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Prenons de la hauteur...

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MessageSujet: Prenons de la hauteur... Sam 14 Sep 2013 - 11:25

C'était une douce soirée printanière à Magnolia... Il y faisait bon, et un petit vent frais mais agréable y soufflait.
Depuis ma rencontre avec Isalia j'essayais d'être le plus heureux possible, sans me faire trop d'amis, néanmoins...
J'avais entendu dire que pendant quelques semaines une immense fête foraine magique s'installait à Magnolia. Je n'avais jamais vraiment aimé ce genre d'endroit mais bon... C'est surtout que je n'y avais jamais posé le pied!
Alors que je déambulai dans les rues afin d'accéder à la Grand-Place, je vis des enfants accompagnés de leur parents faire le chemin inverse. Tous avaient des étoiles dans les yeux, riaient à gorge déployée et tenaient dans leur petite main une barbe papa pétillante qui venait d'elle-même dans leur bouche, ou bien encore une pomme d'amour... Vraiment amoureuse de la personne qui la mangeait!
Quand je leur souriais gentiment ils s'en allaient rapidement, l'air inquiets. Peut-être les effrayai-je, avec mes yeux gris au regard perçant et mes cheveux bizarres, toujours de deux teintes différentes...
Ce soir là, comme tout les autre depuis quelques jours, ils étaient de cette même couleur bleu pâle que lors de cette fameuse rencontre sous le ciel étoilé... En l'honneur de la magicienne de Fairy Tail j'essayais de posséder le plus souvent une magie de glace... 
Cette fois-ci elle était accompagnée d'un pouvoir bizarre et très difficile à contrôler qui me donnait des cheveux blancs (oui blancs, imaginez le paradoxe!) et me permettait de commander aux phénomènes météorologiques...
Pas très pratique pour lancer des petits sorts de magie "utilitaire"!

  J'étais donc après quelques minutes de marche dans les rues piétonnes et animées de Magnolia arrivé sur la place centrale où se trouvait la fête.
Elle comportait évidemment des stands de confiseries mais aussi des "tirs à la magie", des montagnes russes sans rails où les wagons étaient animés par cette même magie et n'en faisaient qu'à leur tête, des labyrinthes magiques dont les murs changeaient d'emplacement toutes les dix secondes et où on pouvait marcher sur un piège, là encore, magique qui nous mettait en apesanteur pendant une minute ou bien qui pouvait augmenter notre vitesse de sorte qu'à chaque pas on fonce dans un mur... Mais surtout, surtout, il y avait la grande roue!
Véritable joyau d'amusement et de beauté elle culminait à une centaine de mètres du sol et était si haute, disait-on "qu'on pouvait y voir jusqu'aux frontières de Fiore".
Je m'y dirigeai, slalomant entre les joyeux adolescents et les enfants surexcités. Toute cette animation et cette joie de vivre, me mettait du baume au cœur, la gaieté me gagnant un peu plus à chaque pas.
 
  Une fois arrivé devant la roue lumineuse qui brillait de mille feux, je remarquai une écriteau : "Cette attraction fonctionne par magie, elle ne consomme donc pas d’électricité. Pour 50J un accès illimité vous y sera donné."
C'était logique, on ne paie pas la magie...
Je donnais donc cinquante joyaux au guichet et m'apprêtai à monter dans une de ces cabines de verre (du sol jusqu'au plafond!) où une rambarde intérieur en faisait le tour, permettant ainsi aux clients de s'y appuyer.
La roue s'immobilisa et les portes s'ouvrir me laissant entrer.
L'attraction se remit en route.
M'élevant petit à petit je remarquai que les dires sur cette merveille était vrais : Cliver et Onibus étaient visibles. Seule une petit partie du royaume était "caché" par une chaîne de montagnes où se trouvait le mont Hakobe.
Je m'avisai que je souriais tout seul et alors que j'arrivai au point culminant de la grande roue, je m’empressai de rejoindre l'autre côté d'où je pourrais voir Oark, Crocas et même Akurio.
Sauf que...
Pour la première fois depuis le début du tour, je remarquai le jeune homme à l'air un peu blasé au fond de la cabine, du côté où je voulais aller.
Je m'arrêtai brusquement. Il me dévisageai bizarrement, la tête légèrement penchée sur le côté.
Il y avait quelque chose d'étrange chez lui, mais je n'aurais su dire quoi...
Il consentis alors à ouvrir ses lèvres :

-...

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Jude Sakkaku

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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Mer 18 Sep 2013 - 18:19


Des ruelles sans fin, sombres, seul résonne le bruit assourdissant de la pluie. Claudiquant sous l'eau venue des cieux, sans abris où me réfugier, errant depuis des jours pour une fichue mission qui me rapporterait peut être de quoi vivre. Où étais-je, où allais-je ?
Aucune importance. Après tout, n'avais-je pas toute ma vie ?

Il avait cessé de pleuvoir.
C'était une ville marchande près d’un grand fleuve permettant les échanges avec tout le pays. Le climat était océanique, le vent marin envoyait ses bourrasques glaciales, annonciatrice de la pluie, qui soulevait les feuilles des arbres d'un air de dire que l'orage était loin d'être terminé.
Les gens qui avaient commencés à ressortir rentraient déjà chez eux, me laissant seul dans les rues sombres. Les volets claquaient dangereusement. Mon manteau noir était trempé, et j'étais glacé jusqu'au os, mais je m'en foutais.
Plus rien n'avait d'importance, même la vie ne comptait plus.
J'en avais assez d'errer sans but réel.


