit dur tout à coup, et il s'assombrit encore malgré l'obscurité ambiante. Il répondit d'une voix grave :

- Vous cherchez une douzaine d'hommes, sur des chevaux, c'est ça ? Ceux qui amènent des montures sans cavaliers avec eux.

Il n'eût pas besoin qu'ils répondissent pour comprendre qu’il avait visé juste. De toute façon, à cette heure de la nuit, personne ne déambulait dans ce coin. Et en une nuit, il avait fallu qu’il croisât deux groupes distincts. Il ne pouvait pas s'agir d'une coïncidence, et ils ne pouvaient pas s'être trompés. Le discours de la jeune fille avait quelque peu adouci son tempérament, maintenant qu’il comprenait qu'ils étaient à leur poursuite:

- Vous ne les rattraperez pas... Ils ont trop d'avance sur vous, et vous ne me semblez pas savoir où aller.

Il semblait essayer de deviner à l'expression de leur visage ce que cette nouvelle leur causait. De la peine ? Peut-être un peu. De la colère ? Etait-ce vraiment de la colère ? Il n'aurait su le dire. Il y avait un mélange d'émotions tel qu’il ne pouvait pas déterminer ce qui dominait le plus chez eux. Mais de toute évidence, ils étaient désireux de les rattraper. Aussi ajouta-t-il, avant qu'ils eussent eu le temps d'ajouter quelque chose :

- Mais moi, je sais où ils se trouvent.

Il vit qu’il avait capté leur attention, aussi poursuivit-il avec un sourire sans joie :

- Ce sont des voleurs et des tueurs, qui se sont établi sur ces terres. Ils chassent le gibier du peuple de la région, et insulte la nature. Ils sont passé par ici il y a peut-être une heure, et ils ont pillé la réserve de nourriture que j'avais cachée. Ils n’ont aucune morale.

Il s'était légèrement emporté, et il s'en voulut presque. Il ne supportait pas l'injustice qu'ils apportaient sur ces terres pacifiques, et il avait l'impression qu'ils semaient la discorde et le chaos partout où ils passaient. Ils se fichaient  des règles établies des siècles auparavant, et se servaient comme ils l'entendaient, même s'ils devaient condamner à la mort tout un peuple.

 
- Mais je ne vous aiderai aucunement, ajouta-t-il, ces personnes sont ma proie, ma mission. Mais si vous êtes tant que cela intéressé… Ils se trouvent dans le village abandonné de Briomhar. Ils profitent de la discorde de ce village pour s’y cacher.
 
Le jeune O’Byrn haïssait davantage cette personne, mais il n’avait plus la moindre force pour parler, ce fut Alice qui parla à sa place.
 
- Pourquoi n’acceptez-vous pas notre aide ? Ce village à l’air dangereux, on vous serait utile.
 
- Non. Coupa sèchement le jeune garçon aux yeux violets, vous n’êtes pas assez fort pour affronter ce qu’il se trouve là-bas.
 
- Qu’y a-t-il là-bas ? Demanda Alice, quelque peu effrayée.
 
Le jeune Neuri saisi sa lance fermement, se retourna et s’enfonça dans la tempête de neige avant de répondre :
 
- Des revenants
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:16

Alice, Eclari et Nylam étaient restés dans la neige, perdu dans le froid, avec comme dernière compagnie, les paroles effrayantes de leur étrange rencontre : Amos Neuri. Des revenants peupleraient le village abandonné de Briomhar et c’était dans ce lieu maudit que se cacheraient les brigands qui avaient attaqué l’auberge et avaient kidnappé Mary. Face à une telle nouvelle, et à l’épuisement accrue du jeune O’Byrn, ils décidèrent de retourner à l’auberge. En prenant les provisions que leur avait laissées Amos. Il les avait délibérément laissés là pour eux, c’était ce qu’ils avaient compris. Ainsi, avec le peu de force qu’il restait à Nylam, il usa de sa magie et se téléporta aussi proche que possible de l’auberge.
 
Après une heure de traversée, ils arrivèrent à destination. Beaucoup d’entre eux étaient soulagés de les revoir, d’autres déçu de ne pas voir Mary avec eux. On s’occupa très rapidement d’eux, et des personnes s’empressèrent de soigner Nylam qui se mordillait la lèvre inférieure, outré d’avoir perdu aussi facilement. Finalement il raconta ce qu’il s’était passé et les villageois étaient partagés entre l’effroi et le réconfort :
 
- Amos Neuri ! Vous en êtes bien sûr ? Avait demandé un jeune homme qui bandait le bras de Nylam.
 
