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Les Chroniques Aldarienne

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MessageSujet: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:18

Par soucis d’anonymat pour les personnes ayant croisé mon chemin, aucun nom ne sera cité dans ce récit.

Tout commence…




…Par une histoire qui n’est pas la mienne.



Une histoire débutant dans un village limitrophe entre les Steppes d'Ambre et la Vallée d'Uta. Un simple amas de plusieurs maisons comme il en existait tant dans les environs. Ou presque. Un couple de mages avait décidé d'y élire domicile afin de pouvoir fonder une famille loin des dangers liés à leur profession. Leur espoir fut rapidement comblé par la naissance d'un joli bébé en bonne santé. Le plus beau jour de leur vie certainement même si je ne puis l'assurer. Ils débordaient d'amour pour cette petite fille au minois charmeur que la nature leur avait offert. Elle eut le droit au meilleur en toute chose et ne manqua jamais de rien. Son caractère ne tarda pourtant pas à s'affirmer et ses parents ouvrirent rapidement les yeux sur son obstination grandissante. Elle savait où elle voulait aller et rien ne pourrait la détourner de l'objectif visé. Ainsi, elle ne tarda pas à refuser catégoriquement de suivre l'enseignement théorique débité par les harpies démoniaques chargées de son éducation générale. Elle voulait sortir. Découvrir les trésors de la nature. Rire. S'amuser. Vivre tout simplement... Malgré leur réticence, ses géniteurs se rendirent à l'évidence et confièrent sa nouvelle éducation aux différents ermites installés dans les environs. Son attitude rebelle disparut aussi rapidement qu'elle avait vu le jour. Attentive aux moindres des mots sortant de la bouche de ces nouveaux professeurs, elle répugnait à les quitter lorsque le jour déclinait. Tout d’abord, ils lui transmirent leurs connaissances sur la flore du Royaume et d’au-delà. La localisation, les différents effets selon la préparation, les apparences... Elle avait absorbé toutes ces informations telle une sangsue avec le sang de sa victime. Et elle ne s'arrêta pas en si bon chemin ! La faune fut la prochaine à attirer son attention. Les apparences, la manière de les trouver ou, à l'inverse, de les éviter, les habitudes sociales et comportementales... Elle avait tout emmagasiné et connaissait à présent les animaux mieux que personne.

Elle continua à naviguer d'ermite en ermite pendant encore quelques années. Puis, le jour de ses dix-huit ans, elle se rendit à l'évidence : ceux-ci ne pouvaient plus rien lui apprendre. Il lui fallait à présent faire ses propres découvertes, ses propres expériences ! Elle fit part à ses parents de sa décision de partir en voyage. Ceux-ci refusèrent catégoriquement, ils connaissaient bien trop les dangers du monde pour laisser leur seul et unique enfant livré à lui-même. Cependant, après plusieurs jours d'intenses disputes, un compromis put voir le jour. Elle aurait le droit de partir pour son vingtième anniversaire à condition de savoir manier la magie correctement. Ses géniteurs prirent donc son éducation magique en main et la jeune fille, motivée par l'enjeu, mais également par la curiosité, se lança à corps perdu dans les études. Elle n'a jamais voulu me révéler la nature du pouvoir qu'elle obtînt et par conséquent, je ne pourrais vous en dire plus sur le sujet. Toujours est-il que deux ans plus tard, elle fut prête à partir à l'aventure. Ses géniteurs versèrent bon nombre de larmes, mais l'insouciance de la jeunesse lui permit de les ignorer pour partir sans se retourner. Les cinq années suivantes furent peuplées d'aventures diverses et variées. Contre des mages noirs. Des humains. Des esprits. En bref, contre toutes les horreurs peuplant le royaume. Mais jamais, non jamais, elle ne commit le moindre meurtre. Pacifiste convaincue, elle n'intervenait qu'aux endroits où l'injustice –selon ses propres critères- faisait rage. Refusant catégoriquement d'intégrer la moindre guilde ou groupe. Protégeant farouchement son indépendance. Elle vivait sa vie comme elle le souhaitait et l'avait rêvé. Mère nature avait pourtant d'autres projets pour elle. Une femme comme elle ne pouvait se contenter de régler les problèmes des autres. Elle devait laisser son empreinte pour les générations futures. Transmettre ses valeurs à une personne qui saurait les perpétuer à son tour.

La rencontre eut lieu au cours de sa vingt-sixième année. Elle devait venir en aide à un petit village persécuté par une guilde noire locale. Et c'est ce qu'elle fit avec l'aide de plusieurs chevaliers runique ainsi que quelques mages légaux. Supérieurs autant en nombre qu'en puissance, ils ne tardèrent pas à reprendre le dessus. Seuls quelques noyaux de résistance continuaient à poser problème. Un des mages illégaux en particulier s'avérait extrêmement coriace. Pas plus vieux qu'elle, il tenait tête à plusieurs de ses coéquipiers jusqu'à ce qu'elle se décide à intervenir. L'affrontement fut certainement le plus périlleux de toute sa carrière. Cependant, elle se rendit rapidement compte que son adversaire repoussait les attaques, mais ne cherchait en aucun cas à les exterminer. Juste les mettre hors d'état de combattre. Profitant de cette « faiblesse » bien particulière pour un soi-disant criminel, elle put prendre le dessus et capturer le renégat. Ses coéquipiers ne l'entendaient pourtant pas de cette oreille. Blessés dans leur ego, ils désiraient tuer ce mage prétextant qu'il fallait éliminer la menace... Je vous ai déjà parlé du côté têtu de la jeune femme ? Elle refusa catégoriquement une telle chose et la tension monta d'un cran. Pourquoi des personnes du côté de la loi voudraient-elles commettre un tel acte ? Ils avaient perdu l'esprit, victime du plus ancien virus de cette terre, le pouvoir... Sachant pertinemment que le combat contre ses anciens alliés était perdu d'avance, elle dut se résoudre à demander de l'aide à la seule personne susceptible de la tirer de ce mauvais pas : son ennemi. Les partenaires en adversaires et l'adversaire en partenaire. Quelle ironie... Ils ne réussirent pas à vaincre, mais ils purent tout de même prendre la fuite, laissant derrière eux un chaos sans nom. La jeune femme ne réalisait pas vraiment ce qu'il venait de se passer, se contentant de suivre le mage noir aveuglément tout en essayant de faire le tri dans ses pensées.

Voici comment mes parents se rencontrèrent pour la première fois. L’Ombre et la Lumière réunis dans un but commun. Une fusion inattendue à laquelle je dois la vie.

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:19

Et ainsi…




…Débute ma vie.


Les frasques de ma mère pour sauver la vie de mon père lui valurent un avis de recherche à son nom. Elle, qui avait uniquement empêché un meurtre gratuit, se retrouvait pourchassée... Heureusement, mon géniteur possédait tout un tas de contacts au niveau des « réseaux parallèles ». Ils purent ainsi trouver un toit pour dormir, de la nourriture et de nouveaux amis les protégeant contre les autorités et mages légaux. Contre le groupe qu'elle défendait pas plus tard que la veille, en bref... Les premiers temps furent cependant difficiles, découvrir l'envers du décor la chamboulait profondément. Elle avait toujours cru agir de la manière la plus juste, mais presque tout était remis en cause. Certes, certains mages noirs méritaient le sort que les autorités leur réservaient. Mais confrontée à la gentillesse des personnes agissant en dehors des limites légales, la remise en question s'avérait d'importance majeure. En plus de tout ceci, sa relation avec mon père commençait à prendre une tournure... Plus intime... Il lui raconta son histoire et la manière dont il s'était retrouvé enrôlé dans les rangs de la guilde noire. Cette histoire-ci, ma génitrice ne me la conta jamais. Sa voix se serrait dès qu'elle parlait de mon père avant de fondre en larmes. Je n'osais pas insister, ce qui explique cette lacune. Toujours est-il qu'ils finirent par former un couple de mages puissants et profondément amoureux. Plusieurs années passèrent et les recherches à leur encontre diminuèrent. Et ma mère vit son ventre s'emplir d'une nouvelle vie : moi. Cette future naissance lui donna la nostalgie de son village natale ainsi que l'envie de revoir ses propres parents. Eux, qui lui avaient donnée tellement d'amour, seraient ravis d'assister à la naissance de leur petit-enfant. Ils se mirent ainsi en route pour le petit hameau frontalier, situé entre les Steppes d'Ambre et la Vallée d'Uta. Évitant les grands axes pour ne pas se faire repérer. En effet, des avis de recherche à leurs effigies devaient certainement encore traîner. Leur voyage se passa sans encombre et ils arrivèrent sur place bien avant le terme de sa grossesse.

Mes grands-parents furent ravis du retour de leur fille prodigue. Ils avaient eu vent de toute cette histoire la concernant. Des représentants de l'ordre passaient d'ailleurs régulièrement pour leur demander s'ils avaient eu des nouvelles de leur progéniture. Ma mère expliqua donc tous les évènements en détails, expliqua l'injustice qu'elle avait tenté d'empêcher et pour finir leur présenta mon géniteur. D'abord hostiles à son égard, ils passèrent rapidement outre leur a priori. Sa prévenance et son amour plus qu'évident ne laissaient aucun doute sur ses intentions : il était prêt à tout pour le bien-être de sa femme et de son futur enfant. Durant les mois précédents l'accouchement, ils vécurent paisiblement la plupart du temps. Ils durent cependant s'exiler par deux fois dans les montagnes des Steppes d'Ambre en attendant qu'une patrouille de chevaliers runique inspecte le village. On ne pouvait leur nier une certaine persévérance. Les deux fois, le détachement était conduit par l'un des hommes auxquels elle s'était opposée pour sauver la vie de mon géniteur. Cinq ans étaient pourtant passés et ils n'avaient toujours pas réussi à passer à autre chose. Pathétique... Ils proposaient une récompense conséquente pour quiconque leur fournirait des informations sur notre localisation. Pour le moment, tout le monde semblait tenir sa langue, mais ma mère n'avait pas que des amis... Vous vous souvenez des harpies démoniaques chargées de son éducation générale ? Certaines d'entre elles s'avéraient totalement psychorigides et sans l'influence de mes grands-parents, elles auraient très certainement dénoncé mes géniteurs dès les premiers jours. Mais l'appât du gain finit par faire son œuvre... Se fut durant le dernier mois précédent ma naissance que tout bascula. La patrouille fit son entrée dans le village à la tombée de la nuit, guidée par les traîtresses précédemment citées. Ces créatures de malheur s'installèrent bien confortablement derrière les lignes ennemies pour assister au spectacle morbide qu'elle venait de provoquer...