Il y avait des affiches placardées partout. Elles vantaient une grande fête forraine dans une ville voisine. A Magnolia, étais-ce écrit en lettres capitales. Venez participer à l'extraordinaire fête magique le 10 septembre. C'était aujourd'hui il me semble.
J'ai vite oublié cette information et je suis allé m'acheter un sandwich au poulet et une pomme avec de l'argent volé à un passant belliqueux qui m'avait regardé d'un air méprisant une heure auparavant. Il devait bien regretter son regard à présent -enfin- je doute qu'il ne le puisse encore.

Je me suis dirigé vers la sortie de la ville marchande sans vraiment savoir où j'allais. Le sandwich n'avait aucun goût dans ma bouche, mais je l'ai mangé en entier et j'ai fourré la pomme rouge dans ma poche.
Mes pas m'ont menés à Magnolia, et je suis rentré dans la ville au coucher du soleil. le ciel était rose et j'avais l'impression qu'il se foutait de moi a être aussi beau et lumineux. Le contraire de ce que j'étais.
Je suis arrivé sur la place principale. Tout était lumière et bruit. Il y avait du monde, trop de monde, trop de gens heureux et riants, des gens sans souci de cette saleté de vie que je traînais comme un fardeau.

Il y a quelque chose que je n'ai pas compris ce soir là, venant de moi même. Pourquoi, moi, haïssant le la foule et les explosions de joies qui me dégoutaient étais-je resté à la fête ? Pourquoi étais-je monté dans cette maudite grande roue ?
Des gens poétiques et rêveurs auraient dit insouciamment que c'était un coup du destin, moi je n'y croit pas. Comment une idée que je méprise pourrait elle me porter chance ? Et en quoi ce qui m'attendait pour être considéré comme "de la chance" ?

Je suis entré dans l'attraction, insensible aux voix qui se bousculaient dans ma tête, ai ignoré le règlement sur la devanture, ai payé ses joyaux au vieil homme à l'entrée et me suis engouffré dans une des cabines de verre.
Tout était lumière et beauté, je n'avais pas ma place ici. Cette ville, tout ces toits étaient beaux, trop beaux pour moi, pour ce que j'étais, j'étais une tâche dans ce monde parfait.

Des souvenirs sont remontés à la surface, lancinants, déchirants, et j'ai fermé les yeux, étouffé par la violence du passe, titubant au souvenir d'une voix, cette voix tout droit sortie des rêves.
Comment oublier ce couloir sombre, ces sanglots étouffés dans le noir, cette silhouette recroquevillée dans l'obscurité ? Comment ne pas se souvenir des ses immenses yeux bleus ?

- Je te jure que je te sortirais d'ici un jour. Fais moi confiance. Je te guiderais.
- Pourquoi prends tu tout ces risques pour moi, Jude ?
- Tu mérites d'être libre ! Plus qu'eux.


Je les haïssais, pourquoi elle non ? C'était sûrement pour ça que je l'admirais et l'aimait de tout mon cœur. Rien au monde ne pourrait me faire changer d'avis.

La ville défilait sous mes yeux, de plus en plus petite dans un monde de géants.

- Cours ! Isalia, sort d'ici, soit libre ! Cours...!

Ses yeux bleus étaient emplis de larmes. Les plus belles du monde.

- Tu m'avais promis. Tu m'avait promis de me guider dans ce monde, je ne saurais jamais me débrouiller à l'extérieur !

J'ai fermé les yeux, chassant le sourire de celle que j'avais tant aimé.
"C'est fini à présent. Tu lui as volé ses souvenirs, elle a du reconstruire sa vie sans, c'est normal !" C'est faux ! C'est faux...!
Malgré tout mes efforts pour ne pas y croire, la voix avait raison, terriblement raison. Je l'ai enfermé dans un coin de mon esprit où je ne pouvais plus l'entendre, mais elle revenait sans cesse.
Tais-toi !

Tout ce qu'elle voulait, c'est que tu lui dises.
Tu ne lui as pas dit.


Elle avait encore une fois raison. Je pouvais toujours tout tenter pour la faire taire, mais tout était trop vrai. Je ne lui avait jamais dit, cette soirée, que je l'aimais. Sans ces deux simples mots, il était normal que toutes belles paroles tomberaient dans des Eaux troubles.
Elle aimait quelqu'un déjà, et aveugle comme j'étais, j'avais mal choisi mes paroles et je n'avais fait qu'achever de la convaincre que mon amour ne valait rien.
J'étais misérable, non ? Reverrais-je un jour ses yeux bleus pétillants de joie ? Mon cœur s'est serré douloureusement, et des larmes de rage et de frustration ont menacé de couler sur mes joues, brisant l'image du garçon fier que j'étais. Étais-je comme cette paroi de verre, insensible en façade, vide et creuse à l'intérieur, ou comme un cristal faible et impuissant en son cœur ? Plus que tout, je me sentais chétif et précaire. Il me suffisait de faire face à mon passé pour éclater en sanglots.  Qu'étais-je réellement ?
J'avais envie de crier contre le monde, de maudire toute cette joie qui m'entourait, pourquoi n'y avais-je pas doit ?!

Une énergie semblable à celle d'Isalia se répercutait sur les murs de la cabine de verre, présente et écrasante, tandis que les souvenirs se dissipaient comme un mur de brume. Comment avais-je pu ne pas la reconnaitre ?

Je me suis retourné mais ce n'était pas Isalia qui se tenait devant moi, mais un garçon étrange au regard sombre mais pourtant heureux.
Comment une telle contraste pouvait-elle- régner dans une seule paire d'yeux ?
Il y avait quelque chose de tellement étrange, à commencer par la témérité d'entrer dans la même cabine que moi sans sentir l'aura de mort qui m'entourait, tant il était aveuglé par un bonheur vaporeux.
J'ai voulu tout savoir, mais, pour cela je devais à tout prix le toucher pour faire fonctionner mon pouvoir. Il fallait que je m'approche, mais comment ?
Il avait des cheveux bleus clairs avec des mèches blanches comme la neige, des yeux gris pétillants et une énergie semblable à la sienne.
Non... c'était la sienne. Je ne savais pas comment c'était possible, mais il allait payer pour l'avoir approchée.
Pourquoi lui avait-il volé ? Pourquoi, à elle !?