Le jeune garçon acquiesça d’un signe de tête, et le jeune homme éclata de joie. Cela semblait une bonne nouvelle, ce que le jeune O’Byrn ne comprenait pas. Comment un tel mage aussi fou et cruel que lui pouvait être une bonne nouvelle ?
 
- C’est un mage qui exécute des missions de sauvetage dans le monde, il est réputé et efficace, lui expliqua une vieille femme qui s’approcha de lui. Il a été connu comme le libérateur de nombreux villages dans Fiore, c’est un héros, bien que très discret et peu bavard.
 
C’était donc un mage puissant et expérimenté qu’il avait fait face, mais cela ne changeait en rien à sa fierté qui en avait pris un sacré coup. Il se maudissait davantage, et d’une certaine manière, se disait qu’il aurait atteint un certain prestige à vaincre un tel héros. Vint alors la question de Briomhar et de sa légende. Malheureusement, cette question jeta un froid sur toute l’auberge, ainsi un vieil homme en retrait, portant des cicatrices sur le visage, finit par parler de manière suffisamment forte pour que tout le monde l’entende :
 
- Cela fait plusieurs siècles que personne ne s’aventure dans ce village. Après une terrible guerre dont beaucoup ont oublié la raison et la cause, le village de Briomhar s’est retrouvé entre les feux de deux armés. Après leur décimation… On dit que les villageois en colère animent leur contrée et renforce le pouvoir des bêtes et créature qui s’aventurent sur leurs terres, afin que ceux-ci viennent les défendre. Personne a réussi à mettre fin à ce maléfice… Et le Conseil n’a jamais pensé à s’y préoccuper… Après tout, il n’était pas vraiment important ce village. Merci le monde.
 
Le vieil homme finit en ricanant et beaucoup vinrent le traiter de fous, alors que d’autres confirmaient l’histoire discrètement. Etrangement, le jeune garçon fut pris souvent d’une grande inquiétude. C’était un village qui lui semblait terriblement dangereux. Amos arriverait-il à y survivre ? Son for intérieur lui interdisait de laisser cet homme mourir avant qu’il ne l’a vaincu lui-même, sa fierté prenant davantage le dessus sur son véritable objectif : sauver Mary. Ce qu’Alice vint lui rappeler rapidement, mais ce fut Eclari qui vint à attirer son attention :
 
- "Tu dois te rendre à tout prix à ce village", lui dit-elle.
 
- "Pourquoi cela ?", demanda le jeune garçon par l’esprit.
 
- "C’est ton travail en tant que Morrigan. Ce qui se passe là-bas est la cause d’esprits vindicatifs des défunts de cette guerre. C’est la conséquence d’un esprit puissant qui survit au temps, plus il reste, plus il influence la nature et peut la rendre agressive, puissante. J’ai entendu que certains avaient obtenus des pouvoirs aussi ! Ils sont terriblement dangereux et puissant, et seul un Morrigan se trouve être leur plus grand point faible"
 
Cette information tourna dans tous les sens dans la tête du jeune O’Byrn, le devoir de Morrigan semblait bien plus important qu’il ne lui paraissait. Il comprenait davantage pourquoi il faisait cela, et se demandait d’ailleurs si le culte d’Amphitrite n’avait pas fait autant de sacrifices pour cette raison. Pire, à présent il savait qu’Amos était en danger. Il devait faire quelque chose et vite.
 
A cette pensée, il saisit ses vêtements et emporta le strict nécessaire. Il s’apprêta à ouvrir la porte, mais la jeune Alice vint lui saisir le bras. Le jeune garçon tourna seulement son visage vers elle, un visage déterminé à faire ce qui lui semblait juste. Elle comprit immédiatement la situation, et il n’eut pas besoin de lui dire de rester avec elle. Il ordonna toutefois à Eclari de l’accompagner.
 
- Je m’en vais aider Amos Neuri, déclara-t-il, en comptant sur son aide, on pourra venir en aide à Mary. S’il est notre allié, on n’a aucune crainte à avoir.
 