Le combat s'engagea rapidement. D'un côté, il y avait l'Armée Runique avec à sa tête deux des anciens ennemis de mes géniteurs. De l'autre se trouvaient mon père et mes grands-parents. Malgré leur puissance respective, ils ne purent tenir tête aux chevaliers éternellement. Juste suffisamment longtemps pour permettre à ma mère de fuir loin du lieu de l'affrontement. Sans sa connaissance plus que poussée de la région, elle ne s'en serait certainement pas sorti. Bien handicapée par son ventre arrondi, elle ne put courir bien loin et se réfugia dans une cachette située au pied des montagnes. Cependant, ce royaume lui rappelait bien trop de mauvais souvenirs et il était hors de question pour elle de donner naissance à son enfant -moi- dans un tel environnement. Elle prit donc la direction du sud-ouest jusqu'à la ville de Cliver. Mettant toutes ses connaissances de la Nature au service de notre survie. Se dissimulant de tous les humains. Se nourrissant uniquement de plantes, de fruits, de racines... À ce moment de sa vie, elle avait totalement perdu sa confiance en l'être humain. Oublié, la notion de justice si chère à son cœur. Plus de certitudes pour cette future mère trahie par ceux-là même qu'elle avait voulu défendre. Et pourtant, elle ne céda jamais à la haine, essayant de comprendre l'incompréhensible. D'excuser l'inexcusable. Elle réussit finalement à se faire embarquer sur un bateau en direction de Ca-Elum pour ensuite poursuivre son périple maritime jusqu'à Midi. Un pays bien plus hostile que ce à quoi elle pouvait s'attendre et où le meurtre était sévèrement puni quelle que soit la raison pour laquelle il était commis. Comme elle l'apprit sans tarder, à ses dépens... En voulant se défendre contre des hommes peu recommandables, elle ôta une vie pour la première et dernière fois...

Elle fut appréhendée et envoyée en prison malgré ses protestations. Mais les autorités ne voulurent rien entendre. Ni la légitime défense, ni le fait qu’elle allait bientôt accoucher. Et voilà comment je vis le jour -ou plutôt la nuit- au fin fond de la pire des prisons de Midi…

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:20

Un cadre de vie…




… Inhabituel.


Cette prison possédait une architecture particulière. Entièrement creusée dans la roche, elle s'enfonçait sous terre de manière interminable. La seule source de lumière provenait de l'ouverture circulaire située plus de trois cents mètres au-dessus de la première cellule. Cette dernière était également le seul moyen d'entrée ou de sortir de ce lieu. Les gardes ne prenaient même pas la peine de venir déambuler parmi le labyrinthe d'escaliers et de cellules qui formait la prison. Ils se contentaient de garder un œil sur l'ouverture et de descendre de temps en temps pour distribuer quelques coups de matraque. Pour cette activité qui semblait tant leur plaire, nos geôliers utilisaient un ascenseur. Pour le peu de vivres qu'ils nous envoyaient, ils préféraient les jeter tout simplement. Les plus gentils arrivaient à utiliser des cordes, mais ceux-ci ne restaient jamais longtemps en poste. Bien évidemment, un inhibiteur de magie couvrait entièrement l'endroit. La seule lueur d'espoir résidait dans une possibilité de fuite dérisoire. Régulièrement, des hommes tentaient d'escalader le puits menant à l'air libre. J'insiste sur le côté « dérisoire », personne n'avait réussi jusqu'à présent et tous les téméraires avaient fini tôt ou tard écrasés sur le sol. Pour finir de vous dresser le portrait du lieu où j'ai grandi, il me faut vous parler des différentes castes. Le premier groupe se constituait de tous les pires criminels de Midi capturés. Ceux-ci occupaient la partie supérieure et la seule vraiment lumineuse, hormis lorsque les gardiens effectuaient leurs descentes. Là. Ils descendaient d'un étage, laissant les plus innocents se prendre les coups à leur place. Le deuxième groupe, occupant les recoins les plus profonds, regroupaient tous les détenus ayant perdu l'esprit. Ils creusaient sans relâche la roche à la poursuite d'un objectif qu'ils étaient les seuls à connaitre. Et pour finir, le troisième groupe réunissait tous les autres. Les innocents. Les gêneurs. Les voleurs. Ils se partageaient toute la partie située en dessous des psychopathes et au-dessous des fous. Hormis les jours de descente des gardiens, où, comme je l'ai précédemment précisé, ils avaient le droit à la lumière du jour et aux coups de matraque. Nous faisions partie de ce dernier groupe.

Ma mère ne fut pas épargnée lors de sa descente en prison. Atterrissant au milieu de la caste des psychopathes, elle subit différents sévices... Je vous laisse imaginer quelles sortes... Le fait qu'elle soit enceinte ne semblait pas plus les déranger que ça... Et ils s'en donnèrent à cœur joie. Elle leur résista autant que possible avec le peu de force qui lui restait... Ils finirent par se lasser et la jetèrent à l'étage d'en dessous lorsque les premières contractions commencèrent. Notre salut vint sous les traits de l'un des innocents enfermés ici. Ses vagues connaissances en médecine lui permirent de me mettre au monde tout en réussissant in extremis à sauver ma mère. Les premières années de ma vie se déroulèrent aussi normalement que possible dans un tel milieu. Je ne possède que très peu de souvenirs de ces premières années et ma génitrice ne trouva jamais pertinent de me les conter. Elles furent difficiles et c'est tout. Quand j'y pense, cela peut paraître étrange, mais tous mes souvenirs -ou presque- de cet endroit restent très positifs. J'appris à marcher au milieu de prisonniers étrangement attentifs au jeune bambin venant les importuner régulièrement. Ils se montraient prévenants et m'accordaient toujours de leur temps. Me contant des histoires issues des contes et légendes de leur propre enfance. Me protégeant parfois au péril de leur propre santé lors de la descente des gardiens, face aux moins scrupuleux d'entre eux. Étrangement et sauf exception, nous n'étions jamais inquiétés par les deux autres castes de la prison, chacun restait dans ses quartiers et cela permettait une relative tranquillité quotidienne. Ma mère, quant à elle, s'était très rapidement attelée à mon éducation autant physique qu'intellectuelle. Elle m'entraînait régulièrement à me défendre tout en renforçant mes capacités physiques. Restant toujours attentive à ne pas aller trop loin pour ne pas interférer avec ma croissance. En parallèle, elle me contait son histoire, ses aventures et plus que tout, elle me transmettait ses valeurs.

Elle n'avait gardé aucune rancune envers les personnes lui ayant gâché la vie. Au contraire, elle avait tiré des leçons de ses expériences. Comprenant que les notions de Bien et de Mal s'avéraient bien plus compliquées que ce que l'on essayait de nous faire croire. Le problème faisait son apparition lorsque certaines personnes pensaient détenir la vérité. Et par conséquent, essayaient d'imposer leur vision à tout un groupe, une ville ou même un royaume... Sa propre histoire en était la preuve, mais pas seulement. Les histoires personnelles de tous les membres de ma nouvelle famille regorgeaient d'exemples venant étayer les dires de ma mère. Celle-ci en voulait tout particulièrement aux institutions légales qui se permettaient bon nombre de liberté sous couvert du bien commun. Mais elle me mettait également en garde contre l'extrême adverse. Certains illégaux ne valaient pas mieux. À l'âge de dix ans, elle commença à me transmettre tant bien que mal ses connaissances sur la faune et la flore. Certains amoureux de la nature venaient également ajouter leur propre savoir, mais malgré leurs descriptions fidèles, il était compliqué pour moi de visualiser. Pourtant, je ne m'arrêtais à ce détail et emmagasinais toutes les informations que l'on me fournissait. Certain, qu'un jour, je pourrais passer à la pratique ! En surplus de tout ceci, je me plaisais à écouter les débats philosophiques menés par les érudits. Ces derniers défendaient des idées qui ne plaisaient pas au gouvernement en place ce qui expliquait leur présence ici. Je ne comprenais pas tout, loin de là ! Mais au fil du temps, je réussis à combler mes lacunes et à participer aux discussions. D'abord timidement puis de plus en plus activement.

Jusqu’à mes treize ans, cette routine se poursuivit. Entrainement physique. Gymnastique intellectuelle. Emmagasinage de connaissances. Un élève modèle dans l’un des pires endroits de cette terre. Et le plus important au milieu de tout ceci : j’appris qu’un Homme devait être jugé selon ses actions et non selon son affiliation.

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:20

Obscurité Constructive…




…Pour Rêve Lumineux.


Comme ma mère avant moi, je finis par me sentir à l'étroit dans mon quotidien. Mais, contrairement à elle, partir à la découverte du Monde ne m'était pas permis. Cependant, rien ne m'empêchait d'aller explorer mon monde... Depuis quelque temps, les profondeurs de ma prison minérale m'intriguaient, je dirais même plus : elles m'attiraient. Ma génitrice ne put que se montrer compréhensive envers moi, mais elle ne me cacha pas pour autant son inquiétude. Les autres membres de ma nouvelle famille furent beaucoup moins délicats dans leur réaction. Et même si sur le coup, tout ceci me contraria. Avec le recul, il semblait normal de ne pas vouloir me laisser descendre au pays des fous. Ils tenaient à moi, tout simplement. La fougue de la jeunesse finit tout de même par l'emporter sur l'évident bon sens de mon entourage. Ainsi, je partis dans les sombres abysses. Ma relative nyctalopie, acquise durant les premières années de ma vie, ne s'avéra pas suffisante pour percer mon nouvel environnement. Il est étrange de constater à quel point notre corps s'avère bien fait. Privé de la vue, mes autres sens prirent petit à petit le relai. Mon ouïe se développa et mon odorat en fit de même. Dès que je réussissais à m'orienter dans un étage, je passais à celui d'en dessous. À ma grande surprise, je n'avais pour le moment rencontré aucun des soi-disant fous sensés peupler les lieux, uniquement des morceaux de rochers. Et il me fallut encore plusieurs semaines avant de rencontrer de l'activité. En effet, je donnai du temps à mes sens pour s'adapter, je n'avais donc pas franchi plus d'une dizaine d'étages. Mais ma stratégie paya et au fil du temps ma vue était quelque peu revenue. Je ne voyais pas comme la plupart d'entre vous. Non. Un canevas de nuances noirâtres défilait devant mes pupilles. Mais plus le temps passait et plus je réussissais à le déchiffrer. Une bonne chose au vu de ce qui m'attendait.