- Pourquoi lui as tu volé ?

Ma bouche s'est ouverte, sourde à l'avertissement de la voix, et sans que je m'en rende compte, j'avais prononcé cette phrase à voix haute.
Tant pis. Il paierait au final, et sa finirait comme d'habitude.
Dans les Ténèbres auxquelles je suis voué.

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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Dim 22 Sep 2013 - 15:16

- Pourquoi lui as tu volé ?


  C'est ce que l'étrange jeune homme avait dit. En fait, on eut plutôt dit que ça lui avait échappé. Mais bon, le plus bizarre c'était le contenu de ces paroles...
Volé? Volé quoi? 
Qu'est-ce qu'il voulait que j'aie volé celui-là?
Et à qui?
Il pensait que j'avais dérobé quelque chose à quelqu'un qu'il connaissait?
Bon après tout c'était assez probable... Peut-être parlait-il d'informations que j'aurais glané à une personne de sa connaissance...?
Non. Il n'aurait pas réagit si vivement dans ce cas-là.
Et d'ailleurs qu'est-ce qu'il lui faisait penser que moi j'avais volé quelque chose?
C'était une belle soirée qui s'annonçai pourtant et me voilà dans une petite cabine de verre avec pour seule compagnie un fou. 
Bon... Au lieu de me poser tant de questions, je devais peut-être tout bêtement lui demander... 


- Excuse-moi mais je ne vois pas de quoi tu parle.... Qu'est-ce que j'aurais volé selon toi? Et à qui? le questionnai-je d'un ton cassant, mon regard se durcissant.


  Comme plus ou moins tout le monde, j'avais horreur d'être accusé de quelque chose que je n'avais pas fait...
A mes paroles, le regard bleu-vert de l'inconnu s'assombrit encore plus. En fait, ce regard était assez dérangeant... Transperçant... Comme si, en un regard, ces yeux pouvaient tout savoir de vous.
Ses traits, bien que fins, m'évoquaient irrésistiblement ceux d'un démon... Le genre de démon qui aurait séduit de jeunes filles naïves avant de les assassiner...
Mais j'étais bien conscient que l'étrange jeune homme n'en était pas un, bien qu'il ait vraiment un air un peu mystérieux, à la limite du démoniaque.
Il me dévisageait toujours.

  Soudain, un claquement métallique sec se fit entendre. La vitesse de la roue ralentit et notre cabine tangua dangereusement nous faisant bouger dans tous les sens à l'intérieur. Dans les cabines voisines, quelques personnes avait poussé des petits cris, mais, quant à nous, nous continuâmes à nous défier du regard.
Mais une deuxième secousse plus forte que la première intervint. dans le même vacarme nous nous bousculâmes un peu trop facilement...
Quand le jeune homme m'effleura, je sentis une brève sensation bizarre... Comme une... Intrusion.
Un tourbillon de souvenirs récents remontèrent...
La forêt, la nuit étoilée, Isalia, son sourire, ses larmes... 
Le flot de souvenirs, s'arrêta un moment sur cette dernière.
Le bonheur résiduel de cette expérience, la jeune fille émerveillée.
Puis les images se brouillèrent dans mon esprit, comme si elles bouillaient de rage.

  Quand je revins à moi-même, la cabine s'était immobilisée.Nous étions coincés pour un bout de temps, semblait-il.
Du sommet de la grande roue, on pouvait réellement apercevoir tout Fiore. Les ragots étaient bels et bien fondés...
Mais je n'étais plus d'humeur à apprécier la poésie du moment.
Plus du tout en fait. Le bonheur diffus dans lequel je baignai avait été chassé comme de la brume sous un coup de vent.
Mon expression changea sûrement. Je rivai mes yeux dans ce personnage qui me paraissait de plus en plus sinistre...

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Jude Sakkaku

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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Mer 25 Sep 2013 - 18:24


- Excuse-moi mais je ne vois pas de quoi tu parle.... Qu'est-ce que j'aurais volé selon toi? Et à qui?

Je l'ai dévisagé d'un air dur et froid. Il me fallait m'approcher et le toucher. Les réponses que j'attendais, il ne me les donnerait sûrement pas, il fallait que j'aille les chercher moi même. J'étais en colère, une colère noire qui brouillait mon âme, et pesait mon cœur.

Un craquement sinistre se fit entendre, puis des secousses ébranlèrent la cabine.
J'ai pénétré le regard de l'inconnu et je l'ai défié d'un air mauvais, malgré la perte d'équilibre due au tangage inattendu de la cabine. Des petits cris aigus se firent entendre. Du coin de l'oeil, je pouvais voir la cabine inférieure à travers la plateforme de verre. Une jeune femme blonde habillée en vert s'est jetée dans les bras du jeune homme qui l'accompagnait avec un petit son apeuré.
Que les humains sont faibles ! Ils ont toujours besoin qu'on les protège.
La cabine a de nouveau été secouée. Plus violemment, cette fois, tant et si bien que je me suis retrouvé sur l'étrange garçon.
Pendant un court instant, j'ai pu sonder son âme et lui dérober quelques souvenirs. J'ai arraché de son Esprit un moment cher à ses yeux, le seul souvenir, les autres ayant été soustraits à mon pouvoir défaillant.
J'ai vu des Étoiles. Une pluie d'Étoiles filantes. Un sourire... Ce sourire que j'aurais tant aimé revoir, saisir et emmener au fond de moi même pour ne jamais l'oublier. Cette cascade de boucles brunes aux reflets océan, ces yeux innocents et purs, ceux d'un enfant émerveillé par la beauté des astres.
Je les ai vus à travers son regard. Qui sait ce qu'il lui avait fait ! Il avait volé son aura de joie, ...

