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PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1

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Isalia Whitestorm

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MessageSujet: PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1 Ven 12 Aoû 2016 - 17:16



jude ft isalia
- peur du vide



Elle s’était réveillée dans le petit parc. Il y avait des enfants qui jouaient autour d’elle et ça faisait comme un rêve qui défilait dans son esprit et dont elle était l’auteur impuissant, figé, impuissant, plaqué au sol. Elle était restée là de longues minutes, peut-être même plusieurs heures. Elle avait contemplé longuement la courbe qu’avait fait le soleil dans le ciel, la formation parfaite des nuages. Elle n’avait pas pu bouger, penser à autre chose, les yeux à demi-plissé.
Elle n’avait même pas pensé à comment elle avait atterri là. Elle avait erré de longues minutes, titubant entre les jeux pour enfants, le portique grinçant, le grand toboggan décrépi, erré dans le jardin aux senteurs, sur l’herbe et sous ces grands arbres qui faisaient comme une tonnelle au-dessus d’elle. Elle n’aurait pas su dire combien de temps elle était restée à contempler les petits voiliers naviguer lentement dans l’eau claire du grand bassin.
Le temps n'était plus qu'un cercle infini dans lequel elle se perdait copieusement. Elle aurait pu voir la nuit tomber sans la différencier avec les chauds rayons du coucher du soleil.
Elle avait un gros vide dans son esprit comme si celui-ci avait été évidé brusquement et n'avait laissé qu'un triste contour autour d'une plaie béante. Les contours étaient toujours saignants et en s'interrogeant elle-même, elle ressentait cette vive douleur à la poitrine.
Elle serait restée là pour toujours si elle n'avait pas été trouvée par le garçon qui était resté longtemps assis sur le rebord du bac à sable. De loin, il semblait à la fois effrayant et terriblement juvénile et innocent. Il était resté longtemps là à la regarder et elle était persuadée qu'il était là depuis bien plus longtemps qu'elle ne l'imaginait. Il s'était approché d'elle allongée comme une princesse de conte de fée endormie et il avait joué avec ses cheveux. Elle avait pris peur, mais s'était calmée instantanément en croisant son regard turquoise. Elle s'était perdue dans ses iris profonds et comme hypnotisée, s'était relevée pour se blottir contre lui. C'était quelque chose de naturel, un geste qu'elle avait fait sans y penser vraiment et elle était restée là contre lui en pensant à embrasser l'inconnu qui lui caressait le dos doucement. Elle s'était perdue dans ses bras et ne distinguait que des formes floues à travers ses larmes. Elle ressentait une douleur à la poitrine de plus en plus forte, mais l'étreinte de l'inconnu et la nuit comme un manteau autour d'eux commençaient peu à peu à la rassurer. Puis il y eut la voix. La première voix qui s'adressait à elle, cette voix, cette voix grave et apaisante, cette voix qui instantanément la tira de sa réalité factice pour un retour brutal dans l'univers réel du parc. Un parc minuscule, fermé la nuit après le couvre-feu, qu'ils étaient donc en train de violer, un parc formé d'une grande pelouse - sur laquelle ils se tenaient -, d'une fontaine et d'un coin pour enfant. La voix lui indiquait la place et la réalité des choses, la nature et la fonction et peu à peu, elle se retrouvait ancrée dans un monde qu'elle avait cru pouvoir refuser aisément.