Ma première rencontre eue donc lieu plusieurs semaines après mon départ. Il m'est difficile de vous décrire précisément à quoi ressemblait la simili-dépouille qui croisa mon chemin. Celui-ci semblait en tout cas fort apprécier le bruit de sa tête heurtant la pierre... Mais le gros du groupe se trouvait encore bien plus bas. La société créée par ces gens, considérés comme mentalement détraqués, me surprit autant qu'elle me bouleversa. Mes points de comparaison se limitaient à l'époque à peu de choses, les histoires que l'on me contait en somme. Mais, même avec ma connaissance actuelle du monde, mon avis reste inchangé. Tout était parfaitement organisé. Des cuves avaient été creusées à même la pierre pour récolter l'eau suintant des parois. Pour la nourriture, ils se contentaient des restes laissés par les deux premières castes. Et malgré leur maigreur cadavérique, je ne vis jamais aucun combat se déclencher. Ils partageaient tout, sans exception, et la vie suivait son cours bien plus paisiblement que dans les niveaux supérieurs. Aucun mot n'était échangé et tout s'organisait naturellement. D'après mon toucher, ils creusaient la terre à l'aide d'outils grossiers fabriqués avec les barreaux de leurs cellules. Pendant que certains maniaient ses pioches improvisées, d'autres charriaient la roche extraite vers les niveaux supérieurs. Puis, ils allaient se coucher, formant un tas informe de chair humaine afin de se protéger du froid ambiant. Mon arrivée ne les perturba même pas et je fus rapidement inclus dans leur groupe. La routine qui s'installa lors de mes journées me laissait énormément de temps pour réfléchir, mais également pour affûter mes sens. Plus le temps passait, moins l'envie de remonter se faisait sentir. J'étais bien ici, au milieu de personnes simples. La connaissance de mon propre corps et de mes capacités n'avait jamais été aussi élevée. Je suppose que je serais encore là-bas si une voix, venue de mon passé, ne m'avait pas rappelé à l'ordre.

Il s'agissait du médecin auquel je devais la vie, mais également celle de mère. Le retour à la « réalité » fut immédiat. Pour qu'il ose descendre aussi profondément, la raison ne pouvait être qu'extrêmement grave. J'appris donc que la santé de ma génitrice s'était violemment dégradée durant mes trois années d'absences. Trois longues années... Je ne pensais être parti que depuis quelques mois... Mais le choc de cette nouvelle n'était rien face au reste. Ma mère... Le centre de mon monde... Mon guide... Elle était tout pour moi. Mon univers s'effondra tout autour de moi et je courus à son chevet. L'image de ma génitrice, allongée au sol avec un teint blafard, restera à jamais gravée dans mon esprit. Pourquoi avait-elle attendu aussi longtemps pour me faire quérir ? Parce qu'il fallait que je vive cette expérience pour grandir. Se fut sa réponse. Elle me dit ensuite qu'elle m'aimait. Que je restais sa plus belle réussite. Qu'elle était extrêmement fière de moi. Que je devais tout faire pour sortir de cet endroit. Que je devais vivre. Découvrir le monde. Lutter contre les injustices et transmettre ses valeurs. Puis elle mourut... Brusquement... J'entendis toutes ses paroles sans pour autant les comprendre. La culpabilité de l'avoir abandonnée durant autant de temps était bien trop forte. Celle-ci mêlée au chagrin pris le pas sur tout. Je descendis son corps dans les étages inférieurs pour l'enterrer sous les gravats que les fous entassaient sans relâche. Puis je repartis parmi ces derniers. Il était plus facile de laisser couler ses larmes, là où personne ne pouvait les voir... Il était plus facile d'affronter son chagrin dans un lieu où le silence était roi... Bref. J'en ai déjà bien assez dit sur cette période, le reste n'appartient qu'à moi. Toujours est-il, que je réussis finalement à reprendre le dessus sur tout ceci. Le processus de reconstruction fut long, mais bénéfique. Les dernières paroles prononcées par ma mère me guidèrent dans cette voie difficile. Le physique et le mental en place, il était temps pour moi de renaitre.

Dix-sept longues années s’étaient écoulées depuis ma naissance. J’avais fait de l’obscurité mon amie, mon alliée. Je devais maintenant partir à la conquête de la lumière, de ma liberté. Telle était sa volonté. Je ne la décevrais pas.

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:21

Abandon Douloureux…




…Et Liberté Retrouvée.


Mon activité souterraine m’avait permis de garder un physique fort correct. Un point important quand on envisage de s’en prendre aux psychopathes. Mon ancienne famille tenta de me retenir, mais il savait pourtant que je ne reviendrais pas sur ma décision. Je venais de me fixer un but et je ne renoncerais jamais. Mes premiers temps à l’étage supérieur ne se passèrent pas véritablement comme prévu. Si j’avais été agréablement surpris par le dernier niveau de notre prison, je ne pouvais en dire autant du premier. Tout ici n’était que chaos. La loi du plus fort prévalait sur tout autre chose et je fus violemment pris à partie dès ma montée. Si je pus repousser mes premiers adversaires, je finis par céder sous le nombre. Ils me renvoyèrent à mon poing de départ, à moitié mort et entièrement contusionné. Cependant, j’avais pu repérer certaines des têtes dirigeantes de tout ce chaos. Ainsi, je pris le temps de bien récupérer pour passer à la seconde partie de l’offensive. Je possédais un atout par rapport à eux : ma nyctalopie. Mes adversaires n’avaient jamais vécu dans l’obscurité contrairement à moi… Je repartis donc à l’assaut. De nuit. Furtif. Je réussis à m’approcher de certains des chefs repérés. Ils moururent de mes mains. Je répugnais à tuer, mais en l’occurrence, je n’avais guère d’autres possibilités. Une fois ma besogne terminée, je redescendis « chez moi », profitant du temps restant avant l’aube pour me reposer. Le lendemain promettait d’être agité. Je revins sur les lieux de mes crimes au petit matin. Comme prévu, tout le monde se cognait dessus pour savoir qui prendrait la place des dépouilles encore chaudes de leurs patrons. Pour la première fois, je pus voir de mes propres yeux le mur d’escalade menant à la sortie. La distance à grimper s’avérait plus importante que ce que je m’imaginais. Bien plus importante…

Je recommençai mon manège d'observation quotidiennement. Notant mentalement le meilleur chemin à suivre. Je ne voyais cependant pas tout d'en bas, mais je fis pourtant de mon mieux. Parfois, je grimpais partiellement le puits pour vérifier certaines prises ou pour essayer de voir un peu mieux et un peu plus loin. Je finis par attirer l'attention des autres psychopathes. Ils semblaient friands des tentatives d'évasion et j'obtins donc une certaine tranquillité pour mes analyses. Certains venaient tout de même me chercher querelle et je les renvoyais aussi sec valser en me servant de l'enseignement défensif de ma génitrice. Les autres attendaient pour avoir l'honneur de me voir m'écraser au sol lorsque je me déciderais enfin à me lancer. Les paris sur ma tête allaient bon train, mais ils peinaient à trouver des personnes misant sur ma réussite. Normal. Après tout, pourquoi un simple avorton, sortit de nulles parts, réussirait là où tous les autres avaient lamentablement échoué. Puis vint le grand jour -ou plutôt la grande nuit-, je fis mes adieux à mon ancienne famille. Malgré mes protestations, celle-ci me fit promettre de ne pas chercher à les libérer. Si je réussissais mon ascension, il me faudrait fuir aussi vite que possible du pays. Ils le savaient et ne voulaient pas que je commette d'actions inconsidérées. Beaucoup de larmes furent versées lors de cette séparation, mais je dus rapidement reprendre le dessus. Je jouais ma vie cette nuit et il fallait que je sois concentré. Pourquoi le faire dans l'obscurité ? Pour éviter les gardes patrouillant autour de l'ouverture ainsi que le brouhaha effectué par les détenus. Je devais rester le plus discret possible. Cela rendrait donc la montée plus difficile et je remerciai mes années passées tout en bas. Grâce à elles, j'avais une chance. Une unique petite chance de trouver mon chemin. Une unique petite chance d'atteindre la sortie. Une unique petite chance d'échapper aux gardes. Une unique petite chance de goûter à la liberté.

Je fis un dernier adieu à ma génitrice. Me recueillant devant sa tombe. Geste symbolique, elle ne pouvait m'entendre, mais cela me fit du bien de confier mes doutes et mes angoisses avant mon épreuve. Puis, je finis par poser mon pied sur la première prise d'une longue série. Le début se déroula sans problème. J'avais bien le chemin en tête et les endroits où m'accrocher ne manquaient pas. Tout se corsa cependant très rapidement, trop à mon goût... Mes muscles commençaient à tirailler sous l'effort et la privation de nourriture omniprésente dans cet endroit n'arrangeait rien. Je pris donc le temps de me reposer avant la seconde partie. Cette dernière était la section de tous les échecs. De nombreux chemins s'avéraient possibles, mais très peu de sûrs. Il fallait que j'avance prudemment sans pour autant perdre trop de temps. Le soleil ne m'attendrait pas pour se lever. La chute, et donc la mort, me guetta à plusieurs reprises, mais je réussis tout le temps à me rattraper in extremis. L'instant de ce que j'appelais le grand vide arriva finalement. Il s'agissait d'une zone, sans aucune prise, séparant la deuxième partie de la dernière. L'ultime grosse difficulté avant la liberté. La situation était simple. Je me tenais de profil sur une petite plate forme me le permettant. Et une autre, identique, m'attendait à plus ou moins quatre mètres de distance. Je pouvais me permettre de prendre un peu d'élan, mais si j'échouais, je mourrais... J'avais imaginé cet instant des milliers de fois dans ma tête. Étrangement. Tout semblait plus simple d'en bas. Mais je n'étais plus en bas... Les paroles de ma mère défilèrent dans ma tête... En boucle... Plusieurs fois... Puis, je fis le grand saut. Le temps sembla ralentir durant toute la longueur de celui-ci. Je me voyais réussir, puis mourir l'instant d'après, puis de nouveau réussir... Mon destin oscillait entre deux voies bien différentes. Il finit par prendre sa décision et mes mains s'accrochèrent sur le bord de la plate-forme. Je me hissai tant bien que mal avant de m'écrouler sur la pierre froide. Un sourire de satisfaction vint étirer les commissures de mes lèvres. J'avais réussi !