La cabine s'est immobilisée. On allait être coincés pour un bout de temps. Brisant le sortilège, j'ai été projeté contre la paroi opposée.
Il allait payer. J'étais envahi par une rage sourde, et je tentais désespéramment de me calmer. Il fallait que je fasse un point sur ma situation actuelle, ou j'aurais tôt fait de tuer l'inconnu, sans avoir pu lui soutirer les informations qui me permettraient d'avoir une piste, un sentier même infime.
Nous dominions la ville, du haut de notre cabine de verre, au point culminant de la grande roue, perdus au milieu des autres prisons de verre, de tout ces gens paniqués. Pourtant, j'avais l'étrange impression d'être seul avec l'inconnu, suspendu aux nuages par un fil invisible, tel les Dieux contemplant leur monde, soupirant en voyant ce qu'il était devenu.

Je me suis laissé glisser à terre, les yeux mi-clos. J'ai retiré mon manteau d'un geste sec. On étouffait ici, les derniers rayons du soleil couchant chauffaient la cabine et l'air était chaud et lourd. Ça s'arrangerait à la tombée de la Nuit, du moins je l’espérais.
Ma chemise était en lambeaux, noircie par endroits et sale. Je l'ai retiré, tant elle collait désagréablement à ma peau. J'étais en débardeur, et mes bras étaient nus, laissant voir la marque noire de ma guilde sur mon épaule gauche.
L'inconnu a posé les yeux dessus. Je n'ai pas réussi à cerner son expression. Sûrement de la stupeur. Pourquoi avais-je rejoint cette guilde au final ? Je la haïssais, elle, son maître et ses membres.

- Isalia... On sortira ensemble d'ici. Tout les deux, je te guiderais. Je te le promet.

Et moi ? Qui me tireras d'ici ? Qui me sauveras de cette guilde ? A qui pourrais-je faire confiance ?

- Il te suffit de lever la tête...

J'ai fermé les yeux vers le ciel, citant cette phrase puisée dans la mémoire du garçon.

- Le ciel était inondé d'étoiles, comme ses yeux. Pourquoi lui as-tu volé son énergie magique ?

J'ai percé le regard de l'inconnu. J'y lirais sûrement la vérité. Ce qui n'étais pas visible se trouve sûrement derrière sa pupille de verre argenté...
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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Dim 29 Sep 2013 - 12:49

L'inconnu se laissa glisser sur la paroi de verre. Il enleva son manteau. C'est vrai qu'il faisait chaud... L'effet de serre commençait à se faire sentir dans notre cabine. Il ôta aussi sa chemise qui s'apparentait plus à un torchon déchiré, noirci et couvert de tâches qui provenait d'on ne sait où.
Le jeune homme se trouvait maintenant en débardeur. Et sur le haut de son bras nu... 
La marque de Dark Dragon! 
Il appartenait donc à la même guilde qu'Elen et son camarade de l'île... Fuyuki me semble-t-il...
Bref, aucune importance, il était membre d'une guilde noire et ça ne me plaisait pas vraiment.
- Il te suffit de lever la tête...


Il avait mimé ces paroles, levant lui-même les yeux vers le firmament qui se trouvait rouge-orangé. Cette phrase... C'était Isalia, la fille sur laquelle il s'était attardé dans mes souvenirs. Cette phrase... C'était un peu celle qui m'avait le plus marqué en cette autre nuit. Elle avait été le "déclencheur". Cette phrase... Était devenue une sorte de doctrine dans ma vie... Un fil rouge plutôt.
Un guide.


 Le ciel était inondé d'étoiles, comme ses yeux. Pourquoi lui as-tu volé son énergie magique ?



Il sonda mon regard, il tenta sûrement de regarder derrière mes yeux, de regarder à travers les "fenêtres de l'âme" au vu de cette lueur perçante dans ses propres iris.
Mais ce n'était malheureusement pour lui pas possible... J'avais fermé les "volets" puis je les avais peints. J'étais impénétrable. Comme je l'avais si bien fait pendant de longues années. Il ne verrais que ce que je voudrais bien lui faire voir. Ma façade de glace se reforma et se figea en un sourire énigmatique.
- Dis-moi... Tu connais Isalia. Tu appartiens à une répugnante guilde noire et tu m'as l'air tout sauf bon. Il n'y aucune bonté en toi. Ça se voit à des kilomètres... Je ne vois pas vraiment notre chère amie commune être amie avec des gens aussi noirs que toi..., commençai-je à déclamer.
Je m'interrompus quelques instants... Elle m'avait bien traité en ami alors que les ténèbres régnait aussi dans mon cœur... 
Oui, peut être, mais il subsistait quand même quelque chose de chaud et lumineux sous cette couche de glace noire. Lui était complètement perverti...
Un être sombre, tout droit venu des Ténèbres.
Le fruit des Ténèbres.

- Donc, tu ne peux être qu'une seule personne... Le fameux jeune homme qui s'est laissé dominer par ses Ténèbres... Jude, annonçai-je. Comment peux-tu me blâmer de l'avoir rencontré alors que ton fantôme, c'est évident, la tourmente chaque jour?! crachai-je en secouant la tête.
Il tressaillit. Je lui lançai une de mes étoiles froides sans donner de raison. Il l'attrapa sans trop s'en soucier. Je lui expliquerai à la fin de notre conversation, suivant le résultat. Il fallait que je ravive en lui sa volonté. Sa volonté de rédemption.
Il me déplaisait grandement mais je voulais bizarrement l'aider... 
Je repris :
- D'ailleurs, je ne lui ai pas volé son aura de Lumière... Elle m'en a imprégné...