Il sortit de l’auberge, armé de ses armes et sourit. Il avait placé une marque magique sur les vêtements d’Amos durant leur combat. Il pourra le retrouver plus vite que prévu. Il actionna son sort Iompar mais vu le temps que celui lui prenait, la distance qui le séparait à Amos était très longue… Il ne savait pas à quoi il devait faire face, mais ce sera certainement une terrible bataille.
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:17

Nylam traversa le portail qui le mena téléporta directement à l’endroit même où se trouvait Amos. Cet endroit en dépit des différents monstres ressemblant à des félins mélangés à une espèce d’arachnide, était un village qui résistait étrangement au rude hiver et à la neige abondante grâce à un emplacement idéal grâce aux chaines de montagnes qui protégeait de la chute de neige, mais laissait passer la lumière du soleil à travers la roche suffisamment pour permettre la pousse d’une belle verdure.
 
Néanmoins les monstres présents étaient effrayants et semblaient suffisamment puisant pour mettre la pression à Amos Neuri qui faisait face à l’assaut de tous ces montres qui le chargeaient. Le jeune O’Byrn vint aussitôt à son secours.
 
Il bondit, et enfonça la pointe de sa dague dans le corps du premier monstre. Le choc survint juste après. Le jeune O’Byrn avait eu jusqu’alors une vision complète de ce qui se passait, mais désormais, il était uniquement concentré sur ce qui se passait devant lui. Il frappait, de la lame et de la hampe, repoussant avec hargne les ennemis qui essayaient de passer derrière lui, quand il ne pouvait pas les tuer. Il voyait très clairement leurs visages hideux, leurs dents qui claquaient en essayant de mordre. Leurs griffes raclaient le manche de la dague, et essayaient de franchir la garde du garçon, mais les monstres se gênaient mutuellement, ce qui les pénalisait. Nylam fit un pas en arrière, sous le poids de l’assaut combiné de trois créatures. Il en repoussa une sur le côté, brisa la nuque de la seconde avec le manche de son arme, envoya un coup de coude dans le nez de la troisième, avant de planter sa lame dans le corps de la toute première, qui essayait de se relever. Le garçon se baissa, pour esquiver un coup de griffe. Il recula encore, et, prenant de l’élan, chargea dans le tas. Combiné à sa magie de Cumhacht qui rendait un de ses membres bien plus puissant, il empala de son bras deux monstres, et fit reculer les autres. Il retira son membre des corps, et la lança en arrière. Le jeune O’Byrn dégaina sa deuxième dague, et brandit sa lame brillante. Il la contempla un bref instant, et trancha un bras au premier monstre. Il décapita le second, et ouvrit la poitrine du troisième. Le sang coulait à flot. A chaque attaque, la chair s’ouvrait, et libérait un flot d’hémoglobine, qui se répandait sur le sol. Les cadavres s’empilaient les uns sur les autres, et rendaient la progression des monstres difficile. Cependant, pour Nylam et Amos, cela compliquait la tâche, car ils étaient obligés de reculer pour ne pas être écrasés - au sens propre du terme - par la masse.


Nylam avait les mains collées par le sang poisseux de ses ennemis, et celui-ci couvrait une bonne partie de son corps. Ses coups portés à répétition avaient éclaboussé ses vêtements, ses bras et son visage de sang rouge. Il secoua la tête, pour évacuer le liquide chaud qui lui coulait dans les yeux, et continua à combattre. Il essayait de tenir sa position, mais ne pouvant pas avancer, il avait des difficultés à rester au même endroit. Ses coups rapides éliminaient des dizaines de monstres, et autant de corps s’amassaient devant lui. Le sang coulait sous ses pieds, et à chaque fois, les cadavres qui tombaient ne faisaient que continuer à alimenter la marée rouge qui envahissait le sol. Amos était déboussolé par l’arrivé du jeune O’Byrn mais en profita pour autant de ce soutien inattendu.
 
L’affrontement tourna cependant rapidement à l’avantage des deux petits mages, qui étaient bien préparés mentalement, et qui tenaient leurs positions. Ils ne perdirent pas leur cohésion, et reculèrent très lentement, tout en éliminant le plus d’ennemis possible. Les effectifs des monstres s’amenuisèrent, et ils apparurent en groupes moins conséquents, que les défenseurs massacrèrent rapidement. Nylam avait établis une stratégie qu’il avait partagée avec Amos durant le combat. Celle-ci consistait à attirer les créatures au cœur du village fonctionna, d’autant que par les flancs, le jeune O’Byrn usait de sa magie de téléportation pour faire traverser la magie de vent d’Amos. Ils étrillaient les rangs ennemis, et réduisait le nombre de créatures qui allait s’abattre sur eux.