La dernière partie se déroula sans difficulté et je pus m'extraire du puits quelques instants plus tard. J'accordai un dernier regard à ma prison avant de m'enfuir loin du lieu de mon enfance et de mon adolescence. À cause du manque d'action, la sécurité s'avéra laxiste et peu présente. Tant mieux pour moi. Je profitai des dernières heures avant le levé du jour pour fuir le plus loin possible en direction de Mins. Le vent fouettait mon visage. L'air frais emplissait mes poumons. Les odeurs environnantes saturaient mon odorat. J'étais L I B R E !

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:21

Découverte Naturelle…




…Au Soleil.


Je stoppai ma course folle uniquement lorsque mes poumons saturèrent. J'avais mis mes dernières forces dans cet effort et maintenant, mes jambes menaçaient de me trahir. Pourtant, je ne pouvais pas m'arrêter avant de franchir la frontière et trouver une cachette. D'après les dires de mes camarades de cellules, nous n'en étions pas loin. Mais toute chose est relative et croyez moi, dans mon état, le trajet semblait interminable. Je titubais. Je tombais. Je me relevais. J'avançais. La luminosité naissante à l'horizon rendait ma vision totalement floue. Le soleil levant me brûlait la rétine, mes pupilles s'enflammèrent... Ou tout du moins, la douleur ressentie me le fit croire... Puis se fut le noir total. Non, je n'avais pas perdu la vue, juste la conscience. Combien de temps dura mon inconscience ? Près d'une semaine, même si cela sembla bien plus long. Mon esprit errait dans les méandres de mes souvenirs. Je vécus les pires cauchemars de ma vie ainsi que mes plus beaux rêves. Puis, je finis par me réveiller. J'étais bringuebalé au rythme des cahots du chariot. Du chariot ?! Je me relevai brusquement et se fut ma première et unique erreur. Je sombrai de nouveau dans l'inconscience après avoir brièvement aperçu un visage humain. Je fis une seconde tentative plusieurs heures plus tard. Prenant mon temps ce coup-ci et je réussis à me mettre sur mon séant. Le véhicule, dans lequel je me trouvais, avait fait halte à la nuit tombée d'après mes suppositions. J'évaluai brièvement ma santé et je me rendis compte que l'on avait troqué mes guenilles contre une chemise ample et un pantalon qui l'était tout autant. J'avais également été entièrement nettoyé, étrange sensation que la propreté... Mes cheveux, qui tombaient normalement jusqu'en bas de mon dos, étaient maintenant rassemblés en une petite queue de cheval à l'arrière de mon crâne. Mes yeux me faisaient toujours souffrir et ma tête n'allait pas mieux. En palpant mon front, je découvris un gros bandage, signe que j'avais certainement dû me cogner en m'écroulant.

Ce check-up terminé, je me décidai finalement à sortir. Mes premiers pas furent incertains et la faible lueur, distillée par le feu de camp, suffisait à gêner ma vision. Plusieurs silhouettes se réchauffaient auprès des flammes et l'une d'elles finit par m'apercevoir. Ils me demandèrent d'approcher, mais lorsque je voulus répondre, un grognement éraillé sortit de mon gosier asséché. Comprenant assez rapidement mon problème, une femme qui devait avoir à peu de chose près l'âge de ma mère, m'emmena une outre pleine d'eau. Les premières gorgées furent douloureuses, mais assez rapidement, le liquide put couler librement à l'intérieur de mon corps. Une fois rassasié, je leur fis part de la douleur de mes yeux et ils me dirent que ça finirait par passer tout en m'invitant à m'asseoir dans un recoin plus obscur. Ils ne me posèrent aucune question sur mon passé et je leur en fus reconnaissant. Ils se présentèrent et j'en sus donc un peu plus sur mes sauveurs. Il s'agissait d'une caravane de commerçants évoluant entre Mins et Midi. Elle convoyait des ressources de toutes sortes : nourritures, denrées rares, objets magiques... En bref, tout. Une dizaine de chariots la constituaient, et chacun avait son utilité. Pour ma part, je me trouvais en présence des médecins de la troupe. Ils m'avaient trouvé à moitié mort sur le bord de la route, à la frontière entre les deux pays. Plusieurs chariots ne s'étaient même pas arrêtés, me pensant tout simplement mort. Pour leur part, ils avaient voulu en avoir le cœur net. Heureusement pour moi... Ils sous-entendirent vaguement que je ne me trouvais pas loin de la prison sans pour autant insister. Ils savaient et ils me l'avaient fait savoir, cela n'irait pas plus loin. Je continuai mon périple à leur côté, m'occupant des tâches simples mais essentielles avec sérieux et application. Je discutais très peu avec les autres. Malgré toute ma reconnaissance à leur égard ou plutôt à cause d'elle, je voulais partir rapidement. Je ne désirais pas les mettre plus en danger par ma seule présence. Je ne m'étais peut-être pas fait repérer lors de mon évasion, mais je n'en étais pas du tout sûr. Et si un seul des psychopathes m'avait aperçu, je pouvais compter sur lui pour avoir averti les gardiens dès l'aube en échange d'une faveur quelconque.

Malheureusement, ma vue ne semblait pas vouloir retrouver ses pleines capacités. Le savoir-faire des médecins n'était pas suffisant pour me soigner et d'après eux : seul un mage pourrait y arriver. Ils déploraient ce diagnostic. Ils avaient vraiment pensé pouvoir me guérir dans un premier temps, mais aucun de leur soin n'améliorait mon état. Mère Nature ne comptait pourtant pas me laisser tomber. Elle mit sur ma route, ou plutôt sur la route de la caravane, un homme capable de me sauver. Enfin un homme... Pas tout à fait. Il s'agissait, selon les informations que me communiquèrent les docteurs, d'un Druide Félin. Un peuple magique ressemblant au croisement entre un humain et un félin, d'où leur nom... Je suppose... Ils étaient connus pour leur pacifisme et leurs performances curatives. Malheureusement pour moi, toute chose avait un prix et je ne possédais pas suffisamment d'argent pour me payer ses services. Je refusai catégoriquement l'aide financière proposée par les membres de la caravane. Ils en avaient déjà bien assez fait comme ça. Il me restait une alternative à exploiter. En échange de ses soins, je me mis au service du druide. Bien que perplexe au début, il finit par accepter la proposition et soigna mes yeux. Retrouver mes pleines capacités visuelles fut un soulagement certain. J'étais toujours sensible à la luminosité, mais cela venait de ma nyctalopie acquise à cause de ma vie en prison. Il avait donc respecté sa part du marché et il comptait bien me faire respecter la mienne. Il me confia toutes ses affaires et je devins son porteur officiel. Je n'avais aucune idée de la destination où nous allions et suivais le guide sans prononcer un mot. Celui-ci ne l'entendait pourtant pas de cette oreille et commença à me discuter de tout et de rien. Il fut surpris en découvrant mes connaissances sur les plantes tout en étant déconcerté par mon incapacité à les reconnaitre clairement. Avec leur nom, je pouvais lui déballer tout ce qu'il y avait à savoir sur une fleur. Mais identifier une fleur par moi-même, j'en étais tout bonnement incapable.

Et voici comment le Druide Félin se mit à achever la formation entamée par ma génitrice. Comblant mes lacunes pratiques sur la faune et la flore. Tout en ajoutant encore de nouvelles espèces florales ou animales à mon répertoire. Il me parlait également de la Nature avec un grand « N », ses mystères, ses beautés... Cet apprentissage me faisait un bien fou et mes journées passaient très rapidement. Nous marchions. Discutions. Mangions. Dormions. Une vie rêvée après toutes les épreuves traversées. Le druide ne me devait rien, c'était même le contraire. Je lui devais tout. Et pourtant, il semblait décidé à me prendre sous son aile. Un nouvel ami. Un nouveau maître. Une figure paternelle...

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:22

Maitre Renégat…




…Pour Formation Magique.


Je parcourais Mins avec mon Maître depuis près de douze mois. Durant ce laps de temps, j'avais pu combler la plupart de mes lacunes dues à mon enfermement. Mieux encore, il m'avait appris à lire et à écrire. J'avais même dévoré tous les ouvrages de botanique et zoologie possédés par le Druide. Ainsi, je pus, grâce aux illustrations et aux informations contenues dans leurs pages, étendre mes connaissances naturelles à des espèces que je ne verrais peut-être jamais. Nous discutions énormément de toutes mes lectures et mon guide semblait avoir une anecdote à raconter pour chaque chose. Nous avions à présent fait halte dans un chalet perdu au milieu d'une montagne verdoyante. À mon grand étonnement, il me demanda de recommencer à m'entraîner physiquement et prit même les choses en main. Pour un peuple pacifique, il savait se battre ! Je me faisais humilier quotidiennement, gentiment bien sûr, mais il ne laissait aucune erreur passée. Une telle rigueur me poussait à l'excellence ! Ainsi, une routine vit le jour. Le matin était consacré à la théorie. Au développement de mes connaissances. Ou encore à nos grands débats philosophiques. L'après-midi était dédié à la pratique. Au développement musculaire. Au combat. Il m'apprit également à me déplacer silencieusement dans cette nature pleine de pièges bruyants. Nous mettions cette capacité à l'épreuve en tentant des approches sur des espèces sauvages peureuses ou dangereuses. Autant dire que j'étais ravi de retrouver mon lit chaque soir. Une grande confiance réciproque avait également vu le jour en très peu de temps. Il m'avait raconté son histoire, et je lui avais fait part de la mienne. Je ne coucherai pas sur papier un récit qui n'est pas le mien. Le seul point que je puis vous transmettre concerne sa rébellion. Son peuple l'avait exilé pour son manque de pacifisme. En effet, mon maître n'hésitait pas à tuer lorsque la situation l'exigeait. Cependant, si un meurtre peut en éviter des dizaines d'autres, peut-on vraiment considérer cet acte comme criminel ? Si un meurtre peut libérer tout un village, pourquoi le condamner ? Je partageais sa vision du monde qui ne divergeait de celle de ma génitrice que sur cet unique point. Pourtant, ses arguments, et l'histoire personnelle de ma mère, ne pouvaient que me faire adhérer à sa théorie. Certaines vies méritaient d'être prises...