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Jude Sakkaku

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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Mer 2 Oct 2013 - 19:45


- Dis-moi... Tu connais Isalia. Tu appartiens à une répugnante guilde noire et tu m'as l'air tout sauf bon. Il n'y aucune bonté en toi. Ça se voit à des kilomètres... Je ne vois pas vraiment notre chère amie commune être amie avec des gens aussi noirs que toi...,

Dark Dragon était une guilde sombre et pervertie par les Ténèbres, mais je voyais bien ce garçon pacter avec eux pour des desseins encore plus sombres.
Pourquoi y étais-je rentré, d'ailleurs ? Pour vendre mon âme et cesser de souffrir. Quel crétin. Tout être, même dépourvu de sentiments, peut souffrir d'une manière ou d'une autre. J'ai beau me persuader que ce dont je me souviens ne sont que des souvenirs, que je suis une bête sans cœur, il me suffit de penser au sourire d'Isalia pour que le verre fragile se brise. J'en reviens sans cesse à elle. Et je me culpabilise à chaque fois. Un démon peut-il avoir une part d'humanité ?
J'étais mauvais, il avait raison. En trois mois, j'avais tué une centaine de personnes, innocentes ou aussi Ténébreuses que moi, qu'importe, ils étaient morts et je n'avais fait aucun tri. J'étais une incarnation du mal, et le mal attirait les hommes. Seul les justes s'éloignaient, étais-ce pour cela qu'Isalia m'avait repoussée ?
Elle était une Juste, la lumière. Elle n'avait rien à voir avec moi. Pourtant je ne pouvais m'empêcher de repenser au temps de l'innocence, où j'étais presque aussi lumineux qu'elle.

- Donc, tu ne peux être qu'une seule personne... Le fameux jeune homme qui s'est laissé dominer par ses Ténèbres... Jude, commença t-il. Comment peux-tu me blâmer de l'avoir rencontré alors que ton fantôme, c'est évident, la tourmente chaque jour?! cracha-t-il.

Mon fantôme la tourmente ? Pourquoi dit-tu cela ainsi ? Je lis la noirceur dans tes yeux, malgré tes efforts pour la cacher. Tu es le contraire de moi, un homme des Ténèbres devenu lumière. Beaucoup de choses nous séparent mais nous sommes semblables.
Le passé m'a fait devenir comme je le suis, et toi, qu'est ce qui t’incite à la haine ? Je l'ai sauvée à maintes reprises, qu'à tu fais pour elle ? Tu as profité de son insouciance, voilà tout !
Et toi, Jude Sakkaku a murmuré la voix. Ne l'as tu pas faite souffrir ? Elle a perdu ses souvenirs par ta faute. J'ai chassé la voix de ma tête. Tais toi !
Il m'a balancé un cristal, mais absorbé par mes pensées, je l'ai fourré dans ma poche sans m'en préoccuper. Moi qui était de tempérament très méfiant, que m'arrivait-il ?

- D'ailleurs, je ne lui ai pas volé son aura de Lumière... Elle m'en a imprégné...

J'ai froncé les sourcils, le cœur pincé par un je-ne-sais-quoi qui faisait mal. Imprégné ? Mon Isalia t'a donné son âme ainsi, sans méfiance, à un type comme toi, haineux et inconnu ?
Une vision d'Isalia m'a traversée, admirant les Étoiles aux côtés d'un inconnu. Mon cœur s'est serré douloureusement dans ma poitrine. Alors, c'est toi le garçon qu'Isalia à rencontré ? Est ce toi qui a volé mon bonheur ?
Serais-tu jaloux, Jude Sakkaku ? a raillé la voix. Il n'y est pour rien. Quand comprendras-tu que tu l'as perdue pour toujours ? a t-elle poursuivie. SORT DE MA TÊTE !
Pourquoi cette voix tapait en moi là où ça faisait mal ? Pourquoi tout ce qu'elle disait était-il aussi vrai ?
Tu devrais ne penser qu'au bonheur de cette petite... Si tu l’aimes vraiment.

- Je suis heureux qu'elle se souvienne de moi, aie-je dit d'une voix triste.

J'ai regardé le ciel, le soleil qui s'éteignait à l'horizon, laissant des traînées rouges dans les nuages.
Bientôt, les Étoiles seront visibles. On étouffait dans la cabine, un peu d'air frais ne ferait pas de mal.
J'ai baissé la tête à la hauteur de ses yeux, plantant mes iris dans les siens.

- Mais le temps balaye de nombreuses choses... L'insouciance en fait partie. Seul le souvenir du passé reste, laissant une blessure béante.

Saleté de temps. Saleté de passé !

- Erial... Tu dois savoir ça, toi aussi...
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Sam 5 Oct 2013 - 17:08

Il fronça les sourcils à cette dernière phrase... Bon en même temps, il était certes vrai, que j'avais été imprégné de ce bonheur, mais c'était un peu exagéré, et je lui avais dit aussi un peu pour l'énerver...
On pouvait lire des émotions successives dans son regard qui n'était pas réellement fixé sur quelque chose se trouvant dans le monde réel... Sûrement était-il à l'intérieur de sa tête...
Il resta quelques instants comme ça, dans le vague...

Je suis heureux qu'elle se souvienne de moi, dit-il, mélancoliquement.