- Isalia... Isalia ... Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Il y avait eu la mission, puis ses erreurs, puis Jude pour lui faire souvenir à quel point sa vie avait basculé depuis quelque mois. Pour lui faire souvenir qu'elle avait oublié et que c'était l'enfer dans sa tête.
Et puis ce baiser, pour lui dire, ne me lâche plus jamais.
Puis la culpabilité. De tout. Du sang, de ses lèvres contre les siennes.
De la légitimité de son existence même. 
Isalia (c) 16

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Dernière édition par Isalia Whitestorm le Mer 24 Aoû 2016 - 11:18, édité 3 fois
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Jude Sakkaku

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MessageSujet: Re: PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1 Ven 12 Aoû 2016 - 18:14



jude ft isalia
- peur du vide



Il l’avait trouvée dans le petit parc alors que le soleil rendait ses derniers éclats. Elle était allongée sur le sol sans tenue, de façon négligée, parfaitement immobile, ses longs cheveux de jais épars autour de sa tête, telle une gracieuse princesse de conte de fées. Mais ces contes étaient pour enfant et elle semblait morte. Les derniers rayons du couchant illuminaient Crocus de cette douce couleur orangée tirant sur des nuances plus sombres et plus roses, et c’était comme si son petit haut tout blanc lui avait semblé rouge, rouge sang et l’angoisse de Jude était montée d’un coup. Il ne voulait pas la voir morte comme ça, il ne voulait pas la retrouver morte après tout ce temps dans cette même ville aux fleurs après le petit pont de pierre, la voir le ventre ensanglanté. Il ne voulait pas lui dire adieu, enterrer sa dépouille comme un ami fidèle, le seul à pouvoir le faire. Il avait appelé, plusieurs fois, une fois, deux fois, le nom de la jeune fille. Il n’avait obtenu que le retour du vent dans les feuilles, et la lointaine rumeur de la ville le soir. Il s’était dit dans une lueur d’espoir ; ce n’est pas elle, elle ne peut donc pas réagir à mon appel, mais avait préféré vérifier, en espérant que la jeune fille ne prenne pas peur.
Elle avait ses yeux grands ouverts, un regard de poisson mort fixé dans le vide, des cheveux sales, de grosses cernes et des traits tirés sur un teint pâle et cadavérique, des mains tordues et des pieds nus devenus gris. Sa tenue était négligée, vêtements boueux, couverts de poussière là où ils n’étaient pas déchirés, et surtout tachés de sang. Il avait retenu son souffle, paniqué en la voyant dans cet état, mais les narines de la jeune fille bougeaient doucement, cherchant l’air, inspirant, expirant, tout son corps vivait, sa poitrine, ses jolies lèvres, ses mains crispées. Elle était en vie, mais comme morte. Elle se laissait mourir comme un chien privé de ses maîtres, ou comme une Isalia privée de ses souvenirs. À cette pensée, il ressentit une grosse vague de culpabilité et chercha à faire quelque chose, la sauver, la prendre dans ses bras, mais il se sentait incapable de faire tout ça, avait peur de la faire fuir une fois de plus. Il était persuadé d’avoir pu passer à autre chose, mais ce n’avait été qu’une illusion. C’était trop pour lui. Il avait alors juste joué avec ses cheveux, en l’appelant doucement.