Une autre année s'écoula dans ce quotidien bien huilé. Mon acharnement payait et j'excellais dans presque toutes les activités auxquelles je m'attelais. Pourtant, mon maître semblait attendre autre chose de ma part. Il me confia alors un livre parlant de magie, de la magie des plantes pour être plus exact. Un pouvoir s'appliquant à l'une de mes passions. Incroyable... Je dévorai l'ouvrage dans les plus brefs délais et me mis à expérimenter certains points présents dans celui-ci. Se fut le premier véritable obstacle sur lequel je butai. Mon guide vint alors me montrer le chemin à suivre. Il m'orienta dans mes exercices. Me fit découvrir la méditation. La manière de faire le calme en moi pour me concentrer sur l'essentiel. Mes premiers succès se symbolisèrent par quelques petites pousses. Puis celles-ci devinrent de plus en plus grandes au fil de ma pratique répétée. Je faisais toujours extrêmement attention de ne pas intervenir de manière trop importante dans l'œuvre de Mère Nature. Je me plaisais à faire fleurir des bourgeons plus rapidement que la normale. Ou au contraire, j'accélérais la mort d'un arbre déjà condamné avant que celui-ci n'entraîne d'autres êtres vivants dans sa chute. Je me mis également à fabriquer mes propres graines issues de croisements entre plusieurs plantes déjà existantes. Je redécouvrais les environs de notre chalet sous un nouvel angle. Comme si, pour la deuxième fois, l'on m'avait soigné ma vision. Je comprenais plus que jamais pourquoi ma mère tenait tant à la faune qu'à la flore. Une telle beauté méritait d'être choyée et respectée. Mes méditations duraient d'ailleurs de plus en plus longtemps. S'avéraient toujours plus profondes. Et j'en ressortais toujours plus fatigué. Plus distant. Les discussions avec mon Maître s'avéraient de plus en plus rares. Et tout ceci ne lui plaisait pas. Puis, un matin, il entra dans ma chambre pour mettre les choses au clair. C'est en tout cas ce que je crus.

Mais son discours fut tout autre. Il se mit à me parler de magies dîtes perdues. Il s’agissait d’anciens pouvoirs oubliés à cause de leurs effets secondaires considérés comme trop dangereux. Il m’en énuméra plusieurs : les chasseurs de Dieux ou de Dragons, celle du temps, celle du grand arbre… Puis, il me parla d’une magie perdue « cousine » de cette dernière : Gaïa. Celle-ci pouvait également être considérée comme l’ancêtre de la Magie des Plantes, bien que cela ne soit pas prouvé. Une simple constatation de sa part, rien de plus. En plus du contrôle sur la croissance ou la mort des plantes, cet antique pouvoir permettait à son utilisateur d’extraire, de combiner ou de modeler tous les éléments naturels présents sur cette terre. Les possibilités de créations se révélaient être infinies. Mais ce n’était pas tout. Je pouvais également fusionner avec ces éléments naturels. L’envie de tester tout ceci me poussa à me précipiter dehors, mais mon guide s’interposa. Il restait un point important à aborder : les effets secondaires. Le fait qu’il me parle d’une telle magie n’avait rien d’anodin. Il avait remarqué mon éloignement et mon manque de vigueur de ces derniers temps. Il s’agissait de la première des conséquences contre laquelle il voulait me mettre en garde. L’appel de la Nature. Une utilisation prolongée ou mal contrôlée de cette magie pouvait m’amener à m’éloigner de mes semblables. Une sorte de force invisible me poussant à chercher des endroits toujours plus sauvages tout en me déconnectant de la réalité. Jusqu’à arriver à la deuxième conséquence : ma mort en tant qu’être humain. Une fusion définitive avec Mère Nature. Je devais donc m’assurer de ne jamais manier mon pouvoir jusqu’à l’épuisement ni chercher à découvrir ses limites. Celles-ci me seraient fatales.

Comme à son habitude, mon Maître supervisa mon apprentissage de Gaïa. Veillant à ce que je ne retombe pas dans mon isolement précédent. Veillant à ce que je reste toujours vigilant lors de mes extractions ou de mes fusions. En bref, veillant sur moi comme l'aurait fait un membre de ma famille. Mon entraînement dura pendant encore cinq longues années qui passèrent pourtant à une vitesse impressionnante. Je venais d'avoir vingt-cinq ans lorsque mon Maître m'annonça qu'il n'avait plus rien à m'apprendre. Qu'il était temps pour moi de partir pour suivre mes propres rêves. Il me dit qu'il était très fier de m'avoir eu comme élève. Très fier de m'avoir comme fils. Pour la deuxième fois de mon existence, j'entendis ces mots, et même si les larmes ruisselèrent le long de mes joues, je sus que cet adieu-là n'était pas définitif. Il s'agissait juste d'un « au revoir », je reviendrais le voir ! Je lui en fis la promesse...

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:22

Vadrouille et…




…Premières Armes.


Je partis le lendemain de cette annonce. Mon mentor me fit trois présents toujours en ma possession à ce jour. Le premier fut un simple sac dans lequel je pus mettre toutes les potions que j'avais fabriquées jusqu'à ce jour. Le deuxième fut une ceinture pleine de petites poches, le rangement parfait pour la multitude de graines en ma possession. Le dernier me surprit bien plus que les autres. Il s'agissait d'une paire de couteaux courbes de jolie facture. Je ne les avais jamais vus jusqu'à présent et cela m'étonnait de la part de mon Maître. Lui, qui semblait n'avoir besoin que de son bâton ou de sa magie pour se sortir de toutes les situations m'aurait-il dissimulé des informations ? Un sourire apparut sur son visage. Devant mes yeux écarquillés, il se décida tout de même à éclaircir la situation. Ses armes lui avaient été offertes par quelqu'un de très proche et, après les avoir utilisés un certain temps, il les avait précieusement stockés en attendant la bonne occasion de les ressortir. Je fus touché par cette attention bien au-delà de ce que de simples mots peuvent exprimer. Puis, arriva l'instant du départ. Me retrouver livré à moi-même pour la première fois fut moins inquiétant que prévu. Ma connaissance de la Nature fit que je me sentais partout chez moi. Je dépassai rapidement la zone explorée durant toutes ses années pour véritablement me retrouver plongé dans l'inconnu. Il me fallut un peu de temps pour m'habituer à croiser des inconnus. Mais mon côté social revint rapidement à la surface, me poussant à toujours prendre le temps de discuter avec les voyageurs ou les habitants des villages que je traversais. Je me rendais également toujours disponible pour donner un coup de main à ceux qui en avaient besoin. Ou pour servir d'arbitre dans un litige n'ayant pas lieu d'être. Beaucoup d'hommes, contrairement aux animaux, prenaient plaisir à régler leur problème avec la violence. Alors que la plupart du temps, un compromis s'avérait facile à trouver. Je fis aussi de très belles rencontres, des personnes avec le cœur sur la main. Au sens figuré bien sûr... Mais, je ne restais jamais très longtemps au même endroit, il fallait que j'avance...

Je poursuivais donc inlassablement mon périple. Commençant progressivement à effectuer diverses missions pour mages solitaires. Ayant retenu la leçon enseignée par ma mère, je faisais toujours attention aux quêtes choisies. Je n'avais aucune envie de me mettre au service du « Bien » ou du « Mal » et je me contentais donc d'effectuer celles données par des particuliers. Vérifiant toujours que le but servirait le bien commun et non un seul et unique individu. J'avais également bien appris la leçon enseignée par mon père adoptif et je n'hésitais pas à tuer si la situation l'exigeait. Une telle extrémité s'avérait tout de même assez rare. Pas suffisamment cependant pour que les lames de mes couteaux restent propres. Ainsi, le dirigeant corrompu d'une caserne vit sa vie écourtée. Il faisait payer sa protection aux habitants du village et, en cas de refus, recourait à la force pour arriver à ses fins. Je coupai donc la tête du problème, toujours au sens figuré... Le pauvre bougre mourut d'une intoxication alimentaire. Mon assaisonnement n'avait pas dû lui plaire... Tant pis ! Le chef d'une troupe de brigands dépouillant les voyageurs innocents subit un sort plus ou moins identique. Je ne vais pas vous faire toute la liste, mais ils ne furent pas les seuls. Dans certains cas, je dus également m'occuper de membres inférieurs, mais complices. Cependant, la plupart du temps, la perte de l'acteur principal du problème suffisait à tout régler. Hormis ces quelques pauses, je filais en ligne presque droite en direction du royaume de Fiore. Je voulais découvrir le pays d'enfance de ma génitrice. De plus, j'avais une promesse à tenir... Je devais transmettre les valeurs de ma mère au plus grand nombre. Commencer cette action aux origines de mon histoire me semblait donc logique. J'avais en quelque sorte une revanche à prendre sur les institutions de Fiore...