  Blablabla... Ressaisis-toi, Jude! Comment peut-on être si terrifiant et mou à la fois...? Faible! C'était faible! Je te lance une pique et toi tu déprimes!
Mais bon... Il est vrai que ça avait du être dur pour lui. Néanmoins, c'était de sa faute s'il avait manqué de volonté au point de se faire littéralement engloutir par le Mal!
Il leva les yeux au ciel, observant le derniers rayons du soleil et cette couleur rougeâtre qu'il donnait à ce dernier. 
Enfin la nuit allait tomber...
Ses yeux se plantèrent de nouveau dans les miens.

Mais le temps balaye de nombreuses choses... L'insouciance en fait partie. Seul le souvenir du passé reste, laissant une blessure béante.

  Ma gorge s'assécha.

Erial... Tu dois savoir ça, toi aussi..., sussura-t-il.

  Des images défilèrent à toute vitesse dans mon esprit, au me^me rythme effréné que quelques minutes plus tôt. Maman, l'horloge, la grange, l'angoisse, les flammes puis l'explosion. Le réveil dans les cendres, ce désert noirci encore rougeoyant dont je sentais l'odeur âcre. 
La crinière blanche, la rage.
Le voyage jusqu'à Magnolia, Fairy Tail, le couple de mages, mon apprentissage.
Leur assassinat, les pleurs.
Et mes pérégrinations.
Tout cela me laissa complètement déstabilisé, à nu, en proie à de puissantes émotions et leurs assauts répétitifs.
- Je le sais bien mieux que toi, oui! hurlai-je, sans prévenir.
  Dans les cabines voisines, les gens arrêtèrent de paniquer quelques instants pour se tourner vers nous... Mais je m'en foutais royalement. Je ne me souciais pas de ces abrutis. Ils ne pouvaient pas comprendre ce qu'il se passait dans notre cabine.
Je me rendis compte que j'haletais. Je fermai les yeux, pris une grande inspiration pour me calmer, reforgeai ma carapace émotionnelle et profitai de ce temps pour réfléchir...
Eh bien... Ce Jude avait réellement le pouvoir de faire revivre le passé... Comment se tourner vers l'avenir avec un tel pouvoir?
Moi qui voulais qu'il arrête de se lamenter... J'étais servi. Il ressemblait plus au Jude qu'Isalia m'avait décrit...
Je rouvris les yeux. Mon regard ce fit énigmatique tout comme mon sourire. La nuit était tombée, remarquai-je... 
Et les Etoiles brillaient.
  En fait, cette conversation était assez incompréhensible... Nous changions régulièrement d'état d'âme et de sujet...
- La principale différence entre nous, Jude, malgré mon petit énervement de tout à l'heure, c'est que moi je ne vis plus dans le passé depuis ma rencontre avec Isalia... Toi, c'est le contraire. Prouve-moi que tu peux te tourner vers l'avenir et je t'aiderais... lui dis-je avec une sorte d'air de défi que même moi je ne compris pas.

  J'avais une insatiable et incompréhensible envie de le défier, d'entrer en compétition avec lui. Secouant la tête je pensais à autre chose que cette étrange pulsion. 
Oh oui, je pouvais l'aider... Il avait juste à lancer le cristal et il le guiderais vers elle. La question était : "Méritait-il de le savoir?"

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Jude Sakkaku

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MessageSujet: We are born to die Dim 6 Oct 2013 - 14:40


- Je le sais bien mieux que toi, oui !

Il était complétement déstabilisé. J'avais touché une corde sensible...Tu te crois plus fort que moi, mais tu es incapable de rester calme... Le passé était un point qu'il suffisait de frôler pour que tout vole en éclat.
Associé à mes illusions, je pouvais aisément vaincre des gens rien qu'en les troublants avec leurs souvenirs, il suffisait qu'ils aient des faiblesses. Tout le monde en a.
Sa façon de se mettre en colère car j'avais trompé son point faible me rappelait curieusement une certaine personne... Décédée mais qui pour moi restait immortalisée à jamais... Maman, tu étais sans cesse comme ça avec papa... Penser à la partie radieuse de mon enfance m'arracha un petit sourire.
J'ai regardé le jeune homme, impassible, haleter et reprendre son souffle peu à peu.
J'ai levé les yeux, encore une fois. La première Étoile...

- La principale différence entre nous, Jude, malgré mon petit énervement de tout à l'heure, c'est que moi je ne vis pas dans le passé depuis ma rencontre avec Isalia... Toi, c'est le contraire. Prouve-moi que tu peux te tourner vers l'avenir et je t'aiderais...

J'admets. Mais ça ne fait pas de toi quelqu'un de bien pour autant. Tu es trop aveuglé par le futur. Tellement que tu ne vois plus le jour présent. Aucun de nous deux à trouvé cet équilibre. C'est pour ça que nous avons besoin d'Isalia , Erial... Elle est cet équilibre.
Et puis, qui a dit que j'avais besoin de ton aide ? Je n'ai jamais eu besoin de l'aide de personne. Ce que tu dis ressemble sur à un défi, et je n'aime pas ce genre de petit jeu.

Je me suis tourné face à la vitre. Il faisait sombre dehors, et elle renvoyait son image... et la mienne. On avait vraiment une sale tête. Des gens à ne pas fréquenter. Comment Isalia s'était elle liée à nous ?
On étouffait là dedans. Je détestais rester trop longtemps au même endroit. Il fallait que je sorte, que j’aille voir d'où venait ce problème, ce n'était pas un simple hasard pour moi.
Bien sûr, les portes avaient disparu au démarrage du mécanisme.
J'ai commencé à rassembler mon énergie et à tracer des runes lumineuses sur la vitre.

- Là où je suis, on ne peut vivre dans l'avenir, Erial.

Les lettres lumineuses continuaient à s'imprimer sur le verre glacé. Comment étais-je capable de faire quelque chose d'aussi pures que la lumière ? J'ai poursuivi, le dos tourné.