Et puis elle s’était alors subitement agrippée à lui et ça avait fait un effet bizarre de l’avoir toute proche dans ses bras. Ils étaient restés longtemps là jusqu’à en avoir des crampes dans les bras et dans les jambes, jusqu’à ce que la nuit tombe et que la lune et le ciel étoilé remplacent le soleil brillant dans le ciel. Elle n’avait toujours rien dit, et lui n’avait rien ajouté.
Elle l’avait embrassé subitement, comme si elle le désirait furieusement. C’était plutôt comme si elle cherchait à se raccrocher à la réalité, comme si elle avait subitement peur de le perdre, peur de perdre ce contact humain, cette chaleur humaine vitale à sa survie.
Elle s’était éloignée directement de lui, comme confuse.
Il était intimement persuadé qu’elle ne savait pas à qui elle s’agrippait
Et puis elle s’était mis à parler. Sa voix était toute fluette, pas sûre d’elle et elle semblait terriblement vulnérable. C’était des propos décousus et dont il avait du mal à suivre le sens logique.
Il ne semblait pas y avoir de début. Il avait cette obsession, avec la maison en flamme en fin de mission. Une maison à protéger plus que tout, pas tant pour le bâtiment, mais pour les enfants. Trois enfants qui tenaient un immense pouvoir, fruits de modifications génétiques contre leur gré. Des enfants dont les parents inquiets qui avaient dû s’absenter avaient eu besoin d’elle pour les garder, de peur qu’un mage noir vienne effectuer le sale boulot qu’ils craignaient tant depuis des années : les abattre comme de simples cibles, des monstres sans âme. Elle répétait que c’était des enfants comme les autres, justes un peu à part, adorables, qui avaient juste cette sale magie trop puissante en eux qui leur pourrissait leur enfance. Il avait du mal à suivre ce qu’elle disait, c’était comme s’il lisait ses pensées, un flux sans fin de paroles dont le rapport les unes aux autres demeurait un mystère.
Elle s’était reprise à plusieurs fois pour prononcer le nom de quelqu’un « Sanri… Senchi… ». Quelqu’un qui était en effet venu briser ces enfants. Puis elles s’étaient mise à délirer sur la maison en flamme, les cris qui résonnaient dans sa poitrine, ceux si pur des enfants qu’elle avait été incapable de protéger, et ses sentiments, sa colère, ses erreurs, le piège grotesque dans lequel elle était tombé, et encore sa colère, puis le coup final, contre lequel le mage avait été impuissant, et encore le sang, le sang, les flammes et le sang.
Et puis le petit parc.
Réveillée comme dans un songe dans ses bras.
Son cou semblait s’être brisé en arrière dans ses bras. Sa tête pendait, rien ne la retenait plus. Elle ne bougeait plus non plus. Il n’y avait que la douce brise pour faire encore agiter ses cheveux.
Isalia (c) 16