Une dernière péripétie vint pourtant interrompre mon avancée. Je me trouvais en pleine forêt lorsque je sentis des odeurs de fumée charriées par la douce brise circulant entre les arbres. Je partis donc plein de bonnes intentions à la recherche du camp d'où le fumet provenait pour discuter et avoir un peu de compagnies. Mais il ne s'agissait pas de simples voyageurs comme je l'espérais. Je m'immobilisai à l'entrée de la clairière dans laquelle ils s'étaient installés. Restant bouche bée devant le spectacle se déroulant sous mes yeux. Des braconniers... On ne faisait pas plus pourri que ces gens-là... De nombreux animaux avaient été attachés au niveau des arbres ou enfermés dans de grandes cages métalliques. Comment osaient-ils faire de telles choses ? Pour ma part, je refusais catégoriquement d'ingérer de la viande. Mais je pouvais comprendre les personnes en consommant tant que cela ne tournait pas au massacre et que l'on respectait ses proies. Par contre, le fait de priver des êtres vivants de leur liberté dans le seul but de les revendre au plus offrant me rendait malade. Pour qui se prenaient-ils pour s'approprier leurs vies ? Comment pouvait-on posséder un être avec une conscience propre ? Il n'existait pas de punitions assez fortes pour ces personnes. Je devais cependant les rayer de la surface du globe pour m'assurer qu'ils ne recommenceraient pas. D'autres les remplaceraient peut-être, mais ils subiraient le même sort un jour ou l'autre... Il était de toute manière hors de question que je laisse passer de telles actions sans intervenir ! Je ne cédai pas pour autant à la colère et préparai soigneusement mon plan d'action. Je m'infiltrai dans le camp pour disposer des graines à des endroits précis du terrain. Une fois mon échiquier floral en place, je les fis toutes pousser simultanément. Un nuage soporifique envahit les lieux et tous, animaux compris sombrèrent dans un sommeil profond. Je fis ensuite disparaitre mes créations et attendis que le vent disperse les vapeurs anesthésiantes qui planaient encore sur les lieux. Puis je me mis en action : j'ouvris toutes les cages et détachai les chaînes avant de détruire le matériel des braconniers. Puis, je retournai me percher à l'abri dans un arbre. Le spectacle se déroula à l'aube, alors que tous se réveillèrent en même temps. Je ne vous décrirai pas le massacre qui eut lieu, mais pour faire simple, disons que les animaux eurent le droit à un joli festin pour fêter leur liberté...

Je n’étais pas peu fier de mon coup ! Je patientai encore quelques instants, le temps que tous se dispersent dans la nature environnante, et repris la route. Ou tout du moins je le crus… Un petit cri répété attira mon attention. Il provenait d’un endroit ne devant pas se trouver à plus de quelques mètres du campement principal. Je n’avais pas pensé à explorer les environs et visiblement, au moins un autre animal y était pris au piège. Plus j’avançais, plus le cri s’entendait clairement, celui-ci était tellement déformé par la douleur que je ne pus reconnaitre à quelle espèce il appartenait avant de le débusquer. Je ne saurais expliquer l’avalanche d’émotions qui s’empara de moi lorsque, finalement, je me retrouvai nez à bec avec un griffon…

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:23

À Poils et À Plumes...




… Ma Nouvelle Amie.


Une créature extraordinaire connue de tous pour sa majesté. Dans les livres que j'avais pu lire sur le sujet, il était également dit que les griffons accordaient énormément d'importance au courage et au respect. Celui que j'avais devant les yeux ne devait pas avoir dépassé « l'adolescence ». Il était loin d'avoir atteint les proportions que l'on prêtait à sa race. Pourtant, il possédait déjà une présence impressionnante, intimidante même... Son pelage et plumage se répartissait sur toute une gamme de couleurs. Passant par la plupart des nuances du gris jusqu'au noir sur le haut des ailes et le blanc au niveau de sa tête et de ses pattes. Magnifique... Ses deux grands yeux bleus brillaient d'intelligence tandis qu'il me fixait sans esquisser le moindre mouvement. Je perdis encore quelques minutes en contemplation avant de me décider à tenter une approche. Le début de celle-ci se déroula plutôt bien, ses pupilles azurs me suivaient sans qu'il ne s'agite pour autant. Je continuai donc à évoluer lentement vers son attache jusqu'à arriver à portée de bec ou de pattes... Je récoltai ce jour-là, l'unique cicatrice encore présente sur mon corps. En partie par choix, en partie à cause de sa profondeur et du temps que je mis pour la soigner. Mes réflexes me sauvèrent donc la vie lors de l'attaque du griffon. Celui-ci envoya deux coups de patte, toutes griffes dehors, sur ma personne. Il visait la tête, mais je réussis à suffisamment me décaler pour que seulement l'un des deux m'atteigne au niveau de l'épaule. Douloureux. Très douloureux. Il me fallut quelques instants pour reprendre mes esprits et analyser la situation. Pourquoi était-il passé à l'offensive ? Lui, qui l'instant d'avant paressait si paisible. Mon regard revint se poser sur cette créature qui s'avérait aussi dangereuse que majestueuse. C'est à ce moment-là que je vis la raison de son attaque. Ou tout du moins l'une de ses raisons.

Des gouttes de sang ruisselaient le long de sa patte avant. Je le contournai donc, en restant hors d’atteinte, pour essayer d’avoir une meilleure vue sur la blessure. Celle-ci courait de la face antérieure de l’omoplate jusqu’à la naissance de son aile. Je ne pus retenir une grimace en voyant son état. L’infection l’avait totalement envahie et la putréfaction s’installait lentement. Sans intervention rapide et efficace, le griffon mourrait dans les prochains jours. Je m’éloignai donc en laissant discrètement tomber quelques graines derrière moi. Ces mêmes graines qui m’avaient permis d’endormir tout le campement. Et je réitérai mon opération, plongeant la créature dans un sommeil profond. Je ne perdis pas plus de temps pour intervenir, ne m’attardant pas à le caresser même si l’envie ne manquait pas. Je farfouillai dans mon sac à la recherche de différents onguents de ma préparation avant de commencer le nettoyage de la plaie. Et il y avait du boulot ! L’odeur qui se dégageait à chacun de mes passages ne me rassurait aucunement. Je finis mon intervention en étalant dessus deux pommades : une désinfectante et une apaisante… Je pris également le temps de lui verser dans le gosier une potion énergisante. La cicatrisation risquait de lui demander beaucoup de force et il fallait donc qu’il soit en forme. Je remballai finalement le tout avant de retourner au campement chercher de la viande… Les braconniers m’avaient rendu service en chassant à ma place et m’évitant de ce fait une activité fort déplaisante à mes yeux. J’imbibai chacun des morceaux avec différentes potions de soin. Ne connaissant pas parfaitement la constitution des griffons, je préférais y aller doucement sur le dosage de mes différents produits. M’occupant uniquement de faire passer l’infection et laissant Gaïa faire le reste. Non pas ma magie, la nature… Quand je revins auprès de la griffone, car oui, j’avais eu le temps de voir qu’il s’agissait d’une femelle, celle-ci émergeait lentement de sa torpeur. Elle gronda à mon approche, mais je me contentai de lui jeter plusieurs bons morceaux de viande « assaisonnés » avant de repartir sans demander mon reste.

Je poursuivis mon petit manège durant les jours suivants. Au début, je repartais dès que je lui avais fourni de quoi se nourrir. Puis, petit à petit, je me mis à m'attarder de plus en plus longtemps. J'évitais de trop la regarder et je m'occupais en lisant certains des livres trouvés durant mes derniers mois de voyage. À défaut d'une véritable complicité, nous apprenions à cohabiter. Pas moins de deux longues semaines passèrent avant que sa blessure ne se soit totalement refermée. Puis, le moment vint de la détacher, de lui rendre sa liberté... Ma seule et unique tentative d'approche sans anesthésie se symbolisait par quatre boursouflures encore rougeoyantes. Pourtant, je pris le risque de le tenter à nouveau. Lentement, un pas après l'autre, je me rapprochai de la chaîne la retenant en ce lieu. À nouveau, ses yeux bleus ne me quittaient pas d'un iota, mais je ne me pris aucun coup de patte cette fois-ci. Dès qu'elle fut libérée, elle prit son envol sans plus attendre et disparut derrière la cime des arbres environnants. Je restai admiratif devant cette action tout en lui envoyant mentalement mes adieux. J'avais réussi à la sauver et je ne pouvais m'empêcher de sourire à cette pensée. Un sourire qui eut tôt fait de disparaître lorsque je revins au campement détruit pour récupérer mes affaires. Une dizaine d'hommes m'attendaient de pied ferme. Des collègues ou partenaires des braconniers à n'en pas douter et je m'en voulais de ne pas avoir été plus vigilant. La guérison de la griffone m'avait tellement obsédé que je n'avais même pas prévu cette possibilité. Une erreur que j'allais peut-être payer dans l'instant, selon le niveau de mes adversaires. Après les insultes d'usages, ils passèrent à l'offensive. Je dus faire appel à toutes mes ressources florales pour réussir à tirer mon épingle du jeu. Pourtant, la victoire semblait hors d'atteinte, plusieurs mages de bon niveau se tenaient dans leur rang... Puis, tout bascula... En ma faveur, fort heureusement ! Une ombre massive fondit sur mes adversaires, dégarnissant rapidement l'opposition. Je pus ainsi facilement m'occuper des mages encore debout. Le calme revint finalement sur la clairière et l'ombre atterrit juste devant moi. Elle était revenue me sauver...

Durant l'année qui suivit, nous apprîmes à coopérer jusqu'à devenir fusionnel. Je lui cherchai même un nom, et après plusieurs propositions infructueuses, je finis par tomber juste. Comment je le sus ? Croyez-moi, un griffon n'a pas besoin de mots pour se faire comprendre... Aelys. Elle m'accompagnait à présent lors de mes missions pour me prêter main forte et notre alliance s'avéra autant instructive pour moi que performante dans l'action. Et par-dessus tout, elle réalisa l'un de mes rêves. Moi, l'enfant né sous terre, se retrouvait maintenant à la survoler sur le dos de la plus majestueuse des créatures peuplant ce monde. En toute objectivité bien sûre. Cette activité nous permettait également de nous déplacer bien plus rapidement que je ne l'aurais jamais fait à pied. Ainsi, nous survolâmes la mer du Quan jusqu'à la grande île au nord de Mins, puis jusqu'à la côte Sud du royaume de Fiore. J'y étais enfin. La destination finale de ce long périple... Après vingt-huit ans d'exil, j'étais de retour dans le pays de ma conception...

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:24

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…En Pays Inconnu.