- La mort nous guette au bord du chemin, et on ne sait jamais quand est-ce qu'elle nous frappera.

J'ai refermé l'enchantement en murmurant deux mots. Laissant passer toute la rage que j'avais dans le cœur, j'ai frappe mon poing contre la vitre, qui s'est dissoute instantanément. Le vide m'appelait, irrésistiblement. Un vent glacial s'est engouffré dans la cabine, nous faisant frissonner un instant. J'ai balancé mon manteau sur mes épaules.

- C'est pour ça, que...

D'un côté, la voûte étoilée, les Dieux se foutant de mon sort du haut du paradis et de l'autre la ville, sou laquelle les tréfonds de l'enfer et les Ténèbres. Ce serait si simple de sauter. De quitter ce monde. Je n'ai jamais eu ma place. Où irais-je ? Vers les Étoiles où dans les Ténèbres éternelles ?

- Il vaut mieux vivre au jour le jour, sans se soucier du temps.

J'ai regardé la ville du haut de notre refuge de verre. Cette ville, si belle, n'était qu'illusion. Nous sommes nés pour mourir...

- Comme elle, ais-je dit dans un filet de voix imperceptible.

Puis je me suis jeté dans le vide.


Vivre, mourir ? Quelle importance ? Il fait toujours aussi froid, mon cœur me fait toujours aussi mal.
J'ai rouvert les yeux. J'étais entre ciel et terre, sur l'une des cabine de verre de la grande roue enchanteresse. Des gens me regardaient d'un air paniqué.
Je me suis élancé à nouveau.
Tout est allé très vite, mais pourtant, chaque dixième de seconde est resté gravé dans mon esprit. Le cristal sortant de ma poche, explosant en l'air en des milliers de fragments. Une grande lumière. Et moi, immobile à genou sur une plateforme transparente entre ciel et terre, à admirer les Étoiles...
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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Mer 9 Oct 2013 - 18:03

Là où je suis, on ne peut vivre dans l'avenir, Erial.

  Juste avant de dire cela, il s'était détourné de mon regard pour faire face à la vitre. Il nous étudia comme s'il était un observateur extérieur grâce au reflet partiel de nos images sur la cabine...
Puis avait commencé à tracer ces runes... 
Lettres de lumière sur paroi de verre.
Ça avait une certaine poésie, dit comme ça...
La mort nous guette au bord du chemin, et on ne sait jamais quand est-ce qu'elle nous frappera, poursuit-il tout en restant concentré sur ses caractères lumineux.
  J'avais un mauvais pressentiment sur cette magie... Que prévoyait-il? Normalement, j'aurais dû tenter de l'arrêter ou au moins lui demander ce qu'il faisait. Mais non, je ne sais pas pourquoi, je ne bougeai pas et restai stoïque en attendant les effets de ces runes. A quoi m’attentai-je? Je me le demande encore.
Jude murmura quelque chose d'inaudible ce qui scella le sort au vu de la vive lumière qui émana de ce dernier...
Puis il tendit un poing dans le vide.
La vitre s'était évaporée.

- C'est pour ça, que...

Je connaissais déjà la suite de cette phrase...

Il vaut mieux vivre au jour le jour, sans se soucier du temps.

Non, ne fais pas ça!

- Comme elle, murmura-t-il.

  La vitre s'était évaporée.
Jude aussi.
Émergeant de mon étrange léthargie et sans réfléchir, je m'élançai moi aussi.
Abrutis!
Pourquoi vous avez sauté bande d'abrutis?!
L'air fouettait mon visage.  
L'air?
La magie!
Je me fis rapidement léviter dans les airs, néanmoins je ne pus atteindre Jude qui se laissait mollement tomber en contrebas, comme s'il avait déjà quitté ce monde. Dans la panique, j'élaborai vivement une solution : le pousser avec des rafales pour qu'il se pose sur les autres cabines.
Je réussis une première fois. Mais vite, trop vite, il se retrouva de nouveau dans le vide. Les cris des gens me parvenaient à peine à cause du bruit du vent, mais ça j'en étais sûr, ils criaient.
Puis l'explosion de mon étoile de glace survint, inondant une partie du ciel pour Jude, une partie du sol pour moi. Mais c'était tout aussi beau.
Je le rejoint, prenant bien soin de ne pas traverser le fragile nuage de poussière gelée. Me posant sur le toît de la cabine, je fis un sourire gêné à ses occupants en attendant que le ténébreux finisse de contempler le firmament.


- La vie est belle Jude... Regarde comme c'est magnifique. La petite étoile gelée... C'est comme un souvenir cristallisé de cette nuit étoilée. Il est gravé à jamais dans ma mémoire. Pour moi il représente la magnificence et le caractère sacré de la vie. C'est un don que de vivre. Alors comme tu le dis si bien, il faut vivre au jour le jour. Mais c'est pour en profiter au maximum... Mais tout cela dépend de toi, de ta force, de ta volonté, de ton cœur. Soit heureux Jude... Et vis, déclamai-je comme en transe.