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Isalia Whitestorm

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MessageSujet: Re: PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1 Mer 24 Aoû 2016 - 11:13



jude ft isalia
- peur du vide



Et puis il y avait encore ce cauchemar. Mais c’était peut-être la réalité après tout. Il y avait ces gens, qui lui confiaient la mission avec un sourire. Deux parents aimants, et leurs enfants, trois têtes blondes pleines de vie. Un peu plus et elle se souvenait de leur nom, de leur âge et de leurs personnalités. Elle se souvenait encore néanmoins du timbre grave du père, lorsque les enfants s’étaient décidés à sortir jouer dans le jardin. « Ils ont été modifiés génétiquement par des gens qui s’intéressaient de trop près aux effets de la magie sur les êtres humains » De ces soupirs, de ces regards fuyants et gênés. « Guilde noire. On les a récupérés, heureusement. Dans un sale état. Mais vous vous doutez bien qu’ils ne les laisseront pas s’évanouir dans la nature comme ça » Et ce mot « Potentiel » « Leur potentiel » et puis « Vous comprenez » « Prenez en soin » « Important ».
Une porte qui claque, et la solitude, face à trois enfants un peu spéciaux dans une énorme bâtisse vide, aux couloirs labyrinthiques, située en haut d’une falaise non loin de la capitale aux fleurs.
Il y avait cette scène gravée dans sa mémoire, qui repassait en boucle en rêve devant ses yeux. Ça commençait avec ce bruit d’un poing contre la porte, de parquet qui craque sous des pieds lourds. Et cet homme dont elle ne souvenait à peine du visage. Il faisait noir et elle connaissait la voix. Elle l’associait à ce prénom « Senji ». Elle l’avait déjà rencontré et ça avait mal fini. Elle ne l’aimait pas. « Traître » soufflait la voix. Mais « ami de la famille » disait « Senji ». Elle s’était quand même méfiée. Les enfants étaient introuvables. Même le bruit de leurs voix n’était plus audible à travers le manoir. Elle avait servi du thé. Il promenait son regard partout.
En retournant dans le salon apporter les tasses, il avait disparu.
Elle avait lâché le plateau. Le bruit de porcelaine brisée résonnait encore dans sa tête comme un terrible fracas de son esprit. Elle s’était mise à courir avant de sentir la fumée. Elle s’était précipitée, avant de voir les premières flammes au tournant d’un couloir, pas loin du cœur du bâtiment, où se situaient les chaudières. Elle comprit assez vite qu’en cherchant une potentielle faille dans ces lieux, le nouveau venu avait trouvé assez vite qu’il y en avait beaucoup trop pour pouvoir les dénombrer. Le manoir tombait en ruine, c’était quelque chose qui l’avait frappée en arrivant, le vieux bois était rongé par les mites et l’humidité s’infiltrait de partout. Le système de chauffage de la maison était vieux et déréglé. Volontairement ou non, en voulant tester, il avait dû déclencher un incendie qui l’arrangeait très certainement.
« Morts ou vifs » Ils auraient bientôt réussi leur quête, ces mages noirs, scientifiques déraillés.
Elle avait compris à ce moment qu’elle était coincée au pied du mur. Les enfants étaient introuvables. Elle n’avait même pas essayé d’éteindre le feu. Les retrouver était sa priorité, car l’ennemi risquait de se servir de l’incendie comme diversion pour les récupérer. Elle ne savait pas s’il était le seul, ou si d’autres l’accompagnaient.
Mais elle était piégée à l’intérieur de ce dédale. La maison se refermait sur elle. Elle ne pouvait rien faire, impuissante, incapable de retrouver son chemin et les enfants dont le mutisme était encore plus effrayant que de potentiels hurlements de terreur. Elle sentait l’énergie de l’ennemi. Elle était toute proche. Il était à quelques pas devant elle. À défaut de pouvoir retrouver les enfants, elle pouvait se débarrasser de lui en premier. Une colère rouge montait en elle. Elle associait le fiasco de sa mission à ce mage. Le feu, les enfants introuvables, le labyrinthe, tout avait fait grimper sa colère à un point sans retour. Elle avait beaucoup de fierté et détesterait rater cette mission. Alors si elle pouvait abattre au moins un mage noir, en rayer un définitivement de Fiore prouverait que quelque chose dans la mission n’avait pas foiré. Elle avait été terriblement en