 Nylam abattit d’un coup de dague son dernier ennemi. La créature hurla de douleur, et s’affala sur le côté, ouverte de l’épaule à la hanche. Le jeune O’Byrn releva la tête. Les autres créatures se repliaient en vagues désordonnées, et essayaient de franchir leur défense en premier. Personne n’eût la force de les poursuivre. Le garçon contempla l’étendue du désastre. Des dizaines, de dizaines de corps étaient étendus dans l’avenue. Nylam essuya son arme sur sa tunique - sur un pan qui n’était pas couvert de sang - et la rengaina. Amos s’approcha de lui. Le jeune Neuri n’était pas dans un meilleur état. Il avait reçu plusieurs blessures minimes un peu partout, et la lance qu’il tenait en main ruisselaient encore du sang de leurs ennemis vaincus. Il en était couverte, lui aussi, mais ne paraissait pas horrifié. Amos arborait un visage vide : celui du devoir accompli. Ils se saluèrent de la tête, trop épuisés pour dire quoi que ce soit, et, après avoir jeté un dernier coup d’oeil à la scène macabre, ils quittèrent le champ de bataille, avec l’idée de battre en retraite.


Ils s’étaient éloignés et allèrent dans une zone en hauteur grâce à la magie de téléportation.  Amos regardait le jeune O’Byrn avec attention.
Ces envahisseurs devaient être chassés, et il pensait avoir trouvé un moyen commode de le faire. Ce jeune mage expérimenté pouvait lui fournir l'appui dont il avait besoin pour nettoyer cette vermine. Ce ne serait qu'une épine enlevée parmi tant d'autres, mais cette mince victoire en appellerait sûrement d'autres.

- Je peux t’aider à retrouver celle que vous cherchez, Mary. Mais tu dois me faire une promesse : lorsque nous les trouverons, nous les attaquerons et nous les tuerons. Ceux qui voudront s'enfuir seront épargnés... les autres seront massacrés.

Prête-moi ta magie qui les affaiblit et renforce la mienne.

Le regard du jeune Neuri était inflexible. Il était évident que ce marché était le seul qu’il pouvait accepter. Nylam devait faire un choix, mais il était certain que jamais il ne retrouverait les brigands sans lui. Il pouvait soit retourner à ce combat infini face aux montres pendant que les brigands tenaient la vie de Mary et les vivres de l’auberge, ou compter sur lui. Tout espoir de régler ce problème diplomatiquement venait de s'envoler, mais après tout ne s'était-il pas déjà envolé quand les brigands avaient sorti leurs armes ? Quand ils avaient enlevé Mary ? Les choses étaient allées trop loin, désormais, et personne n'était prêt à reculer. En s'engageant sur cette voie, Nylam savait au fond de lui qu'il allait devoir tuer pour vaincre.

Amos le regardait attentivement. Il ignorait comment ils prendraient leur décision. Peut-être avaient-ils besoin de temps. Il ne savait pas. Mais comme il ne réagissait pas, il abaissa sa lance, et lança :

 
- Tu n’es pas si faible, Nylam, c’est ça ?
 
Le jeune O’Byrn sourit et lui lança ensuite :
 
- Je veux finir cette histoire et m’occuper de toi après.
 
Ils retournèrent au milieu du champ de bataille et le jeune O’Byrn ordonna à Eclari de retrouver les brigands et donc Mary. A leur arrivé, des troupes de créature déferlèrent dans le village, et furent repoussées sans aucun problème. Nylam et Amos combattaient côte à côte, et ils furent témoins du changement de comportement de l’ennemi. Nylam était en train de combattre, et d’éliminer ses adversaires directs, quand un mouvement venant d’en haut l’alerta. Il bondit en arrière, et regarda ce dont il s’agissait. Un poignard venait de se planter juste devant lui. Or ces créatures n’utilisaient pas d’armes.


Les rangs ennemis s’écartèrent, pour laisser passer des hommes en uniforme noir, courant droit sur les eux. Les défenseurs, galvanisés par leurs succès, ne s’attendaient pas à tomber sur des combattants qui pouvaient les égaler au combat. Sans compter qu’ils semblaient passer inaperçu aux yeux des créatures.