  Je secouai vivement la tête afin de revenir à la réalité, le laissant bouche bée.
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Jude Sakkaku

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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Mar 22 Oct 2013 - 11:54


- La vie est belle Jude... Regarde comme c'est magnifique. La petite étoile gelée... C'est comme un souvenir cristallisé de cette nuit étoilée. Il est gravé à jamais dans ma mémoire. Pour moi il représente la magnificence et le caractère sacré de la vie. C'est un don que de vivre. Alors comme tu le dis si bien, il faut vivre au jour le jour. Mais c'est pour en profiter au maximum... Mais tout cela dépend de toi, de ta force, de ta volonté, de ton cœur. Soit heureux Jude... Et vis,

Il m'a sorti un long monologue sur la beauté de la vie. Pour dire vrai, je n'en ai pas retenu grand chose. Ce n'est pas que je voulais pas en tirer de leçon... J'avais peur.
Mis à part le ton empli d'espoir qu'il a employé...et la dernière phrase, rien ne m'a réellement marqué.
Soit heureux Je ferais de mon mieux, Isalia. Je pourrais t'en vouloir de ne pas réserver cette phrase à moi et moi seul, comme un enfant gardant jalousement une babiole. Mais cette parole n'est pas la tienne, comme elle n'est pas la sienne. Il l'a répétée de ce que tu lui as dit, comme tu as repris ce que je t'ai dit il y a de nombreuses années.
Maintenant, ça me reviens.

Je m'étais toujours demandé si j'avais été heureux un jour. Je crois que... J'ai eu ma réponse.
Plus rien n'a d'importance, maintenant que j'ai compris le passé.


Mais même si j'apprends à revivre, le Monde me pardonnera t-il mes fautes ? Pourrais-je remarcher sur cette terre sans y voir le sang de ceux que j'ai tué ?
Seul les Étoiles pardonnent. Et les Étoiles ne sont pas prêtes à m'accorder leur pardon.
Je me suis tourné vers lui. J'ai sorti l’enveloppe de mon manteau, et je lui ai remis. C'était un emballage bleu, soigneusement cacheté. Je ne l'avais protégé d'aucun énergie magique.

- Donne lui cela de ma part.

J'ai réajusté mon manteau, et j'ai abaissé la capuche sur mon visage.

- Je ne t'y oblige pas. Je sais que tu ne m'apprécies pas beaucoup, tu dois te dire "Pourquoi ferais ce qu'il me demande ?" Fais comme bon te semble. Tu peux lui donner tout de suite, plus tard ou jamais, je ne t'en voudrais pas.

Il pouvait même l'ouvrir.
Cette lettre devais lui revenir. S'il l'aimait, ne serais-ce qu'un peu, il devait sentir que cette lettre étais importante. Je ne faisais jamais rien d'inutile. Elle devais lui revenir.

- Mais pense d'abord à elle, d'accord ?

Je ne savais pas si on se reverrais un jour. Je ne savais même pas si je survivrais jusque là. Mais plus rien n'avais d'importance. Même cette roue, qui avait été prise d'assaut par des voleurs de magie.
Une guilde officielle s'en chargerais.
Après tout, le destin de ces gens ne me regardait pas. Il suivait le cour de leur vie, moi le mien, lui, le sien. C'était tout tracé, après tout, que pouvais t-on y faire ?
J'ai écrit les runes ultimes sur mon manteau de lumière. J'ignorais où est ce que j’atterrirais, proche du lieu auquel je pensais, mais sûrement pas exactement.
Je serais trop épuisé pour faire un geste, espérons que cet endroit soit chaud et agréable.
Que si je dois mourir, ce soit dans la gloire et non dans la poussière.
On ne sait pas de quoi sera fait le lendemain.
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MessageSujet: Re: Prenons de la hauteur... Mer 30 Oct 2013 - 11:50



here



Il n'a pas eu de réaction visible à ma tirade. 
Mais je m'en fichais. Il l'a entendu, c'est tout ce qui comptait. A mon avis, il était en proie à une profonde réflexion, voire un tourment intérieur, car il demeura un moment le regard vague.
Puis, sans prévenir, il se tourna vers moi, ses yeux ayant repris vie. Jude passa alors une main dans son manteau. Quand elle en ressortit, elle tenait quelque chose de bleu.
Une enveloppe plutôt sobre, cachetée comme il le fallait.

- Donne lui cela de ma part, me demanda-t-il.


Au final, j'avais sûrement touché quelque chose avec mes précédents mots... Tout d'abord méfiant, je pris avec précaution la lettre, arquant un sourcil. Était-ce un piège? Il ne me paraissait plutôt étrange comme personnage... Imprévisible. Devais-je prendre le risque?
Je testai l'objet avec un filament de magie... Rien. Pas de réaction. Aucune force y était présente. La lettre. Seulement la lettre.
Il se couvrit la tête de sa capuche.

- Je ne t'y oblige pas. Je sais que tu ne m'apprécies pas beaucoup, tu dois te dire "Pourquoi ferais ce qu'il me demande ?" Fais comme bon te semble. Tu peux lui donner tout de suite, plus tard ou jamais, je ne t'en voudrais pas, me dit-il comme s'il avait lu dans mes pensées.

Alors je lui donnerais à notre prochaine rencontre. Sans faute. Je lui donnerais, je me détournerais, elle la lira, puis elle la gardera... Ou la brûlera. En pleurant.
Non... Je ne voulais pas qu'elle pleure.
Alors je la lui donnerais juste avant de m'en aller.
Lâche..., cracha ma conscience.

- Mais pense d'abord à elle, d'accord ?



Oui... Ce devait être notre seule point commun... Deux raisons différentes : un amour perdu et un espoir retrouvé. Un même but : son bien.
Il se volatilisa. Je me retrouvai seul sur le verre.
Une bourrasque fit voleter mes habits et mes cheveux.
Retour à la réalité, la bulle, saturée de réflexions et de sentiments s'était percée.
Aux bruits que j'entendais derrière moi, quelqu'un venait. En même temps, nous avions détruit une cabine, et affolé plusieurs passagers.
Je me laissai porter par les vents que de ma création... Vers l'ombre salutaire de la forêt.
Prochain arrêt : Akurio. La lettre devra attendre que j'aie fini le sale boulot.
Pff...
Au final nous avions deux points communs avec Jude... Nous disparaissions toujours dans les ténèbres...

 FIN  

Isalia 2013


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