colère. Ça montait depuis son ventre, son estomac, là, ça bouillonnait à en faire mal, ça remontait dans sa poitrine, dans ses poumons, la pression était trop lourde et ça lui donnait envie de hurler, mais tout restait profondément enfoui à l’intérieur de ses entrailles. C’était lorsqu’elle était montée jusqu’à sa gorge puis lorsqu’elle avait commencé à voir rouge que c’était devenu absolument insupportable. Elle n’avait jamais ressenti ça. C’était peut-être l’instinct de survie qui se déclenchait et avait des effets disproportionnés dans son cas. C’était peut-être aussi la sourde angoisse à l’idée d’échouer une mission, une mission qui impliquait des enfants pour qui enfants l’espoir se déclarait, l’idée de trahir la confiance de parents inquiets et celle de sa guilde en tant que mage de rang S influent dans la guilde. Honte, angoisse, colère. Elle n’acceptait pas sa défaite. Une chaleur montait dans la maison depuis les caves, une fumée épaisse qui ne faisait qu’aider sa colère à se développer. Il y avait comme une haleine montant des cuves, et elle se sentait de plus en plus mal. Elle dressa un mur de vent qui la protégerait contre les agressions de la maison qui s’enflammait progressivement. Et c’est au détour d’un couloir qu’elle le vit. Il n’était qu’une silhouette au milieu de la fumée à travers son bouclier de vent, mais il apparaissait nettement dans son champ de vision. Il traquait les enfants. Il avait dû sentir sa présence, et s’était retourné, prêt à l’affronter. Elle n’avait pas souhaité lui laisser le temps de se préparer. Elle l’avait attaqué sans bruit, sans prévenir, envoyé un sort de rang S dès la première attaque sans chercher à lui laisser la plus petite possibilité de se défendre. Elle avait brisé toutes les valeurs qu'elle défendaient en ne respectant pas les règles du combat loyal qui lui était si chères. Elle s’en moquait. Le monde était devenu entièrement rouge, et ce n’était pas à cause des flammes, qui n’avait pas atteint cet étage encore. Elle voyait du sang.
Malgré le fait que cette attaque avait propulsé l’homme à terre, elle avait continué à s’acharner sur lui à grand renfort des sorts les plus puissants qu’elle connaissait. Elle n’avait même pas fermé les yeux. Elle ne l’avait pas touché, pas écouté. Il n’était qu’une cible, qu’un animal à abattre, de la viande de boucherie. Elle s’en foutait de ses raisons. Elle ne voulait pas entendre la vérité, sa vérité. Elle ne s’était arrêtée que lorsqu’elle a commencé à sentir les flammes crépiter derrière son dos, que lorsque ses mains étaient couvertes de sang et qu’elle avait mal dans tout son corps à force de s’être acharnée. Elle avait laissé tomber sa barrière de vent. Elle avait juste enjambé le cadavre et l’avait laissé en proie aux flammes. Elle avait cherché et appelé les enfants. « RAPHAËL ! RAPHAËL ! » Oui, c’était le prénom de l’ainé. Et puis il y avait aussi « CAMILLIA, CAMILLIA » Ces noms sonnaient faux. Ce n’étaient pas leurs noms. De même pour le plus jeune. Elle avait hurlé un « GABRIEL, GABRIEL » qui ne semblait pas appartenir à celui qu’elle cherchait. Elle avait dû atteindre le dernier étage à présent. C’était peut-être le grenier et elle devait se baisser pour avancer sous les poutres. Le feu n’avait pas atteint l’ultime étage de la demeure, mais elle entendait le craquement du bois de la maison en train de se consumer doucement. Doucement, le feu emportait le vieux manoir et la fumait l’asphyxiait. Elle avait fait le tour de la maison et n’avait pas vu la moindre trace des enfants.
Elle ressentait une grande lassitude.
Son énergie magique était au plus bas. Elle ne pouvait plus continuer. Elle se sentait vidée de tout sentiment humain. Elle ignorait s’il fallait qu’elle éprouve des scrupules en cette situation ou juste essayer d’avancer normalement. Elle ne savait pas si elle devait abandonner ou continuer à chercher les enfants jusqu’au bout.
Tout était allé trop vite. Elle se sentait perdue. Elle n’était plus que quelque chose de seul qui errait sans but, une coquille vide.
Des cris ambigus résonnaient encore dans sa tête lorsqu’elle s’était laissée tomber par la fenêtre à travers les flammes. Impossible de savoir s’il s’agissait de rires ou de hurlements.
Elle avait échoué.
Isalia (c) 16