Amos bondit en arrière, évitant un coup d’épée, et ouvrit le feu, de sa lance. Il fit appel à sa magie et lança des flèches de vent. Les projectiles volèrent, et jetèrent à terre plusieurs ennemis. Nylam sortit ses deux dagues, et se jeta dans la mêlée. Il ne voyait déjà plus Amos. Il bloqua un coup d’épée, et balaya les jambes de son adversaire, qui trébucha. Le garçon lui planta la lame de sa dague dans le coeur, et du manche, asséna un coup au menton d’un homme qui essayait de passer derrière lui. Les dents durent se briser, car il cracha un flot de sang et de petits objets blancs. Le jeune O’Byrn bondit, et envoya un coup de pied à son ennemi le plus proche. S’appuyant sur un monstre dans son chemin, il fit un salto arrière, et retomba sur ses pieds. Il planta sa dague dans le combattant le plus proche, envoya un coup de poing sur un autre, et ouvrit la gorge d’un troisième, avec les couteaux qu’il avait fixées sur ses poignets. Il fit tourner son arme, et força ses ennemis à reculer temporairement. Cependant, ce qu’il vit l’inquiéta : ils firent apparaître des symboles magiques. Nylam rangea son arme, et plongea vers Amos. Il attrapa le jeune mage d’un bras, et lança son Iompar, au moment où une dizaine de boules de feu immenses fonçaient sur eux. Il absorba totalement l’attaque qui lui venait dessus, protégeant son nouveau compagnon d’arme en même temps, mais pas les créatures qui se trouvaient derrière. Sans compter qu’il renvoya les boules de feu sur les autres ennemis présents. Quatre hommes furent grièvement brûlés, et chutèrent en hurlant. Nylam se releva, et lança un sort qu’il avait perfectionné depuis son arrivé dans cette région. Le sort Ioru, lui permettant d’accroitre sa vitesse et son attaque en passant à travers des portails de manière simultanés.


Il ouvrit ainsi une série de portail qui se succédaient les uns aux et autre, plongea dans la masse ennemie. Les brigands, car c’en étaient, furent projetés au sol. Ceux des premiers rangs furent tués sur le coup, pas les autres, qui se relevèrent et repartirent à l’attaque. Amos, encore sous le choc d’une telle attaque, riposta à son tour en crachant une boule de vent dévastatrice. Les lignes ennemies furent touchées, mais la plupart des brigands parvinrent à éviter d’être mortellement blessés, et continuèrent à attaquer avec des blessures lourdes dans l’épaule, ou dans la cuisse. Nylam, de sa dague, ouvrit la gorge d’un premier ennemi. Il se baissa, et brisa le genou d’un second, avec un grand coup de pied bien placé. Il y eut un craquement sec, puis le guerrier tomba sur le côté en tenant sa jambe. Le garçon l’acheva en lui planta la dague dans le coeur. Il extirpa le fer de son arme du cadavre, et bloqua un coup qui l’aurait fendu en deux. Avec un cri de rage, le jeune O’Byrn repoussa la lame de son adversaire, et lui asséna un coup de poing au creux de l’estomac. Le brigand, privé d’air, tituba en arrière, mais le garçon le termina en lui brisant la nuque. Nylam  saisit ses deux dagues et se mit à tournoyer harmonieusement, faisant tourner également ses armes dans ses mains. Il élimina trois adversaires comme ça, avant que la rotation de son arme ne soit bloquée par une hache imposante. La  dague se coinça, et le jeune O’Byrn l’abandonna. Il se glissa sous la garde de son adversaire, et lui ouvrit le ventre avec son autre dague. Il y eut une autre boule de feu, qui atterrit juste à côté du garçon, mais par chance, elle tomba derrière l’homme, si bien que Nylam ne fut que peu touché. Il fut cependant propulsé contre un mur, où il resta sonné quelques secondes. Des cris de douleur et de rage résonnaient dans tout le village abandonné. Le métal frappait cette fois contre le métal, et il fallait batailler ferme, pour venir à bout du moindre ennemi. Ce n’était plus comme affronter des monstres. Là, c’étaient de vrais hommes entraînés qui étaient venus, et qui étaient bien décidés à les éliminer. Le garçon récupéra sa dague. Il se débarrassa du corps qui était tombé sur lui, plissant le nez à cause de l’odeur de brûlé, et sortit de nouveau sa deuxième dague, avant de repartir à l’attaque. Une magie de l’élément de l’eau se dirigea droit sur lui, tirée par un ennemi qui l’avait vu approcher. Il bondit par-dessus, évitant un tourbillon aqueux qui l’aurait envoyé s’écraser droit sur Amos qui l’avait esquivé aisément, et retomba en plein milieu du champ de bataille. Il se pencha, et ouvrit la poitrine du premier venu. Il roula sur le sol, coupant la jambe d’un adversaire au passage, et se releva, en décapitant un troisième. Il dut bloquer un coup d’épée pour éviter de perdre son bras gauche, et contre-attaqua, jusqu’à ce que son adversaire se retrouve étalé par terre, mort. Le garçon pivota. Un bloc de terre compact filait droit sur lui. Il ne parvint pas à l’éviter totalement, et son bras gauche fut sévèrement touché. Le corps du garçon fut projeté à plusieurs mètres de là, mais Nylam se releva tant bien que mal. Il était quelque peu blessé. Nylam, épuisé mais entier, repartit à l’assaut. Ses réflexes étaient moins vifs, mais il était toujours debout, et ses adversaires ne l’étaient plus pour très longtemps. Amos utilisa ses pouvoirs les plus puissants pour stopper la progression des ennemis, car ils avaient progressé. Nylam se jeta de l’avant, et coupa un adversaire en deux, au niveau de la taille. Il se pencha en arrière pour éviter un coup de taille, et planta son arme dans le ventre de son opposant, avant d’avancer encore, pour en repousser deux autres. Les brigands avaient beau être plus nombreux, ils n’étaient pas aussi déterminés que les créatures, et ils avaient peur de la mort. L’engagement de Nylam et Amos, doublé des lourdes pertes qu’ils avaient subies suffit à les faire battre en retraite. Ils tentèrent de se regrouper un peu plus loin, mais ils ne leur en laissèrent pas le temps. Ils furent arrosés de leur magie combinée dans leur fuite, et beaucoup tombèrent alors qu’ils se repliaient.