Il nous fallut encore un moment avant de trouver la moindre trace de vie humaine sur les terres dorées par où nous étions arrivés. Aelys me déposa à bonne distance des voyageurs aperçus pour ne pas prendre le risque de les effrayer. Ou plutôt pour ne pas trop me faire remarquer. Je parcourus le reste à pied. Laissant mes mains effleurer doucement la cime des herbes sèches. J'aurais certainement pu redonner de la vigueur à ces dernières, mais elles semblaient s'être adaptées à leur environnement aride. Alors autant les laisser ainsi... Ma rencontre se déroula relativement bien dès que les premiers instants de méfiance furent dépassés. Le vieil homme m'apprit que je me trouvais dans les Steppes d'Ambre. Un nom directement ressurgi de mon passé. Ou pour être exact, du passé de ma génitrice. La chance avait voulu que j'aborde au bon endroit. Enfin la chance... Aelys et moi, nous étions juste contentés de prendre le chemin le plus court. Mais le résultat restait le même. Je ne pouvais pas être mieux tombé. Je lui demandai s'il parcourait souvent ces terres, et suite à sa réponse affirmative, j'enchaînai en le questionnant sur le plus court chemin menant à la Vallée d'Uta. Une fois ses informations récoltées, je remerciai chaleureusement ma carte humaine avant de m'éloigner. Le soleil ayant quasiment terminé sa disparition derrière la ligne d'horizon, je fis halte pour la nuit et Aelys ne tarda pas à me rejoindre, le ventre plein. Elle avait certainement dû se trouver une proie à son goût durant le bref laps de temps de notre séparation. Elle se lova donc en arc de cercle derrière moi et je pus poser ma tête sur son flanc. Son ultime action fut de me recouvrir de son aile avant de sombrer dans un sommeil plus que mérité. Le voyage avait été long jusqu'ici et son repos s'avérait donc plus que mérité. Pour ma part, je restai un moment à observer le ciel étoilé et finis par rejoindre mon amie quelques minutes plus tard, bercé par les battements de son cœur.

L'aube nous trouva dans cette même position, la nuit avait été tranquille et fort reposante. Nous en avions grandement besoin. Nous partîmes assez rapidement chacun de notre côté. Elle, pour se nourrir. Moi, pour effectuer mon entraînement matinal quotidien et également trouver de quoi me remplir l'estomac. Le soleil n'était pas loin de son zénith lorsque nous nous mîmes finalement en chemin. Je grignotai quelques racines tandis qu'Aelys me portait jusqu'à destination. Je longeai les montagnes dans lesquelles ma mère s'était dissimulée au début de sa fuite avant d'arriver à la frontière séparant la région verdoyante d'Uta de celle dorée des Steppes. Nous eûmes besoin de plusieurs rondes aériennes pour finalement distinguer des carcasses de maisons incendiées. Je descendis à terre pour aller explorer les restes du village où avaient grandi mes parents et mes grands-parents. Grâce aux descriptions extrêmement détaillées de ma génitrice, j'étais à peu prêt certain d'être au bon endroit. Cependant mon pèlerinage ne put aller bien plus loin... Il ne restait rien... Je m'attardai tout de même quelques heures, le temps de visiter les différents endroits que ma mère m'avait décri lors de mon enfance. Ces pérégrinations me menèrent jusqu'à une maison perdue dans la nature. Je décidai d'aller frapper à la porte et une femme d'une cinquantaine d'années vint ouvrir. Après les banalités d'usage, je lui demandai si elle avait la moindre idée de ce qui avait pu arriver au village. Elle me dit qu'elle devait avoir un peu plus de vingt ans lorsqu'une escouade de Chevaliers Runique avait débarqué pour s'en prendre à un couple de vieux mages sans histoire. Elle me raconta qu'ils étaient à la recherche de deux mages noirs en cavale qui s'avéraient être la fille et le mari de ces deux anciens. Elle me raconta comment les forces du Conseil avaient exterminé ses trois personnes alors que la jeune femme réussissait à s'enfuir. En bref, elle me raconta une histoire que je connaissais déjà... Le seul scoop fut le fait que les chevaliers avaient brûlé le village suite à leur passage pour « purifier la zone ». Elle sembla cracher ses mots et je compris que tout ceci la révulsait presque autant que moi...

Je la remerciai pour tous ses renseignements en lui demandant préalablement dans quelle direction se trouvait la capitale de ce royaume. Aelys m'emmena à bon port dans des délais records et je découvris enfin la Capitale de Fiore : Crocus. La plus grande ville qui m'avait été donnée de voir dans toute mon existence. J'adhérai immédiatement à l'ambiance générale du lieu. Je voguais d'une boutique à l'autre, d'une taverne à l'autre. Je réussis ainsi à me procurer une carte améliorée d'Earthland ainsi que des informations sur l'actualité du pays. J'appris ainsi que les guildes noires occupaient une bonne partie de l'Ouest et je fis donc une croix sur ce côté-là. On me communiqua également les différents lieux où s'étaient établies les guildes légales. Me bloquant ainsi une autre partie du pays. Je finis par jeter mon dévolu sur les environs du village de Shirotsume. Pourquoi ? Pour sa position centrale. Pour la proximité du Mont Hakobe, me rappelant, la neige en plus, le lieu où j'avais vécu avec le Druide-Félin. Et pour finir, sa localisation centrale dans le royaume. Il me restait cependant un dernier détour à faire. Je devais voir le siège du conseil dans la ville d'Era. Je ne peux pas non plus entrer dans les détails de cette ultime étape. Mais, pour résumé, j'appris les derniers déboires de l'Armée Runique et je fis quelques rencontres intéressantes. Des individus ayant accès à des informations qui pourraient m'être utile à l'avenir. Lorsque mes projets seraient mis en place et que je pourrais entamer la transmission de mes valeurs maternelles à grande échelle... Puis, je laissai derrière moi cette grande ville pour le moment. Il fallait à présent que je me trouve un pied-à-terre, au calme et en pleine nature. Pour que je puisse exercer mes talents tranquillement et qu'Aelys ait des immensités pour explorer, chasser et s'amuser.

Se fut la dernière partie de notre périple. Après des années et des années d'errance, l'idée même de la sédentarité me paraissait bizarre. Certes, avec mon mentor félin, nous avions vécu un bon moment au même endroit. Mais j'avais toujours su que je repartirais un jour ou l'autre pour venir accomplir mon destin dans ce royaume. Je survolai les Flèches d'Argent et ses multiples mines avant d'arriver dans les Étendues de la Félicité. Une région très semblable à celle où ma mère avait vu le jour. Je me voyais très bien vivre dans cet endroit totalement féerique. Et Aelys me fit comprendre qu'elle aussi à l'aide d'un cri perçant. Nous allions être bien ici...

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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:24

Naissance d’un Herboriste…




…Sous couverture.


Des regards méfiants m'accueillirent lors de ma première visite de Shirotsume. Je les ignorai tout en faisant profil bas pour explorer ce lieu où je serais amené à beaucoup me rendre à l'avenir. En soit, l'endroit n'avait rien de spécial si l'on excepte le musée le surplombant. Et encore... Ça restait tout de même très classique comme originalité... Je me renseignai auprès de différents passants sur la possible existence d'un herboriste dans la région. En effet, au vu de l'environnement, c'était l'endroit rêvé pour établir une telle boutique. Je fus donc soulagé que tous m'apprennent que non. Ainsi, j'allais pouvoir m'installer dans le coin et me faire une réputation rapidement. Je décidai même de commencer immédiatement lorsque l'une des personnes interpellées me demanda si je pouvais faire quelque chose pour son enfant. Celui-ci peinait à respirer et ne quittait plus son lit depuis quelques jours. Saisissant cette occasion de me rendre utile, je la suivis jusqu'à sa maison. Mon intervention fut rapide vu que je possédais tout ce qu'il me fallait dans mon sac. Ainsi, je confiai à la jeune mère inquiète un emplâtre de ma composition, à lui étaler sur le torse pour la nuit. Je lui laissai également une potion énergisante pour qu'elle effectue une petite cure de remise en forme avec son enfant. Elle me demanda combien elle me devait et malgré ma réticence à faire payer mes services et à cause de son insistance, nous finîmes par tomber d'accord sur quelques vivres. Lorsque je repartis, elle m'indiqua la maison d'une de ses amies qui pourrait aussi avoir besoin de moi. Je passai ainsi mon premier jour à naviguer d'une maison à l'autre pour soigner divers maux. Des douleurs. Des grosses fatigues. Des plaies. Des infections diverses... Je réussis à vider entièrement mes stocks dès ma première journée de présence. J'en conclus que mes services ne seraient pas de trop pour ce village que les soigneurs semblaient avoir oublié. Finalement, je repartis dans la nature sans une potion en poche, mais avec des vivres pour plusieurs jours ainsi que du gibier que je comptais bien refiler à Aelys...

Il ne me restait plus qu'à me trouver un endroit où m'établir. Et pour ça, rien de mieux que les abords des montagnes de Yu. Nous finîmes par repérer un joli coin. Pas trop loin au nord du village, mais suffisamment pour notre tranquillité. Une petite forêt sans prétention qui, avec un petit coup de pouce, pourrait reprendre un peu d'ampleur. Un immense arbre mort retint mon attention. Dès que je le vis, je sus que je voulais m'installer en son sein. Aelys me déposa donc devant lui et je pus entamer mon travail de modelage réparateur. Assis en tailleur devant ce géant végétal, mes deux mains vinrent se poser sur son écorce, mes yeux se fermèrent, et je pus commencer. Je me mis d'abord à la recherche des parties encore vivantes. Puis j'appliquai mon pouvoir pour accélérer leur développement tout en donnant une forme bien particulière à la repousse. Il me fallut plusieurs jours de travail non-stop pour arriver au résultat voulu et malgré la fatigue, je fus extrêmement satisfait par celui-ci. Une porte, créée à partie du bois mort, clôturait mon habitation au pied de l'arbre. À l'intérieur du tronc, j'avais façonné une grande pièce centrale pour me servir de laboratoire ou stockage, ainsi qu'un étage privé. J'avais ensuite fabriqué tout un tas de meubles avec les restes du bois agonisant de l'arbre. Pour finir, la cime de ma nouvelle maison dissimulait à l'intérieur de son feuillage une plate-forme d'atterrissage ainsi qu'une entrée pour Aelys. Celle-ci pouvait donc descendre, même si à mon humble avis, elle préférerait rester à l'extérieur et je serais le seul à utiliser le passage en question. Une plante « ascenseur » se chargeait de me monter ou de me descendre de la chambre de ma griffone. Il me plaisait bien notre nouveau chez-nous !