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Jude Sakkaku

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MessageSujet: Re: PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1 Dim 28 Aoû 2016 - 0:55



jude ft isalia
- peur du vide



Il l’avait ramené dans sa planque. Pas à l’auberge, non, l’auberge de Dark Dragon était un endroit qui ne conviendrait pas à une jeune fille chère à ses yeux dont il se sentait responsable. Il détestait cet endroit, bien trop sale, trop miteux, avec trop de personnes haïssables à ne pas croiser. Non. Depuis qu’il avait trouvé cette planque, il dormait beaucoup moins à l’hôtel de la guilde, et avait ainsi par la même occasion bien moins de raisons de traverser la grande salle, à part pour décrocher une mission sur le panneau de guilde. Il détestait croiser le regard de ses compagnons d’infortune. Il détestait leur œil lourdement posé sur son dos, les messes basses et les sales coups qui semblaient se préparer dans chaque esprit mal tourné de ces gens malsains. Ce qui le dérangeait le plus, c’était de se souvenir qu’il était comme eux, peut-être même pire. C’était de se rappeler qu’il ne valait pas mieux qu’eux et était coincé dans cette condition. En trouvant cette planque après une mission, ce vieil entrepôt à quelques kilomètres de Crocus, près d’une usine désaffectée, il avait trouvé un refuge durable et fiable lui permettant d’échapper à sa condition et au reflet de lui-même que lui livraient les autres. C’était beaucoup trop effrayant de se sentir entouré par ces gens-là, trop effrayant de leur appartenir. Cet endroit semblait sain, derrière sa façade. Il espérait ne pas l’avoir souillé par son intrusion. Il lui semblait que c’était un endroit parfait pour y déposer Isalia et attendre juste qu’elle reprenne ses esprits et retrouve sa perception du monde.
Le lieu était quasiment inaccessible depuis l’extérieur. Il était totalement embarrassé par les herbes et la verdure qui reprenaient leurs droits sur les lieux. Il fallait se démener dans les ronces et les hautes herbes qui cachaient des créatures sur lesquelles on n’était pas spécialement enthousiaste de tomber, ou prendre un meilleur chemin, le chemin privilégié par lequel Jude avait eu la chance de tomber, où il s’était trainé à moitié mort il y a de cela un peu plus d’un mois. Il fallait contourner passer derrière des grands arbres à la lisière du bois dont les branches basses et les hautes racines cachaient un chemin qui longeait tout l’entrepôt et menait à une ouverture assez large pour pouvoir passer en rampant. Mais avec Isalia dans les bras, ce chemin était impossible à faire, car il fallait se baisser très bas à plusieurs reprises voire presque ramper près du sol. Il préféra prendre sur lui en la protégeant dans ses bras tout contre son cœur et affronter la végétation touffue et dangereuse, le piège des ronces et des créatures imprévisibles.
À l’intérieur, on était immédiatement surpris par les dimensions des lieux. L’entrepôt s’étendait sur environ une centaine de mètres de longueur et de largeur et la voûte en faisait bien une vingtaine. Une sorte de mezzanine en fer faisait tout le côté ouest de l’entrepôt. On pouvait y accéder par une échelle étroite en fer. Depuis ce balcon, on pouvait surplomber la totalité du gigantesque hangar. La voûte était entièrement vitrée, tout comme la façade sud, de cet étrange verre opaque qui ne laissait entrevoir le monde qu’en ombre chinoise. Des fenêtres de ce même verre faisaient le tour du dépôt à partir du premier étage. Malgré cet aspect imposant et majestueux, l’ancien entrepôt était une ruine. Manquant cruellement d’entretien, il était sale et poussiéreux, et beaucoup de ses fenêtres étaient en morceaux, laissant entrer l’air trop froid ou trop chaud de l’extérieur. Le vieux bois de la gigantesque porte au nord était rongé par les insectes et l’humidité. Des objets d’un ancien temps, comme des vieux mécanismes ou de vieux moyens de locomotions incomplets trônaient çà et là tels des reliques. Jude s’était souvent amusé à retrouver leur utilité ou à essayer de chercher un moyen de les réparer. Il avait longuement contemplé les vieux engrenages d’antan et la peinture écaillée des carrosseries si parfaites jadis. Maintenant, il contemplait le visage de la petite brune endormie, inquiet pour sa santé mentale. Il avait installé un matelas et ses effets personnels à l’étage et l’avait délicatement installée dessus. Il doutait de l’hygiène de son installation précaire mais avait la douce impression de lui avoir trouvé un lieu en sécurité. Il caressait son front et jouait avec ses cheveux en attendant son réveil. Il n’osait pas s’installer à côté d’elle dans le lit, bien qu’ils eussent été extrêmement proches.