Dernière édition par Nylam O'Byrn le Mar 23 Juin 2015 - 1:25, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII - Amos Neuri [SOLO] Mar 23 Juin 2015 - 1:17

Sans vraiment comprendre, ils avaient gagnés, des brigands semblaient s’enfuir et la voix d’Eclari se faisait entendre. Elle avait retrouvé Mary qui était bâillonnée. Le jeune O’Byrn profita de la magie de Iompar, grâce aux effets de Curam, pour soigner la vieille femme épuisée. Amos se proposa de la porter sur le dos, et se prépara à partir. Mais Nylam ne pouvait pas partir tout de suite, le regard d’Eclari lui avait fait comprendre cela, ainsi que le cri et la tristesse qui régnait sur ce village. Il devait purifier cet endroit.
 
Animé d’une force qu’il ignorait, il repoussa les créatures à l’aide de sa magie, comme si il était entouré de plusieurs portails de téléportations pour le protéger. Il avait remarqué que ces créatures craignaient ce pouvoir et y était fasciné à la fois. Une fois passé à travers, ils retrouvaient leur véritable nature et quittait la folie de cette bataille. Mais ce n’était pas ce qu’allait faire Nylam.
 
- An chuid eile i síocháin, anamacha cráite
Reposez-en paix, âmes tourmentées.
 
A ces mots, le village tout entier et une partie de la montagne s’illumina d’une étrange lueur argentée. La montagne et les plantes semblaient animés de flammes grises qui s’abattaient sur les créatures et le village, ces mêmes flammes qui semblaient sortir, jaillir des créatures agressives, redevenant de dociles bêtes qui retournaient se caché dans la lysière de la forêt. L’immense magie des esprits se rassembla... avant de disparaitre dans un portail, les menant droit aux Limbes.
 
Amos avait assisté à toute la scène, une partie de lui semblait étonné, et l’autre semblait presque avoir espéré cela. Il finit par afficher son premier sourire sincère et lui dit:
 
- Tu n’es pas un mage ordinaire toi. Ca te dit de me rejoindre ?
 
- Héhé, semblerait que non, ricanna Nylam, te rejoindre ?
 
- Oui... Je suis comme qui dirait un.. "consultant" pour les guildes. Je vais te présenter à un ami... A Fairy Tail.


To Be Continued
Chapitre IX - Famille
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