Je n'avais cependant pas le temps de finasser, et après une nuit de repos loin d'être suffisante pour récupérer, je repartis avec mon amie explorer les alentours et les montagnes nous surplombant. Je fis de nombreuses haltes durant le voyage pour extraire différentes substances utiles à la création de mes potions. Je refis également le stock de graines. Reconstituant mon arsenal magique avec les croisements habituels, mais également en récupérant du sang neuf pour mettre au point de nouvelles techniques. Le coin était riche en plantes aux propriétés diverses, si bien que je réussis rapidement à me reconstituer un stock conséquent. Une telle activité n'arrangeait pas ma fatigue, mais je n'avais pas le choix, il faudrait bientôt que je retourne à Shirotsume pour poursuivre le travail entamé. Je restai donc vigilant à l'Appel de la Nature tout en ne me ménageant aucunement. Cette opération fut répétée plusieurs jours d'affiler jusqu'à ce que je puisse me créer une serre sauvage rassemblant toutes les plantes que j'utilisais couramment. Autant pour mes potions, que pour mes onguents, mes emplâtres, mes poisons ou même mes graines... La salle principale de mon habitation fut bientôt remplie de tout ceci et lorsque la place vint à manquer, j'en déduis que j'avais suffisamment rechargé les stocks pour ralentir la cadence. Je retournai donc au village dès le lendemain pour prendre des nouvelles de mes patients. Certains avaient totalement guéri, d'autres étaient sur la bonne voie. Pour ces derniers, je renouvelai mon traitement et ensuite, je m'occupai des nouveaux cas. Le travail ne manquait véritablement pas et une fois de plus, je repartis avec les bras chargés de vivre. Ce rituel se répéta plusieurs fois par semaine pendant plusieurs mois et je finis par bien connaitre une bonne partie des habitants du village. Ceux-ci me saluaient et nous discutions de tout et de rien. Du temps. De leur famille. De leurs petits problèmes... Il me prenait tous pour un simple herboriste sans soupçonner une seule seconde mes pouvoirs. Ma couverture était en place...

J'appréciais énormément le contact avec ces personnes ainsi que mon activité de soigneur. Pourtant, il était temps pour moi de passer à l'action. De commencer mon travail de l'ombre pour guider le royaume vers la lumière. Je fis un aller-retour à Crocus pour m'acheter un lacrima de communication ainsi qu'un vêtement d'anonymat. Je profitai également du voyage et de mes derniers achats pour recruter des indics dans les villes principales. Une bonne partie de mes économies acquises lors de mes missions à Mins passa dans ces embauches. Mais au moins j'étais sûr de ne rien manquer de l'actualité principale du Royaume. Ils avaient tous comme consigne de me contacter à différentes heures de la nuit pour me faire un rapport quotidien. A quel nom ? Rising Wolves…


Dernière édition par Aldaron Voronwë le Mar 7 Juil 2015 - 23:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques Aldarienne Lun 6 Juil 2015 - 0:25

Les Agneaux Tremblent…




…Lorsque les Loups se Soulèvent.


Se fut lors de mon retour de cette expédition que je rencontrai mon premier défi à Fiore. Dans ces mêmes montagnes minières que j'avais traversées plusieurs semaines auparavant sans rien apercevoir. Ce coup-ci, mon attention fut attirée par la lueur d'une multitude de petites torches. En pleine nuit, en vue aérienne, ce n'était pas très discret. Mais cette position devait être plutôt bien camouflée pour une personne se déplaçant au sol. Ma curiosité se réveilla et Aelys nous posa un peu en surplomb de la zone repérée. Le vent balayant les pics enneigés charriait les braillements des hommes situés en dessous. J'enfilai mon blouson nouvellement acquis, tout en plaçant un bandeau blanc devant ma bouche afin de déformer ma voix. Puis, je remis en place mon sac, ma ceinture ainsi que mes couteaux. Mon instinct me hurlait que j'aurais à m'en servir... En effet, on ne travaillait pas en pleine nuit, en plein milieu des montagnes, avec un temps pourri si l'on n'avait pas quelque chose à se reprocher. Aelys repartit pour faire des rondes aériennes et n'interviendrait qu'en cas de problèmes. Et croyez-moi, avec sa vue perçante, elle couvrait parfaitement mes arrières. Je me concentrai donc un instant pour me fondre à l'intérieur de la terre recouverte de neige. Mon déplacement intra terrain m'emmena jusqu'au campement des clandestins. Ma tête émergea d'un croc rocheux me permettant ainsi d'obtenir une vue parfaite de la situation. Une vision dont j'aurais pu me passer sans problème. Je venais de trouver une filière d'exploitation minière avec une main d'œuvre toute particulière : des esclaves... Vous vous rappelez mon petit discours sur le fait que personne ne peut posséder un être vivant ? Lors de ma découverte des braconniers à Mins ? Alors, ça ne sert à rien que je le refasse... Autant vous dire que voir des dépouilles d'hommes, de femmes et d'enfants en guenilles au milieu de ce froid me révulsa... Et, tandis que d'autres devaient toujours trimer comme des forcenés à l'intérieur, les sentinelles esclavagistes s'empiffraient au coin du feu... En gueulant et riant à gorge déployée...

Le groupe de gardiens se séparait en fait en trois sections de dix comme je l’appris lorsque le roulement eut lieu. La première était chargée de la surveillance des travailleurs à l’intérieur de la mine. La seconde mangeait, se divertissait, vaquait à ses occupations. Et pour finir, la troisième dormait. Plutôt bien organisé leur système. Trop, pour qu’ils en soient à leur coup d’essai… Malheureusement… Je me faufilai donc sans plus attendre jusqu’à l’intérieur de la grotte, et je me désolidarisai de la roche avant de consommer trop d’énergie magique. Ma capuche bien rabattue sur mon visage pour dissimuler mon identité, je me terrai dans un obscur recoin pour empoisonner la lame de mes deux lames courbes. Pour ce faire, j’utilisai un mélange combinant des effets paralysants et venimeux. Ainsi, ma victime ne pourrait pas émettre le moindre bruit ou esquisser le moindre geste jusqu’à ce que la mort l’emporte. Je les lançai sans plus attendre sur mes deux premières cibles qui surveillaient l’entrée du tunnel, assis sur deux grosses caisses. Mes deux armes se plantèrent entre les omoplates des deux hommes et j’intervins assez rapidement pour éviter que mes victimes ne s’écroulent. Je les calai dans leur position actuelle pour qu’il ne bouge pas, même lorsque la paralysie aurait cessé, et que le dernier souffle de vie aurait été expiré. Pour les huit autres dispersées dans les tunnels, j’utilisai une plante grimpante qui aimait tout particulièrement agripper ses proies au niveau de la gorge jusqu’à l’asphyxie. Je fis part aux esclaves croisés de mon intention de les libérer, et leur demandai de garder le silence et de rester ici jusqu’à ce que je revienne les chercher. Il me restait encore deux tiers du travail à accomplir. Je regagnai donc l’entrée de la mine, récupérant au passage mes deux couteaux, ceux-ci avaient eu le temps de terminer leur œuvre et je les rengainai pour le moment. La solution la plus simple aurait été d’éliminer les groupes un à un lors de leur passage ici, mais cela faisait attendre bien trop longtemps… Il me fallait un autre plan…

La section endormie était, en théorie, facile à éliminer, si l’on exceptait sa proximité avec l’autre. Je ne pouvais que difficilement intervenir sans que les gardiens réveillés ne s’en rendent compte. Et l’inverse était tout aussi juste. Il me fallait une diversion, ou non, encore mieux… Je me fondis à nouveau dans la terre pour remonter sur les hauteurs et Aelys me rejoignit dans l’instant. Ensemble, nous nous rendîmes vers le sommet surplombant, non pas la mine, mais l’endroit de repos des sentinelles. Le fait qu’ils aient positionné leur campement dans un creux m’offrait une ouverture. Je pouvais déclencher une avalanche bien plus en amont pour les recouvrir entièrement, ils ne pourraient s’échapper. Leurs morts pourraient même passer pour un accident… Il fallait juste que je revienne à temps pour boucher l’entrée de la grotte. Je pouvais compter sur Aelys sur ce point, les pics de vitesse, elle connaissait fort bien… Il n’y avait pas d’hésitation à avoir. Je lançai des graines pour faire pousser des plantes au tempérament explosif. Celles-ci bombardèrent le haut de la montagne tandis que je filai comme une flèche sur le dos de ma griffone. Elle me largua au-dessus du campement et j’amortis ma chute à l’aide d’un coussin végétal avant de me précipiter à l’intérieur de la mine. Laissant au passage une semence bien particulière. J’accélérai plus que jamais sa pousse jusqu’à ce qu’un mur verdâtre ne vienne emplir tout l’espace. Et voilà, plus qu’à attendre que la neige cesse de glisser et nous pourrions ressortir. Je profitai de ce laps de temps pour soigner au mieux les esclaves présents ici. Je leur confiai également des potions qui leur permettraient de se réchauffer ainsi que d’autres énergisantes afin qu’il puisse rejoindre leur village sans problème. En effet, ils m’apprirent que les hommes, que je venais de définitivement neutraliser, les avaient capturés dans un hameau situé à quelques heures de marche de ce lieu. Ainsi, ils pourraient regagner leur lieu natal et reprendre leur vie normalement. Je pris également ce qui semblait être le chef du village à part pour lui donner la possibilité de me joindre en cas de problème… Rising Wolves…

Pour finir, je libérai tout ce beau monde à l'aide d'une plante particulièrement friande des matières molles telle que la neige. Celle-ci dégagea un espace suffisant pour que tous puissent sortir. Puis, ils me remercièrent avant de se mettre en route. Je les regardai s'éloigner jusqu'à ne plus apercevoir la moindre silhouette, je fis alors le signe pour qu'Aelys vienne me rejoindre. Il était, en effet, trop risqué pour elle d'apparaitre aux yeux de tous, d'autant plus qu'elle en avait aucune envie. Enfin, je dis pour elle... Non. Plutôt pour notre couverture. Si jamais, un jour, on me repérait alors que je me trouvais avec elle « en mode » simple herboriste, il ne fallait pas que l'on puisse me rattacher à de tels actes. L'anonymat restait la meilleure des armes pour mes actions. Cependant, si je continuais à ce rythme, il me faudrait d'autres bras. Je ne pouvais me charger de tout le royaume à moi seul. Il allait falloir que je recrute, que je trouve de nouveaux loups solitaires. Prêts à rejoindre la meute du soulèvement...




Et voici le récit de mes trente premières années. Pour la suite, il me faudra d’abord la vivre, pour pouvoir ensuite la coucher sur papier.
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