Elle se réveilla enfin. Elle semblait sortir d’un autre monde, mais il voyait au fond de ses yeux qu’elle était lucide, enfin. Elle le reconnaissait. Se souvenait de tous ses délires, sur la mission, le feu, l’échec. Elle savait que tout ça n’avait pas été qu’un cauchemar. Elle n’avait pas l’air paniquée. C’était autre chose.
Jude ne savait pas quoi lui dire, comment l’aider, la réconforter. Il n’avait pu que lui demander :

- Comment tu te sens ?


Et elle de répondre dans un murmure :

- J’ai l’impression de mourir.


Isalia (c) 16

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Isalia Whitestorm

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MessageSujet: Re: PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1 Lun 29 Aoû 2016 - 0:22



how does it feel?
- feels like dying



Un plafond de verre. Une rampe en fer forgé rouillée. Un bruit d’eau qui tombe goutte à goutte, tout près d’elle. Une vive lumière. Une odeur d’humidité. Une caresse au réveil, toute douce, sur son front et ses cheveux. Un sourire familier. Un endroit qui aurait pu être réconfortant.
S’il n’y avait pas eu ces prise de conscience directe de la réalité.
La mission. Le feu. Quatre morts. Jude. Jude. Jude.
Un sentiment d’angoisse grandissant dans sa poitrine.
Elle ne pouvait plus respirer, son cœur battait à toute vitesse. C’était intenable.
Elle se releva d’un coup, attrapa la main de Jude et la serra très fort en fermant les yeux, la tête baissée. Le sentiment était insupportable. Ce qu’elle avait fait… Elle prit sa deuxième main, en recherchant désespérément un peu de chaleur humaine. Les jointures de sa main avaient blanchi.

- Quatre ! J’ai tué quatre personnes Jude. Jude, Jude ! Comment j’ai pu faire ça ? Comment c’est possible ?

Elle pleurait, ses propos devenaient confus. Elle continuait, des sanglots étouffés dans sa voix.

- Quatre, un pauvre mage et trois enfants… Trois enfants ! J’ai brisé une famille qui venait à peine de se construire. Réduit en cendres leur vie. Ils me faisaient confiance. J'ai empêché la réalisation de tous les rêves d’un homme libre. Brisé toutes mes valeurs de mage de rang S. Je ne peux pas revenir à Fairy Tail. Il doit y avoir un dossier de plainte suffisant pour que je finisse en prison, humiliée, avec une amende énorme. Je suis déchue. Je ne mérite plus ma place, ni mon rang.

Il l’avait juste serrée dans ses bras, et ne disait rien. Il la berçait tout doucement, tandis qu’elle lui racontait à nouveau l’histoire. Ses propos étaient moins désordonnés que la veille et sa voix plus claire. Elle avait cessé de pleurer, elle était seulement en colère, en colère contre elle, contre sa réaction. Elle se détestait. Elle s’en voulait à mort de ne pas s’être contrôlée correctement. De ne pas avoir cherché correctement les enfants. D’avoir laissé entrer ce type. Elle serrait Jude comme si sa vie en dépendait. Elle tremblait.

- Isalia, avait-il murmuré. Isalia, tu n'as pas tué les enfants. Mais dans tous les cas, on ne pourra pas ressusciter les morts. Ni revenir en arrière. Mais on peut avancer. Trouver un sens à tout ça. Trouver un moyen de te racheter. Tu ne dois pas rester dans cet état-là. Quelque chose dans tout ça m’échappe. Je suis persuadé que tu n’as pas à t’en vouloir autant.

Il l’avait fixée un instant, tandis qu’elle avait plutôt détourné le regard. Elle ne disait rien. La jeune femme se sentait responsable de tout ces morts.

- Jude… C’est pas tout. Depuis quelque temps… C’est comme si mon esprit ne répondait plus à mon appel. J’oublie d’une minute à l’autre tous mes souvenirs, les gens et tout ce qui m’entoure. Je deviens une étrangère à moi-même. Je ne sais plus qui je suis, ni ce que je suis sensée faire. Je ne peux pas assurer mon rang de mage de rang S à Fairy Tail correctement. Je ne suis plus moi-même, tu vois ?

Il avait blêmi un instant. Elle savait que c’était lié à son sort, quand ils avaient été gamins. Elle ne voyait pas comment ça avait été possible, mais ne voyait pas d’autres solutions.

- Jude, dis-moi … Tu sais ce qu’il se passe ?

Isalia (c) 16

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MessageSujet: Re: PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1 Lun 29 Aoû 2016 - 0:26



jude ft isalia
- peur du vide



Il se sentait tout d’un coup très blême, très faible. Comme si toute trace de motivation avait été annihilée à l’intérieur de lui. Il savait. Bien sûr que oui, qu’il savait. Il le savait avant même que les effets secondaires ne se déclenchent dans la tête d’Isalia. Il savait qu’elle allait devenir folle, toute seule, sans savoir ce qui arrivait à son cerveau, à ses souvenirs, à sa tête. Il se répugnait d’avoir lancé un sort aussi bancal à plusieurs reprises sur Isalia. Il ne maîtrisait absolument pas ses runes à cette époque-là, et ignorait alors que ce sort aussi puissant censé protéger la jeune fille contre elle-même allait la ruiner définitivement.
Il devait lui dire, tout lui expliquer. Puis réparer tout ça. Lui-même. Quel que soit le temps que ça allait prendre. Il avait déclenché tout ça, et s’il ne faisait rien, elle allait finir par mourir, tuée par elle-même, sa plus grande crainte.
Isalia était assez puissante pour s’en sortir avec n’importe quel ennemi. Pour survivre contre n’importe quelle créature. Assez forte pour se défendre, pour avancer courageusement et pour protéger les siens.
Mais contre elle-même, elle était totalement impuissante et démunie. Elle ne pourrait rien faire. C’était ce qu’il craignait depuis toujours. Détruite. Détruite par elle-même.

- C’est de ma faute, Isalia. Je n’ai pas osé t’en parler. J’ai appris ça il y a quelques années, en voulant en apprendre plus sur ma propre magie. Ce sort est instable sur le corps humain. Il commence dès à présent à se réveiller en toi et à déclencher toute sortes d’effets secondaires sur toi. Pour le moment, il prend pour cible tes souvenirs, mais bientôt, ce sera au tour de ta perception du monde, puis de propre identité. Si on ne fait rien… Si je ne fais rien… Il te détruira, Isalia. Tu finiras par te tuer toi-même.


Il leva la tête vers le grand plafond de verre. La lumière leur parvenait à travers ce verre opaque. Il ne voyait que la silhouette des arbres au-dehors. Elle ne disait rien, sa tête était toujours baissée vers le sol. Elle devait encaisser le choc. Il se jurait à lui-même qu’il ferait quelque chose pour ça. Qu’il ne la laisserait pas mourir. Il jurait sur tout, sur sa propre vie s’il le fallait. Il n’allait pas la laisser partir, et laisser tomber cette fois-ci.

- Jude … Qu’est-ce que je vais faire, Jude … ?

Ses yeux avaient perdu de leur éclat. Elle était passée du désespoir à la colère, puis à la désinhibition totale.

- Tu vas me suivre. On va rester ensemble, tous les deux. On va trouver un moyen. Je te soignerais. Je ne te laisserais pas mourir !

Il avait hurlé ces derniers mots. L’écho de sa voix résonnait à travers l’entrepôt vide. Et il se sentait déterminé. Déterminé à faire ce qu’il devait faire cette fois-ci. Il la sauverait. Par n’importe quel moyen.

Isalia (c) 16


PART 2 } #NE PAS SE RETOURNER

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PEUR DU VIDE { Isalia ft Jude #1

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